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COMMENT LES SOUTIENS FRANCAIS D'ISRAEL

PRESENTENT L'ANTISIONISME

COMME UNE NOUVELLE FORME D'ANTISEMITISME

 

"canempechepasnicolas"

publie ci-dessous

un texte de Pierre André Taguieff

à titre d'exemple.

 

et "canempechepasnicolas"

commente au fur et à mesure les propos tenus par P-A G 

 

  Le texte suivant a été rédigé par Pierre-André Taguieff pour les organisateurs de la journée d’études sur les thèses de son livre : « La Nouvelle Judéophobie » (2002), qui vient d’être traduit en hébreu. Il sera publié par le professeur de philosophie Elhanan Yakira sous l’égide de l’université Bar-Ilan.

C’est à drzz.info que Pierre-André Taguieff a choisi de confier sa première publication, constituant une synthèse actualisée de ses analyses.

 


La nouvelle propagande « antisioniste »,

ou la réinvention de la question juive

Par Pierre-André Taguieff.

 

 

Je considère qu’une guerre idéologique totale est aujourd’hui menée contre Israël et « le sionisme », soumis à une diabolisation permanente.

 

L'irruption militaire d'un Etat juif sur des terres arabes, en 1948, n'est-il pas un acte de guerre de conquêtes, une opération de type colonial, qui disqualifie la nature même de cet "Etat" ?

 

Dans cette guerre multidimensionnelle, la dimension culturelle, disons à la fois intellectuelle et médiatique, a pris plus d’importance que la classique dimension politique. Dans cette guerre des mots et des représentations, on observe deux phénomènes remarquables. Le premier concerne la configuration idéologique sur laquelle se fonde cette guerre culturelle : elle se présente comme une vision du monde à part entière, prétendant répondre aux grandes questions qui se posent sur l’évolution du genre humain, à commencer par celle qui porte sur l’origine du mal (Israël, « le sionisme »).

 

Ce ne sont pas les Arabes qui ont inventé le terme "sioniste". C'est un groupe d'intellectuels juifs, ne vivant pas en Palestine mais en Europe, qui ont revendiqué, à la fin du XIXème siècle, la notion du "sionisme" comme celle d'un peuple dispersé par l'histoire

 

Elle est donc pourvoyeuse de sens. Elle comporte également des normes pour l’action, qui dérivent de la désignation d’un ennemi absolu : Israël, « les sionistes », « le sionisme » ou « le sionisme mondial ». Elle contient enfin une promesse de salut : en détruisant Israël et en « liquidant » le « sionisme », l’humanité sera sauvée.

 

Il ne faut pas inverser les choses : le côté messanique du "sionisme" n'est-il pas assumé par une fraction de la population juive au point d'appeler Israël "l'Etat hébreu", de prétendre à une soit-disante permanence d'un peuple unique, voire d'une race commune à travers les siècles, thèse mise à mal par le philosophe d'orine juive, Shlomo Sand ?

 

Promesse de libération ou d’émancipation universelle, qui prend la signification d’une rédemption. On peut interpréter la vision antisioniste du monde comme une nouvelle figure historique de néo-religion politique s’inscrivant dans l’espace des religions séculaires (Raymond Aron) ou des mouvements gnostiques modernes (Eric Voegelin).

  Le second phénomène est l’accent mis sur l’universel dans toutes les argumentations « antisionistes » récentes. L’universalisme abstrait constitue le nouveau point d’appui des intellectuels et des propagandistes « antisionistes » radicaux, qu’ils soient juifs ou non-juifs.

 

La hargne de Pierre-André Taguieff vise donc,  priotairement, "les intellectuels et des propagandistes « antisionistes » radicaux  juifs ", qualifiés en fait de "traîtres" à la cause juive, sans jamais esquisser la moindre réponse aux arguments de ceux qui, documents à l'appui, nient "l'existence d'un peuple juif".

 

 C’est précisément cette dimension universaliste qui permet à des Juifs de rejoindre le camp des antisionistes radicaux, d’adhérer aux dogmes de la gnose « antisioniste », bref, de se convertir à cette néo-religion de salut. Un Juif converti à l’antisionisme radical – un « Alterjuif » – échappe ainsi à la diabolisation et à l’ostracisme, il cesse d’appartenir à la catégorie des monstres inhumains, il redevient une personne humaine digne de respect. S’il est un intellectuel, un écrivain ou un artiste, il devient un auteur invitable dans l’espace médiatique.  

 

Pour Pierre-André Taguieff, l'attitude de ces faux-frères tient à leur  lâcheté personnelle et à leur ambition médiatique.

 

En général déjudaïsés, à l’antisionisme radical, celui qui est aujourd’hui professé, côté athéisme, par les « Alterjuifs » Noam Chomsky ou Norman Finkelstein, non moins que, côté islamisme, par les Frères musulmans, Oussama Ben Laden ou Mahmoud Ahmadinejad. La conversion massive des intellectuels occidentaux à la gnose antisioniste montre l’importance de la dimension culturelle dans la récente vague judéophobe, centrée sur la diabolisation d’Israël.

 

Ainsi sont dénoncés  les antisionistes "déjudaïsés", les juifs professant l'"athéisme",agents de Oussama Ben Laden et de Mahmoud Ahmadinejad.

A quand la décision de leur ôter leur origine juive ?

 

Le bénéfice psychique de l’opération et ses avantages culturels ou médiatiques permettent de comprendre les conversions croissantes d’intellectuels juifs,

 

Pierre-André Taguieff se réfère à l'histoire pour "expliquer" ce phénomène :

  

Il faut remonter à la guerre des Six-Jours (5-10 juin 1967), véritable tournant historique marqué par ce que Saul Friedländer a appelé le « revirement hostile d’une fraction importante de l’opinion publique occidentale » à l’égard d’Israël, pour comprendre comment le « racisme » est devenu le principal thème d’accusation visant les « sionistes » et, au-delà d’eux, les Juifs. C’est autour de l’image d’Israël, diabolisée et criminalisée par tous les moyens de la propagande dite « antisioniste », que s’est constituée la nouvelle vision antijuive désormais mondialement diffusée.

 

Pierre-André Taguieff n'évoqe, bien sûr, jamais les FAITS POLITIQUES ET MILITAIRES qui déterminent le caractère raciste de l'Etat d'Israêl : des villages arabes détruits en 1948 aux opérations terroristes menées en permanence, tant vis-à-vis de la population palestinienne des territoires occupés qu'envers celle de la bande de Gaza, y compris avec des armes interdites. Pierre-André Taguieff ignore les discriminations économiques et sociales dont sont victimes les "Arabes" du fait de "l'Etat hébreu"...

 

De nouveaux stéréotypes antijuifs ont été fabriqués et mis en circulation, sur la base d’une assimilation d’Israël au Troisième Reich, tandis que les Israéliens et les « sionistes » étaient assimilés aux « nazis ». L’État juif a été réduit à un État « raciste », « belliciste », « criminel » et génocidaire. Ainsi, les idéologues palestiniens nient la réalité historique de la Shoah ou en dénoncent les usages politiques « sionistes », mais, en même temps, ils inventent le mythe de la Naqba, soit celui d’un crime fondateur (un nettoyage ethnique programmé), et l’utilisent comme moyen de propagande pour diaboliser l’État d’Israël et lui dénier le droit à l’existence.

 

Oui ou non, la Naqba est-elle un fait historique ? Et les moyens utilisés en 1948 et depuis par l'Etat d'Israël pour réduire la Palestine en "bandoustans", tel l'appartheid  pratiqué par les Blancs Sud Africains, sont-il un "fantasme", inventé par des "idéologues palestiniens" ?

 

 L’amalgame polémique « sionisme = nazisme » est cependant loin d’être nouveau, puisqu’on le rencontrait déjà, dans les écrits « antisionistes » arabo-musulmans, à partir du milieu des années 1950. Ce qui est nouveau, c’est la centralité qu’il a acquise dans la rhétorique « antisioniste », lorsque celle-ci s’est présentée comme une forme d’antiracisme, à partir du milieu des années 1970. Quoi qu’il en soit, un tel traitement symbolique d’Israël ne pouvait avoir qu’une conclusion logique : l’exigence de son anéantissement.

 

Personne ne fait l'amalgame entre l'Etat d'Israël et l'Allemagne hitlérienne. Mais le sionisme, comme idéologie, peut être comparé à la théorie national-socialiste qui fait de la race le ciment de la nation, sa référence et sa justification.

Et l'anéantissement promis par les alliés en 1945 de l'Etat nazi ne supposait en aucune manière l'anéantissement du peuple allemand.

 

  Les Juifs ont toujours vécu tant bien que mal dans des contextes où ils étaient plus ou moins fortement stigmatisés. Mais il y a eu l’extermination nazie des Juifs d’Europe, la Shoah. On a longtemps pu croire qu’elle constituait une limite absolue posée devant la haine des Juifs, une frontière infranchissable interdisant toute nouvelle vague judéophobe. Or, la Shoah est désormais relativisée, minorée, voire niée, ou encore instrumentalisée à des fins anti-israéliennes. On peut désormais craindre qu’il ne s’agisse d’un précédent. La nouvelle configuration antijuive fait renaître, au-delà de la destruction de l’État juif, la hantise d’une élimination finale du peuple juif. Certaines déclarations publiques du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, comme celles des islamistes radicaux liés à Al-Qaida, se présentent en effet comme des mixtes de menaces et de prophéties d’extermination, à l’instar du célèbre discours prononcé par Hitler le 30 janvier 1939 devant le Reichstag.

 

 Personne ne nie, parmi la population d'origine juive hotile au sionisme, la réalité de la Shoah.

Mais les sionistes, en faisant de cette Shoah LE SEUL GENOCIDE réalisé dans le monde, fait de ce crime un acte UNIQUE dont seuls les juifs ont été victimes, et cela, pour faire de l'Etat hébreu le sanctuaire intouchable, définitivement et moralement protégé.

 

C'est - volontairement -  oublier  les génocides visant les Indiens d'Amérique, réalisés par les alliés US d'Israël, les populations autochtones de Nouvelle-Zélande, sans parler du génocide des  Tziganes, pratiqué par l'Allemagne nazie à l'égal des Juifs. Sans parler du colonialisme qui, comme au Congo belge, par exemple, a réduit la population noire dans des proportions gigantesques.

Quant à prétendre que l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad vise, en évoquant la disparition d'Israël, à l'élimination de la population juive, c'est faire dire aux Etats qui prônaient la disparition de la RDA, durant la guerre froide, qu'ils avaient en tête l'anéantissement du peuple allemand vivant hors de la République Fédérale...

 

Jean LEVY

Tag(s) : #Histoire
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