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Vendredi 23 mars 2012

   Cri du Peuple 1871            

Toulouse : Quelque chose s'est mal passé,

interrogations sur l'intervention du RAID

RAID.jpg

Quelque chose s'est mal passé : Mohammed Merah est mort au cours de l'intervention du RAID, alors que la mission des policiers était de l'arrêter pour le remettre à la Justice. Deux policiers du RAID ont d'ailleurs été blessés au cours de la vive fusillade qui a duré plusieurs minutes.

D'un point de vue purement technique, cette opération — qui a duré 32 heures — s'apparente à un échec. Un peu comme lors de l'affaire de la prise d'otage à la maternelle de Neuilly (1993) lorsque « Human Bomb » avait été tué lors de l'action du RAID. On sait que c'est à ce moment là que des liens étroits se sont noués entre Nicolas Sarkozy et les policiers du RAID.

Des spécialistes du contre-terrorisme s'interrogent, alors qu'il s'agissait, selon eux, d'une opération assez simple, qui s'apparente à la maîtrise d'un forcené, certes très armé et déterminé. Merah était seul et n'avait aucun otage. Nous n'étions donc pas dans le contexte d'une prise d'otage massive par un groupe de terroriste dans un lieu complexe (bateau, théâtre, hotel...).

L'erreur la plus souvent pointée porte sur la manière de pénétrer dans l'appartement, mercredi à 3 heures du matin. Les policiers ont utilisé un bélier pour défoncer la porte d'entrée, derrière laquelle Merah semble avoir placé un refrigateur. Cela donne le temps à Merah d'ouvrir le feu et de repousser le premier assaut. « Dans un cas comme ça, on ne frappe pas à la porte, même avec un bélier » assure un spécialiste. Car il existe d'autres moyens d' « effraction » : en clair des explosifs.
La technique (qui permet de faire sauter des murs de béton même armé) consiste à déposer, de manière dynamique, des charges soigneusement dosées au bon endroit, jusque avant l'assaut. C'est une technique complexe... que le RAID ne maitrise peu ou mal — ou en tout cas n'emploie pas. Sans doute est-elle jugée trop militaire, bonne pour les gendarmes ou les commandos.

Lorsque le RAID donne l'assaut, il lui manque un élément essentiel : le renseignement fiable. Les policiers ignorent où est exactement Merah dans cet appartement d'une trentaine de m2, et même s'il est encore vivant.

Autre interrogation, la durée de la fusillade - près de cinq minutes. 300 munitions ont été tirés par la police. Or, le succès d'un assaut se mesure à sa rapidité, moins d'une minute en principe. Ce matin, quelque chose a donc mal tourné. Même si Merah, retranché dans sa salle de bains, portait peut-être des bouchons anti-bruit (BAB) et un casque, les grenades incapacitantes ou des gaz peuvent être employés. Un autre s'interroge sur le fait que l'homme ait pu sortir de sa salle de bains — et en réalité, c'est lui qui a assailli les policiers — puis passer par la fenêtre au cours de l'assaut. En posture offensive, le RAID s'est retrouvé en posture défensive : en clair, il a perdu l'initiative et se retrouve en difficultés.

Dans une situation tactique sans comparaison au niveau de sa complexité (l'Airbus de Marignane en 1994), la fusillade avait duré quinze minutes : il y avait quatre terroristes, des dizaines de passagers otages dans la cabine d'un avion.

Enfin, la question se pose du choix du lieu pour l'interpellation du suspect. « On lui a laissé le choix du terrain, c'est-à-dire son appartement. Or, on savait qu'il allait en resortir et il était possible de l'appréhender à ce moment là », même si cela présentait d'autres risques, estiment des praticiens de ce genre d'activités.

Bref, l'heure est déjà aux critiques dans le tout petit monde du contre-terrorisme.

 

Jeudi 22 Mars 2012
Jean-Dominique Merchet

Marianne 2
La stratégie et les choix des forces de police
suscitent des interrogations...

  

Plus de trente heures de siège pour interpeller un cadavre. Alors que Claude Guéant avait affirmé vouloir prendre Mohamed Merah vivant, le présumé «tueur au scooter» a été abattu pendant l’assaut du Raid. Une intervention qui soulève critiques et interrogations.

«Priorité à la négociation»

«Si je comprends bien le Raid n'est donc pas capable en 30 heures d'aller chercher un individu seul dans un appartement?» a lancé sur Twitter Jean-Jacques Urvoas, spécialiste PS des questions de sécurité, avant de regretter son tweet. «Le Raid a donné la priorité à la négociation», justifie François Griscelli, membre du Raid à sa création contacté par 20 Minutes.

N’aurait-il pas été plus sage de planquer devant chez lui et de l’interpeller à sa sortie? «Rien n’indique qu’il n’avait pas des complices prêts à agir à l’extérieur», balaie l’ancien du Raid, qui ajoute qu’une intervention en pleine rue aurait été trop risquée. Mais avant même la négociation, les forces de l’ordre ont tenté, en vain, de défoncer la porte du suspect. «Dans un cas comme ça, on ne frappe pas à la porte, même avec un bélier», s’étonne un spécialiste sur le blog de Jean-Dominique Merchet.

  

Le Raid aurait été surpris par l’accueil que lui a été réservé Mohamed Merah qui a immédiatement riposté par des coups de feu à travers sa porte.

  

Effet de surprise inversé

 

Il a ensuite fallu patienter. «Tout a été fait pour l'interpeller vivant. On aurait aimé l'interroger», a affirmé le procureur de la République de Paris François Molins. Difficile alors, de comprendre pourquoi le Raid a donné l’assaut sans être sûr que l’homme était bien hors d’état de nuire. «On avait pourtant les moyens technologiques de le localiser», indiquait le criminologue Laurent Montet sur BFM TV, évoquant les caméras thermiques.

Les hommes du Raid avaient choisi un autre dispositif: les caméras glissées sous la porte. Un dispositif moins discret qui a retourné en faveur de Mohamed Merah ce qui aurait dû être l’atout numéro un des forces de police: l’effet de surprise. Car au final, c’est le suspect qui a donné l’assaut, surgissant hors de la salle de bain dans laquelle il était retranché en ouvrant le feu. Un imprévu qui aurait pu être évité si l’homme avait été neutralisé par des gaz avant l’intervention.

«En règle générale, ça dure 30 secondes»

«L’utilisation des gaz implique un équipement supplémentaire pour les équipes qui doivent pénétrer ensuite», indique François Griscelli. Par ailleurs les gaz, volatiles, ne sont efficaces que dans un espace confiné, or le Raid avait fait sauter les fenêtres de l’appartement pendant la nuit. Il a donc fallu en découdre, et c’est au terme d’une fusillade de plus de 5 minutes que l’intervention s’est achevée. «En règle générale, ça dure 30 secondes», reconnaît Fabien Jobard, chercheur spécialiste des questions de police.

Une fusillade aussi longue peut selon lui être le signe d’une intervention «excessivement mal préparée» ou de «moyens de résistance considérables», estime le chercheur. Reste à savoir pourquoi Mohamed Merah a finalement été abattu d’une balle dans la tête, et pourquoi les tireurs d’élites ne l’ont pas neutralisé d’un tir dans les membres. «Le Raid a agi dans le cadre de la légitime défense. S'il s'était rendu, il ne serait pas mort», tranche une source policière.

 

20 minutes.fr


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Tag(s) : #Politique française
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