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Les-Crises.fr 

Des images pour comprendre [Blog d'Olivier Berruyer]

 

La préservation de l’euro fait partie de notre mandat. [...] L’euro est irréversible.” [Mario Draghi, Le Monde, 21 juillet 2012]

L’objectif principal du Système européen de banques centrales, ci-après dénommé «SEBC», est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l’Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, tels que définis à l’article 3 du traité sur l’Union européenne.” [Article 127 du Traité sur le Fonctionnement de l'UE]

Non, M. Draghi.

Les citoyens de l’UE ont voté pour que votre mandat soit concentré sur la stabilité des prix (cela aurait pu être plus large, mais en tous cas, en l’état actuel des textes, c’est ainsi). Cela ne vous donne pas le droit de faire n’importe quoi au nom de la soit-disant préservation de l’euro.

Je reviens d’ailleurs sur un point qui m’a fait sursauter lors du débat Sarkozy Hollande le 2 mai 2012 :

Je n’ai rien obtenu de l’Allemagne ? Quand la BCE prête à 1 %, vous en parliez tout à l’heure, en violation de la lettre des traités, je l’ai obtenu au Sommet de Strasbourg, avec Monsieur Monti, de l’Allemagne.” [Nicolas Sarkozy, 2 mai 2012]

Ainsi, un président de la République peut venir se vanter d’avoir obtenu que la BCE ne respecte pas les traités, tout va bien… Il fût un temps où cela aurait valu la Haute Cour de Justice.

Je me permets de rappeler que si on définit des règles dans un traité, c’est bien évidemment pour les appliquer en cas de problèmes, et non pas le contraire… Ce n’est pas “quand tout va bien, l’Etat ne torture pas ses citoyens, mais bon, en cas de problèmes, pas de souci, on oubliera les Droits de l’Homme”, bien au contraire.

Bref, le sort de l’euro est entre les mains des gouvernements de l’UE, pas dans celui de la BCE – qu’elle arrête ses âneries serait déjà un bon progrès : je rappelle qu’elle a 200 Md€ d’obligations publiques pourries dans son bilan, plus 1000 Md€ de créances sur des banques en grande difficultés, avec un collatéral de qualité décroissante, vu qu’elle accepte depuis ce mois-ci les créances sur les prêts immobiliers des banques espagnoles (qui sont d’une qualité un peu supérieure à celle des subprimes américains, mais encore très largement inférieures à celle d’un ticket de métro usagé…).

Vous aurez noté la nouvelle nouvelle dégradation des marchés financiers, en défiance croissante vis à vis de l’Espagne (je rappelle en passant mon papier “Foutage de gueule” analysant le dernier sommet européen, vous savez, celui qui avait de nouveau de nouveau de nouveau sauvé l’euro), comme annoncé il y a plusieurs trimestres – rien de bien nouveau sous le soleil, tout ceci ne surprend que les naïfs :

Le comportement (des marchés) surprend particulièrement au vu du récent paquet de mesures d’assainissement de 65 milliards d’euros, qui accroît de manière substantielle les possibilités de remplir les objectifs de déficit, et la validation définitive du sauvetage bancaire”, s’inquiète Daniel Pingarron, analyste de la maison de courtage IG Markets. [RTBF]

Encore un qui semble ne pas comprendre une règle de base de la comptabilité : une opération de prêt (ou emprunt) n’appauvrit pas (ou n’enrichit pas). On aiderait l’Espagne si on lui DONNAIT 100 Md€, mais si on lui prête, on ne résout en rien ses problèmes structurels, bref, on lui prête 100 Md€ pour qu’elle rembourse 100 Md€ (méthode dite du Sapeur Camember), donc cela ne change rien pour elle (mais cela change pour nous, puisque nous avons désormais une créance en risque…).

Décrytptons enfin les propos de M. Draghi, en deux temps comme d’habitude.

Tag(s) : #Europe
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