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REPRIS SUR

BANDERA ROSSA

 

 

Lundi 13 février 2012

ALGERIE DRAPEAU 

Algérie 1956 : Pacifier. Tuer

Lettres d’un soldat à sa famille
Collection "Mauvais Temps"
Auteur: Martin
Editions : SYLLEPSE
Deux millions de jeunes Français ont effectué leur service militaire en Algérie entre 1955 et 1962. Au plus fort de la guerre 400 000 militaires français quadrillent l'Algérie. Ce livre donne à lire un document, apparemment banal, pendant des mois, les lettres que Jean Martin adresse à sa famille. Il n’a aucune distance critique de ce qu’il fait.
Bien au contraire. Il est fier de servir, satisfait de savoir faire le boulot, un peu condescendant vis-à-vis des corps de troupes réputés moins aguerris, moins efficaces dans la réalisation des missions.
Au fil de quatorze mois, ces lettres décrivent ce que Hannah Arendt a pu nommer "la banalité du mal".
Dans la même lettre on le voit demander des nouvelles d’une petite voisine, qui a du bien "grandir" depuis qu’il ne l’a vue ; et quelques lignes après expliquer "demain je suis de corvée de torture… que voulez-vous, même pas agréable, on le fait à chacun son tour".
Un autre jour, il explique à la famille que pour la nourriture "ça va".
Ce n’est vraiment plus la peine de lui envoyer des colis : maintenant "ils" se font assez respecter dans la région où il est cantonné, et les "bougnoules" se sentent bien forcés de leur donner tout ce qu’ils exigent :
"Que voulez-vous, il faut bien leur faire comprendre qui est le maître !"
Il raconte avec force détails une opération de représailles : un village s’était réjoui qu’une mine ait fait sauter un camion de l’armée française, tuant plusieurs soldats. "On leur a fait creuser des trous pour enterrer tous les morceaux de ferraille, et un trou plus grand. Puis on les a tous tués, des plus âgés au plus jeunes."
A peine sent-on parfois une sorte de lassitude, à la veille d’une permission qu’il attend depuis des semaines. L’auteur de ces lettres sentait bien qu’elles laissaient ses parents perplexes ou tristes.
Il les "rassure" à plusieurs reprises en reprenant, vraisemblablement, les arguments donnés par les officiers au sujet de la guerre, de son bien-fondé contre les terroristes, du rôle de la France, de tout ce qu’il faudra faire après la "pacification".
Il s’agit-là d’un document, au ras de la vie quotidienne d’un soldat. Précisons-le : Jean Martin est un nom d’emprunt, choisi pour rendre ce témoignage anonyme.
Par égard pour la famille, qui ne souhaite pas une publicité déplacée, nous avons choisi le nom propre le plus répandu en France et l’un des prénoms des plus diffusés. En fait, cela ne nous gène en rien.
Au contraire : cette sorte d’anonymat fait d’autant mieux ressortir que n’importe quel soldat d’Algérie, mobilisé pour la guerre coloniale, aurait pu faire et écrire cela.
En revanche, nous avons conservé toutes les précisions d’appartenance, de régiment, de région d’opération et de grades militaires, ce qui peut permettre à qui le souhaite de vérifier circonstances et faits.
L’introduction de Claude Liauzu restitue le cadre factuel, événementiel des années 1956-57. Ce livre, à partir du vécu d’un sans grade, nous semble un document capable de permettre le retour de conscience critique, l’effort de mémoire que requiert la guerre d’Algérie. préface de Claude Liauzu : Au début de la guerre d'Algérie, un simple appelé du contingent raconte, benoitement, dans des lettres adressées à sa famille, les basses besognes de l'armée française.
COMMENTAIRE DE
"canempechepasnicolas"
Ce rappel historique, sur la base du témoignage d'un soldat qui "croit à sa mission", 
prend toute sa valeur au moment où le gouvernement français, soutenu en cela par le PCF et la CGT, soutient, au nom du droit international et de la démocratie,  une
rébellion fomentée de l'étranger,par l'impérialisme contre un gouvernement légal, celui de la Syrie.
On se souvient que droite et PS, de 1954 à 1962, prétendaient que les Algériens qui se battaient pour l'indépendance de leur pays, n'étaient que les jouets des puissances arabes de l'époque, de  l'Egypte, en particulier.
Huit ans de guerre imposée à l'Algérie, avec un million de morts, autorisent-ils les dirigeants français, de "gauche" comme de droite, à donner des leçons de démocratie aux autres peuples ?

 

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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