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TEXTE REPRIS SUR
LE BLOG DE
MICHEL EL DIABLO

 PCF-envers

Pourquoi Pierre Laurent dit vouloir couper le cordon avec le PS

Depuis quelques semaines, Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste français, enchaîne les discours de fermeté en direction des écolos et socialistes critiques, les exhortant à "passer à l’action" et affirmant même qu’il n’y aura plus d’accords électoraux avec le PS.
Un moyen pour le patron des communistes de contenter sa base militante, de plus en plus hostile à ces alliances, et d’éviter de se faire doubler par un Jean-Luc Mélenchon toujours soupçonné du pire par les communistes.

Dimanche 6 novembre 2014 , invité au 12/13 de France 3, Pierre Laurent, le si discret et si peu vindicatif patron des communistes français a décidé de mettre les choses au clair ! Plus question pour son parti de signer des accords électoraux « avec le Parti socialiste tant qu’il soutiendra cette politique gouvernementale ». Une déclaration saluée même par Jean-Luc Mélenchon dans une note de blog, considérant qu’elle referme « la plaie ouverte aux municipales ». 


Mais que les anti-PS du Front de gauche les plus forcenés ne se réjouissent pas trop vite non plus. D'ailleurs l’ancien co-président du PG l’a bien compris. Si le secrétaire national du PCF enterre les accords avec la direction nationale du PS, il ne ferme pas la porte aux individus qui le constituent.

Dans son discours de clôture de la conférence nationale du parti qui se tenait une semaine plus tôt à Montreuil, il développait même l’idée que les prochaines élections départementales de 2015 soient une occasion de construire les prémices d’une « alternative de gauche » qu’il appelle de ses vœux, par des candidatures communes incluant, s’ils le souhaitent, des socialistes « qui ne se reconnaissent pas dans la politique gouvernementale »

Voilà néanmoins une certaine fermeté face à Solférino qui dénote par rapport aux pratiques passées du responsable communiste. Cette mue, il l'avait donc déjà esquissée lors des assises du PCF les 8 et 9 novembre dernier. « Les médias annoncent depuis quelques jours que je vais hausser le ton (…) et pour une fois, ils ne sont pas trop mal informés », lâchait un Pierre Laurent, lors de la conférence montreuilloise, pas peu satisfait de l’effet de surprise produit sur la salle.

Dans un long discours, le chef de file des communistes français était décidé à envoyer un signal de fermeté en direction du gouvernement Valls mais, plus surprenant, à l'adresse aussi des « frondeurs » socialistes et de l’aile gauche d’Europe écologie - Les Verts. Une mise au point de Pierre Laurent qui, jusqu’à présent, préférait la méthode douce, en opposition avec l’attitude d’un Jean-Luc Mélenchon beaucoup plus frontale, qui invitait par exemple les députés socialistes « critiques », lors du vote de confiance au gouvernement Valls 2, à ne pas simplement faire « de la mousse médiatique ».

 
Lors de ces journées montreuilloises, le responsable communiste a appelé toutes les forces de gauche à se mobiliser face à la politique d'« Hollande et Valls qui miment le Medef et veulent fermer le cercueil de la gauche ». Rappelant la situation d’urgence dans laquelle le pays se trouve, il considère que le moment est venu du « rassemblement » et de « l’alternative » à l’austérité. « Il est temps, grand temps (...) [que] les citoyens, les militants et les responsables de la gauche qui ne veulent pas assister en spectateurs impuissants à la catastrophe annoncée (...), il est temps que tous envoient le signal du travail commun », déclarait-il.
Et pour être sûr que le message soit bien clair, de rajouter : « Le constat ne suffit plus, c’est à l’action et à la construction qu’il faut passer »

Une missive polie, mais en bonne et due forme, envoyée aux écolos, socialistes et républicains de gauche qui critiquent vigoureusement depuis des mois le cap libéral pris par le gouvernement, mais sans jamais oser le vote contre qui les auraient placé de facto hors de la majorité.

UN COUP À DEUX BANDES

Mais est-ce vraiment un revirement et pourquoi intervient-il maintenant ? Si les déchirements du Front de gauche lors des dernières élections municipales sont encore dans toutes les têtes — les alliances entre PCF et PS avaient entraîné de violents débats entre ses composantes et influé aussi sur le résultat des européennes — cette prise de distance vis-à-vis de la direction socialiste ne date pas d’hier. 

Déjà, lors des élections sénatoriales, il n’y avait pas eu d’accord national entre communistes et socialistes et seul le département des Côtes d’Armor les avait vus se partager l’affiche sur une liste commune. Les déclarations de Pierre Laurent ne sont donc qu'une clarification supplémentaire. Mais il est tout de même vraisemblable que Pierre Laurent, en insistant sur le sujet ces derniers jours, ait voulu faire d'une pierre deux coups : s’adresser à la base militante du PCF et, par la même occasion, couper l’herbe sous le pied d’un Mélenchon aux tentations toujours trop hégémoniques à son goût. 

On se rappelle que lors des élections municipales, beaucoup de militants communistes avaient traîné la patte pour entériner les accords avec le PS. À Paris par exemple, plusieurs sections avaient voté à une large majorité contre l’alliance. Un mécontentement qui grondait depuis des mois à la base du parti. 

Par ailleurs, les initiatives mélenchonistes ne sont pas forcément du goût de la direction du PCF. Notamment son « mouvement pour la VIe République » (M6R) qui a su attirer dans ses filets quelques socialistes emmenés par l’ex-eurodéputé et membre du Bureau national du PS Liêm Hoang-Ngoc. 
Un proche de Pierre Laurent confiait déjà lors du lancement du M6R toute la méfiance que lui inspirait l’opération : « Mélenchon ne croit pas à la capacité du Front de gauche à rassembler la gauche. Et je crois qu’il considère que son parti est trop abîmé aujourd’hui. Il ne pense plus au travers du Front de gauche ou du PG. Il a une approche très césarienne. Il croit en la rencontre d’un homme avec le peuple ». 

Un ancien camarade socialiste qui a gardé le contact avec le leader du Parti de gauche, rapportait il y a peu une confidence du tribun qui lui aurait expliqué vouloir « siphonner des pans entiers du PCF ». Une perspective loin d’être enthousiasmante pour un Pierre Laurent qui semble donc bien décidé à ne plus lui laisser le terrain de la radicalité politique. Le problème, c'est que Laurent va devoir d'abord batailler contre lui-même, forcer sa nature, rompre avec ses pratiques diplomates à l'excès..

Bruno Rieth

Source :Marianne - Mardi 18 Novembre 2014 

Image illustrative de l'article Siège du Parti communiste français

 

CE QU'A DECLARE PIERRE LAURENT :

 

"Nous ne signerons pas d'accord électoral nationalement avec le PS

 tant qu'il soutiendra cette politique gouvernementale",

a déclaré le secrétaire général du Parti communiste 

sur France 3, ce dimanche 16 novembre. 

"Par contre, dans les départements, localement, beaucoup de socialistes ne se

reconnaissent pas dans cette politique-là et il faut aller discuter avec eux", a-t-il

nuancé.

Les élections départementales, qui remplacent les cantonales prévues en 2014

et 2017, se tiendront les 22 et 29 mars 2015.

 

Et d'ajouter : 

Pour incarner cette alternative, "nous ne pouvons pas attendre 2017

et laisser d'ici là la droite et l'extrême droite occuper tous les pouvoirs

locaux, par exemple dès l'année prochaine", a ajouté le sénateur de Paris.

Face au risque de division de la gauche, au bénéfice de la droite

et de l'extrême droite, Pierre Laurent a opposé qu'il était

"un homme de rassemblement" et ne "souhaite pas le retour de la droite".

 

ET CE QU'EN PENSE 

"canempechepasnicolas" :

Tout est dans le "Par contre"...

Pierre Laurent prépare le terrain à des alliances locales, car nationalement, la pilule serait

dure à passer chez nombre de militants. Donc,  le secrétaire national du PCF est prêt à

généraliser des  listes communes (le binôme) avec des "socialistes frondeurs".

 

Ceux qui "s'abstiennent" lors des votes à l'Assemblée nationale, sans doute.

 

Mais, dans ce cas, peut-on considérer que le bulletin blanc est signe d'opposition à la

politique gouvernementale, du fait que ce choix permet de donner à Manuel Valls

la majorité (toute relative, certes) qui lui permet de faire passer ses lois célérates ?

 

Quand aux socialistes locaux, ils sont prêts - le temps d'une élection - de se dire

"ennemis de la finance"...

 

 

 

 

Tag(s) : #Politique française
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