Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

« Le Monde » le démontre :

c’est le Capital

qui fait la loi dans nos « démocraties »

 

par Jean LEVY

 

 

Le Monde ne fait pas la Une de sa découverte.

Il faut la chercher dans un article, en bas de la page 3, dans son édition datée du 12 mai, sur la situation politique dans le Bade-Wurtemberg.

Les élections récentes, dans ce land, lui fournissent l’occasion de rappeler qui gouverne effectivement dans nos « démocraties ».

Après avoir rappelé le succès des Verts, arrivés en tête de la « gauche », unis au SPD, et leur victoire dans cet Etat-Région du sud de l’Allemagne, Le Monde commente l’évènement :

« Commencera alors une expérience inédite : une coalition de gauche dirigée par les Verts (…) Une fois élu, Winfried Kretschmann, (le patron des Verts), devra donner des gages aux vrais patrons du Bade-Wurtemberg : les industriels de l’automobile, notamment Mercedes, Porsche, Audi et Bosch ».

Le quotidien ne s’offusque, en aucune manière, de sa « révélation ».

 

Cette réalité dépasse les limites de ce land et les frontières de l’Allemagne. Nous en faisons tous les jours l’expérience en France. Pour faire court, disons que le pouvoir réel, dans notre pays, se trouve dans les mains des dirigeants du CAC 40.

100 familles sont aux commandes. Elles tiennent les manettes de notre économie : les banques et la finance, l’énergie, ce qu’elles nous ont laissé d’industries. Elles dictent ainsi leur loi au faux semblant des gouvernants, président et ministres, choisis par eux dans un panel aménagé, offert aux électeurs. Comme une offrande, ou plutôt  une offense, faite à la « démocratie ».

Pour parodier de Gaulle, face au putsch des généraux à Alger, en avril 1961*, disons que « Le pouvoir a une apparence, un quarteron de politiciens aux ordres. Il à une réalité : un groupe d’intérêts privés. Ce groupe et ce quarteron possèdent un savoir-faire expéditif et limité. Mais ils ne voient et ne comprennent la nation et le monde que déformés à travers leur frénésie de profits. Leur entreprise conduit tout droit à un désastre national. »

 

Certes, la prise du pouvoir par le capital n’a rien d’un putsch. Il s’agit d’une conquête de la bourgeoisie entreprise depuis la Révolution française.

Aujourd’hui, le pouvoir est accaparé par une frange étroite de cette bourgeoisie, quelques centaines d’hommes (et de femmes), les plus riches de notre pays, qui mettent celui-ci en coupe réglée. Ils démantèlent tous les acquis sociaux, fruits de la lutte ouvrière et populaire. Ils détricotent les lois protégeant encore les salariés. Elles sont autant d’entraves à l’accroissement de leur fortune.

Pour ces 100 familles qui gouvernent la France, le droit du travail, la santé publique, l’école, la sécurité sociale, ont un coût qui ampute leurs profits.

Seuls comptent les dividendes. Leurs montants guident leur choix économique : fermer les usines, délocaliser celles-ci, là où le coût du travail est moindre, ne plus produire pour mieux spéculer. La rotation du capital est leur bible.

La France, pour ces 100 familles, c’est une salle de marchés.

Mais les frontières limitent encore leurs ambitions. Il leur faut un plus  vaste monopoly à leur jeu d’argent. L’Europe constitue un champ d’action plus conforme à leur désir de puissance, en réduisant les peuples à la mendicité, avec toujours plus de plan d’austérité. « BusinessEurope », le Medef de notre continent, fait la pluie et le beau temps, sous l’habit de l’Union européenne.

Celle-ci est, de nos jours, ce qu’était l’Europe des rois coalisés contre notre République, à Valmy, et la Sainte Alliance des Princes, en 1815, du temps de la contre-révolution et de la royale restauration.

C’est aujourd’hui, l’instrument de contrainte des peuples par gouvernements interposés. Que ceux-ci soient « Bleus » ou « Roses », ils appliquent, à la lettre, la loi dictée par leurs maîtres, la loi du marché, du Bade Wurtemberg jusqu’à l’Elysée.

 

*DISCOURS DU GENERAL DE GAULLE, DU DIMANCHE 23 AVRIL 1961

  • « Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite. Il a une réalité : un groupe d'officiers, partisans, ambitieux et fanatiques. Ce groupe et ce quarteron possèdent un savoir-faire expéditif et limité. Mais ils ne voient et ne comprennent la nation et le monde que déformés à travers leur frénésie. Leur entreprise conduit tout droit à un désastre national. »

 

Tag(s) : #Europe
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :