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Même des nostalgiques du passé royal

contestent les projets du pouvoir PS...


herodote.net

 

Depuis un tiers de siècle, les élites parisiennes et les dirigeants régionaux voient dans la suppression des départements un remède miracle au mauvais fonctionnement de l'administration...

Le royaume de France et ses 83 départements en 1791

 

La France souffre, paraît-il, d'un nombre excessif d'échelons administratifs. Le remède est tout trouvé : supprimons les départements et, mieux encore, réduisons le nombre de régions administratives.

Archaïques les départements ? 

Créés le 15 janvier 1790, ils sont aussi vieux que la

Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

 

Serait-elle archaïque elle aussi ?

Les Régions seraient-elles plus modernes ?

 

Les provinces royales en 1789

 

 

Sans doute, puisqu'elles ont été créées en 1941 seulement, à l'initiative du Maréchal Pétain, qui avait la nostalgie des anciennes provinces, et se réfèrent aux Länder de notre grand voisin d'outre-Rhin, dans lequel notre classe dirigeante, aujourd'hui comme avant-hier, puise toutes ses références...

 

La Révolution a rationalisé les institutions coutumières héritées de l'Ancien Régime en créant les départements et les communes et en substituant l'allégeance à la Loi à l'allégeance au Roi. Ce « jardin à la française » a donné satisfaction pendant près de deux siècles.

Le premier accroc est venu du régime de Vichy, qui a créé en 1941 des préfets régionaux, une façon de renouer avec les intendants de l'Ancien Régime.

À la Libération, on a conservé ces régions administratives et, en 1982, on en a fait des collectivités territoriales à part entière, avec un conseil élu et des ressources propres. Il s'agissait tout à la fois de décentraliser l'Etat et de créer des échelons assez importants. 

Le bel avenir des départements

Né sous la Révolution, le département est la circonscription la mieux enracinée dans l'Histoire de France, en concurrence avec la commune, héritière des anciennes paroisses. Il plonge ses racines jusque dans l'ancienne Gaule comme l'attestent les noms de nombreux chefs-lieux, empruntés à des peuples gaulois.

 

Après deux siècles d'existence officielle, il demeure envers et contre tout la principale circonscription de référence pour tout ce qui concerne l'ordre public et la cohésion sociale et territoriale.

 

Le département serait-il devenu trop petit pour assumer ces tâches ? Les énarques, les hommes politiques et beaucoup de concitoyens avancent les économies d'échelles qui pourraient, en théorie, advenir du remplacement de 95 administrations départementales par 22 administrations régionales. C'est faire fi de la nécessité d'avoir des administrations de proximité : on ne peut pas, par exemple, gérer les routes des Hautes-Alpes à partir de la capitale régionale, Aix-Marseille, sans disposer d'un relais au chef-lieu du département... Si l'on remplaçait les directions départementales par des directions régionales, il faudrait inéluctablement créer des sous-directions plus proches du terrain, ce qui annulerait l'économie escomptée de la suppression des départements !

 

À ceux qui font valoir les exemples étrangers et notamment les Länder, je suggère de considérer deux pays dont l'expérience démocratique n'est pas moindre que l'Allemagne : le Royaume-Uni et la Suisse.

Le territoire de Sa Majesté est découpé en plus de 65 comtés (ou shires) qui remontent à Guillaume le Conquérant.

Ces circonscriptions de référence ont une population comparable à celle de nos départements et une superficie deux fois moindre. Que je sache, les Britanniques ne se plaignent pas de leur petite taille... La Suisse, quant à elle, a 26 cantons ou demi-cantons qui s'enracinent dans la nuit des temps, avec des compétences très étendues, une population moyenne deux fois inférieure à celle de nos départements et une superficie cinq fois inférieure ! Serait-elle pour autant mal administrée ?

L'illusion économique selon... François Hollande

«  Aujourd'hui, c'est le département qui est sur la sellettedéclarait François Hollande aux états généraux de la démocratie territoriale, en octobre 2012. Des arguments en termes d'économie sont souvent avancés pour supprimer un échelon. Ils ne résistent pas à l'examen dès lors qu'il n'est pas question d'abolir les compétences que cette collectivité exerce. À part diminuer quelques dizaines d'élus, où est l'économie ? Quant à la simplification espérée, elle aboutirait le plus souvent à l'éloignement de nos concitoyens par rapport aux décisions prises  ».

L'illusion régionale

Aujourd'hui, les élites françaises considèrent que les seules circonscriptions vraiment modernes seraient les régions administratives créées par le gouvernement de Vichy en 1941, reprises à la Libération et transformées en collectivités territoriales en 1982, avec en ligne de mire les Länder de notre voisin d'outre-Rhin. Il faut dire que, depuis Madame de Staël, l'Allemagne s'est substituée à l'Angleterre comme inspiratrice des élites françaises, parfois pour de bonnes causes, parfois pour de moins bonnes.

 

Certaines des Régions actuelles sont plus étendues ou plus peuplées que le Danemark. On est alors loin de l'échelon de proximité. Il arrive que leur métropole dévore les forces vives de la région. C'est le cas de Toulouse, en Midi-Pyrénées.

Il arrive aussi que des Régions mettent aux prises des métropoles rivales et les entraînent dans des luttes stériles : Nîmes-Montpellier, Nancy-Metz, Poitiers-La-Rochelle, Tours-Orléans, Lyon-Grenoble, Marseille-Nice... Leurs frontières sont souvent artificielles et rapprochent des contrées qui n'ont aucune affinité entre elles (Pays de la Loire, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Centre, Provence-Alpes-Côte d'Azur...). Même le Limousin souffre de son hétérogénéité : la Creuse, au nord, est tournée vers Bourges, la Haute-Vienne et Limoges, à l'ouest, vers Poitiers, et la Corrèze, au sud, vers Toulouse !

 

Les élus régionaux et leurs administrations ne témoignent d'aucun bonus significatif en transparence, rigueur et efficacité. Faut-il s'en étonner ? Qu'ils siègent à Toulouse ou Marseille, ils sont aussi éloignés de leurs assujettis de Bagnères-de-Bigorre ou de Menton que leurs homologues parisiens. Il n'y a pas de conseiller régional qu'un citoyen puisse aller voir comme il va voir son député, son maire ou son conseiller général (département).

 

Tag(s) : #Histoire
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