Vendredi 10 août 2012
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Syrie : les rebelles se retirent de leur bastion d’Alep
jeudi 9 août 2012,
Les insurgés se sont retirés jeudi du principal quartier qu’ils contrôlaient à Alep, deuxième ville de
Syrie et enjeu crucial du conflit entre la rébellion et le régime de Bachar el-Assad. Le président syrien a, de son côté, nommé un nouveau chef de gouvernement après la
défection cette semaine en Jordanie de son Premier ministre Riad Hijab. Dans le même temps, l’Iran, fidèle allié du régime syrien, organisait à Téhéran une "rencontre consultative" sur la crise en Syrie, en présence de représentants de 29 pays, dont la Russie, l’Irak, l’Afghanistan et le
Pakistan.
Les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) retranchés à Alep, poumon économique du pays où les combats font
rage depuis le 20 juillet, ont annoncé qu’ils s’étaient retirés de leur bastion de Salaheddine en raison de bombardements particulièrement violents de la part des forces du
régime. "Nous avons effectué un retrait tactique de Salaheddine. Il n’y a plus de combattants rebelles en raison d’un bombardement inouï et
les forces du régime avancent dans le quartier", a déclaré Houssam Abou Mohammad, commandant de la brigade Dera Ashahba, une composante de l’ASL qui combat dans ce
secteur.
Pour sa part, Wassel Ayoub, commandant de la brigade Nour al-Haq de l’ASL, a précisé dans la soirée que cinq
bataillons de l’ASL restaient présents dans le quartier pour faciliter l’évacuation complète des combattants. Il a affirmé que les rebelles "renforcent" leur "ligne de défense"
à l’est de Salaheddine selon un arc allant d’as-Soukkari, au sud de ce quartier, à Boustane al-Kasr (au nord) en passant par al-Machhad (au centre).
Les bombardements se poursuivaient en soirée contre les quartiers rebelles, a précisé ce commandant.
L’opposition a appelé à des manifestations vendredi, jour de prière, avec comme mot d’ordre "Donnez-nous des armes antiaériennes".
Une source de sécurité à Damas a affirmé que "l’armée avançait rapidement
en direction du quartier de Seif al-Dawla, mais la prochaine bataille devrait avoir lieu à as-Soukkari", un fief des rebelles, plus au sud.
"Seulement 10 % des renforts de l’armée ont été utilisés jusqu’à
présent dans la bataille", a ajouté cette source, qui avait auparavant indiqué que 20 000 militaires avaient été déployés dans la région d’Alep pour mener cette bataille
cruciale pour le régime confronté à une révolte depuis la mi-mars 2011.
Près de 17 mois de violences ont fait plus de 21 000 morts au pays, selon l’Observatoire syrien des droits de
l’homme (OSDH), une organisation basée en Grande-Bretagne, qui enregistre par ailleurs 78 morts, dont 35 civils, pour la seule journée de jeudi.
Sur le plan diplomatique, le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a donné le coup d’envoi
jeudi d’une conférence sur la Syrie en présence de représentants de 29 pays, dont la Chine, l’Irak et la Russie, en appelant à
"un dialogue national entre l’opposition ayant un soutien populaire et le gouvernement syrien", selon la télévision d’État
iranienne.
Le Liban et le Koweït ont décliné l’invitation, tout comme Kofi Annan, le médiateur démissionnaire de l’ONU et
de la Ligue arabe.
Les pays occidentaux et la plupart des pays du Golfe accusés par Téhéran d’armer les rebelles n’avaient pas été
invités.
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Par Jean Lévy
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Publié dans : Contre l'impérialisme
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