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 Un rapprochement Téhéran-Riyad serait-il possible ?‏

 
 
 
Dans sa première conférence de presse après sa victoire à la présidentielle du 14 juin,.le président élu iranien, Hassan Rohani a déclaré que l’une des priorités de sa politique extérieure serait de développer les relations de Téhéran avec les pays voisins, et les pays arabes du golfe Persique, surtout l’Arabie Saoudite.

Hassan Rohani a ajouté que lorsqu’il était le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, il avait signé  un accord avec les autorités saoudiennes qui pourrait servir de base à la promotion accrue des relations entre Téhéran et Riyad.

Il est à noter que durant ces trois dernières décennies, les liens entre l’Iran et l’Arabie saoudite étaient toujours tendues, et ces tensions semblent se développer depuis le déclenchement du mouvement de l’éveil islamique dans la région. Les deux pays semblent avoir des points de vue très différents sur de nombreux dossiers régionaux notamment en ce qui concerne Bahreïn, le Liban, l’Irak et surtout la Syrie. La question qui se pose est de savoir si dans ce contexte particulier, il existerait ou non un terrain d’entente pour que les deux pays puissent développer des relations plus étroites.

-Mohammad Sadegh Sedghian

Selon M. Sedghian, directeur des affaires du golfe Persique au Centre des études arabes à Téhéran, l’Arabie est sans doute le pays le plus influent du Conseil de coopération du golfe Persique, et que Téhéran pourrait espérer un rapprochement avec Riyad pour créer un climat de confiance dans la région à un moment où des rivalités entre les sunnites et les chiites semblent s’approfondir au Moyen-Orient. M. Sedghian estime qu’il serait important que Téhéran exporte dans les pays musulmans de la région un discours de confiance et de coopération.

-Amir Moussavi

D’après M. Amir Moussavi, expert des questions stratégiques, un rapprochement entre Téhéran et Riyad pourrait contribuer au rétablissement de la paix et du calme dans plusieurs pays de la région dont la Syrie, l’Irak, le Liban, le Yémen et Bahreïn. Un rapprochement Téhéran-Riyad serait-il possible ? M. Moussavi dit que le président élu iranien, Hassan Rohani a des amis qui peuvent l’aider à créer des contacts avec Riyad, et ce d’autant plus que depuis ses services au poste de secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, Hassan Rohani connait très biens les différents aspects des relations entre la République islamique d’Iran et l’Arabie saoudite. M. Moussavi souligne qu’en Arabie saoudite, deux groupes semblent s’opposer au rapprochement de Riyad avec la République islamique d’Iran. D’abord, le groupe de Bandar ben Sultan, chef des services de renseignement saoudiens, puis le groupe de Saoud al-Fayçal, le ministre de l’Intérieur. Or, le roi Abdallah et son fils Abdelaziz, ministre de la Garde royale, semblent s’intéresser à développer les relations avec la République islamique d’Iran. Cet expert des questions internationales estime que la politique saoudienne en Syrie a connu un échec, car les radicaux de Riyad n’ont pas réussi à renverser le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad. Dans ce contexte, Téhéran adresse des signaux aux Saoudiens pour faciliter leur retrait décent et honorable de l’affaire syrienne.

Qui a plus besoin d’un renouvellement des relations, Téhéran ou Riyad ?

Après la tenue de la présidentielle du 14 juin, il paraît que l’Iran se trouve dans une situation favorable tant sur le plan intérieur qu’extérieur. La haute participation des électeurs et la victoire du « modéré » Hassan Rohani ont tournée de nouveau les regards vers la République islamique d’Iran. Sur le plan régional, les efforts de l’alliance occidental-arabe ont échoué en Syrie où ils se sont avéré incapable de renverse le gouvernement du président Assad qui a remporté des victoires militaires importantes, ces dernières semaines, face aux rebelles armés et les terroristes soutenus par les puissances étrangères.

Par contre, depuis quelques mois, l’Arabie saoudite ne se trouve pas dans une situation positive : les efforts régionaux de Riyad ont échoué, tandis que les Saoudiens ont des problèmes intérieurs majeurs, surtout dans la province orientale du royaume. En outre, une guerre cachée s’est déclenché apparemment à l’intérieur de la famille royale. Le roi Abdallah d’Arabie aurait préféré résoudre les problèmes de son vivant, tandis que des radicaux comme Bandar ben Sultan ne semblent lui donner raison. Pour eux la rivalité avec la République islamique d’Iran serait un prétexte pour qu’ils règlent leurs comptes avec leurs adversaires à l’intérieur de la famille royale.

Dans ce sens, ils attisent le feu des différends entre les sunnites et les chiites afin d’instaurer l’insécurité et la tension dans les pays où des populations de confessions différentes coexistent. Cependant, M. Amir Moussavi croit que l’initiative iranienne pour améliorer les relations avec Riyad pourrait être fructueuse, d’abord pour calmer les tensions régionales, ensuite pour réduire le taux de la présence des puissances extrarégionale dans le golfe Persique et au Moyen-Orient.

En tout état de cause, chaque fois que la République islamique d’Iran et l’Arabie saoudite ont réussi à surmonter les différends pour se rapprocher plus de calme et de sécurité ont régné dans la région. Autrement dit, le rapprochement entre Téhéran et Riyad semble être dans l’intérêt non seulement des deux pays mais de l’ensemble de la région.  

Tag(s) : #international
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