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R
épublique!
Lettre périodique d'information

N° 64
27 novembre 2012
R!
 
 Sommaire
Éditorial R !>>  
Camisole de force 

Un mot dans l'air du temps R !>> 

La souverainet� prot�ge aussi
 parEtienne TARRIDE

L'événement R !>>

Loi du 3 janvier 1973 : joyeux (non)anniversaire !
 parGilbert LEGAY


Chronique de l'antirépublique R !>> 

Novembre 2012 : voici le Jospin nouveau !
 parAndr� BELLON


Brèves R !>>  
 

Pr�sence de Pierre Mend�s-France
 Les actualit�s de l'Association pour une Constituante.

Note de lecture R !>>  
 

Les ordres du Chef. Culte de l�autorit� et ambitions technocratiques : le CNRS sous Vichy


 
 Ce qu'est le groupe «République!» R !>>


Le
 Site!
 de
 « République»

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 Tous les numéros de la Lettre depuis sa création,
 des documents, des références
 et la possibilité de réagir aux articles que nous  publions.
   
 
Éditorial

 Camisole de force


 T
rois ans apr�s la fermeture de l�usine ArcelorMittal de Gandrange, les 150 (sur 571) salari�s reclass�s sur le site du groupe indien � Florange affrontent � nouveau la perspective d�un (bien mal nomm�) plan social. Par un �coeurant renversement des r�les, l�entreprise a adress� une sorte d�ultimatum au gouvernement fran�ais : un repreneur doit �tre trouv� avant � la date butoir du 1er d�cembre. On peut douter de la capacit� de r�action d�un Etat qui, depuis trente ans, se d�poss�de de tous ses moyens d�action au profit de � march�s �, par d�finition insaisissables et ind�finissables. Pourtant d�positaires de l�int�r�t g�n�ral, les autorit�s publiques ne cessent de se couper les ailes, comme si elles se m�fiaient d�elles-m�mes. Elles se montrent m�me incapables de r�clamer aux entreprises qui en ont b�n�fici� le remboursement des aides publiques vers�es pour maintenir l�emploi. 

Dans sa conf�rence de presse du 15 novembre, le pr�sident Fran�ois Hollande a confirm� que l�Etat n��tait pas le mieux plac� pour g�rer les affaires �conomiques et a offert aux entreprises un cr�dit d�imp�t de 20 milliards d�euros. Finalement, les Etats se passent eux-m�mes une sorte de camisole de force sur le dos pour ensuite protester de leur impuissance devant des populations assaillies par les in�galit�s sociales. Cette situation, souvent tragique pour ceux qui p�tissent de la crise, tourne parfois au ridicule, comme lorsque que la France n�a plus les moyens de � d�samianter � le porte-avions Clemenceau qui se trouve r�duit � errer de port en port. 

D�j�, il y a quarante ans, en 1973, une loi r�dig�e par le ministre des finances de l��poque Val�ry Giscard d�Estaing interdisait � la Banque de France de faire des avances � l�Etat, obligeant celui-ci � se financer sur les march�s. Ce principe est repris dans le trait� de Maastricht de 1992 (lire l�article de Gilbert Legay), contribuant ainsi � la vuln�rabilit� des gouvernements et � leur endettement. Et l�on peut s�interroger sur les choix collectifs des dirigeants europ�ens, tous partisans de l�aust�rit�, lorsqu�on constate que les pays qui m�nent la danse sur la sc�ne internationale sont en g�n�ral appuy�s sur des Etats forts, que ce soit la Chine ou le Br�sil, ou d�une mani�re diff�rente, l�Afrique du Sud. 

Les mots on-ils encore un sens ? Officiellement, la justice et la police appartiennent aux comp�tences dites r�galiennes de l�Etat ; elles constituent le noyau dur de la souverainet�. Que penser alors de l�extradition de la fran�aise Aurore Martin de la France vers l�Espagne d�but novembre dernier ? S�il n�est pas de tradition d�expulser un de ses propres ressortissants, le mandat d�arr�t europ�en � qui inqui�te bien des associations de d�fense des droits de l�homme - oblige les pays membres de l�Union � proc�der � de telles extraditions avec toutes les incertitudes juridiques qui en d�coulent pour les personnes concern�es (lire l�article d�Etienne Tarride).

Mais qu�on ne s�inqui�te pas trop : la Commission Jospin propose, selon le quotidien Le Monde, un � big bang � politique dans son rapport sur la r�forme des institutions, remis au pr�sident Hollande le 7 novembre dernier. L�ancien premier ministre et ses �quipiers ont planch� sur la � r�novation � et la �d�ontologie de la vie publique �, sujet essentiel en ces temps de d�fiance croissante envers les partis politiques et les dirigeants. Mais loin de r�pondre aux contradictions, soulev�es plus haut, d�une puissance publique vou�e � l�impuissance, le rapport sugg�re un � best of � des lieux communs en la mati�re (lire l�article de Andr� Bellon), une sorte de � small bang �. Mis � part dans la salle de r�daction du Monde, le rapport n�a pas suscit� de r�actions enthousiastes dans la population. Il est vrai que nous n�en sommes plus aux r�formettes si l�on veut restaurer la d�mocratie dans ce pays. Mais la classe dirigeante en a-t-elle conscience ?


 





Tag(s) : #Pages d"écriture
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