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Notre ami Philippe ARNAUD
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France Inter et Max Gallo

Chers tous,

Ce matin, sur France Inter, j'ai écouté l'émission de 8 h 20 à 8 h 30 (et de 8 h 40 à 9 h) qui portait sur "Le retour de l'identité nationale dans le débat public" et dont les deux invités étaient Max Gallo (historien, écrivain, ancien ministre) et Eric Fassin (sociologue, professeur à l'Ecole Normale supérieure, membre du collectif "Cette France-là"). Je me limiterai à quelques remarques.

Remarque 1.
Le titre, lui-même, est sujet à caution. En effet, l'expression "identité nationale" est nettement connotée à droite. [Par exemple, le "rock identitaire" est une musique portée par des musiciens d'extrême droite]. Et cette identité, dans cet esprit, est toujours définie "contre" - contre quelqu'un ou contre quelque chose.
En général, c'est contre l'Islam (et les musulmans), qui veulent imposer à la France une civilisation de soumission et d'archaïsme, ou contre l'immigration africaine - ou asiatique qui, par les unions qu'elle va entraîner avec les Français(e)s, ne manquera pas, par les métissages, "d'abâtardir la race."

Ce qui est sujet à caution, c'est que ce "retour de l'identité nationale dans le débat public", il n'y a que la droite à le voir ! Pour elle, c'est un "problème", alors que, pour la gauche, en général, la question ne se pose pas : les électeurs ou militants de gauche s'éprouvent Français comme ils respirent, c'est-à-dire sans y penser. Il est donc partial, pour France Inter, d'avoir présenté cette question comme si elle préoccupait tout le monde...

Remarque 2.
Max Gallo donne le ton, dès le début, en disant : "Je prends un exemple dans l'actualité. Nous sommes confrontés à un phénomène hyper minoritaire qui s'appelle la burqa. Quelle attitude avoir ? etc." Max Gallo, ici, utilise une figure de style bien appréciée de tous les "faux culs", et qui est la prétérition : prétendre ne pas dire quelque chose... tout en le disant !
Si la burqa est vraiment un "phénomène hyper minoritaire", pourquoi Max Gallo lui accorde-t-il autant d'importance ? Et pourquoi (comme par hasard...) prend-il son exemple dans un domaine qui évoque inévitablement l'Islam ?

Remarque 3.
Après les quelque dix minutes de revue de presse à 8 h 30, l'émission reprend, avec, cette fois-ci, des questions d'auditeurs. Au cours du débat, Max Gallo dit :
"...moi, je veux prendre de front la question de l'immigration et la question de ceux qui s'opposent à la politique de l'immigration, telle qu'elle est conduite aujourd'hui. On pourrait en discuter, je ne suis pas là pour la défendre ni pour la critiquer pour l'instant..."

Je m'arrête sur ce type d'argument, dont le caractère spécieux m'a longtemps frappé sans que je sache me l'expliquer. En quoi est-il spécieux ? Il est spécieux en ce que le locuteur, qui se présente (hypocritement) comme "neutre" vis-à-vis d'une situation ou d'une institution existantes ("je ne suis pas là pour la défendre ni pour la critique"), défend en fait cette situation ou cette institution.
Comment cela ?

Si l'on confère à la situation ou à l'institution le statut du nombre "1" (un) pour formuler son existence et celui du nombre" 0" (zéro) pour formuler son inexistence, et que l'on demande à un sujet de se prononcer pour ou contre cette situation ou cette institution, l'opinion de ce sujet pourra être codifiée soit par le nombre "1" (l'assentiment - ou, comme le dit Max Gallo ici, la "défense"), soit par le nombre "- 1" (moins un), pour signifier le désaccord (ou comme le dit Max Gallo ici, la "critique").

Si le sujet exprime son assentiment, la situation (ou l'institution) acquiert alors un statut de "2" (1 + 1), c'est-à-dire, si l'on peut s'exprimer ainsi, une "double existence", cette existence, dont le sujet ne se préoccupait pas jusque là, recevant alors son explicite approbation.
Si, en revanche, il exprime son désaccord, la situation (ou l'institution) acquiert le statut de "0" (somme algébrique de "1" et "- 1").

Mais si le sujet, comme le fait ici Max Gallo, dit qu'il "ne défend ni ne critique", sa décision revient à effectuer la somme algébrique de ce "1" et de ce "- 1", donc à lui conférer une valeur "0". Or, comme la situation (ou l'institution) est existante et qu'elle a un statut de "1", l'addition (ou la soustraction) de ce "0" au "1" de la situation (ou de l'institution) laissera le "1" en l'état, donc lui conservera son existence. Il s'ensuit donc que lorsqu'il formule ainsi son opinion, le sujet approuve la situation ou l'institution en question (et que Max Gallo est un "faux cul"...).

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, modifications et critiques.

Bien à vous

Philippe Arnaud,
Amis du Diplo de Tours

02 47 27 67 25
Tag(s) : #Pages d"écriture
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