Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes.

 

 

La CGT et le CRIF

 

 

Pppublié le 1 Février 2014

Partout sur la terre les barricades n'ont que deux côtés

Partout sur la terre les barricades n'ont que deux côtés

Canaille le Rouge édite ci dessous la lettre du Secrétaire Général de la CGT en réaction à un communiqué du CRIF publié par celui-ci après une rencontre entre les deux premiers dirigeants des deux organisations.

 

Disons pour faire court que si le SG de la CGT avait fait l'économie de cette rencontre avec les VRP français du porte avion de l'impérialisme au proche orient, , et les termes de sa lettre donnent une liste de raisons pour faire l'économie de toute rencontre officielle ou officieuse de cette nature, nous aurions évité cette situation pour le moins en décalage avec les positions de congrès de la CGT et les justifications à postériori de son existence

 

 

Rencontre entre le CRIF et la CGT

Thierry Lepaon écrit à Roger Cukierman
vendredi 31 janvier 2014

Suite à la rencontre entre le CRIF et la CGT du 28 janvier dernier et la référence qui en est faite sur leur site, voici le courrier que Thierry Lepaon a adressé ce jour à Roger Cukierman, Président du CRIF.

Monsieur le Président,

Je suis très étonné de découvrir un compte-rendu à la fois partiel et erroné de la rencontre que nous avons eue avec vous-même et des représentants de votre association. Rappelons que cette rencontre faisait suite à une invitation de votre part afin d’évoquer les questions d’actualité et notamment la question de la montée de l’extrême droite et notre inquiétude commune face aux relents d’antisémitisme, d’islamophobie et plus globalement de racisme dans notre pays.

Sur la méthode d’abord, lorsqu’une rencontre de ce type est prévue avec des dirigeants de la CGT et notamment le Secrétaire général, il est d’usage de nous faire part au préalable de l’intention de rendre compte publiquement de l’échange et d’en faire vérifier le contenu par les participants. Ce manque de rigueur de la part d’une organisation comme le CRIF est de nature à entacher une relation de confiance entre nos organisations.

Cette démarche aurait permis de corriger une grave inexactitude dans les propos que vous me prêtez concernant la position de la CGT vis-à-vis de la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanction). En l’occurrence, je n’ai fait que confirmer que la CGT ne s’inscrivait pas dans la campagne BDS. En revanche, la CGT n’a jamais condamné ni ce mouvement ni ses acteurs dont certains sont d’ailleurs des adhérents de la CGT.

Le titre de l’article « La CGT condamne le BDS » posté sur votre site sous la rubrique « Le CRIF en action » me paraît relever d’une intention qui n’est pas respectueuse à l’égard de la CGT et de ses prises de positions.

Je vous demande donc de le supprimer. Afin qu’il ne subsiste aucune ambiguïté sur ce sujet, je me permets de vous rappeler brièvement la position de la CGT et les actions qu’elle mène, aussi bien en faveur de la paix entre les peuples israéliens et palestiniens que de la liberté d’expression des militants du BDS en France.

Ces actions s’inscrivent dans la solidarité de la CGT à l’égard des travailleurs de tous les pays et en faveur de la paix dans le monde. Elles partent du constat de la situation dramatique de la Palestine qui s’enracine dans l’occupation illégale des territoires conquis par Israël et le renchérissement de sa politique de colonisation. La CGT a toujours œuvré aux côtés de celles et de ceux qui se mobilisent pour la paix, en Israël comme en Palestine. Elle entretient des contacts syndicaux avec les travailleurs de cette région et c’est en lien avec ces organisations syndicales qu’elle recherche les moyens les plus efficaces et participe aux campagnes en faveur d’une paix juste et durable au proche-orient.

C’est le sens de la délégation conduite par Bernard THIBAULT en février 2013 en Palestine, à Gaza et en Israël. Forts de cette approche, nous considérons que le boycott global d’Israël ne favorise pas cette stratégie de paix et la coexistence de deux Etats, l’Etat Palestinien et l’Etat d’Israël. Par contre, la CGT s’inscrit totalement dans la campagne d’interdiction des produits fabriqués dans les colonies et dans l’obligation de transparence sur l’origine des produits israéliens destinés à l’exportation afin que l’Etat d’Israël soit contraint de respecter le droit international.

Enfin, je vous rappelle que la CGT, par la voix de Bernard THIBAULT, alors Secrétaire général, est signataire de l’appel initié par Stéphane HESSEL pour la relaxe des militants poursuivis pour leur participation à des actions de boycott. Ce soutien a été renouvelé le 17 décembre dernier, par une délégation de la CGT, de la LDH, de l’AFPS et de parlementaires auprès de la Ministre Christiane TAUBIRA demandant le retrait des circulaires Alliot-Marie et Mercier. Je tiens à vous préciser que je rendrai ce courrier public et vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées.

 

Thierry Lepaon 
Secrétaire général de la CGT

Pour Canaille le Rouge qui fait partie de ses syndicalistes qui soutiennent la campagne BDS, le non engagement de la CGT dans ce qui est l'exigence du respect du droit international traduit la soumission à des pressions politiques qui ont aussi conduit à ce qu'une telle rencontre puisse avoir lieu. 

La Canaille persiste à dire que les relations entre le mouvement syndical israélien, les syndicats palestiniens et la CGT ne peuvent en aucune façon transiter, s'apprécier, voire être influencées et ne concerne pas une organisation qui, au delà du cadre de ses bases confessionnelles se comporte de plus comme le bras séculier d'une ambassade d'un état condamné à de multiples reprises par l'assemblée générale des Nations Unies, l'OIT, le BIT. Toutes ces raisons qui auraient dû économiser si ce n'est interdire ce genre de rencontre.

Les luttes contre tous les racismes dont l'antisémitisme, est un des piliers identitaires de la CGT, elle en a fait un axe de son activité dès la montée en France des idées brunes il y maintenant un siècle.

Faut-il pour la CGT en 2013 rencontrer une organisation qui légitime dans ses positions et sa presse le déni de citoyenneté aux populations spoliées dans leur territoire occupé par un envahisseur colonisateur dont le CRIF se comporte comme l'ambassadeur ?

Que cette situation inédite se produise pose ensuite d'autres questions.

L'arrivée d'un nouveau SG dans une organisation comme la CGT se fait à partir d'une confiance dans l'organisation d'une direction collective  qui porte l'orientation issue du congrès.

Cet épisode pose au grand jour la question de savoir qui organise l'activité, pour arriver à de tels errements, pour quels objectifs ? Où sont débattues ces questions. Il serait judicieux que le CCN s'en empare.

Entre ce fâcheux épisode et la valorisation de l'UE dans la NVO à la veille d'élections où le monde du travail pourrait confirmer sa sanction de 2005 en boycottant une mascarade électorale, ces questions méritent d'être posées et La Canaille les met en débat.

Pour le dire plus clairement, il serait insupportable que tous les efforts pour que le syndicalisme reprenne son autonomie par rapport au politique conduisent à l'installation d'une courroie de transmission entre la tour de la porte de Montreuil et la gentilhommière de la rue Solferino.

Si contacts il devait y avoir entre les deux adresses, les exigences revendicatives et la fin de ce qui commence à ressembler, à la demande du Medef, à des persécutions contre les militants de la CGT, seraient une base de rencontre certes plus musclée mais beaucoup plus pertinente.

Rédigé par Canaille Lerouge

 

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :