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Espagne,                                         

Zapatero vote FMI
 

En annonçant plusieurs mesures économiques radicales, le chef du gouvernement espagnol cède à nouveau à la pression du marché et de ses partenaires européens. Au risque de ne plus incarner la gauche pour beaucoup d’électeurs.

« Annoncer des mesures restrictives n’est du goût d’aucun président » déclarait le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero le 12 mai au moment d’annoncer la nouvelle cure d’austérité dans le royaume ibérique.

 

Ce plan a surtout laissé un goût amer dans la bouche des militants socialistes du PSOE (Parti socialiste espagnol). Pour la première fois en Espagne, le gouvernement réduit de 5% le salaire des 2,6 millions fonctionnaires. A l’automne 2009, Zapatero s’était engagé auprès des syndicats à revaloriser les salaires des fonctionnaires de 0,3% en 2010…

Traba j’adore - JPG - 37.2 ko 
Dessin de Nardo

 

Ainsi sur la chaine TVE, Cayo Lara, le leader du parti de gauche « Izquierda Unida » ne cachait pas sa colère :

« Ceci est indigne d’un gouvernement qui se dit socialiste » dénonçait-t-il. Comme lui, plusieurs parlementaires espagnols, mais aussi des universitaires, dénoncent aujourd’hui le virage néo-libéral du gouvernement socio-démocrate de José Luis Rodriguez Zapatero.

C’est le cas de Vincenz Navarro, professeur d’économie appliquée à l’université de Barcelone auquel on doit des articles saillant dans le quotidien Publico. Reconnu internationalement par ses pairs, selon lui, le problème ne passe pas par la réduction du salaire des fonctionnaires mais par la réforme du système financier et la mise en plac

 

Pourtant à coté de cette mesure phare très critiquée, en 2011 le gouvernement va aussi geler la revalorisation des retraites (sauf les plus basses) et supprimera le chèque-bébé, ce coup de pouce de 2.500 euros accordé pour toute naissance.

Moins pire que le PP ?

En réaction aux mesures drastiques, du coté des syndicats majoritaires, les Commissions Ouvrières (CCOO) et l’Union générale des travailleurs (UGT), on ne parle pas encore de grève générale. Ces derniers appellent seulement les fonctionnaires à manifester dans les rues le 8 juin.

 

Dans la presse, un bon nombre de journalistes n’hésitent pas à écrire que les syndicats sont inféodés au gouvernement, notamment parce que ces derniers perçoivent des subventions publiques conséquentes.

 

En tout cas, la population étonne par son calme.

Dans un pays qui présente un taux de chômage de plus de 20%, où l’accès au logement est très prohibitif, José Luis Zapatero bénéficie encore du soutien d’une part importante des Espagnols. « Zapatero a gagné le soutien des masses progressistes avec des lois typiquement réformistes : la loi de mémoire historique, la légalisation du mariage homosexuel, la réduction de l’âge de l’avortement, etc. » explique David Dominguez doctorant en Philosophie Politique à Madrid.

En effet, dès son investiture en 2004, Zapatero a rompu symboliquement avec la politique du Parti Populaire en retirant les troupes espagnoles d’Irak. Le positionnement récent du parti socialiste en faveur du juge Garzon, renforce cette apparence de gauche.

Profits records

Pourtant, la politique économique du gouvernement Zapatero est restée dans le cadre de l’orthodoxie libérale et n’a pas corrigé de façon significative le « sous-développement social » de l’Espagne.

Le gouvernement a contribué largement au processus de privatisation, les projets de réforme de la Sécurité sociale sont inspirés par les politiques développées par la Banque mondiale.

« Zapatero n’a rien fait pour enrayer la bulle immobilière alors que son explosion était largement prévisible » explique la journaliste Andrea Pikabea.

La part des salaires dans le revenu national a atteint en 2006 un niveau historique de 46,4% du PIB, c’est-à-dire une chute de 3,2 points en dix ans. L’écart du revenu moyen entre les 20 % les plus pauvres et les 10% les plus riches de la population espagnole s’accroit de manière régulière.

 

Si l’Espagne est aujourd’hui en crise et sous surveillance étroite de l’UE, les grandes entreprises ibériques comme Hyberdrola, Telefonica, Endesa ou BBVA affichent pourtant des profits records. «  Aujourd’hui, les marchés exercent un véritable chantage sur le gouvernement, en menaçant d’éventuelles conséquences sur la croissance. Zapatero n’a pas la force de leur tenir tête » conclut David Dominguez.

 

La bourse d’Espagne incarne très bien la pression exercée sur l’Espagne par le système financier. Le 10 mai, le vaste mécanisme de 750 milliards en soutien aux pays de la zone euro en difficulté avait fait monter l’Ibex-35 de 12,5%, un record historique pour la bourse ibérique. Le lendemain, l’indice connaissait une chute brutale de 6%.

 

Pour André Pikabea, « Zapatero n’a jamais été courageux d’un point de vue économique. Mais la gauche reste la solution du moins pire dans un pays où il y a seulement deux parti et où le PP incarne des valeur autoritaires et conservatrices, marquées par 40 ans de franquisme ».

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TEXTE REPRIS

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BANDERA ROSSA
Tag(s) : #Europe
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