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Une opération Marine Le Pen ?
 
Par Jean LEVY
 
Depuis des semaines, les médias, sous couvert d'information, braquent leurs projecteurs sur le Front National et particulièrement sur Marine Le Pen. Il ne se passe pas de jours à la télé comme à la radio et dans les journaux, sans que le mouvement d'extrême-droite ait la vedette.
Nous sommes en plein air de supputations et d'extra voyance politique, avec, en ligne de mire, les élections présidentielles de 2012.
Le congrès du FN, avec la mise sur orbite de la fille du vieux leader, en fournit une occasion en or.
 
Ainsi, les derniers sondages de la mi-janvier donneraient à Marine Le Pen de 16,5% à 18% d’intentions de votes, lors de la prochaine élection présidentielle, selon le instituts et les configurations des candidatures. L'Ifop annonce même "une forte progression" des intentions de votes FN, de 11% à 16,5% entre novembre 2010 et janvier 2011.
Aussi, les débats entre "politologues" vaticinent désormais sur l'influence du FN sur le destin politique de Nicolas Sarkozy. Chacun des "spécialistes"  y va de ses pronostics et analyse les orientations nouvelles de Marine Le Pen :
Celle-ci nous chante l’air de la rupture avec les thèmes traditionnels, jusqu’ici, défendus par son père. Pour elle, le Front national doit s’inscrire dans le paysage républicain en mettant en avant le « social » et la « laïcité ». La nouvelle présidente frontiste pointe d’un doigt vengeur « l’intégration européenne » et la « mondialisation », dénonce « l’euro » et le « capital financier ». Elle tient un discours destiné à gagner plus le cœur des ouvriers « ch’tis », que séduire les nostalgiques niçois de l’OAS et de l’Algérie française.
 
Et les « politologues » de considérer que ce tournant est plus spectaculaire que "l'évolution" des ex-néofascistes italiens de Gianfranco Fini.Celui-ci, toujours selon ces "experts", n’aurait rejoint le camp démocratique qu’au sein du "centre droit"…
 
Cette focalisation médiatique sur le futur du Front National n'est pas neutre. Elle participe de la mise en condition de l'opinion publique pour peser sur le vote futur des électeurs. Le décor se met en place : les Français devront uniquement choisir entre, non plus seulement une droite et le PS, mais aussi, avec la nouvelle venue dans le champ politique.
La chute libre de Nicolas Sarkozy dans les sondages pouvait laisser entrevoir alors une élection facile du candidat socialiste.
Mais cette perspective (pas de danger de droite), peut conduire à une abstention de masse et à un futur président "mal élu" par une minorité d'électeurs.
La présence du FN pourrait réduire ce risque ;
Un haut score pour Marine Le Pen permettrait également de « bien canaliser » le vote contestataire, s’exprimant jusqu’ici par l’abstention, contre "l'Europe", l'Euro et la mise sous tutelle de la souveraineté populaire.
 
Il faut donc baliser le champ électoral du premier tour de la future présidentielle en trois camps.
A "gauche", pas de problème : DSK (ou Martine Aubry) est présenté comme le vainqueur déjà consacré. Ne leur donne-t-on pas déjà 64% pour le premier et 58% pour la seconde ?
A droite, à côté du candidat de l'UMP, en délicatesse avec les électeurs, il faut gonfler la "deuxième droite », le Front National, et pourquoi pas, évoquer l'alliance possible des « deux droites ».
Ainsi serait relancé le thème du "danger d'extrême-droite", qui a si bien réussi en 2002.
Ce qui conduit les médias (tous aux mains des puissances d'argent) à réduire la future compétition électorale entre PS, UMP et FN, éliminant (y compris des sondages), toutes les autres formations se revendiquant de la "gauche" et du "centre". Et de faire l’impasse sur les 20% de l’électorat (9 millions de citoyens) qui refuse politiquement de choisir.
 
Cette situation est inquiétante.
 
La « houle» Marine qui se gonfle n’est certes pas inventée par les médias, même si ceux-ci soufflent en ce sens.
La « percée » du FN, réalisée à partir des thèmes de la nation, de la souveraineté populaire, des revendications sociales, tient au vide de la gauche de l’échiquier politique à l’égard de ces problèmes vitaux.
 
Ne parlons pas du PS : il s’est fait le vecteur le plus servile de l’intégration européenne. Il a été jusqu’à inscrire dans ses statuts sa dévotion pour l’économie de marché, base de cette intégration.
Le drame, c’est l’orientation du Parti communiste français depuis plus d’une décennie. Pour maintenir ses élus, il « colle» électoralement au Parti socialiste, ayant abandonné, dans cette perspective, toute orientation révolutionnaire. Pire, il se coule dans le moule européen, camouflé sous des oripeaux sociaux. Il laisse le champ libre au Front national, qui reprend à son compte les idées de nation, de souveraineté et d’indépendance.
Marine Le Pen remplit ainsi le vide laissé par le PCF.
Et là vient le danger : si aucune force populaire et progressiste ne se fait le porte-parole de la France qui souffre, étranglée dans le carcan de l’Union européenne, alors, oui, le Front national et Marine Le Pen ont de beaux jours devant eux.
Pour le malheur de notre nation et de son peuple.
 
Tag(s) : #Politique française
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