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"Balkany est aussi un habitué    de ces missions occultes"

 

 

 

 

Quelle a été votre réaction au récit fait par Robert Bourgi?

Pour nous, ce n'est pas une découverte. C'est un secret de polichinelle. Les spécialistes de la question étaient au courant depuis longtemps de l'existence de ce genre de relations et de transferts d'argent.

Par contre, on s'étonne un peu des aveux à caractère dirigé [contre Dominique de Villepin et Jacques Chirac, ndlr] de Robert Bourgi.

 

On a en effet du mal à croire à la fable selon laquelle tout ceci se serait miraculeusement arrêté en 2007, avec l'élection de Nicolas Sarkozy. Surtout quand on sait que ce dernier, après son élection, a rendu immédiatement hommage à Omar Bongo [l'ancien président du Gabon, ndlr], en allant lui rendre visite dans son hôtel particulier à Paris. Nicolas Sarkozy a ensuite remis la légion d'honneur à Robert Bourgi qui était, rappelons-le, parmi ses plus proches au moment de la célébration de sa victoire à l'élection présidentielle.

 

Que pensez-vous du personnage Robert Bourgi?
 

Ce n'est qu'un personnage parmi d'autres. Il y a en effet plusieurs émissaires occultes qui gravitent dans le système d'Etat français dont on ne comprend pas bien quelles fonctions ils ont, à part celle de favoriser des intérêts personnels. Là, on parle de Bourgi, mais Patrick Balkany [député des Hauts-de-Seine, ndlr] est aussi un habitué de ce genre de missions occultes pour Nicolas Sarkozy.

 

Que préconisez-vous?
 

Il est plus que jamais nécessaire de mener un véritable audit sur la politique africaine de la France.

 

«Des soupçons très lourds perdurent sur Nicolas Sarkozy»

Lors de la campagne électorale de 2007, Nicolas Sarkozy avait promis de rompre avec la Françafrique. Quel bilan faites-vous aujourd'hui?
 

On s'est vite rendu compte que ça ne serait qu'une des promesses de plus que Nicolas Sarkozy ne tiendrait pas. Aujourd'hui, c'est particulièrement flagrant. On s'est très vite rendu compte de l'existence d'une politique de soutien actif à un certain nombre de dictateurs, de validation d'élections truquées, comme au Gabon, au Burkina Faso, au Tchad, en Centrafrique, pour ne citer que les derniers exemples, et sans doute au Cameroun le mois prochain. Le discours d'un pays qui défend les droits de l'Homme et la démocratie en Libye par une intervention militaire est un habillage pour essayer de cacher une politique de soutien aveugle depuis plus de cinquante ans aux pires dictatures du continent.

 

Comment qualifierez-vous la politique africaine de la France depuis l'élection de Nicolas Sarkozy?

On peut vraiment parler d'une Françafrique décomplexée. A l'image d'Alain Joyandet, qui, du temps où il était secrétaire d'Etat à la Coopération, avait déclaré que les Africains devaient comprendre que la France veut bien aider l'Afrique à condition que cela rapporte. Tout est fait pour favoriser les intérêts économiques des entreprises françaises. Et sur l'aspect géopolitique, la France cherche à se maintenir à tout prix, malgré la concurrence internationale croissante.

 

Pensez-vous que les transferts d'argent ont continué depuis l'élection de Nicolas Sarkozy?

Nous n'avons pas d'éléments suffisamment fiables pour l'affirmer. Pour y voir plus clair, il faudrait qu'une véritable enquête soit menée. La création d'une commission d'enquête parlementaire avec des pouvoirs étendus permettrait en effet de déterminer si des transferts ont bel et bien eu lieu, alors que des soupçons très lourds perdurent.

 

Quelles sont les conséquences de ce genre de politique sur les populations des pays concernés?

D'abord, tout cet argent qui vient financer la corruption chez nous et gangrène notre démocratie, vient des ressources naturelles pillées sur place, telles que le pétrole, les minerais et les ressources agricoles. Ensuite, ce soutien aveugle à des dictatures brutales, violentes, qui piétinent les droits humains, maintient ces peuples dans un état de pauvreté et de violence infâme.

 

*association qui milite pour plus de transparence dans les relations entre la France et l'Afrique

Dans le Journal du Dimanche puis dans de nombreux médias lundi, Robert Bourgi, avocat de son état mais surtout incarnation de la Françafrique, a raconté comment il aurait convoyé pendant des années les millions d'euros des chefs d'Etat africains vers l'Elysée. Des révélations qui ont provoqué de nombreuses réactions.

 

Interrogé par leJDD.fr, Thomas Borrel, secrétaire national de Survie*,  s'étonne toutefois que celles-ci ne concernent pas Nicolas Sarkozy.

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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