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REPRIS SUR le BLOG
 
 ET AU BOUT DU PERIPLE,
  LES CAMPS DE LA MORT    
En Roumanie, la dictature d’Antonescu et la déportation en Transnistrie ("pays au delà du Dniestr" qui sépare la Moldavie de l'Ukraine) et en Bessarabie (au sud), considérés comme zones de "dépotoirs ethniques" où il envoya également les juifs.
 
    La déportation des roms : la Transnistrie
 Le long du Dniestr la Transnistrie -en rouge-, état non reconnu, (fait à présent partie de la Moldavie) est une enclave -utilisée ensuite par l'URSS pour s'assurer un fer de lance pénétrant les Balkans- séparant l'Ukraine (l'Europe de l'Est -ex union Soviétique-) de l'Europe Centrale. Plus au sud, la Bessarabie sur la mer noire. Son climat est continental. C'est là que les roms furent abandonnés et moururent de faim et de froid. Certains toutefois furent recueillis dans des villages. 
La Transnistrie et la Bessarabie, située entre l'embouchure du Prut, du Dniestr et la mer noire furent pour la Roumanie fasciste des zones concentrationnaires à ciel ouvert.
C’est dans cette atmosphère que les Roms traversent l’histoire de la Roumanie, son indépendance, reconnue par le congrès de Berlin en 1878, la participation de la Roumanie à la première guerre mondiale de 1916 à 1918 aux côtés des alliés, puis le rattachement à la Roumanie de la Bucovine et de la Transylvanie (prises à la Hongrie) ainsi que de la Bessarabie (prise à la Russie).
Face à la crise mondiale de 1929 et aux grèves ouvrières qui ripostent à la misère (notamment les grèves des chemins de fer et des ouvriers de l’industrie pétrolière), le parti de la "Garde de Fer ", groupe fasciste créé dans les années 20 par Horia Sima (et où on trouve notamment Ionesco, Mircea Eliane ou Cioran) est soutenu par une fraction croissante de la bourgeoisie. Pogroms fréquents en Moldavie et en Bessarabie à l’encontre des juifs et des roms; par le biais de l’influence du nazisme et des thèses de Ritter, le racisme anti-rom se construit un corpus idéologique "scientifique". Il ne s’agit plus seulement de décrire les Roms comme des "voleurs" et "débauchées", mais aussi, comme Ion Facaoaru, le principal théoricien roumain du racisme anti-rom, de lutter contre "le péril tsigane d’appauvrissement génétique du peuple roumain". Dès 1938, un Commissariat Général aux Minorités est créé, chargé particulièrement, de la "question tsigane". Les universités, et en particulier celle de Cluj, se tournent vers l’étude de l’anthropologie eugéniste. L’idéologie du "sang pur" de la "race roumaine" menacée par "l’impureté tsigane" se développe.


En 1940, le roi Carol II abdique en faveur de son fils Michel I, qui appelle au pouvoir le fasciste Antonescu, soutenu par la Garde de Fer, lequel se proclame Conductator de la Roumanie, tandis que l’URSS, dans le cadre du pacte germano-soviétique occupe la Bessarabie et la Bucovine, et que la Hongrie du fasciste Horty annexe le nord de la Transylvanie. La Roumanie devient un Etat "National-Légionnaire" et s’allie avec l’Allemagne nazie. La situation des roms devient dramatique. En 1940, le ministère de l’intérieur interdit aux Roms "nomades" de "rôder pendant l’hiver".


Des "camps d'extermination" à l'antique, spécificité roumaine  !


La Transnistrie et la Bessarabie, la faim, le froid, la mort

En 1941, la stérilisation des femmes est instituée. En mai 1942, Antonescu ordonne un recensement général de la population rom, 208.700 Roms sont fichés et le 1er juin, commence la déportation des "nomades et semi-nomades" en Transnistrie nouvellement acquise par la Roumanie. Le 11 août, l’Inspecteur Général du Recensement déclare que 84% des Roms "nomades et semi-nomades" ont traversé le Dniestr. Les ordres précisent de n’informer en rien les déportés sur leur destination. Une fois en Bessarabie, ils doivent changer leur argent en Reichsmarks et sont ensuite assignés à une localité. Un maire de village publie en 1945 ses souvenirs sur cette période : "Fin août 1942 commencèrent à arriver à Trihai, sur le fleuve Bug, des Roms. Ils furent répartis dans les fermes environnantes -ou, pire, jetés dans la nature sans abri possible, nourriture ni vêtements chauds- en une semaine, ils furent quinze milles Roms à arriver dans un état incroyable de misère. Il y avait beaucoup de vieillards... certains étaient nus 
 

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Cela empire ensuite : à partir du 12 septembre 1942, commence la déportation des Roms sédentaires, en train, y compris les enfants non accompagnés. Ils ne sont autorisés à prendre qu’un seul bagage à main, tout le reste (terrains, maisons, animaux, etc.) étant confisqué. La rafle des roms sédentaires dure huit jours. Les seuls Roms qui évitent la déportation sont ceux des familles de soldats, une mesure prise à la suite de mutineries de soldats roms sur le front lorsqu’ils apprenaient la déportation de leur famille. Voir à ce sujet des témoignages bouleversants sur les roms engagés dans l'armée roumaine contre les alliés qui voyaient les leurs abandonnés dans des campagnes  isolées -avant qu'une "meilleure" organisation ne les fît conduire dans des camions-chambre-à-gaz - où ils mourraient de froid et de faim. Notons à ce sujet que, comme les kurdes, les roms étant de nationalités différentes, lors des conflits, ils se trouvèrent parfois engagés -de force- des deux côtés de la barrière et furent ensuite les premières victimes de la répression lors de la victoire d'un camp sur l'autre. De plus, leurs qualités d'endurance et militaires en faisaient des recrues fort appréciées -il y a peu, en France, on les envoyait systématiquement dans les "bat d'af", régiments d'élite-. Cela explique parfois leur relative "désunion" -comme celle des kurdes-. Plus "français" -ou "italiens", "espagnols", "hongrois" etc... - que roms, en somme. En 40, ce fut dramatique; mais certains parvinrent à déserter et dans la résistance combattirent avec un héroïsme qui laissa trace -un peu-.
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Image du Blog tziganes.centerblog.net
Roms avant leur gazage (Jasenovak)
Le triangle marron, qui s'en souvient ? Voici une vidéo bouleversante: http://www.cyril-lazaro.com/article-plus-de-roms-plus-de-chomage-55952450-comments.html#anchorComment
http://www.dailymotion.com/video/xapdzo_l-holocauste-oublie-le-massacre-des_news


Poème des camps de la mort
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html


Mémoire trouée, un exemple cruel

Les camps d’internement de Lety en Bohême et Hodonín en Moravie sont les symboles de l’extermination des Roms de Bohême-Moravie. Or, qu'y a-t-il à leur place à présent ? Un monument ? Une stèle ? Pas du tout : à Lety se trouve aujourd’hui encore, à proximité, une porcherie ! et Hodonín était jusqu’à l’an dernier... un camp de vacances ! C'est l'absence de reconnaissance du génocide -au point que des roms ont été expulsés de Drancy où ils venaient se recueillir pour commémorer le samudaripen- qui a permis qu'ils soient ainsi traités par la suite, exemple les expulsions de Sarko. Rien ne s'est passé, en somme. http://www.mleray.info/article-30707560.html
En Transnistrie, les conditions de vie sont dramatiques : famine, froid, et typhus, sans compter ceux qui sont abattus parce qu’ils tentent de s’évader. Certains, y compris l’hiver, étaient nus. La famine est telle que certains Roms mangent des chevaux, alors que pour la majorité d’entre eux le cheval est tabou. Entre 1941 et 1943, 300 000 juifs furent également déportés en Transnistrie. Mais dès fin 1943, Antonescu comprenant que l’Allemagne ne gagnera pas la guerre, les déportations cessent, le roi Michel dissout le gouvernement Antonescu le 23 août 1944, puis déclare la guerre à l’Allemagne.
De 1941 à 1943, on estime à 36.000 le nombre de Roms morts en déportation en Transnistrie.

En Allemagne

En Allemagne et dans tous les pays occupés (dont la France de Pétain)
L'expression est de Hitler "comme les nègres et les juifs, ce sont des sous hommes qui souillent le sang aryen". A éliminer en priorité. 
De fait, leur sort fut en tout point identique à celui des juifs : déportations, travaux forcés, triangle, stérilisation, extermination, expériences "médicales". Une spécificité ils les utilisaient parfois comme musiciens -avant de les gazer- et accueillaient les convois au son de leurs mélodies. 
Tag(s) : #Histoire
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