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La CIA emploie les mercenaires de Blackwater
 
Le Figaro, 28/06/2010
 

La compagnie de sécurité privée américaine est à nouveau au centre d'une polémique : accusée de bavures et évincée d'Irak, elle vient de signer un contrat avec la CIA en Afghanistan.
 
Où l'on constate l'étonnante capacité de Blackwater ( "eau noire") à rebondir.
Rebaptisée «Xe» (prononcer «Zi», ndlr), la société controversée de sécurité privée vient de décrocher un contrat de 120 millions de dollars avec la CIA, rapporte le Washington Post. L'accord prévoit qu'une filiale de Xe sera chargée de la protection pendant 18 mois des consulats américains de Herat et Mazar-i-Sharif, dans le Nord du pays.
 
Le choix de Xe a de quoi étonner, étant donné le passé de la compagnie. Si Blackwater a pris le soin de changer de nom, c'est parce qu'il était de triste renommée après avoir été impliqué dans plusieurs scandales en Irak, en particulier la mort d'au moins 14 civils à Bagdad en septembre 2007. Suite à cette affaire, le ministre irakien de l'Intérieur avait ordonné en février l'expulsion de 250 anciens employés de Blackwater. Pas plus tard qu'en mai dernier, Washington a également retiré à la compagnie le service de protection de ses diplomates à Bagdad.
 
Un marché colossal
 
La signature de ce nouveau contrat intervient alors qu'une commission, mise en place début 2008 au Congrès américain, a lancé ce mois-ci des auditions pour évaluer les contrats gouvernementaux concernant les opérations en Irak et en Afghanistan.
Un marché colossal - 200 millions de dollars en 2008 - et en constante augmentation - il a doublé entre 2001 et 2008. Selon le premier rapport de la commission, publié en juin 2009, près de 250.000 contractuels soutiennent les activités de l'armée américaine dans toute la région, dont presque 70.000 en Afghanistan.
Parmi ces derniers, environ 20.000 agents de sécurité. Or ce marché, constate le rapport de la commission, est fortement exposé à la «fraude» et au «gâchis».
 
En cause notamment, les méthodes d'attribution des contrats aux sociétés privées. «Je dois vous dire qu'en zone de guerre, nous avons des besoins en terme de sécurité (…) Malheureusement, il y a peu de compagnies qui fournissent ce genre de sécurité», a déclaré dimanche le directeur de la CIA, Leon Panetta, pour justifier le choix de Xe en Afghanistan.
Deux autres sociétés de sécurité, Triple Canopy et DynCorp International, étaient en lice pour décrocher ce contrat. Au cours d'une audition réalisée le 21 juin, une responsable du département d'Etat chargé des programmes internationaux a précisé les trois critères servant à départager les concurrents :
«Les compétences techniques, les performances passées et le prix». «Le premier de ces critères est la compétence technique», a-t-elle assuré. A la question de savoir si les tristes états de service de l'ex-Blackwater ont été pris en compte, la représentante d'Etat a botté en touche. «Un jury que nous avions formé a estimé qu'ils étaient capables de faire le travail et qu'ils ont rectifié leur attitude», a de son côté affirmé le patron de la CIA.
 
Le contrat va au mieux-offrant
 
Reste une raison fondamentale qui a fait porter le choix sur Xe : le prix.
La compagnie «a fourni une offre inférieure de 26 millions de dollars à celle de toutes les autres (…) Aussi n'y avait-il guère d'autre choix que d'accepter ce contrat», a expliqué Leon Panetta.
Depuis 1990, une loi prévoit en effet que le «secrétaire d'Etat doit accorder les contrats à l'entreprise techniquement acceptable qui offre le prix le plus bas».
En clair, à partir du moment où le dossier est «acceptable», le contrat va au mieux-offrant, et ce même si un concurrent plus cher offre de meilleures garanties.
 
Dans un rapport sur le sujet, la Commission du Congrès prônait une modification de cette loi, qui génère selon elle des effets pervers. Certaines entreprises sous-estiment en effet délibérément leur offre pour rafler la mise, quitte à ensuite trancher dans les coûts pour rester dans les clous du budget promis. Au détriment de la qualité du service. Pour illustrer son propos, le rapport s'appuyait justement sur le cas de l'Afghanistan.
Début 2009, les agents de la compagnie chargée d'assurer la sécurité de l'ambassade américaine de Kaboul, ArmorGrouo North America (AGNA), ont en effet été accusés, par leurs «mauvais comportements», de «menacer la sécurité de l'ambassade».

 

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Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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