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APERÇU HISTORIQUE
DE LA QUESTION DE LA REUNIFICATION ALLEMANDE VUE PAR MOSCOU

La réunification, ou plus précisément l'anschluss, c'est-à-dire l'absorption par la grande Allemagne (fédérale) d'une autre Allemagne plus petite (démocratique) est un phénomène qui a donné lieu à de nombreuses réflexions après la Seconde Guerre mondiale, notamment lorsque l'on se pose la question sur la façon dont la division a eu lieu.

La réponse est que ce partage a été réalisé par les démocraties occidentales en application du plan Inimaginable, défini par Churchill, qui prévoyait que dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale, soit le 1er juillet 1945, la troisième guerre mondiale devrait être commencée contre l'Armée rouge, avec une force de frappe principale composée de nouveau par les Allemands.
Ce plan est confirmé par de nombreux documents.


La division de l'Allemagne était en contradiction avec les intérêts de l'URSS, car c'était la voie directe vers le monopole des Etats-Unis sur le marché mondial. Pour cette raison, Staline avait avancé une proposition à Postdam :
une Allemagne unique et démocratique, avec des partis et des syndicats unis, des organes de presse unifiés et l'église catholique et protestante pour tous.
La réponse des Alliés fut alors : « nous sommes contre l'entité politique de l'Allemagne unifiée, contre les partis et syndicats unis ».


L'Union soviétique a ensuite proposé en 1946 d'organiser des élections libres en Allemagne, de créer un gouvernement national, de signer avec ce gouvernement un traité de paix et de faire partir, en moins de deux ans, l'ensemble des forces d'occupation étrangères.
Toutes les autres puissances étaient contre ce plan.
Marshall, le secrétaire d'Etat américain déclara :
« Nous n'avons pas confiance en la volonté démocratique du peuple allemand. Le traité de paix sera élaboré sans consulter les Allemands et leur sera imposé quand Washington le jugera utile ».


En 1947, lors de la conférence à Londres, où l'Union Soviétique n'a pas été invitée, les Etats-Unis ont fait adopter une résolution sur la création d'un Etat ouest-allemand séparé, sur sa remilitarisation et son intégration dans le bloc militaire ouest-européen. Cette solution a été soutenue par tous les Etats occidentaux, à l'exception de la Finlande et de l'Autriche, qui sont restées neutres.


L'étude des mémorandums du Conseil national de sécurité américain de l'époque démontre incontestablement que toutes les tentatives de l'Union soviétique pour s'entendre avec les Etats-Unis quant au problème allemand - comme sur les autres questions - ont été absolument inutiles, car les Américains n'étaient pas en accord avec le fait même de l'existence de l'URSS.

Cela est confirmé par une lettre de Josef Grew, ami de Roosevelt et vice-secrétaire d'Etat, adressée à Harry Truman, le 19 mai 1945, soit dix jours après la fin de la guerre:
« S'il y a une chose inévitable au monde, c'est la guerre entre les Etats-Unis et l'Union Soviétique. Il serait mieux que cette confrontation intervienne avant que la Russie ne rétablisse son économie détruite par la guerre et ne transforme ses potentiels humains et naturels en capital politique et militaire ».
 

Immédiatement après la conférence de Postdam, Truman chargea Eisenhower d'élaborer l'opération Totality. Ainsi, vers la fin du mois d'août, quand la guerre contre le Japon faisait encore rage et que les troupes soviétiques menaient les combats à coté des Américains, fut définie une liste de 15 villes soviétiques désignées comme cibles prioritaires des bombardements atomiques.
A cette liste était annexée des calculs réalisés à partir des expériences de Hiroshima et Nagasaki, sur le nombre des charges nécessaires pour les anéantir.


Au moins 16 scénarios de guerre nucléaire contre l'URSS ont été élaborés entre 1945 et 1949 et la liste des cibles est passée de 15 à 200 villes, avec chaque fois le nombre correspondant des bombes prévues à cette fin.
Si les services de renseignement américains avaient su à l'époque que la première bombe atomique soviétique avait été construite grâce à l'utilisation d'uranium extrait en Allemagne de l'Est et en Tchécoslovaquie, ils auraient plutôt accepté la proposition de Staline du départ des forces d'occupation étrangères du territoire allemand.


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Tag(s) : #Histoire