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La lettre volée 


Comme bon nombre de partisans de l'Union, Pierre Lellouche est enchanté des déboires de l'économie européenne. Voilà qui permet encore, conformément à la méthode des petits pas théorisée par Jean Monnet, de faire avancer la construction (d'un état) européen(ne).

Interrogé par le Financial Times, il cache mal sa joie (j'utilise la version du Figaro, traduction abrégée mais fidèle de l'original) :

«Sans précédent», «changement énorme»… Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche s'est félicité de la mise en place du Fonds de stabilisation de la zone euro de 440 milliards d'euros, dans une interview au Financial Times.

«Il est expressément interdit dans les traités de sauver un Etat européen de la faillite (clause du «no bail-out», NDLR).

De facto, nous avons changé le traité» avec le plan, affirme-t-il.


En effet, c'est génial, plus la peine de refaire voter les gens jusqu'à ce qu'ils trouvent la bonne réponse, on refait les traités en douce.

Et le graal pour Pierre Lellouche c'est qu'on peut se comparer à l'OTAN, qui est une référence démocratique bien connue :

«Le mécanisme de 440 milliards d'euros n'est rien de moins que l'équivalent de l'article 5 du traité de l'Otan, c'est-à-dire la clause d'assistance mutuelle. Lorsqu'un État est agressé, les autres sont obligés de lui venir en aide», avance le secrétaire d'Etat français.


Merci la Grèce et merci les marchés financiers, l'Union européenne progresse encore une fois dans l'opacité la plus complète. Sauf que Pierre Lellouche rompt avec une règle européenne bien établie : il faut avancer dans la construction d'un état européen sans jamais ni avouer que c'est l'objectif, ni reconnaître qu'on en est de moins en moins loin.

Tag(s) : #Europe
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