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R-sistons à l'intolérable

Dimanche 11 octobre 2009



                   L'Amérique est en pleine déliquescence. 
                                                                                         
                                  Introduction d' Eva




Voici un texte révélateur: L'un, sur des citoyens de Détroit privés de travail et de toit, scènes de chaos pour survivre. Les victimes de la "mondialisation heureuse" ne se comptent plus. Un quart des habitants est dans la misère ! Le rêve américain tient de plus en plus du cauchemar.

Notre société est tombée sur la tête, et il est bon qu'on le lui rappelle, comme récemment Internet l'a fait à propos de Mitterrand ou de Polanski, face aux Médias courtisans et dégénérés. Pétrie de bonne conscience, l'Amérique puritaine croit faire le Bien, alors  qu'elle gangrène la planète par sa politique prédatrice, inique, meurtrière. 

Un instantané d'une Amérique violente et arrogante, qui a bien besoin qu'on remette les pendules à l'heure. Des hommes comme Sarkozy, complexés, maladivement ambitieux, serviles, se prosternant devant les fausses idoles du monde, bourrées de fric et de cupidité, ces hommes-là, lorsqu'ils reçoivent une claque, ou une chaussure, on ne peut qu'applaudir.  Les peuples n'en peuvent plus d'être écrasés et, de temps à autre, ils le font savoir.

Les mots du Pasteur sont adaptés au pays qui les reçoit, ils ne sont pas ceux d'un homme qui remet en cause le désordre établi. Reste qu'ils procurent une joie libératrice... Imaginez des Sénateurs repus et imbus de leur personne sinon de leur mission, sûrs d'eux et gavés de bonne conscience, imaginez ces hommes-là qui s'entendent dire qu'ils prennent le Mal pour le Bien, et vous comprendrez que certains aient eu envie de quitter la salle.

Si un jour l'Amérique quitte la scène internationale et s'occupe de ses oignons, ou plutôt si elle panse les blessures de ses citoyens au lieu de meurtrir la planète, le monde, en effet, commencera à respirer.

Bien que je ne sois pas d'accord avec tout ce qui est dit dans la lettre du Pasteur, j'ai éprouvé un sentiment de jubilation, un court instant certes, mais cela est rare, tant l'Actualité nous apporte chaque jour son lot de mauvaises nouvelles pour les peuples piétinés, spoliés, exploités, broyés.

Bonne lecture, Eva R-sistons



                        Détroit: Scènes de chaos dans
                   les files d'attente de l'aide sociale

 

 

  Les habitants de Detroit tentaient de mettre la main sur les 5 000 formulaires de demande d’aide fédérale distribués par la ville. Détroit a reçu près de 15,2 millions de dollars de fonds fédéraux au titre des programmes de Prévention des Sans-abris et du Relogement Rapide, qui attribuent une aide financière temporaire et des logements aux personnes et aux familles sans-abri, ou qui le seraient en l’absence de ces aides.

  Des membres des services médicaux d’urgence présents sur les lieux ont déclaré avoir traité des demandeurs qui ont été blessés lors de la ruée de la foule tentant d’obtenir ces formulaires.

  Voilà ce qui arrive lorsqu’une ville remplie de gens ruinés reçoit un peu d’argent, déplore Walter Williams, 51 ans, qui avait commencé à faire la queue pour un formulaire avant le lever du jour.

  « Ce matin, j’ai vu le rideau se lever sur le malheur », dit-il. « Des gens qui se battent en faisant la queue. Ils se menaçaient de se tirer dessus. Est-ce que nous en sommes arrivés là ? »

   « Les gens ont désespérément besoin d’aide financière pour conserver leur logement, payer leurs factures, pour qu’ils puissent faire la soudure avant d’avoir retrouvé un emploi ».

  Ce mercredi, à l’extérieur du Centre Cobo, certaines personnes fendaient la foule pour arracher les formulaires des mains de ceux qui les avaient déjà obtenus. Les lieux résonnaient du vacarme constant des cris des personnes tentant de pénétrer à l’intérieur du Centre.

  Latanya Williams, qui vit à Detroit depuis 32 ans, déclare avoir rapidement rempli son formulaire car « les gens les volent ».

  « J’espère obtenir n’importe quelle aide qu’ils puissent me donner », dit-elle. « Tout le monde a besoin d’aide. »

  En fin de matinée, les formulaires manquaient. Mais des escrocs ont eu l’idée de photocopier l’original et de vendre ces copies pour 20 dollars. Ils faisaient de bonnes affaires. Les désespérés sont des proies faciles. Les formulaires originaux de couleur blanche portaient une mention indiquant clairement : « Ne pas dupliquer - Vous devez utiliser le formulaire original. »

  En fin de matinée, toutefois, les volontaires du Detroit Planning and Development Department distribuaient eux-mêmes des photocopies jaunes.

  « Je ne suis même pas sûr que le gouvernement acceptera ces formulaires », s’interroge Pam Johnson, une bénévole. « C’est comme s’il fallait calmer les gens. Il y avait presque une émeute. Il a fallu faire appel à l’escouade de répression des gangs. J’ai vu une vieille dame presque piétinée à mort ».

  Pour Jean Paul, qui vit à Détroit depuis 25 ans, cette foule et ce chaos montrent que les gens ont besoin d’aide.

  « Nous en avons besoin », dit-il, en parlant d’argent. « Quoi qu’ils aient pour moi, cela sera bien ».

  John Roach, le second adjoint de la police, considère que les 150 agents présents ont gardé le contrôle de la situation. « Il ya eu quelques bousculades, et certaines personnes ont perdu connaissance », précise-t-il. « Étant donné que nous avions là 15 000 personnes, je suis surpris que les choses se soient déroulées de façon aussi ordonnée. »

  Il est difficile d’estimer la foule présente car toutes les files d’attente serpentaient à travers le centre de convention, à l’extérieur le long du bâtiment, et en bas de la rampe du parking. Un officier de police a estimé la foule à 50 000 personnes.

  Plus de 25 000 formulaires avaient été retirés en moins de trois heures la veille dans les bureaux de quartier de la Mairie. Karen Dumas, la porte-parole du maire Dave Bing, explique que ce jour là certains ont cru à tort qu’ils recevraient des espèces sur place.

  « C’est totalement faux », précise-t-elle. « Il y a un circuit administratif ».

  L’affluence a été si importante que les fonctionnaires de police de Detroit et les responsables des pompiers ont envisagé d’arrêter la distribution en raison du trop grand nombre de personnes.

  Nous avons rencontré Kelley Turcotte, qui est plongeur dans un restaurant, près de l’extrémité de la file d’attente vers 10h30. Agé de 27 ans, il vient d’avoir un fils et ne peut faire face à ses factures.

  « J’espère que le gouvernement verra ce qui se passe, et comprendra que la ville a besoin de beaucoup plus d’aide que celle qui lui est donnée », déclare-t-il.

  Luis Irizarry, 35 ans, est venu de Flint en voiture, espérant profiter de l’occasion d’obtenir une aide. C’est seulement ensuite qu’il a découvert que seuls les habitants de Detroit pouvaient en bénéficier. Pour lui ce fut un choc de voir autant de gens dans le besoin.

  Tony Johnson est venu à 5 heures du matin. M. Johnson n’a pas réussi à trouver d’emploi depuis trois ans.

  « Si je pouvais gagner à la loterie, je ne serais pas ici », plaisante-t-il. Puis il poursuit : « il n’y a pas de tranquillité parce qu’il n’y a pas d’emplois. Tout le monde est à la recherche d’un extra, d’un coup de main. Ils ne me comptabilisent pas comme chômeur parce que je n’ai pas d’allocation. C’est comme si je n’existais même pas. Mais j’existe. Regardez autour de vous. Il y a des milliers ... des millions dans ce cas. »

  Dan McNamara, qui dirige la section 344 des pompiers de Detroit, observe depuis sa fenêtre le Cobo Center.

  « C’est tout à fait représentatif des difficultés de la classe moyenne en Amérique », juge-t-il.
  « Nous avons été trahis par le gouvernement, les agents immobiliers et ceux qui en ont profité.
Le contrat a été rompu. »

  Sur le web :

  Detroit Free Press : Chaos reigns at Detroit aid event
  People fainted, others fought as the Detroit Police Gang Unit tried to keep people in line --- some since last night --- and in check.
  “It’s a disaster here,” former assistant Detroit Police chief and city council candidate Gary Brown said, handing out water. “This is dangerous. Very unorganized, very dangerous.”

 
Publication originale
Detroit News, traduction et source  Contre Info

  Illustration : scène de bousculade au Cobo Center

 

Les milliers personnes qui se sont pressées dans l’espoir d’obtenir les formulaires de demande d’aide fédérale pour les loyers et les factures de services publics ont transformé aujourd’hui les abords du Cobo Center [un centre d’exposition et de conférences - ndt] en une scène de chaos.
Les demandeurs étaient venus à pied, en fauteuil roulant, en vélo et en voiture. Environ six personnes ont quitté lieux en ambulance. En raison de la tension et de l’énervement croissants, plusieurs personnes ont été piétinées, indique un infirmier présent sur les lieux. La ville de Detroit avait annoncé la distribution de 5 000 formulaires de demande d’aides au logement. Mais ils ont été plusieurs dizaines de milliers à se presser sur les lieux, provoquant bousculades et altercations entre des chômeurs désespérés. Plusieurs personnes ont été blessées, piétinées par la foule. Les reporters du Detroit News témoignent de la violence de la crise sociale au cœur de l’Amérique.
par
Charlie LeDuff, George Hunter et Santiago Esparza,
The Detroit News, 7 octobre 2009
Tag(s) : #international
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