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24 décembre 2009

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Noël et Noël


Dans les pages glacées des magazines ces jours-ci, il y a des montres à 200 000 euros…

24/12/2009

Par Maurice Ulrich

Dans le registre de l’humour très noir, on ne sait qui a inventé ce faux dicton : « Un SDF qui meurt, c’est Noël qui approche. » Ce n’est pas juste car dans la rue la mort frappe toute l’année. Mais comment ne pas évoquer ces soudains débordements de compassion quand apparaît à l’approche des fêtes la première vague de froid, ces appels répétés à appeler le 115 quand on voit une personne en danger dans la rue ? Á croire que ceux qui nous invitent à appeler le 115 ne sortent pas beaucoup de chez eux ou des quartiers les plus riches. Dans chacune de nos villes, ce n’est pas une ou deux personnes qui sont en danger, dans la rue, mais des dizaines. Dans les zones indistinctes des villes que sont les abords d’autoroute, les zones de fret, les zones boisées, des planches et des bâches hébergent des familles entières.

Face à cela, 68 % des Français, selon l’institut CSA, font d’abord confiance aux associations pour affronter la crise, mais ils sont aussi 68 %, exactement le même chiffre, à penser que les pouvoirs publics ne font pas assez pour aider les plus démunis. C’est 5 % de plus que l’an dernier. Sans doute la crise, et, avec elle, les milliards allés aux banques, est-elle passée par là. S’il y a de l’argent pour les riches, ou est l’argent pour les pauvres ? Dans le même temps les dispositifs existants semblent peu de chose face aux flots montants de la pauvreté.

Les SDF en sont l’expression la plus visible et la plus cruelle, mais combien de jeunes aujourd’hui qui vivent mal, combien de centaines de milliers de mal-logés, combien d’allocataires du RMI, du RSA, de femmes seules pour qui boucler le mois est chaque fois une épreuve ? Il suffit de regarder, aujourd’hui, les files d’attente par exemple des Restaurants du cœur pour voir à quel point la pauvreté touche aujourd’hui tous les âges, à quel point elle s’est étendue. Aux quatre millions et demi de chômeurs réels dans notre pays s’ajoutent près de deux millions de travailleurs pauvres. Pour le seul troisième trimestre 2009, le nombre de bénéficiaires du RSA de base a augmenté de 4,4 % et les moins de 25 ans devront attendre pour le toucher septembre 2010, au mieux…

Les Français dans leur ensemble sont solidaires. Ils donnent aux associations et les plus modestes sont souvent ceux qui donnent le plus. Ils sont solidaires aussi des salariés en lutte, ils le sont des sans-papiers en assumant parfois des risques réels. Mais c’est dans les Hauts-de-Seine, le département le plus riche de France, chasse gardée de l’UMP, des Balkany à Jean Sarkozy, que le conseil général vient de supprimer la prime de Noël. C’est dans les mois à venir qu’un million de chômeurs vont se retrouver en fin de droits sans que le gouvernement s’en émeuve. Dans la France d’aujourd’hui, 20 % des ménages les plus aisés disposent de 40 % du revenu total disponible et les 20 % des ménages les plus modestes s’en partagent 8 %. Dans les pages glacées des magazines ces jours-ci, il y a des montres à 200 000 euros… Il y a Noël et Noël. Notre société est violemment inégalitaire et la politique menée accroît ces inégalités. Le bouclier fiscal n’est pas seulement une mesure scandaleuse et injuste. C’est un programme politique et idéologique. Face à cette politique, le don soulage la misère et le fardeau des plus pauvres, et il est indispensable, mais la solidarité c’est aussi la lutte, l’action, la fraternité de celles et ceux qui se rassemblent pour changer le cours des choses.

Par BANDERA ROSSA

COMMENTAIRE DE
"canempechepasnicolas"

24 décembre 2009 4 24 /12 /2009 19:38

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Noël et Noël

Dans les pages glacées des magazines ces jours-ci, il y a des montres à 200 000 euros…

24/12/2009

Par Maurice Ulrich

Dans le registre de l’humour très noir, on ne sait qui a inventé ce faux dicton : « Un SDF qui meurt, c’est Noël qui approche. » Ce n’est pas juste car dans la rue la mort frappe toute l’année. Mais comment ne pas évoquer ces soudains débordements de compassion quand apparaît à l’approche des fêtes la première vague de froid, ces appels répétés à appeler le 115 quand on voit une personne en danger dans la rue ?
Á croire que ceux qui nous invitent à appeler le 115 ne sortent pas beaucoup de chez eux ou des quartiers les plus riches. Dans chacune de nos villes, ce n’est pas une ou deux personnes qui sont en danger, dans la rue, mais des dizaines. Dans les zones indistinctes des villes que sont les abords d’autoroute, les zones de fret, les zones boisées, des planches et des bâches hébergent des familles entières.

Face à cela, 68 % des Français, selon l’institut CSA, font d’abord confiance aux associations pour affronter la crise, mais ils sont aussi 68 %, exactement le même chiffre, à penser que les pouvoirs publics ne font pas assez pour aider les plus démunis. C’est 5 % de plus que l’an dernier. Sans doute la crise, et, avec elle, les milliards allés aux banques, est-elle passée par là. S’il y a de l’argent pour les riches, ou est l’argent pour les pauvres ? Dans le même temps les dispositifs existants semblent peu de chose face aux flots montants de la pauvreté.

Les SDF en sont l’expression la plus visible et la plus cruelle, mais combien de jeunes aujourd’hui qui vivent mal, combien de centaines de milliers de mal-logés, combien d’allocataires du RMI, du RSA, de femmes seules pour qui boucler le mois est chaque fois une épreuve ?
Il suffit de regarder, aujourd’hui, les files d’attente par exemple des Restaurants du cœur pour voir à quel point la pauvreté touche aujourd’hui tous les âges, à quel point elle s’est étendue. Aux quatre millions et demi de chômeurs réels dans notre pays s’ajoutent près de deux millions de travailleurs pauvres. Pour le seul troisième trimestre 2009, le nombre de bénéficiaires du RSA de base a augmenté de 4,4 % et les moins de 25 ans devront attendre pour le toucher septembre 2010, au mieux…

Les Français dans leur ensemble sont solidaires. Ils donnent aux associations et les plus modestes sont souvent ceux qui donnent le plus. Ils sont solidaires aussi des salariés en lutte, ils le sont des sans-papiers en assumant parfois des risques réels. Mais c’est dans les Hauts-de-Seine, le département le plus riche de France, chasse gardée de l’UMP, des Balkany à Jean Sarkozy, que le conseil général vient de supprimer la prime de Noël. C’est dans les mois à venir qu’un million de chômeurs vont se retrouver en fin de droits sans que le gouvernement s’en émeuve.
Dans la France d’aujourd’hui, 20 % des ménages les plus aisés disposent de 40 % du revenu total disponible et les 20 % des ménages les plus modestes s’en partagent 8 %. Dans les pages glacées des magazines ces jours-ci, il y a des montres à 200 000 euros… Il y a Noël et Noël. Notre société est violemment inégalitaire et la politique menée accroît ces inégalités. Le bouclier fiscal n’est pas seulement une mesure scandaleuse et injuste. C’est un programme politique et idéologique. Face à cette politique, le don soulage la misère et le fardeau des plus pauvres, et il est indispensable, mais la solidarité c’est aussi la lutte, l’action, la fraternité de celles et ceux qui se rassemblent pour changer le cours des choses.


TEXTE REPRIS
sur
BANDERA ROSSA

COMMENTAIRE de
"canempechepasnicolas" :
Chers amis,
je partage l'analyse dans ce qu'elle a de descriptif, quant aux effets du système dans lequel nous vivons. Mais ce système, c'est le capitalisme et ses logiques actuelles. Et toutes les "réformes" poursuivies et accélérées par Sarkozy, ne sont que la transposition en France, de la politique imposée par les autorités de l'Union européenne.

Ne pas évoquer cet aspect décisif ne permet pas de poser les vrais problèmes
, et partant, d'oeuvrer à la convergence des luttes sociales et des mécontentements qui affectent, chaque jour, de nouvelles catégories de la population, universitaires et enseignants, magistrats et professions judiciaies, médecins des hôpitaux et personnel soignant, qui mesurent tous l'impact catastophique sur l'avenir de la nation de la politique du capital.
Voici donc quelques réflexions que me suscite le texte.
Amitiés.
Jean LEVY
Tag(s) : #Politique
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