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Le Président aime voyager.

Chacun sait cela.

Les médias nous ont annoncé, l’autre semaine, un aller et retour éclair de Nicolas Sarkozy au Kazakhstan. Il a séjourné à Astana, la capitale… « trois petits tours, et puis s’en va ».

 

Trois petits tours, et puis s’en va.

Pourquoi ce déplacement, si lointain et si rapide ?

Pour saluer et complimenter le Chef de l’Etat, Noursoultan Nazarbaev ?

Visiter un pays exotique de l’Asie centrale?

Vous n’y êtes pas !

 

Le Monde, du 7 octobre, soulève un coin du voile :

 

« Paris veut être en mesure de contourner la Russie pour s’approvisionner en hydrocarbures. Total et GdF Suez ont formalisé leur participation à l’exploitation du champ gazier de Khvalinskoye, pour un milliard d’euros. Le Kazakhstan a retenu le consortium dirigé par Spie Capag, une filiale Vinci, pour la construction d’un oléoduc reliant le champ pétrolier  de Kashagan à la mer Caspienne (…) Troisième atout stratégique du Kazakhstan, il dispose d’importantes réserves mondiales d’uranium (…) Areva a signé des contrats jusqu’en 2039 avec Astana »

 

Ajouter EADS (pour la vente deux satellites), Alstom (pour un tramway) et Thalès (pour des radios militaires), et vous aurez compris les raisons du voyage présidentiel.

Ainsi, Nicolas Sarkozy a troqué son habit élyséen pour celui de commis voyageur. Les affaires – surtout les grandes – sont les affaires.

Christophe de la Margerie, Gérard Mestrallet, Yves-Thibault de Silguy, Anne Lauvergeon, Louis Gallois, Patrick Kron et Luc Vigneron, respectivement PDG des entreprises concernées par ce commerce juteux, formaient-ils une haie d’honneur au chef de l’Etat ?

Ils doivent vivement remercier leur Nicolas, toujours si empressé, à servir leurs intérêts privés.

Après la virée présidentielle au Brésil, où le Président a fait l’article des avions Rafales, pour le compte de son ami Dassault, le voilà donc dans les steppes orientales, pas loin des terres d’Ali Baba, toujours prêt à ouvrir la fameuse et fabuleuse caverne, à ses amis du CAC 40.

 

Mais entre Ali Baba et Nicolas, la différence est de taille : le premier se battait contre les quarante voleurs, le second se bat pour les quarante valeurs


Jean LEVY 

Tag(s) : #Politique
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