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Italie : la "gifle à Berlusconi",

l'anarchie et le retour de la "gauche"...

berlusconi

 

Les analystes les plus modérés parlent de «séisme électoral». Dans le camp de Silvio Berlusconi, certains reconnaissent, la mâchoire serrée, qu’il s’agit d’une «gifle». Réjoui, Beppe Grillo est, lui, plus expressif : «C’est une diarrhée politique ! Il n’y a plus rien. On est passé à la liquéfaction.»

A la tête de son mouvement contestataire «Cinq Etoiles», l’acteur comique est le grand vainqueur du premier tour des municipales partielles italiennes qui ont concerné dimanche et lundi environ 8 millions d’électeurs et quelques grandes villes comme Gênes, Palerme ou Vérone. 

Ses candidats anonymes, issus de la société civile et sans argent, ont obtenu plus de 10% à Monza et La Spezia, 14% à Gênes et près de 20% à Parme, où le représentant Federico Pizzarotti accède au ballottage.

«Le virus se diffuse, ils [les hommes politiques traditionnels, ndlr] sont morts. On va se retrouver au Parlement », exulte le tribun Grillo, en contact avec des millions d’internautes et qui réunit depuis des années des dizaines de milliers de personnes pour des Vaffanculo Days (rassemblements du «va te faire foutre») afin de stigmatiser une classe politique corrompue et délégitimée, vilipender la «caste» et les financiers, mais aussi préconiser la «sortie de l’Italie de l’Europe sans payer les dettes» ou s’opposer au droit du sol pour les étrangers.

«Éboulement». Avec seulement un maire élu dans une petite commune du Nord, l’objectif de sortir tous les sortants du Parlement reste très hypothétique. Reste que cette consultation partielle, la première depuis l’investiture du gouvernement de techniciens de Mario Monti, fin 2011, en remplacement de Berlusconi, a marqué l’explosion du cadre politique traditionnel avec notamment une forte abstention (33%) et la dissolution dans les urnes du Parti du peuple de la liberté (Pdl) du Cavaliere. «Nous avons enregistré une défaite, même si ce n’est pas une catastrophe», a tenté de minimiser son secrétaire général, Angelino Alfano, pour qui son parti paie le prix de son soutien aux mesures de rigueur de Monti. « On assiste à un éboulement », constate à l’inverse le politologue Roberto D’Alimonte.

Aux législatives de 2008, le parti de Silvio Berlusconi représentait encore 37,4% des voix. Aujourd’hui, dans de nombreuses villes, ses candidats n’arrivent pas au ballottage. A Gênes, le Pdl est même tombé en quatre ans de 32 à 9%. A Parme, de 28,7 à 4,7%, et à Palerme de 8,8 à 8%.

 «Vu le climat antipolitique, je m’attendais à pire», a commenté le Cavaliere depuis Moscou, où il fêtait l’investiture présidentielle de son ami Poutine. «Dans une élection basée sur les coalitions, nous n’avions pas de perspective de victoire, n’ayant plus d’accord avec la Ligue du Nord», analyse le parlementaire Gaetano Quagliariello.

Le problème, explique plus crûment Giuliano Ferrara, l’ancien-porte parole de Berlusconi, c’est que celui-ci, depuis son éviction du pouvoir, «n’a plus la moindre idée de ce qu’il faudrait faire».

Les centristes sortent aussi défaits de la consultation.

Quant à l’autonomiste Ligue du Nord, qui comptait sur son divorce d’avec le Pdl et son opposition au «gouvernement de l’austérité» de Monti pour devenir le premier parti au-dessus du Pô, elle subit elle aussi un lourd revers.

Rattrapée à son tour par les scandales de détournements de fonds publics, la Ligue du Nord  recule un peu partout en Lombardie, notamment à Côme, où elle perd 25% en deux ans. Plus de 16% des électeurs de Grillo proviennent ainsi des rangs de la Ligue.

 Exception notable : le maire de Vérone, Flavio Tosi, réélu au premier tour avec 57% des voix. Mais il était en rupture avec la ligne officielle du parti avant même l’explosion des «affaires».

A gauche, le scénario montre des similitudes. Le Parti démocrate (PD) est certes « le seul parti stable et structuré en Italie», comme le note son secrétaire, Pier Luigi Bersani. Mais « les démocrates résistent parce qu’ils sont parvenus à nouer des alliances avec la gauche radicale et l’Italie des valeurs [de l’ancien juge Antonio Di Pietro]», nuance Roberto D’Alimonte.

Dans quinze jours, la gauche devrait s’adjuger Gênes et Palerme, mais avec deux candidats que le PD avait tenté d’écarter.

Ras-le-bol. Alors que des révélations de malversations envahissent la presse, la classe politique, incapable de réformer la loi électorale ou de limiter ses dépenses, fait l’objet d’un rejet massif.

Au milieu d’une crise économique, politique et morale, seuls 2% des Italiens déclarent encore « avoir confiance dans les partis ».

Selon le politologue Ilvo Diamanti, «52% des Italiens approuvent l’idée que la démocratie peut fonctionner sans partis».

Les municipales partielles ne viennent donc que confirmer un ras-le-bol généralisé et une volonté de changement radical. Leur résultat pourrait compliquer l’action de Mario Monti.

 Le Pdl a d’ores et déjà annoncé qu’il «n’approuvera plus n’importe quelle loi», et la gauche invite le président du Conseil «à l’écouter désormais davantage».

Néanmoins, aucun des partis (Pdl, PD, centre) qui soutiennent le cabinet Monti n’a aujourd’hui intérêt à faire tomber le gouvernement pour retourner devant les électeurs avant les prochaines législatives, prévues en avril 2013.

ERIC JOZSEF

Correspondant à Rome

Libération

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Le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, un comédien qui milite pour la sortie de l'euro et flatte la défiance des électeurs à l'égard des grands partis, a réalisé une percée spectaculaire, notamment à Parme, où il obtient près de 21%, selon les projections. Le PDL, jusqu'ici aux commandes, est quant à lui relégué en troisième position, tandis que le candidat du centre gauche fait la course en tête avec plus de 34% des voix. Lors de son premier test électoral, il y a deux ans, le Mouvement 5 étoiles qui s'est structuré sur internet n'avait obtenu que 1,8 des suffrages au niveau national, pour culminer l'année suivante à 3,8% lors des municipales milanaises.

Croissance et austérité au cœur du débat

Ces municipales seront sans conséquence directe pour le président du Conseil, qui s'est engagé à poursuivre sur la voie de l'austérité. Mario Monti souligne toutefois de plus en plus fréquemment la nécessité de relancer de la croissance. Depuis sa démission, en novembre, Silvio Berlusconi fait profil bas et le PDL souffre toujours des erreurs de gestion qui lui ont été imputées.

Le Parti démocrate, de centre "gauche", en tête dans la plupart des grandes villes a parle quant à lui d'une "véritable révolution". A Gênes (14%), où la liste 5 Etoiles est créditée de 15%, le candidat de gauche Marco Doria, soutenu par le Parti démocrate (PD) et le Parti communiste, obtient ainsi 46,5% des votes. Le représentant du PDL, Pierluigi Vinai, ne recueillerait que 11%. A Palerme, l'ancien maire Leoluca Orlando, candidat de l’Italie des valeurs et appuyé par les communistes, est en ballottage favorable (46,8%).

Sefano Fassina, porte-parole du Parti démocrate (PD, centre-gauche) pour les questions économiques, a déclaré au quotidien italien 'La Stampa' qu'il considérait l'élection de François Hollande comme une occasion pour l'Italie d'en finir avec "les choix erronés de politique économique". Que c’est "une défaite de l'austérité aveugle prônée par la Banque centrale européenne, qui tire tout le monde vers le bas. Nous devons maintenant aller dans la direction opposée, celle qui peut nous sauver du naufrage".

L'Humanité.fr

Cri du Peuple : 

 http://www.mleray.info/article-italie-la-gifle-l-anarchie-et-la-pousee-de-la-gauche--104898811.html


 

Tag(s) : #Europe
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