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INFO REPRISE SUR
LE BLOG DE JACQUES TOURTAUX

 

Fédérations Syndicales des Cheminots

CGT – UNSA-Cheminots – SUD-Rail – CFDT et la FGRCF

 

Intervention unitaire

Manifestation Retraités du 23 octobre 2012

Cher(e)s Collégues, Cher(e)s Ami(e)s, Cher(e)s Camarades

 

Quand nos organisations ont décidé de cette manifestation, nous étions confiants dans notre capacité à rassembler des milliers de cheminotes et cheminots, retraités et futurs retraités dans les rues de Paris.

Votre présence ici montre que nous avions raison, nous avons réussi, soyez-en remerciés. Cette réussite témoigne de notre volonté à maintenir le paiement trimestriel de nos pensions, de notre refus de l’austérité et de ses injustes mesures, de la volonté de les combattre énergiquement.

 

Je tiens à saluer, en votre nom, la présence parmi nous des camarades des IEG (EDF-GDF) qui ont tenu à participer à cette manifestation, étant concernés de la même manière puisque la volonté du Gouvernement est de les mensualiser à partir du 1eravril 2013.

 

Les raisons qui nous ont conduits à l’organisation de cette manifestation ne manquent pas.

Concernant le paiement au trimestre à échoir de nos pensions :

Notre volonté d’action a fait bouger le gouvernement. En effet, comme vous le savez, lors du Conseil d’Administration de la CPRP SNCF du 26 septembre dernier à Marseille, les administrateurs représentant les cheminots actifs et retraités ont été informés que la Direction de la Sécurité Sociale avait transmis un projet de décret relatif au versement des pensions.

Ce projet de décret reconduit pour l’année 2013 le système de paiement des pensions de manière fractionnée mis en œuvre en 2012. Dans ce cadre, le trimestre de pension reste toujours acquis en cas de décès.

Il faut savoir apprécier cette décision, néanmoins avec précaution, dans un contexte où le Conseil d’Administration de la CNIEG (Caisse Nationale des Industries Electriques et Gazières) est lui saisi pour mettre en œuvre la mensualisation des pensions à compter du 1er avril 2013.

Le Gouvernement, conscient de la sensibilité de ce dossier et de notre capacité de mobilisation non seulement des retraités mais aussi des actifs, comme le montre notre manifestation d’aujourd’hui, a donc écarté (pour l’instant) toute velléité de mensualisation, tout comme cela avait été le cas après l’action du 15 novembre 2011.

Pour autant, afin de faciliter la levée de trésorerie auprès des banques, le Gouvernement veut décaler le premier versement du 1er trimestre de pension au 2 janvier 2013 au lieu du dernier jour ouvrable de décembre 2012.

Aussi symbolique que puisse apparaître ce décalage, il s’inscrit dans une démarche visant à demander une nouvelle fois un effort aux cheminots retraités, en acceptant de se prêter aux exigences du monde financier.

Dans le même temps, la Direction SNCF, elle, refuse toujours d’avancer la date de versement des cotisations sociales à la Caisse.

Par principe, nous refusons ce décalage et demandons que les pouvoirs publics exigent dès à présent des efforts aux banques et à la Direction SNCF.

Enfin, si nous apprécions positivement cette première décision du Gouvernement, nombre d’exigences concernant le Régime Spécial des cheminots de la SNCF demeurent :

- sur la partie Retraite, les réformes iniques de 2007, 2010 et l’ensemble de leurs dispositions doivent être abrogées.

-la situation des cheminots ex-apprentis ou élèves qui subissent le non-respect d’engagements concernant la prise en compte de leur longue carrière par une validation de leurs trimestres d’apprentissage, doit être enfin réglée.

-sur le volet financement du Régime Spécial de Retraite, le maintien du taux de cotisations sociales T2 est un élément déterminant pour l’avenir du régime qui nécessite des engagements et un retour au taux antérieur de fin 2010, soit 12,73 %.

Pour toutes ces raisons, nous exigeons le maintien du versement trimestriel des pensions à échoir et ce de manière pérenne.

La question du pouvoir d’achat est une préoccupation importante. Le niveau des salaires et des pensions baisse, alors que les dépenses contraintes augmentent.

La retraite médiane se situe autour de 1 100 euros par mois. Avec la précarité qui touche de nombreux salariés et la baisse du taux de remplacement du salaire lors du départ à la retraite, pour les nouveaux retraités, la retraite médiane tombe à 850 euros par mois… bien au-dessous du seuil de pauvreté. Or, retraite médiane veut dire qu’environ 50% des intéressés touchent moins que ces montants.

Dans ce cadre, comme chaque année, la Cour des Comptes, vient de publier son analyse sur la situation de la sécurité sociale et "les recommandations » qu’elle formule au Gouvernement".

Cette institution a trouvé que les retraités sont des privilégiés.

Mais détrompez-vous, ce ne sont pas eux qui ont bénéficié des cadeaux fiscaux de Sarkozy et de la droite. Ce ne sont pas non plus les grandes fortunes de ce pays, d’Arnaud le futur Belge à Mme Bettencourt, généreuse donatrice à l’UMP, en passant par tous ces exilés fiscaux en Suisse ou à Monaco. Non, ce ne sont pas les 1 % de Français qui perçoivent plus de 63 000 € par mois et qui ont un taux d’imposition plus faible que ceux qui perçoivent seulement 1 700 € par mois !

Non, ce n’est ni Denis Kessler, patron des assurances et ex n°2 du Medef qui aurait perçu 2,1 millions d’euros de rémunération en 2011 et qui conseille à Hollande une réduction drastique des dépenses publiques, ni son ami le baron Ernest-Antoine Seillière, dont le domicile a été perquisitionné suite à un soupçon de fraude fiscale.

Les nouveaux privilégiés du pays, ce seraient 15 millions de retraités… puisque la Cour nous dit qu’il y a quand même 1 million de pauvres !

Oui, chers amis, chers camarades, pour la cour des comptes il parait que vous bénéficiez de très importants cadeaux fiscaux et sociaux… ce qui explique sans doute qu’on ne trouve pas de salariés retraités candidats à l’exil fiscal en Belgique, en Suisse ou à Monaco !

Comme l’écrit la Cour des Comptes au sujet des dispositifs fiscaux concernant les retraités : « la population retraitée s’avère aujourd’hui, sous l’angle financier, dans une situation globale en moyenne plus favorable que celle des actifs, ce qui est de nature à justifier, dans un souci d’équité et d’efficacité de la dépense publique, de revoir graduellement certains d’entre eux… ».

Elle s’attaque à notre pouvoir d’achat, alors qu’un peu plus loin, le rapport s’inquiète des conséquences des contre-réformes récentes qui ont déjà pour conséquence « Une dégradation du niveau des pensions liquidées par les nouveaux bénéficiaires qui pourrait se prolonger ».

Vous ne vous étiez pas aperçus que vous aviez des avantages? Votre niveau de vie a fortement chuté au moment de votre passage à la retraite ? Foutaise, vous comptez mal ! Vous avez un patrimoine important : vous êtes 72 % à être propriétaire de votre habitation principale, donc vous ne payez pas de loyer… Et ça, il faut en tenir compte en ajoutant un « loyer fictif » à vos revenus ! Par contre, si vous avez des frais d’entretien ou de rénovation de votre habitation… c’est de l’investissement sur votre patrimoine qui prend de la valeur !

 

A propos de l’habitation principale, il faut quand même noter que, à part ceux qui sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche (et il y a en infiniment peu parmi les retraités), les salariés devenus retraités n’ont accédé à la propriété qu’au cours de leur carrière, et le plus souvent au prix de lourds sacrifices. Au passage, cette volonté légitime et traditionnelle de devenir propriétaire a eu un effet très positif sur la croissance de notre pays.

 

Pour sa part, en posant la question : « pourquoi, à revenu égal, un actif ou une personne plus jeune devrait payer plus de prélèvements qu’un retraité ou qu’une personne âgée », la Cour des Comptes a non seulement choisi le Medef, Kessler, les actionnaires et les agences de notation, mais, fidèle à la tactique développée par Sarkozy, elle veut opposer les retraités aux actifs et aux jeunes !

Une telle pratique est dangereuse.

 

La relance de la croissance passe par l’augmentation du pouvoir d’achat. Nos revendications sont légitimes et concernent :

 

  • La prise en compte dans toutes les pensions de l’intégration dans le salaire liquidable des quarts des gratifications d’exploitation et de vacances réalisées en 2009, 2010 et 2011 ;

  • La prise en compte dans toutes les pensions de l’intégration dans le salaire liquidable de la deuxième moitié de la prime de travail ancrée dans la prime de fin d’année en 2009 ;

  • Le relèvement du taux de réversion sans condition de ressources et application immédiate aux cheminots (es) de la mesure portant ce taux à 60% dans le régime général pour celles et ceux qui ont moins de 800 euros par mois pour vivre ;

  • L’attribution du 10ème échelon (8e pour les ADC et 7e pour le service discontinu) à tous les retraités (es) remplissant la condition d’ancienneté ;

  • La prise en compte dans toutes les pensions de la majoration uniforme de 5€ de la prime de travail ;

  • Le relèvement substantiel du minimum de pension.

 

La suppression de la péréquation et l’indexation des pensions sur les prix n’assurent pas un réel maintien du pouvoir d’achat des retraités.

Depuis 2009, les basses pensions augmentent comme l’ensemble des pensions. Elles ne bénéficient plus, comme au temps de la péréquation, des mesures « bas salaires » attribuées aux actifs, mesures qui ont permis aux retraités situés sur les plus basses positions de bénéficier d’augmentations supérieures à celle de l’évolution des prix.

Il en est de même pour le minimum de pension qui s’est fortement dégradé par rapport au SMIC.

Actuellement, le minimum de pension est inférieur au SMIC, alors qu’il lui était supérieur de 8,2 % à la fin 1981.

Est-ce déraisonnable de revendiquer que le minimum de pension soit au moins égal au SMIC ?

Nous ne le pensons pas c’est au contraire le minimum vital pour répondre au besoin de logement, d’habillement et de nourriture.

Il en est de même pour le taux de réversion du minimum de pension qui doit être relevé.

Ces questions de pouvoir d’achat et de péréquation comme celles de la santé et de la perte d’autonomie sont au cœur de notre manifestation d’aujourd’hui.

Enfin, pour ce qui est des facilités de circulation nous contestons vivement les opérations en cours visant à une remise en cause des droits des pensionnés.

Nous revendiquons une augmentation significative des retraites, en particulier pour les basses pensions, un minimum de pension au niveau du SMIC et une nouvelle modalité d’indexation des pensions avec le retour de la péréquation.

Concernant la perte d’autonomie :

Le Gouvernement présentera un projet de Loi dans la première moitié du quinquennat et celui-ci exclura tout financement privé.

Le projet de Loi s’orientera autour de trois axes : prévention, adaptation de la société et accompagnement des personnes en lourde perte d’autonomie.

 

C’est ce que promet la Ministre Michèle Delaunay et on ne peut que se réjouir de ces déclarations, mais tout reste à faire et si nous voulons une Loi qui prenne vraiment en compte nos revendications, nous devons continuer à intervenir sur le sujet, d’autant que la Ministre exclue toute « convergence vieillesse-handicap ».

 

Elle précise d’autre part que le dispositif ne sera pas « un 5e risque pris en charge par la Sécurité sociale à côté de la famille, de la maladie, de la retraite et des accidents du travail ». Donc pas de recours à des financements privés mais, semble-t-il, pas non plus à la Sécurité Sociale…

 

On a besoin de se faire entendre.

D’autant qu’en attendant 2014, les assurances ne perdent pas leur temps. Ainsi, la Fédération Française des Sociétés d’Assurances indique, le 5 septembre dernier, que le nombre de personnes couvertes par une garantie dépendance a augmenté de 6 % en 2011, soit 1,7 million de personnes couvertes.

Parmi les chiffres donnés par FFSA, notons que la cotisation annuelle moyenne est de 358 euros, soit environ 30 euros par mois pour une garantie très encadrée (dépendance totale ou partielle). La rente dépendance moyenne est 584 euros par mois, ce qui représente moins de 40h d’aide par mois, en cas de recours à des auxiliaires de vie.

Ainsi, sur une Loi assurant la prise en compte de la perte d’autonomie, il est nécessaire de poursuivre nos initiatives et d’expliquer les enjeux.

 

La prise en compte de la perte d’autonomie par la Sécurité Sociale et le financement de cette nouvelle prestation restent donc à conquérir.

D’autant plus que le gouvernement a annoncé qu’il avait la volonté de créer une contribution supplémentaire de 0,30% sur les revenus imposables des retraités. Cette contribution servirait, parait-il, à financer la CSA (contribution de solidarité mise en place par RAFFARIN lors de la canicule de 2003). Cela revient à dire que cette loi sera financée par l’impôt et non par les cotisations sociales.

Des milliers de retraités vont, à travers cette application, subir encore une perte de pouvoir d’achat qui s’ajoute au fait que certains seront imposables pour la première fois dû au gel du barème des impôts voulu par le précédent gouvernement.

Ils exigent donc le retrait de ce projet.

Les retraités cheminots, comme d’autres, ont participé à la mise en place d’un nouveau Gouvernement pour que d’autres choix politiques soient mis en œuvre tournant le dos à une politique installant l’austérité à perpétuité pour tous.

Pour relancer la croissance, en respectant les impératifs de développement durable, réduire les inégalités et maîtriser les déficits, une politique visant une autre répartition des richesses et favorisant le développement économique et social est incontournable.

Cela suppose des réformes structurelles importantes comme une réforme globale de la fiscalité intégrant une plus grande progressivité, une politique industrielle coordonnée au niveau européen, des services publics de qualité.

Dans le cadre de cette action nous avons été reçus au Ministère par Madame Mahfouz (Conseillère Retraites et Affaires sociales) le lundi 22 octobre 2012.

Elle nous a rappelé que le gouvernement avait reconduit le paiement au trimestre en avance avec le fractionnement 1/3 et 2/ 3 pour l’année 2013.

La conseillère, nous a précisée que des directives vont être données pour lancer un groupe de travail issu de la caisse de prévoyance et de retraite du personnel de la SNCF (CPRP) pour étudier le cas des pensions de réversion.

Ce groupe de travail devra faire un diagnostic de façon détaillé et formuler des propositions en particulier pour les basses pensions de réversions.

Un examen approfondi va être mené sur la prise en compte des trimestres d’apprentissage.

De plus elle est d’accord que les organisations de retraités lui fasse des propositions sur l’intégration dans le salaire liquidable des mesures prises en 2007 sur la prime de travail de la prime de fin d’année ainsi que sur la gratification d’exploitation et de vacance.

Pour sa part la direction SNCF interviendra auprès des régions pour faciliter l’accès des Retraités aux enceintes de chemins de fer.

 

Tag(s) : #Lutte de Classe
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