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Lettre d’Espagne : « Pour l’unité des communistes »


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi 24 décembre 2013 

par  collectif communiste polex 

 

 

 

 

 

Sous ce titre, 13 militants espagnols ont publié une longue

analyse dont la lucidité utile à leurs camarades de la péninsule

nous concerne aussi, tant les similitudes

sont grandes de part et d’autre des Pyrénées.

 

 

 

 

Ils constatent d’abord les ravages des politiques d’austérité et de chômage imposées aux travailleurs par les gouvernements inféodés au capitalisme, « socialiste » d’abord, puis conservateur aujourd’hui. Ils constatent ensuite que l’impact des communistes dans les mouvements de résistance populaire, n’est pas à la hauteur des besoins, ni à celle des luttes glorieuses du parti communiste d’Espagne, contre la dictature franquiste autrefois.

La raison de cette inefficacité réside d’abord dans « la dispersion entre différentes organisations ». Et une bonne partie des communistes, écœurés par « l’opportunisme et le réformisme » qui les a gangrenés, sont en dehors de tout parti. L’objectif à long terme est donc de rassembler les communistes en un parti efficace et crédible, mais cela ne peut se faire sans un projet cohérent de programme de combat contre le capitalisme et ses conséquences, pour une société socialiste contemporaine.

Le Collectif Polex avec l’autorisation des auteurs vous présente la traduction, faite par ses soins, d’extraits de ce projet. Les hispanophones peuvent consulter l’original dans son intégralité, sur le site espagnol « rebelion.org ».


Si, comme indiqué dans le projet de thèses politiques au 19ème congrès du PCE (thèse nº 2), « la situation européenne actuelle révèle de manière claire, les objectifs réels du processus d’intégration européenne commencé dans les années 50 du siècle dernier, et accéléré avec le traité de Maastricht » (signé par le gouvernement de Felipe Gonzalez en 1992), cette situation n’est pas sans lien avec l’effondrement de l’Union soviétique et de l’ex-bloc socialiste.

Les objectifs de ce processus sont dictés par le grand capital aux instances européennes, sous l’hégémonie incontestée des grandes entreprises allemandes. L’euro est un instrument majeur de sa dictature destinée à appauvrir les travailleurs et à asservir les peuples. Cela n’a pas empêché jusque là l’alignement de l’UE sur l’impérialisme nord-américain dont la suprématie militaire au sein de l’OTAN n’est pas moins incontestable. UE et OTAN sont les rouages du dispositif impérialiste au service des intérêts des grandes sociétés transnationales, et de l’hostilité aux gouvernements populaires.

Nous devons être cohérents avec notre analyse. 

L’UE n’est pas réformable.

Il s’agit d’une machine de guerre contre le pouvoir d’achat et les droits des salariés. Elle renforce la destruction des services publics, l’exploitation des peuples et les profits capitalistes, grâce à la suppression des protections douanières au nom du libre marché. Tout cela dans un contexte global de prolifération des guerres, de destruction des États souverains, de nouvelles courses aux armements, de soumission aux sociétés transnationales, au détriment des besoins essentiels de l’humanité : santé, alimentation, éducation et environnement.

Nourrir les illusions d’un retour aux « temps meilleurs » dans les règles du capitalisme, bavarder de politiques keynésiennes, c’est ignorer la nature de la dynamique actuelle, ou la dénaturer.

Malheureusement ces illusions sont très importantes dans le « Parti de la gauche européenne » (présidé par Pierre Laurent) et ses composantes (PCF, PCE, Syriza, Die Linke…). Obsédés par le désir de se faire accepter par les centres de pouvoir du capitalisme, et d’apparaître comme leur recours possible, ils aggravent la confusion, la division et les frustrations dans les milieux populaires.

On ne peut pas mener une politique favorable aux grandes majorités sociales sans souveraineté monétaire et financière, qui ne peut exister sans quitter la zone euro.

Aujourd’hui, il n’y a pas de souveraineté en Europe, entravée qu’elle est par l’UE sous l’hégémonie allemande imposée par la dictature du capital. La sortie de l’euro en soi ne garantie pas la souveraineté populaire, mais sans elle, il n’y a pas de projet progressiste possible d’une « Europe des nations ».

Masquer cette réalité ou ne l’admettre qu’à moitié et de manière purement formelle, pour ensuite la reléguer en invoquant les difficultés des combats à mener, revient à tromper les gens.

De plus, dans un contexte de grave crise sociale, l’abandon de ce combat facilite l’exploitation démagogique des effets de la crise par le fascisme, qui se présente en défenseur des intérêts « nationaux ». Chacun sait les risques que cela comporte.

Renoncer aux objectifs et aux batailles nécessaires est le moyen le plus sûr pour ne pas gagner les consciences et ne pas changer le rapport des forces en faveur des travailleurs.

Signataires : Joaquin Sagaseta, Miguel Fernandez-Medina Aceytuno, Arturo Borges, Fernando Sena, Jose Maria Alfaya, Jose Manuel Rivero, Aaron Cohen, Javier Doreste, Pedro Liminana, Jose Ramon Perez Menendez, Maria Victoria Calvo, Alejandro Perez Penate, Noemi Santana.

Tag(s) : #Lutte de Classe
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