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Le c@rnet de Canaille le Rouge

 Le c@rnet de Canaille le Rouge

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes.

 

 

Trot c'est trop : on achève bien les chevaux.

 

Publié le 16 Décembre 2013

 

Les enquêteurs et la presse préservent les identités.

Deux poids deux mesures : trafic de mob : la une avec photo.

Trafic de montures ? "restons prudent".

 

Télé, radio, journaux en parlent. Faut bien, cela fait du bruit.

 

Pujadas raminagrobis du prompteur mettant en page 2 de son journal les carambouilleurs délinquant, mais sans attendre enchainant longuement sur une étude sortant de chez Valls sur "la délinquance roumaine en france qui explose" lui consacre sa page 3 (celle qui se voit) pour maintenir un équilibre via le miroir sécuritaire de ce que sont les délinquences du patronat (parce que patrons grossistes ou vétérinaires, eux, ne viennent pas de Roumanie).

Les premiers ne devant excuser les seconds mais les seconds étant bien commodes pour banaliser les premiers (avez vous déjà vu un dossier sur le travail en noir sur les gros chantiers suivre un reportage sur les voleurs de bicyclette ?)

Bref, ce lundi soir, la télé après la presse, devait en parler.

C'est l'occasion pour Canaille le Rouge de regarder avec vous comment même dans le "fait divers" les choix idéologiques ne sont jamais bien loin.

Petite revue partielle de la presse à 19h00 :

Le Monde au travers de cinq questions pointe une curiosité :

Les enquêteurs ont découvert qu'un véritable réseau avait été tissé pour fabriquer des faux dossiers, faire abattre ces animaux théoriquement impropres à la consommation et les revendre dans des boucheries du sud de la France, d'Espagne et peut-être d'Italie.

Surprenant ce "théoriquement impropre" pratiquement ce serait autre chose ? Existerait-il une différence entre ce qui est théoriquement interdit et pratiquement discutable ? Curieux débat de la part du quotidien autoproclammé de référence.

Le Figaro plus prudent :

"Les gendarmes ont ainsi interpellé plusieurs négociants en viande, dont l'organisateur présumé du trafic, Patrick Rochette, le dirigeant de la Narbonnaise des viandes, « marchand de chevaux, propriétaire de deux boucheries et de commerce de viande en gros », selon Le Figaro.Un de ses proches a également été arrêté, de même qu'au moins trois vétérinaires et un informaticien. Ces interpellations devaient s'accompagner de perquisitions au siège de négociants en viande et dans des abattoirs."

Libération en parle ainsi (anonymat là aussi cultivé) :

Vingt-et-une personnes ont été interpellées lundi dans le sud de la France lors d'une vaste opération de gendarmerie visant un nouveau trafic de viande de chevaux, revendus pour la consommation après avoir servi dans l'industrie pharmaceutique, notamment chez Sanofi, selon des sources proches de l'enquête.

Environ 200 chevaux utilisés chez Sanofi, a priori pour produire des sérums, se seraient ainsi retrouvés dans l'assiette du consommateur après falsification des documents vétérinaires. Un site de Sanofi en Ardèche les aurait cédés entre 2010 et 2012 à un marchand de chevaux du Gard, qui les aurait ensuite vendus à un négociant de Narbonne, soupçonné d'être l'organisateur du trafic, ont indiqué ces sources.

Dans une moindre mesure, le trafic concernerait aussi des chevaux achetés à des centres équestres ou à des particuliers. Il s'étendrait à l'Espagne où l'abattoir de Gérone a été perquisitionné. Impossible de dire «à ce stade»si ce trafic a mis en péril la santé des consommateurs, a dit le ministre délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot. Cependant, a jugé une source proche de l'enquête, «cette affaire est potentiellement plus malsaine» que l'affaire Spanghero, avec laquelle elle n'a pourtant aucun rapport.

L'enquête et les auditions des interpellés au cours de leur garde à vue serviront à établir quand et comment les documents vétérinaires ont été truqués et dans quelle mesure Sanofi ignorait de tels agissements, a-t-elle dit.

Parmi les personnes interpellées en Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Rhône-Alpes, Auvergne et Midi-Pyrénées figurent le négociant de Narbonne et au moins un proche, plusieurs autres négociants en viande, des vétérinaires et un informaticien des Alpes-de-Haute-Provence.

Les gendarmes se sont ainsi rendus au petit matin chez le négociant de Narbonne pour l'interpeller, puis se rendre avec lui à l'abattoir municipal, a constaté un photographe de l'AFP. Là, ils ont procédé à des fouilles et emporté des documents. Ils ont ensuite saisi de la viande dans une boucherie de Narbonne, qui pourrait appartenir au mis en cause, avant de la charger dans un camion frigorifique.

Une centaine de gendarmes a ainsi été mobilisée dans l'Aude, le Gard, l'Hérault, les Alpes-de-Haute-Provence, le Cantal, la Haute-Loire le Puy-de-Dôme, la Drôme ou le Tarn-et-Garonne, pour procéder aux interpellations et mener des perquisitions dans des bureaux ou des abattoirs.

UNE DÉNONCIATION ANONYME
«Nous n'y sommes pour rien», a dit à l'AFP la directrice du petit abattoir de Narbonne, Myriam Patrice. Le négociant placé en garde à vue n'était qu'«un usager de l'abattoir», a-t-elle dit. «Il y louait des bureaux et des frigos et y faisait abattre ses chevaux, sous le contrôle d'inspecteurs vétérinaires».

Trait caractéristique de tous ces titres : mettre Sanofi à l'abris. Pourquoi tant de précipitation ?

Il y a quand même de quoi sourire dans cette affaire d'abattage frauduleux : l'Humanité  traite la question en ouvrant son papier par une déclaration de... Ségolène Royal :

"Un nouveau scandale qui met en lumière le besoin de contrôle public sur le marché de la viande.

C'est ce qu'a demandé Ségolène Royal ce lundi matin. Interrogée sur I-Télé, la présidente de la Région Poitou-Charentes a estimé qu'il  "faut remettre du service public dans les contrôles sanitaires". Une exigence entendue par le ministre de l'Agriculture"

Entendue ? Malgré l'affaire dite "Spanghero" combien de contrleurs en plus au budget 2014 alors que sauf à ce que le ministre de l'intérieur et de l'agriculture soient atteint de cécité sélective ils ne pouvaient pas ignorer ces développements de l'enquête en cours qui en démontre l'urgence. 

Que dira le gouvernement quand on trouvera le même scandale avec des cultures OGM faites soit disant pour la recherche et instillées dans l'alimentation humaine ?

Mais personne au plan parlementaire qui n'interroge à ce stade de l'enquête sur le laminage des effectifs au sein de la DGCCRF et parmi les contrôleurs et inspecteurs des services vétérinaires et des douanes.

L'Humanité  (il ne fait pas tout mal) rappelant :

"Pour autant, selon l'intersyndical Solidaire, CFDT, CGT et FO, ce renforcement est largement insuffisant. La faute aux coupes dans les effectifs. La DGCCRF a perdu 16% de ses postes sous Nicolas Sarkozy. L'austérité budgétaire reprise à son compte par le gouvernement Ayrault n'augure pas de changement de politique. Les syndicats craignent même une externalisation et une privatisation des contrôles sanitaires jusqu'à présent menés par les services de l'Etat."

 

Quand la rentabilité capitaliste et la spéculation empoisonnent à ce point la vie publique, ne pas en parler n'est-ce pas faire preuve de complicité de la part de ceux qui se taisent ? 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

 

Tag(s) : #Politique française
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