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Pan, dans les dents ! Ne serait-ce les conséquences désastreuses pour les ouvriers, la région et la France, on aurait presque envie de se réjouir tant le gouvernement, Ayrault en tête, a fait montre de mépris, d'amateurisme, de soumission et d'abandon de l'intérêt national face à Mittal.

 

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Au lendemain de l'allocution du Premier ministre sur l'accord conclu avec le sidérurgiste, ArcelorMittal retire sa demande de financement à Bruxelles pour le projet Ulcos.

 

Pris dans un véritable imbroglio, Matignon tente de faire bonne figure, maisArcelorMittal vient d'asséner un coup très dur à l'exécutif  :  en retirant ce matin sa demande de financement à Bruxelles pour lancer le projet Ulcos (« Ultra Low Carbon Dioxide Steelmaking ») qui vise à transformer le site lorrain en usine de captage de CO2), le groupe réduit à néant les derniers espoirs de voir redémarrer un jour la filière liquide en Lorraine. Mais surtout il piétine l'accord signé il y a quelques jours avec l'exécutif en remettant aux calendes grecques le projet.

 


La lettre est arrivée ce matin, explique-t-on à Bruxelles... Une missive dans laquelle, le groupe « a informé la Commission qu'il retire le projet Ulcos à cause de difficultés techniques », a indiqué Isaac Valero, porte-parole de la Commissaire en charge du Climat Connie Hedegaard.

 

A Matignon, on tente d'expliquer ce revirement : « la première conception » du projet Ulcos « rencontre de réelles difficultés technologiques, mais nous avons obtenu d'ArcelorMittal qu'il ne soit pas abandonné », expliquent les services du Premier ministre. Ils précisent également que l'accord est « toujours valable ». Et au groupe sidérurgique de souligner que : « ce qui a été annoncé par la Commission Européenne est en parfaite cohérence avec ce qui figure dans l'accord signé avec le gouvernement français»

 

Chez les syndicats c'est la colère qui l'emporte, jeudi matin. ArcelorMittal « a enfumé tout le monde », a lancé Edouard Martin, délégué CFDT, à Florange. Cette annonce signe « l'arrêt de mort de la filière liquide », a-t-il ajouté. Depuis la signature de l'accord, les salariés redoublaient de méfiance vis-à-vis des promesses d'ArcelorMittal. Voilà qui devrait confirmer leurs inquiétudes sur les velléités du sidérurgiste à respecter ses promesses.

 


Il incombe désormais à l'exécutif d'expliquer la volte-face du sidérurgiste. D'autant que dans l'accord signé vendredi, ArcelorMittal a promis de poursuivre ses recherches sur le projet Ulcos, jugé « important pour développer de nouvelles solutions mieux adaptées aux enjeux du changement climatique ». L'accord stipulait toutefois que « l'état actuel des résultats de la recherche ne permet pas de passer directement sur le démonstrateur industriel de Florange ».

Un projet prioritaire

Présenté comme le moyen de maintenir l'activité d'un des hauts-fourneaux de Florange, le projet Ulcos était pourtant en tête de liste à Bruxelles. La Commission européenne le considérait depuis quelques jours comme prioritaire pour recevoir un financement européen. « Il est presque certain que la France recevra une aide financière de notre part », expliquait aux « Echos » une source européenne, il y a quelques jours.

 


Aujourd'hui quasiment enterré, le projet Ulcos pourrait être présenté à nouveau à la Commission l'année prochaine. Mais à Bruxelles on indique déjà qu'« il y aura peu être moins de fonds alloués lors du deuxième appel à financements ». Pourtant la facture est conséquente  : environ 600 millions d'euros pour réaliser l'intégralité du projet.

 


Fin octobre, Ulcos était classé huitième et dernier sur une liste de projets retenue par le programme spécial NER300, qui veut favoriser les projets sobres en carbone. Mais en trois semaines de temps, ce fut une hécatombe: les quatre projets britanniques, et ceux envisagés en Pologne et aux Pays-Bas ont été mis de côté, faute de financements par les pouvoirs publics concernés. « Ils n'en faisaient pas une priorité, au contraire de la France », assure une source européenne. Ulcos était donc passé en tête de liste...

 

Les Echos

 

Un démenti qui n'en est pas un

 

Accord toujours valable selon Matignon

 

«Ce qui a été annoncé par la Commission Européenne est en parfaite cohérence avec ce qui figure dans l’accord signé avec le gouvernement français», écrit le groupe dans un commuiqué.  «Cela ne signifie en aucun cas l’abandon du projet Ulcos. Cela signifie qu’aujourd’hui, dans l’état actuel des recherches, étant données les difficultés techniques rencontrées, le projet Ulcos remis dans le cadre de l’appel d’offre NER 300 – phase 1 – ne peut être mis en place»

 


De son côté, Matignon a indiqué que l'accord passé avec Mittal était «toujours valable» et qu'ArcelorMittal s'était engagé à poursuivre les travaux d'Ulcos».


ArcelorMittal a «enfumé tout le monde», a aussitôt réagi Edouard Martin, le charismatique représentant CFDT des salariés de Florange, pour qui cette annonce signe «l'arrêt de mort de la filière liquide».


Un arrêt définitif des deux hauts fourneaux plus rapide?

Cette annonce tombe à quelques jours de la décision de l'UE sur le financement du projet attendue et alors que le site de Florange était le mieux placé pour décrocher projet Ulcos pour «Ultra-Low Carbon Dioxide Steelmaking», un programme de recherche européen visant à mettre au point un procédé de captage et de stockage de dioxyde de carbone (CO2).


Face aux inquiétudes des syndicats sur l'arrêt de l'approvisionnement en gaz des hauts fourneaux, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait assuré la semaine dernière qu’ArcelorMittal s’était engagé à ne pas couper les hauts fourneaux et à les maintenir en état en attente de l’attribution éventuelle d’une partie du financement du projet Ulcos. Avec le retrait de la candidature de Florange, l'arrêt définitif pourrait être plus rapide qu'annoncé.

 

http://www.mleray.info/article--arcelor-mittal-retire-le-projet-ulcos-et-inflige-un-camouflet-a-matignon-113184148.html

Tag(s) : #Economie
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