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COMITE VALMY

Nationalisations ! Réindustrialisation ! 

lundi 20 janvier 2014, par Comité Valmy

Entre 1997 et 2009, la France a perdu 650 000 emplois industriels (INSEE). L’industrie française a été laminée par une vague de privatisations qui continue à déferler jusqu’à présent. Une fois privatisées, les entreprises ont subi le même sort : délocalisations, réductions d’effectifs, choix du profit à court terme et absence corrélative de vision stratégique au service de l’intérêt de la nation. 

Ces privatisations ont massivement eu lieu à partir des années 1990, car, sous prétexte d’imposer la concurrence « libre et non faussée » (TFUE, article 108), l’Union Européenne a provoqué la désindustrialisation de la France. De plus, le diktat maastrichtien du remboursement de la dette oblige l’État à vendre son patrimoine, par essence générateur de revenus, ce qui contribue à l’assèchement des ressources du budget et contribue à accroitre l’endettement. Ainsi, un petit nombre d’actionnaires, a pris possession d’industries nationales qui appartenaient à l’ensemble du peuple. 

Les quelques secteurs qui, parallèlement aux privatisations, ont connu une prospérité relative, sont « improductifs » : par exemple, le commerce (+200 000 emplois entre 1997 et 2009), la publicité (budget de 30 milliards d’euros par an en France), et la finance (40 milliards d’euros distribués en 2013 aux actionnaires du CAC 40, plus-values considérables sur les reventes d’actions). Ce constat se vérifie dans la quasi-totalité des branches de l’industrie.

1) Construction 

- Naval : privatisation de la DCNS, privatisation d’Alstom et par conséquent des Chantiers de l’Atlantique, dernier grand chantier naval français, aujourd’hui en sursis. En 2013, les salariés réclament la nationalisation des chantiers navals (Le Figaro, 6/5/2013) . 

- Aéronautique : Privatisation de la SNECMA en 2004 devenant SAFRAN, privatisation d’Aérospatiale devenant avec MATRA (privatisé en 1987) le groupe EADS. EADS prévoit de licencier 5800 personnes d’ici la fin 2016, alors qu’il réalise 2,1 milliards d’euros de bénéfices en 2013. En revendant ses actions en 2013, Lagardère a réalisé 2 milliards de plus-value (Challenges, 27/03/2013)

- Automobile : la Régie Nationale des Usines Renault, nationalisée en 1945, est privatisée en 1996. Renault prévoit de supprimer 7500 postes avant 2016 en France. Quant à PSA, plus de 11 200 suppressions de postes sont programmées entre mai 2012 et mai 2014. Certains fournisseurs, ayant été privatisés (Saint-Gobain) ou toujours été privés (Goodyear) ont subi le même sort.

2) Energie 


- Pétrochimie : TOTAL privatisé en 1994 réalise 10 milliards d’euros de bénéfices en 2010. Le revenu annuel du Comité de Direction (6 personnes) atteint 9 M€. 210 suppressions de postes à Carlaing prévus en 2013, 555 en 2009.

- Gaz : GDF nationalisé le 8 avril 1946 est privatisé en se faisant absorbé par Suez (privatisé en 1987) en 2006. GDF-SUEZ réalise 4,0 milliards de bénéfices en 2011. En 2010, GDF a consacré 3,9 millions d’euros de lobbying auprès de Bruxelles. Le groupe prévoit 4200 suppressions de poste en 3 ans (22/4/2013, Le Figaro)

- Nucléaire et électricité : Areva a ouvert son capital aux capitaux privés en 2011 (Total, Kuwait Investment Authority à hauteur de 5%). EDF, nationalisé en 1946, en 2010 a ouvert 15% de son capital au privé.

3) Électronique, informatique : 

privatisation de Thompson-CFC (1998) qui devient Thalès (2000). Thalès réalise 585 millions de bénéfices en 2012, mais prévoit de supprimer 450 emplois sur le site d’Ymare, au sein d’un vaste projet de restructuration annoncé en 2013. Thalès a le projet d’entrer au capital du groupe public d’armement terrestre Nexter en échange de l’apport de sa division de munitions.
Bull, après avoir investi dans la société américaine Zenith Data Systems en 1989, est privatisé en 1993. 12 200 emplois sont supprimés entre 1999 et 2008.
Alcatel, leader mondial dans son secteur, est privatisé en 1987. Alcatel-Lucent annonce la suppression de 1800 postes en 2013.

4) Télécommunications : 

en 2004, France Télécom devient une entreprise privée. La téléphonie était nationalisée depuis 115 ans. 16 000 postes supprimés en France de 2006 à 2008. 13 milliards d’euros de bénéfices en 2012. De 2006 à 2011, 58 suicides. Le secteur postal est ouvert à la concurrence par l’UE, promettant La Poste à une privatisation imminente.

5) Chimie, Pharmaceutique : 

Rhône Poulenc privatisé en 1993 est absorbé par Sanofi. Sanofi réalise un bénéfice net de 2,472 milliards d’euros en 2010. 50% du résultat net des activités est utilisé en dividendes. Paiement du dividende au titre de l’exercice 2011 : 3,487 milliards d’euros. 800 postes de visiteurs médicaux sont supprimés en 2008. La branche chimie de Rhône-Poulenc devient Rhodia. Rhodia a délocalisé la totalité de sa production à l’étranger. Rhodia ne fait plus de chimie organique en France qui n’est pas assez rentable.

6) Sidérurgie : 

Usinor, Sacilor et Péchiney sont privatisés en 1995, après un fiasco politico-financier. Usinor est vendue en 2006 à l’Indien Mittal, qui ferme le site de Florange (2600 personnes) en 2012. Une pétition réclamant la nationalisation du site recueille 30 000 signatures.

7) Eau, déchets :

Lyonnaise des Eaux, Vinci, Veolia et Suez ont remplacé les entreprises publiques.

Dans les transports, les mêmes privatisations ont été observées dans plusieurs secteurs.

1) Marine marchande : Parmi les compagnies privatisées, certaines fonctionnaient en synergie avec certaines industries précitées : Gazocéan, France Télécom Marine. D’autres étaient des compagnies de passagers (SNCM 2005, SEAFRANCE 2012) ou de fret (CGM en 1996). Aujourd’hui le pavillon français est menacé de disparition. Le nombre de marins de commerce de 1950 à 2008 a diminué de 72%. Quant aux ports autonomes, ils sont devenus Grands Ports Maritimes en 2008, ce qui permet la privatisation des moyens de manutention.
 

2) Fluvial : la Communauté de Navigation Française Rhénane, nationalisée le 2 novembre 1945 sur ordonnance du Général De Gaulle, est vendue en 1996. Quant aux Voies Navigables de France, les syndicats craignent une privatisation imminente.
 

3) Ferroviaire : avec les paquets ferroviaires de l’UE, la SNCF est aujourd’hui en concurrence avec d’autres opérateurs (20% du fret). L’ouverture du marché de transports de passagers est imposé par l’UE pour avant 2019. De nombreuses lignes sont remplacées par des lignes de bus privés.
 

4) Aviation : Air France est privatisé en 1999, les Aéroports de Paris également. Ceux-ci réalisent 1,02 milliards de bénéfices en 2013.
 

5) Réseau routier : les sociétés d’autoroutes (ASF, SANEF et SAPRR) ont été vendues à Eiffage, Vinci et à un fonds de pension, au moment où elles devenaient le plus rentable.

Le peuple français, dans son immense majorité, a intérêt à établir ou ré-établir sa souveraineté sur les activités économiques stratégiques, ce qui passe principalement par la nationalisation des activités prioritaires et la renationalisation des secteurs bradés en quelques années par une élite politique – de la droite dure à la gauche molle - au service du capitalisme financiarisé.

A l’inverse des nationalisations entreprises en 1981, nous exigeons la confiscation de ces secteurs et leur intégration au domaine public et national. Par ailleurs, pour éviter tout risque de nouvelle trahison de la part des élites, il faut que l’appropriation des moyens de production par l’État se fasse par le biais d’une gestion tripartite État-salariés-utilisateurs afin de programmer les activités de production et les flux financiers.

Cette planification est nécessaire car il est évident qu’un simple retour en arrière vers un système de production de masse alimentant une consommation de masse n’est pas envisageable, ne serait-ce que pour des raisons écologiques.

En ce qui concerne les dirigeants, les élus auront un mandat court, non-renouvelable et seront tous révocables et jamais rééligibles nulle part en cas de malversation. Enfin, les nationalisations (interdites par l’UE) n’auraient de sens sans le rétablissement des monopoles publics (interdits par l’UE) ainsi que des barrières douanières (interdites par l’UE), ce dont profiteront également les PME industrielles aujourd’hui à l’agonie. La ré-industrialisation implique la sortie de l’UE.

 

info@comite-valmy.org *** http://www.comite-valmy.org

Tag(s) : #Economie
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