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Social : le "défilé de mode" des employés d'un palace parisien

Les salariés du palace, principalement des femmes, défilaient en tenues colorées, ce mardi midi © Radio France - Mathilde Lemaire

Cela fait maintenant cinq jours que les employés travaillant à l'hôtel Hyatt sont en grève. Femmes de chambre, voituriers, et autres petites mains de cet hôtel cinq étoiles protestent principalement contre des salaires trop bas, des conditions de travail qualifiées de déplorables. Ce mardi, ils ont décidé de défiler en tenues colorées devant l'hôtel, petit clin d'œil au lancement de la Fashion week parisienne.

Les 51 femmes de chambre et autres petites mains travaillant à l'hôtel Hyatt de la place Vendôme à Paris, se sont retrouvées, ce mardi, pour une manifestation-clin d'œil à l'actualité. Ces salariés profitent en effet du lancement de la Fashion week pour manifester de manière originale : déguisés en tenues colorées face à leur lieu de travail.

"La lutte des classes, c'est ici" (Ecriteau de manifestant)

Drapeaux CGT, tracts distribués aux passants en anglais et en français, gilets fluo, slogans hurlés au mégaphone... A deux pas des bijoutiers de la place Vendôme, les travailleurs de l'hôtel Hyatt avaient déjà déployé les grands moyens au début de la manifestation, vendredi.

 Ces employés, principalement des femmes, se disent sous payés et soumis à des conditions de travail indignes. Leurs requêtes ? Etre embauchés par le groupe Hyatt, bénéficier d'un 13e mois, payés lorsqu'ils effectuent des heures supplémentaires, voir leurs conditions de travail s'améliorer.

Sous-traiter le luxe

Femmes de chambre, bagagistes,ou autres petites mains, ils sont pour la plupart des salariés indirects du palace car ils dépendent du prestataire "Française de services"."Française voyou, Hyatt exploiteur", scandaient d'ailleurs les grévistes, vendredi.

Selon Harold Kreyder, voiturier-bagagiste et délégué syndical CGT, les employés de l'hôtel soutiennent largement ceux du prestataire, mais "craignent des représailles". Il ajoute que "la direction de l'hôtel a voulu insister sur le fait que la grève était uniquement un problème de sous-traitance, mais ce n'est pas vrai".

L'hôtel en question, un cinq étoiles, a obtenu la qualification de palace en 2011. "C'est grâce à notre travail", affirme une femme de chambre, précisant : "On ne peut pas accepter qu'un palace fasse de la sous-traitance".

"Ma fiche de paie ? 1.199 euros net" (Déborah, femme de chambre)

Déborah, une femme de 41 ans qui élève seule ses quatre enfants est en grève pour la première fois de sa vie. Alors qu'elle effectue régulièrement des heures supplémentaires, elle reçoit chaque mois la somme de 1.199 euros net. 

Consciente qu'une nuit dans une chambre de l'hôtel coûte entre 900 et 16.000 euros, Déborah estime que son salaire est extrêmement bas. Elle précise que le travail qui lui est demandé est bien plus exigeant que celui d'un employé de maison ou d'hôtel bas de gamme.  

Par Laura Damase

Tag(s) : #Lutte de Classe
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