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jeudi 20 juin 2013

Les menaces

La semaine dernière, le gouvernement français a semblé obtenir une exclusion de l'audiovisuel dans les négociations commerciales en vue d'établir un traité transatlantique. Mais non seulement, cela n’est même pas assuré, mais ces négociations posent de multiples autres dangers.


L’exception culturelle menacée
On pourrait presque remercier José Manuel Barroso pour sa déclaration tant il a provoqué une réaction unanime des politiques, des artistes et des médias du pays, démontrant par là-même qu’il y a bien une identité nationale qui peut transcender tous les clivages, et qui peut rassembler la patrie quand elle est mise en danger. Le Monde, dans un éditorial saignant, a dénoncé son comportement, ni respectueux, ni loyal, rappelant ses plans de carrière anglo-saxons. Hervé Nathan, pour Marianne, a  publié un papier savoureux critiquant son comportement de "mauvais perdant"».
Malheureusement, il semblerait que les cocoricos de vendredi soir soient un peu prématurés.
En effet, le commissaire européen en charge du commerce, Karel de Gucht, a indiqué que l'audiovisuel pourraitêtre néanmoins ajouté plus tard dans le mandat de négociation.
Certes, la ministre du commerce, Nicole Bricq, indique que la France mettrait son veto, mais cela pose un double problème. Tout d’abord, il faut rappeler que la ministre fait partie des membres les plus libéraux du gouvernement.
Ensuite, le diable se cache toujours dans les détails dans ce genre de négociations…
Consensus pour le protectionnisme culturel
En outre, il n’est pas inintéressant de constater cette levée de bouclier unanime contre la logique du libre-échange appliquée aux produits culturels. En effet, cette glorification du protectionnisme culturel est une passerelle vers un protectionnisme plus global. Pourquoi faudrait-il en effet n’accorder la protection de nos frontières qu’aux produits culturels ?pourquoi ce qui serait normal pour le cinéma, la télévision ou la musique ne le serait pas pour l'industrie ou l'agriculture ?
Bien sûr, les produits culturels ne sont pas des biens comme les autres. Cependant, quand on voit comment se lancent la plupart de grosses productions culturelles, il est difficile de voir une différence par rapport aux produits industriels ou aux services pour lesquels il ne faudrait pas de protection.
Mieux, pourquoi faudrait-il que les professions culturelles bénéficient d’une protection étatique et nationale de la concurrence étasunienne et pas les agriculteurs, les ouvriers, ou les employés ?
Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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