Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

650 000 cartouches d'humanité à 3€ la cartouche.

 

 

Dans la guerre à mener contre l'ignorance, la fatalité et la résignation, il y a des batailles qui se mènent sur des champs de même nom, en masse, où les forces engagées disposent de moyens assez conséquents qui ne conduisent pas forcement aux succès des bons sur les méchants. La bataille contre la casse des retraites engagé par la droite et le patronat hélas le prouve.

 

Il y a aussi les combats de maquisards, isolés au départ. Ils donneront l'élargissement à des résistances par embuscades, celles qui tissent des liens aussi ancrés que diffus qui assurent la couverture et les complicités, fourbissant ainsi les armes idéologique de Résistance aussi populaires qu'à portées révolutionnaires.

 

Elles installent les réseaux qui unissent le combat pacifiste et l'opiniâtreté de la lutte contre l'injustice jusqu'à faire de l'engagement pour la paix et la justice un grand combat de masse, militant.

 

Stéphane Hessel pour ceux qui ne le connaissaient pas avant avec son discours sur le plateau des Glières en 2009 était de ceux qui faisaient référence. Avec son livre au titre aussi à contrepied des habituels appels à soutien que provocateur (Indignez-vous, éd. Indigènes, 3€), une bouffée d'air frais ventile l'espace confiné de la politique institutionelle.

 

Le livre est l'arme de la lutte contre les ignorances, le bouquin de Stéphane Hessel doit être dans la cartouchière de toutes celles et tous ceux qui ont décidé de ne pas plier et offert à tout ceux qui vont devoir faire l'apprentissage du besoin de lutter pour vivre.

 

Son prix peut en faire une arme pacifiste de destruction massive des idées de régression de passivité.

 

En plus il est beau, une belle couverture, un papier agréable, « un luxe qui permet un vrai confort de lecture » dit l'éditeur qui, cerise (rouge), sur le gâteau a gardé le même imprimeur, une famille de résistants espagnols. Éditeur qui valorise ces " liens de solidarité" et l'histoire qui lie la maison d'édition (Indigènes) et ses partenaires. 

 

L'auteur qu'il n'est pas besoin de présenter ici, présent sur tous les fronts ou se dispute l'humanité contre la barbarie et ses déclinaisons, nous fait ce cadeau : avoir en main de quoi semer du courage et de l'espoir.

 

Continuité de l'engagement, dès 2004, il est signataire de l" L’appel des résistants".

 

Relisons-le : quelle actualité :

 

"Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

 

Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

 

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

 

Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des " féodalités économiques " , droit à la culture et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc.

 

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ?

Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

 

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau " Programme de Résistance " pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

 

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

 

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection

:

" Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ".

Signataires :

Lucie AUBRAC, Raymond AUBRAC, Henri BARTOLI, Daniel CORDIER,

Philippe DECHARTRE, Georges GUINGOUIN, Stéphane HESSEL,

Maurice KRIEGEL-VALRIMONT, Lise LONDON, Georges SEGUY,

Germaine TILLION, Jean-Pierre VERNANT, Maurice VOUTEY.

 

Le temps passe, certains de ceux qui nous offrirent ce texte ne sont plus là mais l'idée non seulement vit mais semble reprendre de la vigueur.

 

Le livre de Stéphane Hessel est édité à ce jour à 650 000 exemplaires.

Lisez-le faites le lire, il donne du souffle.

 

Tag(s) : #Culture
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :