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LE « GROS MOT » 

 

Les cercles politiques, lorsqu’ils vitupèrent la nation, utilisent un nouveau terme pour, pensent-ils, disqualifier l’adversaire : ils le désignent sous le terme honni de « jacobin* ». Un véritable « gros mot » !

Et, reprenant les thèses fédéralistes, ils se placent dans le camp des « girondins ».

 

Parmi les hommes politiques en pointe contre ce « jacobinisme », figure le président socialiste de la région Ile de France, Jean-Paul Huchon.

 

Celui-ci jette feu et flammes contre le pouvoir centralisateur, qui siège à Paris, et s’affirme ainsi représentants attitrés des « collectivités locales ». L’offensive vise, dit-il, Nicolas Sarkozy, pour ses réformes autoritaires (suppression de la taxe professionnelle et réforme des institutions territoriales), mais aussi du fait de la campagne initiée par le gouvernement sur « l’identité nationale ».

Lui, Jean-Paul Huchon, se dit plus « Européen que Français »

 

 

Les nouveaux « girondins » feignent de croire le président de la République, animé de sentiments trop « tricolores » et pas assez « européens », alors que tous les actes du Président vont dans le sens d’Europe encore plus intégrée, à partir du traité de Lisbonne et  des initiatives du « couple franco-allemand ».

 

Certes, personne ne nie le caractère autoritaire de Nicolas Sarkozy, son attirance pour le « pouvoir personnel ». Il a été propulsé au plus haut niveau de l’Etat  par ses amis du CAC 40 pour imposer un « pouvoir fort ».

Aussi, à l’inverse de l’étiquette de « jacobin », c’est davantage au Prince Napoléon Bonaparte, qu’il faudrait le comparer.

 

Mais se situer comme « girondin » conduit à rappeler ce que représentaient leurs ancêtres historiques de la Révolution française. Ce parti, en 1792, gouvernait alors la France.

 

Albert Soboul, qui fut à la Sorbonne, le successeur d’Albert Mathiez, comme spécialiste reconnu de la Révolution française, nous apprend ainsi que  :

 

« La Gironde, à droite, parti de la légalité, répugnait aux mesures révolutionnaires dont la Commune de Paris, peuplée de Montagnards et de sectionnaires, avait pris l’initiative. Elle représentait la bourgeoisie possédante, commerçante et industrielle. Dans le domaine économique, la Gironde demeurait hostile à toutes les mesures d’exception que nécessitait le salut public ; elle avait déclenché la guerre, mais elle se refusait aux moyens nécessaires pour la gagner. Contre la concentration du pouvoir et la subordination étroite des administrations, la Gironde invoquait l’appui des autorités locales parmi lesquelles dominait la bourgeoisie modérée.  Dans le domaine économique, la Gironde liée à la bourgeoisie d’affaires, se défiait du peuple, fut passionnément attachée à la liberté économique, à la libre entreprise et au libre profit, hostile à la réglementation, à la taxation, à la réquisition, mesures dont les sans-culottes étaient par contre partisans. (…) Les Girondins éprouvaient devant le peuple un recul instinctif, l’estimant incapable de gouverner ».

 

On comprend ainsi le positionnement de nos « girondins » actuels.

Et leur haine contre les Montagnards, que l’on appelait aussi les Jacobins*.

 

Les Girondins, défaits, n’hésitent pas à fomenter une insurrection fédéraliste à Marseille, Lyon, Toulon, contre la République, en s’alliant aux Anglais.

Une habitude de la bourgeoisie de choisir l’ennemi pour se protéger de son propre peuple.

 

 

 

  • Le Club des Jacobins fut, après l’élimination des Girondins de la Convention, en juin 1793, l’organe directeur de la Montagne, l’âme du gouvernement révolutionnaire (dictature jacobine). Aussi, le Club fut-il fermé, après le 9 Thermidor et la réaction qui s’ensuivit.
Tag(s) : #Histoire
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