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Wikileaks : Omar Bongo aurait financé Chirac et Sarkozy

Le site Wikileaks, qui a entamé de dévoiler tous les petits secrets de la diplomatie américaine, et partant de là, internationale, vient de révéler que près de 30 millions d'euros auraient été détournés de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) par le défunt président gabonais Omar Bongo.

Mais les révélations du site de Julian Assange, tirées des câbles diplomatiques échangés entre diplomates US, ne s'arrêtent pas là. Les sommes détournées, toujours d'après ces documents, auraient aussi profité à des partis politiques français.

 

C'est le quotidien espagnol El Pais, un des grands journaux choisis pour diffuser les télégrammes diplomatiques américains, comme Le Monde en France ou The Guardian au Royaume-Uni, qui le révèle.

Cette information a été donnée par un haut fonctionnaire de la BEAC à un diplomate de l'ambassade américaine au Cameroun, quatre jours après la mort d'Omar Bongo, en juin 2009, précise le journal espagnol, qui publie les télégrammes sur son site.

 

«Cette ambassade n'est pas en mesure de vérifier la véracité de l'accusation selon laquelle des hommes politiques français ont bénéficié du détournement de fonds», se contente de conclure le câble, signé de l'ambassadeur américain au Cameroun Janet Garvey.

L'argent aurait profité «aux deux camps»

 

«Les dirigeants gabonais ont utilisé les fonds détournés pour leur enrichissement personnel et, suivant les instructions de Bongo, ont remis une partie de l'argent à des partis politiques français, y compris en soutien au président Nicolas Sarkozy».

 

L'argent aurait profité «aux deux camps, mais surtout à droite, en particulier à (l'ancien président français Jacques) Chirac mais aussi Sarkozy».

 

«Bongo était le président africain préféré de la France», a ajouté cette source.

 

Enquête en cours en France

Le document diplomatique détaille le stratagème utilisé pour détourner les fonds. Le gouverneur de la BEAC, le gabonais Philip Andzembe, avait placé en secret 500 millions d'euros à la Société Générale. Mais ce placement risqué et non autorisé a été rendu public. Un audit s'en est suivi et «a révélé des malversations encore plus larges», a indiqué le fonctionnaire à l'origine de cette information.

 

Le clan au pouvoir au Gabon, «dont le défunt président Omar Bongo et son fils Ali, ministre de la Défense et candidat à la présidence (NDLR : élu depuis à la tête du pays), a bénéficié du détournement de fonds», indique le document.

 

Une enquête est en cours en France sur le patrimoine dans l'Hexagone de trois présidents africains et de leurs proches, dont Omar Bongo, suite à une plainte de Transparency International, une ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption.


 

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Tag(s) : #Politique française
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