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Honduras  : 

 
Dimanche 17 Juillet 2011
Naissance du
Front Elargi de Résistance Populaire
S’APPUYANT sur le Front national de résistance populaire (FNRP), l’ancien président Manuel Zelaya et plus de 1 600 délégués venus des 18 départements honduriens, ont fondé le 26 juin dernier, lors d’une assemblée plénière ouverte, le Front élargi de résistance populaire (FARP), en vue de participer aux élections de 2013
Naissance du Front élargi de résistance populaire au Honduras
La création de ce mouvement devrait modifier complètement le panorama politique hondurien. Il met fin définitivement au bipartisme qu’imposaient le Parti libéral et le Parti national, tous deux de droite.

Il ne s’agit pas d’une formation politiquede plus. Pour Patricia Rodas, ancienne ministre des Affaires étrangères et membre de la Commission politique du FNRP, la création d’une force politique de transformation et de changement signifie « le début de la fin du bipartisme et la destruction de la barrière qui permettra de vaincre l’État oligarchique ».

Les journaux de droite furieux, comme le Heraldo et La Tribuna, ont même lancé des attaques contre le président Porfirio Lobo pour avoir signé l’Acte de réconciliation nationale, qui a permis le retour du président déchu, Manuel Zelaya, et de ses ministres.
Pour Patricia Rodas, les quelques riches d’un pays dont la majorité vit dans la misère « ne cesseront pas de nous attaquer et nous savons que nous avons affaire à un adversaire puissant. Aujourd’hui, le peuple hondurien se révolte et va se mobiliser pour conquérir sa liberté ».

Dans l’acte de constitution du Front élargi, l’ex-président Zelaya – désigné Coordinateur national – a insisté sur le fait que cette organisation et son bras politique, le Front élargi de résistance populaire, sont les seules forces au Honduras capables « de vaincre le monstrueux modèle économique qui nous exploite. Cette oligarchie a perdu tout droit de gouverner et doit être écartée au plus tôt du pouvoir politique ».

Le Front, a-t-il déclaré, a été créé afin de participer aux élections ; le Front de Résistance sera une instance de lutte populaire, comme il l’a été depuis sa création, le 28 juin 2009, au moment où les militaires et l’oligarchie ont perpétré le coup d’État, jusqu’à aujourd’hui.

Stratégie de Manuel Zelaya : « parvenir à convoquer une nouvelle Assemblée constituante pour refonder le Honduras et obtenir le pouvoir ».

L’ex-président a pu revenir dans son pays environ deux ans après le coup d’État contre son gouvernement. Il a appelé les enseignants, les ouvriers, les paysans, les petits commerçants et les chefs d’entreprise qui ont condamné la rupture institutionnelle à rejoindre ce front.

Le 28 juin 2009, l’oligarchie et Washington avaient comploté pour créer le scénario qui leur a permis d’expulser par la force le président Zelaya du Honduras. Le projet consistant à convoquer une nouvelle Assemblée constituante qui tracerait de nouveaux horizons pour les majorités était vu d’un très mauvais oeil par ces dix familles, dont la fortune ne cesse d’augmenter.

Une féroce répression s’est abattue contre les membres du Front national de résistance populaire. Créé à la suite du putsch militaire, il a immédiatement organisé d’énormes manifestations dans les rues.

Selon des données du COFADEH (Comité des parents de prisonniers disparus au Honduras), Du 28 juin 2009 à mars 2011, 95 assassinats politiques, 244 cas de traitements cruels et inhumains et 200 personnes exilées ont été recensés au Honduras. Il y a eu 6 000 arrestations pour des raisons politiques, et 157 personnes ont été jugées pour ce même motif.

L’Amérique latine tout entière a rejeté le coup d’État.

Selon Patricia Rodas, les premières tâches sont d’obtenir les 46 000 signatures qui permettront au Front élargi de résistance populaire de s’inscrire comme parti politique, et ensuite les 500 000 indispensables pour demander au Congrès l’organisation d’un référendum sur la convocation d’une Assemblée constituante.

Au Honduras, pays d’une population de 8 millions de personnes, 70 % des habitants vivent dans la pauvreté, dont 40 % dans l’extrême pauvreté.
 
Nicolas Maury
 
http://www.wmaker.net/editoweb/nicolas_maury/Naissance-du-Front-elargi-de-resistance-populaire-au-Honduras_a4665.html
 
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Tag(s) : #Internationalisme
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