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JUILLET 2013 La newsletter de
l'Institut Montaigne
   

Nouvelle étude - Commerce extérieur : refuser le déclin
  A l’heure où le premier cycle de négociations bilatérales sur l’accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne s’ouvre à Washington, l’Institut Montaigne publie ce jour une étude sur les nouvelles tendances du commerce international et les moyens dont l’économie française peut se doter afin de faire valoir ses atouts et enrayer la dégradation continue de sa balance commerciale.

Depuis 20 ans, la croissance spectaculaire du commerce s’accompagne de deux mutations majeures :

  • un déplacement massif des échanges commerciaux vers l’Asie ;
  • un bouleversement des modes de production entraînant des changements dans la nature même des échanges. Entre 2000 et 2010, la croissance du commerce des services dans le monde a été de 9,5 % par an en moyenne.

Cette deuxième tendance devrait bénéficier à la France qui est bien placée en matière de services. Pourtant, le décrochage de notre économie en la matière est patent comme en témoigne le déficit de notre balance commerciale : -67,2 Mds€ en 2012 (– 74,1 Mds en 2011). Il est particulièrement net au sein même de l’Union européenne, destination de près de 60 % de nos exportations.

 Etat des lieux

L’étude analyse les nouvelles "chaînes de valeur" qui structurent les échanges internationaux aujourd’hui. Elle détaille les atouts de l’économie française à l’export et les raisons de son décrochage : inadaptation des coûts et des structures ; faibles rendements des incitations publiques à l’innovation ; faiblesse des entreprises exportatrices et de la variété des produits.

Ce travail recense également les multiples barrières douanières et non douanières qui existent et pointe la fragmentation du marché des services en Europe ainsi que la protection des marchés publics par de nombreux Etats.

L’étude consacre enfin un chapitre à la crise du multilatéralisme et aux échecs de la politique commerciale commune. L’échec du cycle de Doha a laissé place à une multiplication d’accords bilatéraux et régionaux, qui induisent davantage de risques de distorsions économiques et augmentent significativement les coûts de transaction des entreprises.

Le positionnement ambigu de la France au sein de la politique commerciale commune et la frilosité affichée nuit aux champions nationaux et ne correspond pas à la réalité des échanges.

  Trois messages forts découlent de ces analyses

  • le tissu économique de la France est moins ouvert aux chaînes de valeur industrielles régionales et mondiales que les économies les plus compétitives, ce qui explique sa relative perte de vitesse dans les échanges mondiaux ;
  • notre pays a avant tout perdu des parts de marché dans la zone Euro. Alors que la France présente de réelles forces dans les services, la fragmentation persistante du marché européen des services est un réel handicap pour le déploiement du potentiel des entreprises françaises ;
  • dix ans après son lancement, le cycle de Doha à l’OMC peine à aboutir. Les récentes décisions européennes de lancer des négociations bilatérales avec les grandes économies que sont les États-Unis et le Japon, bien que présentant de nombreux risques, sont à ce titre une réelle opportunité de relancer la machine du commerce international et à terme de retrouver le chemin du multilatéralisme ouvert centré autour de l’OMC.

Nos propositions pour que la France fasse valoir ses atouts économiques dans le monde

Au niveau national : approfondir les réformes de compétitivité nationales déja engagées et préparer le tissu productif français à l'économie mondiale de demain
- mettre en œuvre de façon plus ambitieuse les recommandations du rapport Gallois pour un "choc de compétitivité"
 - mettre en place une stratégie de communication claire, cohérente et accueillante pour les investisseurs étrangers
- poursuivre la modernisation de notre dialogue social amorcée au travers de l’ANI et considérer cet accord comme un point de départ et non comme un point d’arrivée
- permettre aux PME/PMI de croître par une politique fiscale attractive pour les investisseurs et une réforme profonde de notre système d’innovation
- permettre à certaines professions réglementées de gagner en taille, notamment les professions juridiques et comptables.
Au niveau européen :
- définir les priorités à poursuivre pour parachever le marché unique des services en Europe
- accroître la concurrence dans les services d’infrastructure et interconnecter les réseaux d’infrastructure européens pour réduire les coûts de communication, de transport et de transactions
- réduire le nombre de professions réglementées et rendre automatique la reconnaissance mutuelle des qualifications en Europe
- continuer d’ouvrir les marchés publics européens, tout en s’assurant que la qualité des prestations soit garantie
Au niveau international :
 _ fixer de nouvelles priorités et adapter la méthode de négociations  de la Politique commerciale commune
- faire des négociations commerciales à venir avec le Japon et les Etats-Unis une opportunité réelle d’accroître notre potentiel de croissance
- mobiliser davantage le contentieux OMC pour faire appliquer ses règles fondamentales par les pays émergents, sans engager de mesures protectionnistes
- adopter plus de gradualisme et de pragmatisme dans les négociations commerciales avec les pays émergents
- moderniser le régime européen de protection internationale des investissements

    A propos de l’auteur
 

Cette étude a été rédigée par Iana Dreyer, économiste, chercheuse associée à l’Institut Montaigne et spécialiste des problématiques de commerce international. Elle a bénéficié de l’expertise de personnalités qualifiées, françaises et étrangères,  issues du monde académique, de la haute fonction publique ou de l’entreprise au travers de nombreuses auditions. Ont ainsi été interviewés :

Patrick Messerlin, professeur à Sciences Po et directeur du Groupement d’économie mondiale, Francis Kramarz, chercheur au CREST, André-Michel Ballester, CEO du groupe Sorin, Bruno Grandjean, président de Redex, Rainier d’Haussonville, directeur des affaires européennes de Veolia, Fredrik Erixon, directeur de l’European Center for International Political economy, Diana Aconcia, Deputy Head of Unit South East Asia à la DG Concurrence de la Commission européenne, Corinne Darmaillacq, chef du Pôle Commerce extérieur à la DG Trésor, ou encore Roderick Abbott, ancien DG adjoint de l’OMC.

 

Tag(s) : #Lutte de Classe
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