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L'Edito de Jean LEVY

« Main basse sur l'info »

ou
« 
Les Effroyables Imposteurs »

 

Mardi soir, 9 février,  Arte a proposé une soirée intitulée Main basse sur l'info.

On aurait pu penser, mais c’était là faire preuve de mauvais esprit, que l’émission avait été conçue à la suite du sondage des « Français face aux médias », faisant ressortir que 72% de nos concitoyens considéraient « les journalistes comme liés aux puissances d’argent et au pouvoir politique », alors que 49% des téléspectateurs ne faisaient pas crédit aux informations données dans les JT.

Etat d’esprit inquiétant quand on sait que la télé est la première source d’informations pour les trois quarts des Français. Il était donc utile et urgent de revisiter le rôle des journalistes, maltraités par l’opinion

Il n’en fut rien.
Loin de se livrer à une introspection, l’émission n’était pas faite pour cela.

Daniel Leconte, le présentateur, mit d’entrée les « points sur les i »

« Alors qu'Internet a porté un sérieux coup aux médias traditionnels, Thema enquête sur cette révolution de l'info, qui pose de nombreuses questions vitales aux démocraties ».

S’ensuit un documentaire, titré Les Effroyables imposteurs, accompagné de ce commentaire, en guise de prologue :

«  Aujourd'hui, des milliers de sites, engagés dans une incroyable course de vitesse, relayent immédiatement des milliers d'infos plus ou moins vérifiées. Ce documentaire décortique le processus qui permet de tels excès et analyse comment certains médias se rendent complices, volontairement ou non, de ces dérapages et de cette désinformation. », menant directement, selon Daniel Leconte, à « la théorie du complot », alimentée par « le pot-pourri des rumeurs »

Et de citer pêle-mêle, l’affaire de vaccins contre la grippe H1N1, avec la mise en cause, à cette occasion, des « soi-disant intérêts privés des laboratoires », et surtout de la campagne mettant en cause la version US des attentats du 11 septembre 2001, contre les tours jumelles de New York. Le « documentaire » devait nous promener aux sources de ces fameuses  « rumeurs », chez tous ces blogueurs qui répandent les faux bruits, nuisibles à la crédibilité des explications officielles de la Maison-Blanche.

De la télévision et de ses informations, il n’en fut pas question.

Nous avons assisté à une inquisition en règle contre Internet, ses sites et ses blogs, « ces pelés, ces galeux  d’où venait tout le mal ».
En fait, pas tous. Ceux d’Occident, seulement.
Car en Chine ou en Iran, Internet « 
joue un rôle majeur dans l’information »et est utilisé contre le pouvoir en place.

En fait, Les Effroyables imposteurs, dénoncés hier, sur le petit écran, ce sont les blogueurs qui utilisent le dernier carré de liberté qui leur reste, pour dénigrer nos si bonnes démocraties occidentales, faire le procès d’Israël, allant jusqu’à insinuer que la CIA était derrière nombre de complots. De la théorie, vous dis-je.


En deuxième partie du Théma : Huit journalistes en colère. un film de D. Jeambar, F. Bordes et S. Kraland, ainsi annoncé :

« Comme son nom l'indique, 8 journalistes témoignent de l'évolution des médias et de la révolution qu'a entraînée Internet dans le traitement de l'information. Vous pourrez découvrir les opinions d' Arlette Chabot , Franz-Olivier Giesbert , Axel Ganz , Éric Fottorini, Philippe Val, David Pujadas , Jean-Pierre Elkabach ou encore Edwy Plenel. »

L’éventail, comme on le voit, était large. Rien que des « premiers rôles » dans le domaine de l’information officielle.

Mais d’où venait leur « colère » ?

Du sondage déjà cité ? Non ! Soyons sérieux, pouvait-on imaginer ces journalistes dénoncer leurs patrons (au double sens du terme) et pointer du doigt l’Elysée et ses consignes ?

Non bien sûr.

Alors, ils s‘en ont tous pris à Internet, le mauvais coucheur, l’empêcheur d’informer en rond.


David Pujadas
nous a livré son coeur, :

« On entend souvent dire que le journalisme serait en difficulté à cause des pressions politiques ou des pressions économiques. Comme journaliste, comme lecteur, comme téléspectateur, je crois que le problème n’est pas à côté de nous mais qu’il est en nous. Je crois que le journaliste n’est soumis à aucune pression sauf à lui-même. Il souffre d’abord de conformisme et de mimétisme »  Le coupable serait « le journalisme de bons sentiments », cette « bien-pensance » qui fait que « le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’État, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective ». Ce qu’il résume par « une dérive mal digérée de la veuve et de l’orphelin. Une posture qui valorise le journaliste et a l’apparence du courage et de la révolte »..


On ne peut pas dire :  le présentateur du JT de 20 heures de l’
A2, ne parlait pas de lui.

En résumé, l’émission d’Arte a bien traduit l’inquiétude et au désarroi du Parti de la Presse et de l’Argent, face à un désamour des Français. Le PPA est confronté à une opinion publique qui cherche ailleurs ses sources d’information, de plus en plus sur Internet, lieu encore libre de toute entrave, et gratuite, par-dessus le marché.

On comprend l’inquiétude - et la colère – des journalistes de cour.

Ils ne sont plus seuls à faire « main basse sur l’info » !

 Ne vont-ils pas, à leur tour, être de adeptes de « la théorie du  complot » ?

Ou, tout simplement, apparaître pour ce qu’il sont : d’« Effroyable imposteurs » ?


Tag(s) : #Politique
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