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BARATIN DE MATUVU ENTRE EN POLITIQUE

 

Notre célèbre magicien y pensait depuis longtemps. La proximité de son art avec celui pratiqué par nombre de personnalités du monde politique n’était, bien sûr, pas étranger à la mutation professionnelle envisagée. D’ailleurs, les observateurs patentés de la chose publique, que l’on nomme du nom prestigieux de « politologues », ne manquent pas d’utiliser le vocabulaire du spectacle pour évoquer les débats des assemblées de la République. Les spécialistes parlent couramment, de « scène », de « jeu » politique, où les acteurs font leur « cinéma ».

C’est dire si notre Matuvu ne se trouve pas dépaysé en entrant dans ce champ de l’activité humaine.

Sa propre histoire l’a conduit naturellement à franchir le pas. Son grand-père était déjà clown dans un cirque de la Foire du Trône, qui étalait ses quartiers, une fois l’an, de la place de la Nation à la Porte de Vincennes.

Matuvu se souvient très bien de lui, faisant la parade, pour allécher le public.

Son père suivit le même chemin, mais dans un établissement permanent, ayant pignon sur rue, avec le petit Baratin passant ses jeunes années dans les coulisses, s’entraînant au métier de prestidigitateur.

Et de prestidigitateur à magicien, il n’y a qu’un pas, vite franchi par notre homme.

 

Au cours de sa prestigieuse carrière, il se fit une philosophie basée sur l’axiome :

« Oui, je peux le faire ! » qui le mena tout droit à la politique.

Précisons : ce n’est pas une expression reprise du slogan de Barack Obama.

Non, son « Je peux le faire » est l’héritier direct d’un souvenir qui a marqué la mémoire Baratin de Matuvu : un sketch ancien de Pierre Dac et de Francis Blanche, dans lequel ce dernier demandait à son coéquipier, fakir de son état, « s’il pouvait énoncer le nombre figurant sur le billet de métro » d’un spectateur, pris au hasard ? 

Et Pierre Dac d’affirmer: « Oui, je peux le faire ! », cette réponse suffisant à prouver son immense talent devant un public médusé.

L’enfant, puis l’artiste, en ont tiré une ligne de conduite propre au succès incroyable de sa magie. Jeter de la poudre aux yeux, effectuer des tours de passe-passe, telles furent les activités de Baratin de Matavu tout au long de sa carrière.

Tous les ingrédients nécessaires à sa vocation politique.

Mais, direz-vous, quelle « famille » a-t-il choisie ? Son hésitation a été courte, car le destin a choisi pour lui. En effet, invité un jour à une réunion mondaine – « C’est gala » s’est-il écrié – on lui fit connaître le Président, qui tenait à célébrer les artistes.

Ce fut le coup de foudre. Vous pensez, un magicien de renommée mondiale, en ces temps de crise, qui croise votre route !

Le Président s’ouvrit donc à lui :

« J’ai besoin d’un ministre qui crée l’illusion, la place étant vacante. J’avais tenté moi-même de pallier l’absence d’un spécialiste en la matière. Ainsi, j’ai affirmé ; ‘ les paradis fiscaux, c’est fini !’, ‘J’irai chercher la croissance avec les dents !’, ‘Travailler plus pour gagner plus !’, ‘Je ne suis pas là pour vous relire mes discours précédents !’… ».

 

Et le Président d’ajouter :

« J’ai déjà « papa Guaino » et sa Flûte enchantée, certes, mais la rédaction de mes discours l’occupe à temps plein.  J’aurais pu rappeler Rachida Dati qui se faisait fort de ‘réduire de 2° la température de la Terre’. C’était trop beau !. C’est pourquoi, j’ai besoin d’un professionnel, d‘un vrai. J’ai pensé à vous, le célèbre magicien ! ».

Une telle offre ne se refuse pas.

« Devenir un genre de Ruggieri, l’astrologue et l’alchimiste privé de Catherine de Médicis, et même mieux, une sorte de Nostradamus du Président, quelle aubaine. Pour lui comme pour moi ».  

« Je peux le faire ! »

C’est ainsi que Baratin de Matuvu est devenu le premier ‘ministre des Illusions perdues’ de la Vème République.

 

Jean LEVY

Tag(s) : #Politique
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