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SYRIE : VERS UNE GUERRE CIVILE SANS FIN ?

 

par Jean LEVY

 

Le Monde, daté des 24 et 25 juin 2012, ne pose pas de point d’interrogation. .

Le quotidien, qui fait sa UNE du sujet, écrit :

« Qui croit encore au pouvoir de la  rue ? La violence et la généralisation de la répression, l’afflux d’armes en provenance de l’étranger et la manipulation de vieilles tensions communautaires ont peu à peu détourné la révolution syrienne de son cours initial. Une guerre civile est désormais à l’œuvre entre les groupes armés rebelles réunis sous l’appellation d’Armée syrienne libre (ASL), et les forces régulières aux ordres de Damas, épaulées par les chabihas, les milices pro-régime ».

 

Ainsi Le Monde reconnaît l’existence d’un conflit opposant des « groupes armés rebelles» aux forces régulières de l’Etat syrien. Nous ne sommes donc pas dans le schéma, longtemps décrit par les médias (dont Le Monde), d’une répression unilatérale et aveugle de « manifestants pacifiques » …De plus « l’afflux d’armes en provenance de l’étranger » dont fait état le quotidien du soir, sans qu’en soit précisé l’origine, donne au conflit le caractère d’une confrontation militaire.

 

Or, depuis plus d’une année, nous sommes témoins d’une offensive idéologique de grande envergure, destinée à convaincre nos compatriotes du bien-fondé d’une intervention armée internationale contre le pouvoir de Damas, en vue de renverser ce pouvoir, personnifié par Bachar Al-Assad, considéré comme le « méchant », qui martyrise son peuple. Et les clairons de sonner la charge pour refaire en Syrie l’opération réalisée l’an dernier en Libye. Avec au premier rang, l’armée française.

 

Et de couvrir d’injures, tant dans notre pays qu’au plan international, tous ceux qui, simples citoyens ou Etats, refusaient de s’inscrire dans une perspective de guerre.

Que la presse n’a-t-elle pas dit sur la « lâcheté », voire la « connivence » des récalcitrants vis-à-vis d’un « tyran sanglant » qui « assassinait son peuple ».

 

On nous a fait souvent le coup, tour à tour contre un « nouvel Hitler », qui avait pour nom successivement Gamal Abdel Nasser,  Saddam Hussein, Slobodan Milosevic, Mouammar Kadhafi et aujourd’hui, Bachar al-Assad, demain peut-être  Mahmoud Ahmadinejad .

Il fallait, à chaque fois partir en guerre contre le dictateur du moment.

Au nom de la liberté, bien sûr.

 

En fait, à chaque fois, les intérêts de la croisade proposée nous étaient masqués. Qui aurait voulu risquer la vie d’un soldat français pour rendre à son Conseil d’administration le canal de suez, nationalisé par l’Egypte ? Ou redonner aux pétroliers, à la Shell ou à Exxon, les puits irakiens ? Ou simplement morceler la Yougoslavie au profit des intérêts privés allemands ? Ou encore punir notre ex-ami libyen d’avoir voulu créer un FMI africain ? Personne, assurément !

 

Il en est de même pour la Syrie.

Restructurer le Moyen-Orient aux fins des objectifs stratégiques du Pentagone, tel est l’un des axes majeurs des Etats-Unis. Avec dans le viseur l’Iran, tout en ciblant Russie et Chine. La carte des bases stratégiques US en Asie vaut mieux qu’un long discours.

N’en déplaise hier à Sarkozy, aujourd’hui à Hollande, qui chacun, ont  entonné des chants guerriers, l’intérêt de notre pays n’est pas de faire de l’armée française une Légion étrangère des Forces armées américaines. Ni militairement contre la Syrie, ni économiquement aux dépens de l’Argentine*.

La France à vocation universelle de paix, pas de guerre !

 

* Lire notre blog : « L’Argentine de  va-t-elle connaître, comme le  Chili d’Allende, son « 11 septembre 1973 » ?

 

 

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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