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canempechepasnicolas’ a mis en lumière, à de nombreuses reprises, le phénomène de l’abstention dans notre pays. Notre blog concluait, à l’exemple d’élections législatives partielles, que l’abstention, par son caractère majoritaire, constituait le fait politique majeur.

Il importe maintenant, après avoir établi ce constat, d’en examiner les conséquences sur la situation présente, et d’en tirer certaines leçons.

 

D’abord, pourquoi les citoyens refusent-ils, en masse, de participer aux divers scrutins ?

Cette attitude recouvre deux réactions différentes.

 

La première relève du refus conscient et déterminé de faire sien l’objectif du vote. C’est le cas lors de l’élection concernant le Parlement européen. Près de 62% des Français ne se sont pas sentis concernés par cette instance, inscrite dans le cadre de l’Union européenne. En s’abstenant, ils ont confirmé leur hostilité à l’UE, déjà notifiée par le résultat négatif du référendum du 29 mai 2005, sur le projet de constitution européenne. Passant outre cette volonté, le pouvoir et la majorité des parlementaires, en ratifiant le traité de Lisbonne, ont discrédité un peu plus les institutions, qui ne respectaient pas leur choix, clairement exprimé.

Cette réaction, par l’abstention, de l’électorat populaire, constitue un fait positif remarquable de son niveau d’analyse politique.

Et nous, comme beaucoup d’autres, nous nous en sommes réjouis.

 

La seconde attitude des abstentionnistes concerne le refus de participer au choix de ses propres représentants dans les diverses assemblées de la République.

Cette réaction est-elle positive ?

On ne peut pas répondre par l’affirmative. Une non participation des citoyens à la chose publique, ne peut que satisfaire les adversaires déclarés ou camouflés de la démocratie.

Hostiles à une véritable expression du peuple, les cliques dirigeantes ont tout fait, au cours de notre histoire, pour interdire aux citoyens, de choisir librement la politique nationale qu’ils souhaitent. Ils ont d’abord inventé le cens, c’est-à-dire, pour réserver le droit de vote aux minorités disposant d’une fortune et de biens. Puis, contraints de recourir au suffrage universel, les possédants ont, avec le Prince Président, le futur Napoléon III, inventé « le candidat officiel », celui des autorités.

Avec la Troisième République, et surtout avec la victoire de la gauche démocrate, on aurait pu penser que le suffrage serait effectivement universel et totalement représentatif. Grave erreur. La majorité en place a, comme sous les Républiques suivantes, la IVème  et la Vème, concocté en permanence des systèmes électoraux de circonstance pour écarter les travailleurs des Assemblées.

 

Le projet sarkozien d’élections à un tour, permettrait l’élection automatique du candidat arrivé en tête, d’être directement élu. Son application conduirait à l’élection d’assemblées issues de petites minorités d’électeurs, non représentatives

Ce système, (en cours en Grande-Bretagne, le seul pays parmi les vingt-sept, que compte l’Union européenne, à ne pas pratiquer la représentation proportionnelle), défie la volonté populaire.

 

Le taux d’abstention actuel ne ferait qu’accroître le phénomène.

 

Aux Etats-Unis, le Président n’est élu qu’avec seulement de 25 à 30% du corps électoral. L’absence des couches les plus pauvres et les plus exploitées dans la compétition électorale, ne peut que confirmer – et réjouir - le pouvoir du capital.

 

Alors, faut-il dénoncer l’abstention et appeler les électeurs à voter en toutes circonstances ?

 

Prendre une telle position serait ignorer les raisons profondes de l’abstention.

Car celle-ci à des causes politiques.

 

Si les citoyens s’abstiennent de plus en plus dans notre pays, et dans tous les autres Etats de l’Union européenne, c’est que tous ont fait la rude expérience, depuis près de trente ans, que la politique pratiquée ne change guère sur les questions fondamentales, que l’équipe au pouvoir soit de droite, ou qu’elle se dise de gauche.

UMP et PS se réclament, l’un et l’autre, de l’économie de marché, libre et non faussé et de la concurrence ; ils sont également (comme les Verts), des adeptes fanatiques de l’Europe. La politique suivie par les divers  gouvernements ne peut, dans ces conditions, que suivre la même voie, celle qui mène la population au chômage, aux délocalisations, à la privatisation des services publics, à la concurrence exacerbée entre entreprises, entre salariés, à la misère. &&&Les citoyens qui en sont victimes en viennent à dire que « la gauche et la droite, c’est pareil ».

D’où le phénomène d’abstention massive.

 

Faute de forces populaires organisées, politiques et syndicales, offrant une réelle alternative, exprimant dans la rue, leur opposition absolue à ce régime de l’Argent-Roi, la contre-révolution globale, engagée par Nicolas Sarkozy et son équipe, aux ordres du capital, se développe. L’incertitude et le malaise gagnent les salariés, les petites gens, mais aussi des couches supérieures qui « lâchent » aussi bien les partis de droite que ceux dits « de gauche ».

 

Le Parti communiste n’a en tête que de garder ses élus. Aussi, croit-il que l’alliance avec le Parti socialiste le sauvera du naufrage. Par cette attitude et l’ambiguïté qu’elle dégage, il écarte encore davantage, l’hypothèse d’un sursaut populaire.

La CGT, en se complaisant, dans un accompagnement social des mesures gouvernementales, en refusant l’action convergente et vigoureuse du « Tous ensemble et en même temps » des mécontentements, démobilise jusqu’aux plus combatifs des militants.

 

PCF et CGT contribuent, par leurs alliances contre nature, et leur passivité, au climat social délétère dans notre pays. Et au phénomène d’abstentions massives, sur le plan politique comme au niveau des luttes sociales.

 

Alors, que faire ?

 

canempechepasnicolastentera, dans ces prochains jours, de répondre à cette interrogation. Nous diffuserons les opinions d’amis d’horizons différents pour élargir la discussion.

 

MAIS SANS ATTENDRE, NOUS DEMANDONS A NOS LECTEURS D’APPORTER LEUR REPONSE, LEUR ANALYSE ET LEURS SUGESTIONS.


IL FAUT OUVRIR D’URGENCE LE  DEBAT

Jean LEVY
Tag(s) : #Politique
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