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TEXTE REPRIS DE
BANDERA ROSSA



Jeudi 15 octobre 2009

 

Le Parti Communiste à 11%
(résultats définitifs)

Elections locales au Portugal


Solidarité Internationale PCF
tire le bilan de ces élections locales au Portugal

 

         Ce dimanche 12 octobre, les électeurs portugais étaient appelés à renouveler les Assemblées municipales (municipios) et cantonales (freguesias) et les exécutifs qui en dépendent, dans le cadre des 18 districts qui composent le pays.

Contraste entre le fort enracinement social du PCP et l'épiphénomène médiatique qu'est le Bloc de Gauche

Deux semaines après les élections législatives, ces élections étaient un test, en particulier à gauche: pour un Parti Socialiste qui résiste dans son déclin (36% aux législatives), un Parti Communiste en progrès (8%) mais dont le bon résultat était occulté par la percée fulgurante du Bloc de Gauche, cette fameuse coalition électoraliste regroupant trotskistes, maoïstes, ex-communistes refondateurs, sociaux-démocrates, habilement mis en scène médiatiquement (9,5%).


De l'analyse minutieuse des résultats des législatives ressortait le contraste entre le fort enracinement local et social du PCP et la carte électorale uniforme du Bloc de Gauche qui dénotait plus l'influence d'un vague mouvement médiatique que celle d'un travail de terrain. Le résultat des élections locales n'a fait que le confirmer.

Le Parti Communiste Portugais – toujours dans le cadre de la coalition électorale avec les verts et des républicains de gauche, la CDU – réalise un score avoisinant les 11% aux élections municipales et cantonales (respectivement 10,72% et 10,98%) tandis que le Bloc de Gauche chute à 3-4% (4% aux municipales et moins de 3% aux cantonales).

Alors que les médias prévoyaient pour le PCP le pire résultat de son histoire et attendaient la confirmation du leadership du Bloc de Gauche à gauche du PS, les résultats ont apporté un cinglant démenti à ceux qui martèlent l'idée d'un déclin inéluctable du parti communiste. Après les résultats, seul l'ancien président socialiste Mario Soares a rappelé ses camarades journalistes à la raison en déclarant que « les élections locales avaient montré que le parti le plus solide à gauche est bien le Parti Communiste Portugais, et non le Bloc de Gauche ». Car les médias ont persévéré dans la mauvaise foi, reprenant sans distanciation les discours des dirigeants du Bloc de Gauche relativisant ce mauvais résultat en se félicitant de la victoire globale de la gauche, et minorisant le bon résultat du PCP en insistant sur les municipalités perdues plutôt que sur celles gagnées.

Nombreux accords Droite-PS pour faire tomber les municipalités communistes

En effet, le bilan peut paraître mitigé avec 6 municipalités perdues et seulement 3 gagnées. Toutefois, seule la perte de Beja, capitale de district, est dommageable. Or, les résultats du PCP dans la municipalité même de Beja sont excellents (42%) et c'est en fait en passant des accords avec la droite dans un véritable barrage anti-communiste (45%) que le PS l'a empêché de conserver la municipalité.
Ailleurs, le PCP renforce ses positions dans ses bastions: dans plusieurs villes de la Métropole Lisboète et dans plusieurs villes des districts de Beja (40% dans l'ensemble du district) Evora (34% dans le district) et Setubal (42% dans le district).
A Setubal, avec 38% des voix et 5 élus sur 8 au conseil municipal, le PCP conserve la majorité absolue et donc la mairie de cette capitale de district.

Le PCP plus que jamais troisième parti portugais.

Au total, le PCP/CDU gardent les exécutifs de 28 municipalités (soit le même nombre qu'en 2005) et conservent environ 3 000 élus locaux. Ainsi, le PCP confirme qu'il est bien le troisième parti portugais: en nombre de militants, de voix et d'élus.

A l'annonce des résultats, Jéronimo de Sousa a mis l'accent sur « le maintien de nombreuses de ses majorités, qui s'inscrit dans la continuité avec la progression solide et soutenue de la CDU qui témoigne d'un large courant de soutien et de confiance de la part d'un nombre croissant de portugais et de portugaises ».
Le secrétaire-général du PCP a ensuite insisté sur « le renforcement de ses positions » à Setubal et dans l'Aire Métropolitaine Lisboète.

Pour lui, ces résultats « ont une valeur inégale » car obtenus « dans le cadre d'une campagne intense et persistante centrée sur le dénigrement de la CDU ». Il explique le décalage relatif entre les très bons scores de la CDU et la perte d'exécutifs locaux – malgré des résultats à plus de 40% parfois localement – par un mécanisme « de vote utile de la droite envers le PS qui a été perçu comme la force capable de combattre le plus efficacement l'influence de la CDU ».

L'exemple de Beja parle de lui-même.

La preuve par l'exemple que le choix de la lutte des classes paie, y compris électoralement.

Les résultats obtenus par le PCP sont inséparables du travail réalisé par les organisations du Parti impliquées dans les luttes locales, et les élus présents sur le terrain pour relayer ces luttes. L'ancrage persistent du Parti Communiste Portugais dans la classe ouvrière, reflété partiellement par ses bons résultats électoraux, est avant tout la conséquence de choix organisationnels et idéologiques: celui de maintenir une organisation communiste centrée sur la cellule, notamment d'entreprise; celui de raffermir les liens entre le Parti Communiste et le syndicat CGT-P qui reste la courroie de transmission du parti; celui de rester inflexible sur les principesle marxisme et le léninisme comme cadre d'analyse de la société, maintien de la perspective révolutionnaire et socialiste – et de conserver une souplesse dans la pratique – l'ouverture à d'autres forces politiques dans le cadre de la coalition électorale qu'est la CDU.

 

 

Tag(s) : #Internationalisme
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