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·         Mes articles sur « l’identité nationale », publiés par « canempechepasnicolas », et reprise sur le site de Valmy, font l’objet, sur ce site,  de commentaires et de critiques, parfois opposées sur le fond. Ces prises de position alimentent utilement le débat sur la question. Mais comme il ne s’agit pas de « joutes personnelles », il me semble inutile de « répondre aux réponses ».
·         Chaque lecteur se fera, en toute liberté, sa propre opinion.
·         Nous continuerons de publier des textes intéressants par leur contenu, sans que celui-ci reflète notre propre sentiment
·         Nous publions donc , ci-dessous, de nouveaux commentaires suscités par mes prises de position.

 

21 novembre 2009 ,

par jean Baumgarten

Bonjour Je rappellerai au camarade Levy qu’il existait quelques divergences au sein du groupe Manouchian sur le sens donné au mot "français" : L’un des membres du groupe était trotskiste et n’aimait sûrement pas chanter "La Marseillaise " mais préférait "L’internationale" ! Voici ci-dessous le texte que j’ai écrit le 16 novembre dernier/// Amicalement

Jean Baumgarten

A propos de l’identité nationale .

Qui suis-je ?

Mes parents ont quitté la Pologne en 1921 et 1923 pour fuir l’antisémitisme qui régnait la bas.

Ils sont venus en France « le pays des droits de l’homme » où ils n’ont obtenu la nationalité française ( plusieurs fois refusée) que lorsque ma sœur aînée âgée de 12 ans venait d’être classée première de la ville de Paris au certificat d’études, en 1934...

Ils ont subi le racisme du gouvernement français , la haine des Juifs et ont été sauvés par hasard grâce à quelques français . Ils ont perdu leur nationalité en 1942 …

La soeur de ma mère - Ida - et sa petite fille Irène ainsi que la sœur de mon père Esther et son mari Moïse on été déportés en juillet 1942 .

Moi même âgé de 10 ans j’ai porté l’étoile jaune du début juin 1942 au 20 juin environ et je l’ai déchirée et jetée dans le caniveau qui se trouvait devant l’école communale où j’allais cinq fois par semaine suivre des cours et où le professeur nous faisait chanter « Maréchal nous voilà »… j’ai vécu la guerre comme un proscrit et j’ai échappé à la déportation … La famille de mon père et celle de ma mère restées en Pologne ont totalement été exterminées par le régime nazi. ( Sauf deux petits cousins perdus de vue depuis 60 ans).

J’ai subi dans ma jeunesse :

 La guerre d’Indochine , odieuse et synonyme du pire colonialisme : et je me suis battu au quartier latin contre un nommé le Pen et ses acolytes .

 Ensuite il y a eu la guerre d’ Algérie , odieuse et synonyme du pire colonialisme.

En 1958 j’ai lutté contre le colonialisme patronné par de gaulle et Guy Mollet et qui a imposé à la France un régime constitutionnel réactionnaire dans lequel nous vivons toujours 51 ans après…

Je milite depuis l’année 1947 où j’ai connu les Auberges de jeunesse ( le MLAJ ) internationaliste, mixte , démocratique, anti-colonialiste et autogestionnaire , puis le Parti Communiste Internationaliste ( Trotskiste ) auquel j’ai fait adhérer François de Massot ( le fils de l’écrivain surréaliste) , Félix Guattari Jean Marie Vincent … et quelques autres .

A partir de l’année 1956 j’ai participé à l’ Union de la Gauche avec Yvan Craipeau, Pierre Naville, et Claude Bourdet.

En 1960 j’ai participé à la création du PSU, où, en tant que membre de la tendance marxiste révolutionnaire j’ai été élu membre du Bureau fédéral de la région parisienne avec à ma droite Mireille Osmin transfuge du Parti Socialiste ainsi que Michel Rocard . J’ai participé à mai 1968, à la manifestation de Malville (en 1976) ou j’ai vu des CRS envoyer des grenades sur des jeunes allemands en les estropiant à vie ( et où j‘ai crié avec des milliers d‘autres « CRS - SS ») , j’ai adhéré aux Verts en 1995 et j’en ai démissionné en 2000 : aujourd’hui je suis membre du NPA et je vomis d’horreur à chaque fois que j’entends ce petit prétentieux de Sarkosy parler .

Je n’ai pas choisi d’être français, j’ai honte très souvent , de l’être :

Par exemple quand je vois de jeunes Français se faire tuer ou blesser dans cette guerre honteuse d’ Afghanistan où on n’a pas demandé de vote aux citoyens français, mais dont on sait par sondages qu’ils la rejettent à une grande majorité .

Quand je vois la France officielle protéger des régimes africains corrompus de Guinée, du Gabon, de Côte d’Ivoire, du Tchad etc.

Quand je vois ce petit mec dit « Sarko » recevoir ce fasciste de Nethanyaou et n’avoir rien voulu faire quand l’Etat colonial et raciste israélien avait déclenché la guerre contre Gaza et n’avoir, aujourd’hui encore même pas eu l’idée et encore moins la volonté, de mobiliser l’Europe contre les méfaits de l’Etat colonial et raciste israélien ; ou encore quand j’entends ce petit teigneux faire de la propagande pour « l’identité nationale » !

Qu’ est - ce donc l’identité nationale ? Quels sont les Français qui sont fiers de leur nationalité et qui endossent tous les méfaits réalisés depuis plus de 150 ans en leur nom ? Quels sont les Français qui sont fiers de l’écrasement de la Commune de Paris et de la mort de 40.000 communards massacrés par ce Nabot de Thiers ? Qui sont ces Français qui sont fiers de la victoire de 1918 et dont les grands parents ou les arrière grands parents se sont laissés entraîner dans une guerre injuste, imbécile et qui a déclenché finalement une deuxième guerre mondiale atroce où sont morts 60 millions de personnes dont certaines dans les fours crématoires nazis …

Qui sont donc ces Français fiers de leur passé colonialiste et de la haine qu’ils véhiculaient ?

Non je ne suis pas français, je n’ai absolument rien à voir avec tous ces Franchouillards qui n’ont rien compris à l’histoire.

Je ne suis pas non plus européen : je suis Internationaliste , je suis du côté de ceux qui n’ont rien , qui luttent contre un état de classe, raciste, qui refait aujourd’hui contre les immigrés « les étrangers » , les clandestins, ce qu’il faisait pendant la dernière guerre contre les Juifs, les Roms, les Espagnols .

Je suis internationaliste et à ceux qui chantent aujourd’hui la Marseillaise je réponds par L’Internationale qui dit clairement et simplement :

« C’est la lutte finale et demain l’Internationale sera le genre humain ».

Répondre à ce message

Monsieur Baumgarten, vous êtes un frère des hommes, de ceux qui souffrent tous les jours, des enfants petits dont on voit les côtes et les yeux qui pleurent, des torturés, des éventrés, de ceux qui montaient le plus haut possible dans la chambre à gaz pour chercher quelques molécules d’oxygène, des Palestiniens martyrisés par les enfants des martyrs, des irakiens gazés à l’uranium. Nos parents, les singes qui sont méchants sans calcul, ont fait leur premier mutant qui nous a légué par les chromosomes et par l’exemple, les horreurs que vous décrivez ; moi, je n’étais pas juif,pendant la guerre d’Algérie, resté en métropole je n’ai ni tué, ni torturé... Certes, peut-être l’aurais-je fait par peur de ma propre mort. Pourtant je me suis mis à croire aux paroles de Jésus... Pour faire face à ma propre mort ? Bien sûr le mal est là, mais il suffit d’un comme vous pour que le soleil brille dans le ciel bleu, que l’air soit plein des senteurs des herbes que j’appelle les parfums de Dieu....Pour le Grand Charles, je ne suis pas d’accord avec vous ! Malheureusement la constitution est restée avec un congrès qui a le dernier mot sur la volonté populaire. Lui respectait le peuple pourtant...

En répondant à Jean Lévy sur l’identité nationale, je n’avais pas l’intention d’entrer dans une polémique, et mon propos était d’exprimer pour l’ensemble des lecteurs de cette publication un avis différent sur l’origine de la nation française, ramenée par les descendants dits républicains d’une partie des artisans de la Révolution, à la seule paternité de celle-ci. Je suis choqué par ce réductionnisme et je l’ai dit et je vais le répéter. Certes, la nation française avant la Révolution était très différente de celle qu’elle est devenue après, pour toutes sortes de raisons qu’il me paraît inutile d’évoquer car Jean Lévy les connait aussi bien que moi. Il y a évidemment les langues locales, que l’édit de Villers-Cotterets n’a pas éradiquées, pas plus que la révolution elle-même, il y a les législations bouleversées par le code Napoléon après la mise au pas des juges par Louis XIV, les guerres de religions et leurs conséquences, les guerres civiles et étrangères plus ou moins subies par les populations plus ou moins impliquées dans icelles. (Il faut bien rire un peu)... J’ai cité dans ma précédente réponse 3 éminents historiens français qui ne partageaient pas, loin s’en faut, l’analyse de Jean Lévy. Je pourrais y ajouter des Allemands puisque J. Lévy fait allusion à l’apport des peuples germaniques à notre pays, non négligeable puisque il lui a même donné son nom. Je me contenterai d’un seul, connu pour son "antinationalisme", qui fait partie de l’Institut de France et qui, dans un ouvrage monumental sur l’origine de nos deux peuples à un mal de chien à repousser les origines de la France, et plus encore de l’allemagne, bien au-delà du traité de Verdun entre les 3 fils de Louis le Pieux. NON, NON et encore NON, je ne peux pas laisser dire que la nation française date de 1792 que je considère pour ma part comme la fin du siècle des Lumières avec son cortège d’horreurs et une gouvernance bourgeoise qui a fait le lit du capitalisme sauvage. Il ne faut pas confondre l’histoire de la France et celle de la Nation, me dit J. Lévy !!! Il est de bon ton aujourd’hui de tabler sur la fin de l’Histoire, bien que j’ai cru percevoir chez un autre Levy quelques frémissements de réticence à suivre Fukuyama trop loin. Dissocier la nation française de l’histoire de France comme tente de le faire Jean Lévy n’est qu’une carabistouille. Et que viennent faire les persécutions anti-juives de Louis IX à l’époque où Edouard 1er les chassaient d’Angleterre alors que, seule en Europe, l’Aquitaine anglaise leur permettait d’acquérir de la terre, celle de Montaigne par exemple, plus tard bien sûr. Et les massacres de protestants... et de catholiques. Et les sorcières brûlées, les Dragonnades, l’Inquisition. Je n’ai jamais dit que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ni que la France d’avant la Révolution était une démocratie. En revanche, j’affirme qu’aujourd’hui elle est loin d’être ce que je voudrais qu’elle soit mais qu’en plus, elle a vendu la capacité de s’améliorer en liquidant sa souveraineté fondée sur deux mille ans d’Histoire au moins, même si ses fondateurs étaient minoritaires quand ils sont arrivés sur notre sol, ce qui est commun à tous les pays comme l’a bien expliqué Camille Julian. Ma famille, d’origine modeste, peut-être mérane (Caminade = chemineau = ?> juif errant) a payé un lourd tribut à ce pays. Quatre de mes grands-oncles sont morts à la guerre de 14, mon père a fait 5 ans de captivité malgré 3 évasions, mon grand-père paternel, né pourtant après la commune de Paris, prenait tous ses repas sous une gravure de l’Illustration couverte de chiures de mouches représentant Ravachol à son procès. Malgré son âge et ses poumons bouffés par l’ypérite respirée dans les tranchées, il a repris du service, si j’ose dire, en faisant courir des risques à la famille pour cacher et faire passer en Espagne, grâce je pense à un réseau de républicains espagnols qui travaillaient avec lui à des tâches d’intouchables, la belle soeur juive d’une famille de bijoutiers juifs de la Place de la Victoire, à Bordeaux. Le plus jeune frère de ma mère, après s’être disputé avec ses parents communistes, 18 ans à peine, a rejoint les Gaullistes en Afrique. Conducteur de char, il a participé à la libération de Paris et de Strasbourg où il est entré le premier sans aller bien loin : seuls de l’équipage, lui et le copilote ont survécus. Aujourd’hui, 86 ans il est porte-drapeau de la 2e D.B. dans les défilés commémoratifs, tant qu’il peut. Alors oui, je regrette le temps où on commençait le cours d’Histoire ainsi : "Il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants les Gaulois." Les ON étaient Catholiques, Protestants, Juifs, Athées, parfois Musulmans. Blancs, Noirs, Italiens ou Espagnols, Basques ou Alsaciens, riches ou pauvres, parfois très pauvres. Ils étaient Gaullistes ou Communistes, Nationalistes ou Anarchistes... Ils étaient Français où aspiraient à le devenir !!

Christian Caminade

Tag(s) : #Politique
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