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Quans les patrons font de "l'agit'prop'"

Les Echos

 

EDITORIAUX


PAR DOMINIQUE SEUX
Grands patrons, faites-vous entendre !
Par Dominique Seux | 22/10 | 07:00
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Il aura suffi d'une semaine à peine pour que les députés adoptent les hausses d'impôt les plus massives de ces dernières décennies. Au sein de l'enveloppe des 20 milliards d'euros supplémentaires prévus dans le budget 2013, certaines mesures feront à coup sûr date dans l'histoire fiscale française : la création d'une taxe à 45 % dans le barème de l'impôt sur le revenu, l'instauration d'une autre taxe à 75 % sur les très hauts revenus, l'alourdissement très net de l'ISF, l'alignement de la fiscalité du capital sur celle des revenus du travail... Sans oublier les vifs débats au sein de l'exécutif et entre celui-ci et sa majorité sur les plus-values ni l'ensemble des mesures qui concernent les entreprises.

Le paradoxe est que, si les désormais fameux « pigeons » se sont fait beaucoup entendre, comme d'ailleurs les PME, ce n'est nullement le cas des grands patrons. D'où une conclusion qui peut paraître séduisante à certains : ce silence des dirigeants des groupes les plus importants du pays vaut-il acquiescement ? En réalité, ce serait une très lourde erreur de le croire, et le gouvernement au premier chef.

Si elles laissent le Medef et l'Afep monter en première ligne, les sociétés du CAC 40 ou du SBF 120 restent extrêmement sévères sur les conséquences de toutes ces dispositions. Et surtout, comme jamais, Paris bruisse actuellement de rumeurs : telles ou telles entreprises qui n'ont pas réussi à faire venir ou revenir tel ou tel cadre dirigeant ; telles ou telles autres qui installent leurs responsables ailleurs ou envisagent de délocaliser des activités - mais sans déplacer le patron lui-même ; telles ou telles fortunes qui auraient déjà pris la décision de quitter la France voire seraient passées à l'acte. Les cabinets d'avocats et les gestionnaires de patrimoine confirment cet état d'esprit.

Du coup, la question se pose : les grands patrons, plus crédibles que les corps intermédiaires - sans vouloir offenser ces derniers -, n'ont-ils pas tort de garder le silence ? N'est-ce pas leur rôle d'expliquer que le discours ambiant sur les entreprises tout autant que les mesures prises créent un climat détestable ? Que la mobilité internationale ne concerne plus seulement quelques rares dirigeants mais que des milliers de cadres voyagent la moitié de la semaine ?

La tentation est bien sûr forte de se taire tant les entreprises répugnent à attirer les projecteurs de l'Etat sur elles. Un souvenir devrait pourtant les faire méditer : les 35 heures, contre lesquelles elles n'avaient pas osé se lever. L'économie en paie aujourd'hui le prix.

 

A quand une telle détermination du côté des syndicats ?

 

Tag(s) : #Lutte de Classe
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