Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog



La Chine intéresse et inquiète les tenants de l’idéologie libérale. Ce n’est pas l’éventuelle conversion de « 
l’Empire du Milieu » au capitalisme, qui agite nos penseurs médiatiques.

Au contraire, c’est le fait de se réclamer du communisme et d’exercer une fascination considérable dans le monde, qui met la « pensée unique » en émoi.
Samedi 17, lors de leur émission « La rumeur du monde », à 12h30,  sur France Culture, Jean-Marie Colombani, ancien patron du Monde, et Jean-Claude Casanova, collaborateur du Figaro, se sont gravement interrogés sur l’évolution de la Chine populaire.

Les propos échangés, les réflexions émises, de part et d’autre, accompagnés de ceux d’experts sinologues, traduisent la grande peur de nos « élites dirigeantes », face aux défis lancés posés par un Etat qui se définit comme partisan d’une économie planifiée et se réclamant du communisme.

 

Nos deux compères et leurs invités se sont d’abord inquiétés de la bonne santé de l’économie chinoise.

« Celle-ci est peut-être en train de sortir de la crise, à moins qu’elle en soit déjà sortie ». Les statistiques occidentales font en effet état d’une augmentation du PIB de 8% pour cette année, contre 6% en 2008, « en pleine crise mondiale».

Chiffres qu’il faut comparer avec les résultats des pays occidentaux, ceux-ci frôlant la récession.

Les « spécialistes en sinologie » n’avaient-ils pas annoncé, l’an passé, une « crise profonde » en Chine, affirmant que « celle-ci était inéluctable », expliquant leur prédiction par « l’arrêt massif des exportations, facteur décisif de l’économie chinoise ».

Jean-Marie Colombani et Jean-Claude Casanova cherchent une explication au phénomène. Ils ont trouvé l’origine du miracle : la République populaire « aurait massivement, investi dans la consommation intérieure ». Autrement dit, le pouvoir chinois aurait misé sur « le bien-être » de la population pour éviter le choc en retour de la crise mondiale du capitalisme.

Ayant découvert ce secret, les journalistes, pérorant sur France Culture, ne se sont pas posés la question : si développer la consommation intérieure est le seul moyen de retrouver de la croissance, pourquoi les Occidentaux, la France en premier lieu, n’ont-ils pas utilisé le remède pour leurs pays respectifs ?

 

Colombani et Casanova semblent avoir découvert un coin du voile :

la Chine communiste a pour objectif premier de développer le bien-être des Chinois !

On voit ici la perfidie de ce régime qui se refuse à appliquer les canons de l’orthodoxie financière, enseignée dans toutes les bonnes écoles libérales du monde.

 

Déjà, selon l’OCEDE, la Chine avait obtenu la « souveraineté alimentaire », qui avait permis ne plus être tributaire du marché agro-alimentaire mondial, écartant définitivement le spectre de la famine, fléau ô combien meurtrier jadis, dans l’Empire du Milieu.

Aujourd’hui, la mise en place progressive d’un système de ‘protection sociale’ généralisé tend, en particulier, à apporter à chacun la sécurité au niveau de la santé.

Les 45 millions d’Américains (chiffre en augmentation constante du fait de l’expansion du chômage), qui en sont totalement dépourvus, pourront regarder avec envie au-delà de l’océan Pacifique. De même, les assurés français, qui voient, année après année, leur système de protection sociale, se réduire comme une peau de chagrin.

Les réformes chinoises créent l’embarras chez les tenants du capitalisme.

Jean-Marie Colombani et Jean-Claude Casanova s’en font les porte paroles.

Aussi, cherchent-ils à se rassurer et à créer le trouble chez les auditeurs de France Culture. « En fait », proclament-ils gravement, « le développement de la consommation intérieure en Chine, crée des débats très vifs, au niveau le plus élevé de la hiérarchie du parti communiste »

Et de citer l’organe suprême des neufs dignitaires, qui « seraient profondément  divisés sur la question ».

 « Ces débats » au sein du PCC, qui « se règlent sur la base d’un compromis », suivant les dires des protagonistes de la « rumeur du monde ». ?

Comment un parti, qualifié de « totalitaire », accepte-t-il des discussions internes, alors le gouvernement d’une « démocratie » comme la France, n’est là que pour appliquer les décisions prises personnellement par le président de la République ?

La contradiction ne sera pas évoquée à l’émission de France Culture

De même, les connaissances en « sinologie politique » de Jean-Marie Colombani et de Jean-Claude Casanova, ont des limites.

A la question posée « quelle politique alternative défendent les dirigeants communistes, hostiles à l’orientation du président Hu Jintao ? » la réponse de nos deux experts est lapidaire : « On ne sait pas » !

Ce qui fait la différence entre une « rumeur » (fut-elle « du monde »), et une étude sérieuse, honnête et contradictoire.

En effet, jamais un diplomate chinois ou un responsable politique de la République Populaire de Chine, n’est convié à ce genre d’émission.

 

  Jean LEVY

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :