Europe

Samedi 22 novembre 2014 6 22 /11 /Nov /2014 06:53

 

Comment l'Union européenne

cherche à rapprocher la mafia kosovare

des standards européens de l’Etat de droit...

 

 

 Europe

La mission Eulex

au cœur d’un scandale de corruption

au Kosovo

LE MONDE | 15.11.2014

Par Benoît Vitkine

Le scandale touche la plus emblématique des missions extérieures de l’Union européenne (UE), dans l’un des pays les plus choyés par la communauté internationale.

La mission Eulex – 1 600 employés, un budget annuel de 110 millions d’euros – devait apporter au Kosovo son expertise en matière de justice et de police. Autrement dit, aider l’ancienne province serbe indépendante depuis 2008 à se rapprocher des standards européens de l’Etat de droit.

le nouveau chef de la mission, l’Italien Gabriele Meucchi, lors d'une conférence de presse , le 30 octobre à Pristina.

Cette mission est aujourd’hui prise dans un scandale majeur, un désagréable cadeau de bienvenue pour la nouvelle chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, qui a dû se résoudre à envoyer un sur place un juriste, le Français Jean-Paul Jacqué, qui aura quatre mois pour remettre un rapport et soumettre ses recommandations.

L’affaire a éclaté fin octobre dans la presse kosovare. Elle a ensuite pris de l’ampleur avec les révélations de Maria Bamieh, une magistrate britannique qui accuse trois de ses collègues d’avoir, entre 2012 et 2013, touché des pots-de-vin du « milieu » kosovar pour empêcher des enquêtes ou classer des dossiers liés au crime organisé.

Trois hauts magistrats d’Eulex sont mis en cause. Le juge italien Francesco Florit aurait empoché 300 000 euros pour relâcher un suspect accusé de meurtre et aurait communiqué avec un suspect, ancien conseiller du ministère de la santé kosovar. Sa collègue Jaroslava Novotna, procureure générale de la mission, aurait aussi accepté de l’argent pour étouffer des enquêtes criminelles, notamment l’une concernant l’ancien ministre et ancien commandant de l’UCK (Armée de libération du Kosovo) Fatmir Limaj, acquitté de crimes de guerres.

Brimades et pressions

La procureure britannique assure avoir recueilli ces informations grâce à des écoutes téléphoniques réalisées lors de ses propres enquêtes. Elle aurait ensuite averti sa hiérarchie, et notamment le procureur canadien Jonathan Ratel, qui aurait tenté de l’empêcher de pousser ses investigations. MmeBamiah dit avoir subi des brimades, jusqu’à être suspendue, le 28 octobre, peu avant que le scandale n’éclate. Le journal Koha Ditore, à l’origine des révélations, affirme lui aussi avoir subi des pressions.

« Il ne s’agit pas d’une sanction mais d’une mesure qui s’applique dans ce genre de situations », a expliqué le nouveau chef de la mission, l’Italien Gabriele Meucchi. Eulex était au courant des accusations depuis 2013, a confirmé M. Meucchi, assurant qu’une enquête interne avait alors été lancée en collaboration avec la police kosovare.

A Pristina, ces accusations n’ont pas surpris. Pour nombre d’observateurs, mais aussi pour une grande partie de la population, les mœurs politiques qu’Eulex était censée combattre ont contaminé la mission. Sa proximité avec le pouvoir du premier ministre Hashim Thaci, en poste depuis l’indépendance, est connue. Elle tient à la mission même d’Eulex, dont les juges doivent travailler en étroite collaboration avec les politiques, mais peuvent être amenés à engager des poursuites contre eux.

Un ancien fonctionnaire international en poste à Pristina, l’économiste Andrea Capussela, s’est penché sur le bilan d’Eulex. Selon ses conclusions, qui doivent faire l’objet d’un livre, sur les 15 mises en accusation les plus importantes réalisées par la mission, quatre seulement ont débouché sur des condamnations, dont trois de seconds couteaux. Huit affaires importante – de corruption, de crimes de guerre ou de crime organisé – n’ont conduit à aucune poursuite, « alors que les dossiers contenaient des preuves solides et bien documentées »« Ce sont des résultats largement insuffisants vu l’importance de la corruption et du crime organisé au Kosovo », assure M. Capussela dans une interview au Guardian.

« Aucun gros poisson n’a jamais été condamné, confirme le journaliste Belgzim Kamberi. On ne sait pas encore le rôle joué par la corruption, mais ce qui est sûr, c’est que les missions internationales au Kosovo ont toujours été plus intéressées par la stabilité que par la justice. »

"canempechepasnicolas" :

Rappelons que le Kosovo est une province de Serbie, arrachée à ce pays par l'Union européenne, contre la volonté du peuple serbe en 2008, indépendance  non reconnue par l'ensemble de la communauté internationale.

Depuis cet acte unilatéral a permis aux autorités autoproclamées du Kosovo de faire de cet "Etat" le centre des plus actifs de la mafia au coeur de l'Europe...dans lequel l'appareil sur place de l'Union européenne,  mis en place pour "rapprocher des standards européens de l’Etat de droit  est mouillé jusqu'au coup.

Ils ont bonne mine les dirigeants français de faire la leçon de démocratie à la Russie !

 

 

Par Jean Lévy - Publié dans : Europe - Communauté : Communard toujours !
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Vendredi 21 novembre 2014 5 21 /11 /Nov /2014 10:22

Solidarité Internationale PCF

 

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Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La révolte est partie de l'université d'élite de Cambridge la semaine dernière, elle a été relayée ce mercredi par une manifestations dans les rues de Londres à laquelle ont participé une dizaine de milliers d'étudiants.

Leur combat : une éducation gratuite, publique, pour tous.

pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

 

« Free education – no fees, no cuts, no debt » : soit « une éducation publique – pas de frais, pas de coupes, pas de dette »,c'est sous ce mot d'ordre que plus de 10 000 étudiants ont manifesté à Londres ce mercredi.

 

En dix ans, les frais qui passent de 1 000 £ à 9 000 £ par an !

 

La manifestation a été pacifique, en dépit de quelques accrochages en fin de parcours. Les slogans « Taxez les riches, une éducation gratuite » ou « des livres, pas des bombes » ont fleuri sur les  

 banderoles, pancartes des manifestants.


 

On est encore loin des grosses manifestations de 2010, lorsque 50 à 100 000 étudiants ont pu défiler à Londres, encercler Westminster. A l'époque, l'enjeu était majeur : empêcher le passage du plafond des frais de scolarité de 3 000 £ par an (4 000 €) à 9 000 £ (10 500 €), un triplement des frais.

 

La droite conservatrice a fait passer son projet, avec le soutien des libéraux-démocrates qui s'étaient fait passer pour le parti de la jeunesse aux élections de 2010.

 

Depuis, le gouvernement a baissé le budget des universités de 40 %, contraignant les universités à adopter toutes le plafond pour les frais. Au moment où le gouvernement supprimait 25 % du montant global des bourses, passant de 358 à 275 milliards de £ entre 2011 et 2015.

 

Il faut rappeler que c'est la gauche travailliste menée par le libéral Tony Blair, en 1998, qui a autorisé la levée de frais de scolarité, supposés modiques et stables. On est passé de 1 000 £ en 1998 (1 500 €), à 3 000 £ en 2006 puis 9 000 £ en 2010 !

 

« Un système qui ne peut pas durer »

 

Aujourd'hui, tout le monde a conscience que ce système ne fonctionne pas. Un étudiant anglais sort en moyenne avec une dette de 50 000 €, qu'il rembourserait intégralement après l'âge de 50 ans, selon les dernières études.

 

Un rapport, tout juste publié par la Haute commission à l'éducation (HEC, en anglais) dénonce un système en échec : « les frais de 9 000 £ par an représentent le pire des deux mondes, pour les étudiants comme pour les contribuables ».

 

« Les étudiants ont l'impression de payer beaucoup plus pour leur éducation supérieure, mais s'attendent à ce qu'une bonne partie de leur dette soit réglée par le gouvernement », peut-on lire dans le rapport parlementaire publié la veille de la manifestation.

 

« Nous avons créé un système où tout le monde a l'impression de se faire avoir. Ce n'est pas durable ».

 

La dette étudiante s’élèverait actuellement à 46 milliards de £ (55 milliards d'€). Ce qui fait tout de même 2 % du PIB du pays, l'équivalent de 5 % de la dette publique nationale.

 

Elle pourrait approcher les 200 milliards de £ (250 milliards de £) en 2040, soit un sixième de la dette totale.

 

En cas de non-remboursement par les étudiants, l'Etat serait garant, faisant payer la collectivité. On estime en 2013 que près de 5 milliards de £ (7 milliards d'euros) sont déjà à risque, pour 370 000 étudiants, forçant l'Etat à régler la somme. La dette étudiante devient un problème national.

 

Occupy Cambridge ? Une université d'élite en révolte !



10683398_898548413503273_1960010974288652482_o.jpgLa révolte est venue d'où on ne l'attendait pas. Cambridge, une des universités les plus prestigieuses au monde, est aussi une des plus élitistes. Dans un pays où seulement 7 % de la population fait ses études secondaires dans le privé, c'est le cas de 37 % des étudiants de Cambridge.

 

The Guardian avait réalisé une enquête en 2010. Si on compte 37 % d'ouvriers dans la population active britannique, 32 % d'enfants d'ouvriers parmi les étudiants, ces chiffres atteignent des minimums dans quelques universités.

 

Sur 131 universités, la plus élitiste reste Oxford avec 11,2 % de fils d'ouvriers, suivi par Cambridge et 12,6 % d'enfants d'ouvriers. Dans le « Big five » des universités élitistes, on trouve Bristol, Bath et la LSE (London school of economics).

 

Le paradoxe, c'est qu'il est désormais aussi cher d'étudier à Cambridge qu'à Northampton : 9 000 £ par an. La différence se fait dans la sélection à l'entrée, largement déterminée par votre classe sociale, votre établissement d'origine, surtout si vous aviez les moins de payer le secteur privé.

 

Pourtant, la rébellion est partie de Cambridge mercredi dernier. Les étudiants ont défié les forces de l'ordre pour occuper la grande pelouse située devant le siège de l'administration de la vénérable institution.

 

Ils y ont organisé une journée « Free Cambridge », « Free the Education », sortant tables et estrades, avec des conférences en plein air, gratuites, accessibles à tous les étudiants, organisées même par certains professeurs d'universités.

 

Les mots d'ordres des manifestants étaient simples. Que l'on « taxe plus les riches » pour payer une « éducation gratuite pour tous ». Le porte-parole du mouvement « Defend Education » à Cambridge, a dénoncé le fait que l' « éducation devenait un privilège, et plus un droit ».

 

Les autorités ont craint un mouvement de l'ampleur de celui de 2010, lorsque les étudiants de Cambridge ont occupé l'université pendant 11 jours consécutifs. Surtout que Cambridge a la réputation de punir sévèrement les activistes. En 2012, elle avait suspendu un étudiant qui avait empêché le Ministre de l'Education supérieure de l'époque de s'exprimer.

 

Le mouvement étudiant se mobilise en Grande-Bretagne. Ce mercredi, si il n'a pas bénéficié du soutien franc du syndicat étudiant NUS – en dépit du soutien de sa branche écossaise –, la présence d'une dizaine de milliers rese plus qu' encourageante pour la suite du mouvement.

 

En France, il est temps de défendre notre éducation gratuite, publique, universelle avant qu'il ne soit trop tard. La Grande-Bretagne est le miroir peu réjouissant de ce que pourrait devenir l'université de demain.

Par Jean Lévy - Publié dans : Europe - Communauté : Communard toujours !
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Vendredi 21 novembre 2014 5 21 /11 /Nov /2014 09:57

VIDEO REPRISE SUR
LE BLOG DE
MICHEL EL DIABLO

     

    Par Jean Lévy - Publié dans : Europe - Communauté : Communard toujours !
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    Jeudi 20 novembre 2014 4 20 /11 /Nov /2014 15:24

    Réveil Communiste

    Jeudi 20 novembre 2014

    Trois articles lus sur le blog de Danielle Bleitrach :

     

    La Serbie soumise au chantage

    en forme d'ultimatum :

    "Choisissez entre l'Europe et la Russie  !"

    jeudi 20 novembre 2014

    Le chantage continue, la Hongrie, la Tchécoslovaquie et la Serbie sont obligés de choisir ou conserver de bonnes relations avec la Russie ou l’UE. ET cela va bien au-delà de ce choix, la Serbie qui a déjà subi le primat des Révolutions de couleurs risque comme les autres pays de devoir affronter des révoltes intérieures fomentées par les Etats-Unis et l’UE.

    (note deDanielle Bleitrach)

    [ce prétentieux qui ne se sent plus est probablement le commissaire européen en question ! ndrc]
    La Serbie, officiellement candidate à l’entrée dans l’UE, est sommée par Johannes Hahn, commissaire européen chargé de la politique européenne de voisinage et des négociations d’élargissement, de choisir son camp. Soit l’entrée dans l’UE reste sa priorité, comme elle l’a déclarée, soit elle veut continuer à coopérer avec la Russie. C’est une certaine conception de la négociation.
    Autrement dit, en temps de guerre, la neutralité déclarée par la Serbie n’est pas de mise. Bref, L’UE reconnait que la Russie a officiellement obtenu le statut d’ennemi.

    La position de la Serbie est plus que délicate. D’autant plus que, comme le rappelle Le Parisien, les intérêts de la coopération avec la Russie revêtent un caractère vital pour le développement de l’économie de la Serbie.

    « La Russie a d’importants intérêts en Serbie. Son géant gazier et pétrolier Gazprom est le propriétaire majoritaire de la compagnie pétrolière serbe NIS avec 51% des parts.De plus, Belgrade et Moscou ont mis en place à l’aéroport de Nis (sud) un « Centre régional pour les situations d’urgences » où sont stationnés des avions russes prêts à intervenir dans la région, sur demande des pays concernés.

    Alors que la Serbie est à court d’argent, Moscou et Belgrade ont signé en janvier 2013 un accord sur un crédit de 800 millions de dollars destinés à la reconstruction de l’infrastructure ferroviaire.

    Puis en avril, Moscou a octroyé à son allié un autre prêt de 500 millions de dollars, destiné l’aider à faire face à son lourd déficit budgétaire. »

    L’ultimatum de l’UE, pour sa part, sonne mal. Dans une interview, J. Hahn déclare de manière un peu trop péremptoire:

    « Dans le cadre des négociations concernant son entrée dans l’UE, la Serbie s’est engagée à mettre en accord sa position avec l’UE en ce qui concerne des questions aussi difficiles que celle des sanctions contre la Russie. C’est très important et nous espérons que Belgrade respectera ses obligations. »

    La menace du commissaire européen est à peine voilée : la Serbie doit se soumettre et seule la soumission permettra de confirmer que le choix européen reste son choix. Autrement dit, elle doit faire un choix entre sont intérêt national et l’intérêt de l’UE.
    Et pour faire passer le message, les médias français lance un légère campagne de dénigrement de la Serbie. Voir par exemple le reportage, particulièrement mal fait, de France 24, que vous pouvez voir ici. Le journaliste y montre de manière absurde que, en raison de sa politique de neutralité, la Serbie est exclue des sanctions russes contre les pays européens. Elle peut donc exporter ses fruits et légumes en Russie, ce qu’elle fait par ailleurs. Mais selon le journaliste, non seulement cela ne sert à rien au pays car il ne produit pas suffisamment pour couvrir tout le marché russe (c’est un argument d’une rare stupidité), mais en plus les serbes osent faire passer en contrebande en Russie des produits européens sous étiquettes serbes. Bref, ce sont vraiment des gens infréquentables …
    Plus généralement, en ce qui concerne l’évolution de l’UE, cette sortie assez maladroite du commissaire européen confirme certaines tendances:
    1. L’UE est dans une phase d’affaiblissement. Comment en est-on arrivé à menacer ouvertement dans la presse un Etat souverain? A lui faire du chantage à l’entrée dans l’UE? Cela veut dire que l’UE n’est plus aussi attractive, que sa propagande n’est plus aussi efficace et que les négociations/pressions de couloirs ne sont plus suffisantes. Mais la réaction ne s’est pas faite attendre. Le Premier ministre serbe a rappelé que la Serbie est un Etat souverain et qu’elle décidera seule de sa position concernant la Russie.
    2. L’UE se radicalise et considère la Russie comme un ennemi. Sinon, rien n’empêche un Etat souverain d’avoir des relations commerciales et politiques et avec l’UE et avec la Russie.
    3. Cela montre en conséquence l’hypocrisie du discours européen disant que l’Ukraine peut collaborer avec la Russie et que seule la Russie l’en empêche.
    4. L’UE n’est plus apte à intégrer des Etats souverains. Elle a besoin de « petits soldats obéissants », elle a besoin de soumission. Il n’y a plus de place pour l’intérêt national.
    5. L’intérêt de l’UE s’est totalement dissocié de la somme des intérêts des pays membres. La structure UE est donc autonome des pays qui la compose. Ce qui pose de sérieuses questions en terme de gouvernance, de démocratie et de liberté.
    Publié par  à14:14   
     
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    Publié par  le novembre 20, 2014 dans Uncategorized

    Par Jean Lévy - Publié dans : Europe - Communauté : Communard toujours !
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    Jeudi 20 novembre 2014 4 20 /11 /Nov /2014 07:00

    192014

    Nov

     

    Blog d'Olivier Berruyer

    Anarchy : la propagande pro-euro

    avec nos impôts !

    Encore une initiative de haute volée du service public pour aider au débat citoyen :

    Donc “Sortie de l’euro” = Anarchie (P.S. pour le stagiaire, y’a pas d’y en français) = Chaos = 40 € par semaine…

    J’avoue ne pas avoir regardé cette fiction participative de France 4, ceci m’a suffi…

    P.S. pour les prochaines séries, quelques idées copyleft :

    1. “Cataclysme” : suite à la faillite de BNP Paribas, le monde financier s’écroule. Il vous reste 1 cartouche de clope par mois à échanger
    2. “Apocalypse” : la centrale nucléaire de Nogent explose suite à un attentat terroriste. Les vents d’Est contaminent définitivement Paris, qu’il faut évacuer…
    3. “Éradication” : suite à un embrasement du conflit en Ukraine, un conflit se déchaîne, entraînant une attaque nucléaire. 99 % de l’Humanité est anéantie par le conflit puis l’hiver nucléaire.

    (vous pouvez proposer vous aussi en commentaire…)

    ==================================================================

    Tiens, dans le même ordre d’idées :

    Jean-Luc Mélenchon dénonce la «propagande» d’Assassin’s Creed Unity

    «Le dénigrement de la grande Révolution est une sale besogne pour instiller davantage de dégoût de soi et de déclinisme aux Français», assure l’ancien candidat à l’élection présidentielle. «Si l’on continue comme ça, il ne restera plus aucune identité commune possible aux Français à part la religion et la couleur de peau».

    Jean-Luc Mélenchon et « Assassin’s Creed Unity » : « deux formes différentes de la mémoire » de la Révolution

    Par Jean Lévy - Publié dans : Europe - Communauté : Communard toujours !
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    Mercredi 19 novembre 2014 3 19 /11 /Nov /2014 08:52

    Blog d'Olivier Berruyer 

     

    19
    Nov
    2014

    De Maïdan à Maïdanek :

    où sont passés les snipers de l’Hotel Ukraine ?

    Au gouvernement

     

    4 novembre 2014

    Cette enquête détaillée du massacre de l’EuroMaidan souligne avant tout qu’il n’y a pas eu de véritable rapport officiel depuis le 20 février 2014. En ce sens cette enquête est un document historique unique dont l’historiographie est constituée de tous ces médias qui enregistraient en continu l’Euro Maidan et qui révèle, lorsqu’ils sont synchronisés … un massacre organisé:

    - les victimes sont autant des policiers que des manifestants:
    - les forces de l’ordre ont tiré et donc tué des manifestants (cette enquête indépendante le souligne), mais la majorité des tirs meurtriers provenaient de tireurs du Secteur Droit qui ont méticuleusement visé et abattu des policiers, mais aussi beaucoup de manifestants désarmés.
    - les tireurs n’ont jamais été inquiétés, ni recherchés par les responsables pro-Maidan
    - Les responsables pro-Maidan étaient parfaitement informés de la présence de nombreux tueurs dans leurs rangs comme en attestent leurs déclarations et leurs prises de paroles

    Alors on peut dire pour l’instant que le « crime paie », puisque parmi les responsables du mouvement pro-Maidan ceux qui sont impliqués dans le massacre font partie des instances dirigeantes de l’Ukraine aujourd’hui. Ils sont largement secondés par les médias qui ont couverts avec frénésie les violences du Maidan, mais « étrangement » ne veulent pas investiguer plus sur les responsables et relaient sans aucune déontologie les allégations du gouvernement en place. Ainsi quelles informations attendre de ceux qui affirment que les séparatistes du Donbas bombardent leur propre population?
    Seules des enquêtes comme celle ci peuvent nous alerter sur la nature de ceux qui gouvernent l’Ukraine aujourd’hui. Ils ne reculent devant rien.

    Ivan Katchanovski universitaire d’Ottawa est Ukrainien d’origine. Il indique dans une interview que son patrimoine dans la région de Volyn a été saisi par le nouveau gouvernement « démocratique ». Ses diverses études déplaisent. Il y précise aussi que si de nombreux journalistes étrangers avaient essuyé des tirs en provenance des snipers pro Maidan, aucun d’entre eux n’avaient été blessé, interprétant ces tirs comme une injonction bien comprise à ne pas s’intéresser à ces tireurs là.

    Le massacre perpétré par les snipers sur la place Maïdan en Ukraine

    Le massacre de plusieurs dizaines de manifestants sur le Maïdan le 20 Février, 2014 a été un tournant dans la politique ukrainienne et un point déclencheur dans l’escalade du conflit sur l’Ukraine entre l’Occident et la Russie. Le meurtre de nombreux manifestants et le nombre de tirs de la police qui l’a précédé a conduit au renversement du gouvernement très corrompu et pro-russe, mais démocratiquement élu, de Viktor Ianoukovitch et a déclenché un conflit violent à grande échelle, qui continue maintenant dans le Donbass, en Ukraine orientale.

    La conclusion promue par les gouvernements post-Ianoukovitch et les médias en Ukraine, que le massacre a été perpétré par des tireurs embusqués du gouvernement sur ordre de Ianoukovitch, a été presque universellement acceptée par les gouvernements occidentaux et les médias, au moins publiquement, sans aucune enquête et sans prendre en compte des faits évidents.

    Par exemple, le président de l’Ukraine, Petro Porochenko, dans son discours devant le Congrès américain, le 18 Septembre 2014, a de nouveau affirmé que le gouvernement Ianoukovitch a été renversé par des manifestations de masse pacifiques contre la violence policière, en particulier, les meurtres de plus de 100 manifestants par des tireurs embusqués, le 20 Février 2014. La question est : qui a organisé ce massacre par des tireurs d’élites ?

    Ce document est la première étude académique de cette affaire cruciale, qui est un assassinat de masse. L’analyse d’une grande quantité d’éléments de preuve dans cette étude révèle que certains éléments de l’opposition Maïdan, et son aile d’extrême droite, ont été impliqués dans ce massacre, afin de prendre le pouvoir, et que l’enquête du gouvernement a été falsifiée pour cette raison.

    Les éléments utilisés dans cette étude ont été rendus public, mais souvent tronqués, parfois supprimés, ou des vidéos et des photos de tireurs suspects truquées, des déclarations faites en direct sur le Maïdan, d’enregistrements de communications radio des snipers côté Maïdan, de celles des tireurs d’élite et des commandants de l’unité spéciale Alfa du Service de sécurité ukrainien (SBU), de l’analyse balistique des trajectoires, des rapports de deux manifestants Maïdan, témoins oculaires, et de commandants d’unité spéciale du gouvernement, de déclarations publiques faites par deux anciens et actuels responsables gouvernementaux, des munitions et des armes utilisées, des types de blessures des deux côtés, manifestants et police, et des références à des antécédents de fausses déclarations des politiciens Maïdan quant à d’autres cas de violence, pendant et après l’Euromaïdan, et au sujet de conflits plus anciens.

    En particulier, cette étude examine quelques 30 Go d’échanges radio interceptés, provenant de l’unité Alfa du Service de sécurité d’Ukraine, des Berkut, des troupes internes, Omega et d’autres agences gouvernementales, pendant le déroulement des protestations de Maïdan. Ces enregistrements ont été fournis par un radio amateur pro-Maïdan, sur un forum de détection radio, mais ils n’ont jamais été mentionnés par les médias, ni par le gouvernement Ukrainien.

    Le déroulement précis du massacre a été minuté, les positions des tireurs et des tireurs gouvernementaux sont établies avec certitude, fondées sur la synchronisation du son sur la scène principale du Maïdan, les images et d’autres sources sûres, qui se corroborent toutes entre elles.

    L’étude utilise le contenu de toutes les analyses et de toutes les videos publiques disponibles, en particulier, la version minutée et largement diffusée d’une longue vidéo du massacre sur Instytutska Street, les vidéos de tireurs suspects en direct de chaines TV et de diffusions internet sur le Maïdan (Independance Square), les enregistrements radio minutés et inédits entre les tireurs du Alfa SBU et leur commandement, les enregistrements radio des Forces intérieures présentes sur le Maïdan. L’analyse utilise aussi des émissions en direct sur Internet. Les enregistrements de toutes les TV et Internet, les émissions en direct du massacre par Espresso TV, Hromadske TV, Spilno TV, Radio Liberty et Ukrstream TV, soit ont été retirés de leurs sites Web, immédiatement après le massacre, soit n’ont jamais été publiés.

    Ces enregistrements ont été principalement effectués par des témoins bénévoles, sur le Maïdan, mais ils ont suscité très peu d’attention ou été retirés de l’accès par le public.

    De même, les résultats officiels des analyses balistiques, des armes et des examens médicaux et d’autres éléments de preuve recueillis au cours des enquêtes concernant ce massacre n’ont pas été rendu public, alors que des informations cruciales, y compris sur les armes et les munitions ont disparusous le gouvernement post-Ianoukovitch. Cette enquête repose sur ces éléments de preuve, rapportés par des médias d’information fiable sur les médias sociaux. L’auteur a également mené une recherche sur le site du massacre de Maïdan lui-même, et sur ??Instytutska Street.

    Une enquête académique

    La version horodatée récemment publiée sous la forme d’une vidéo de plus de 40 minutes de long, filmée à distance rapprochée sur Instytutska Street à partir de 09h06, couvre, avec quelques omissions inexpliquées, les parties les plus intenses de ces meurtres. Elle confirme que le massacre des manifestants, le 20 février 2014, sur Maïdan, a commencé dans la rue adjacente, Instytutska Street. La police anti-émeute Berkut et les unités de troupes internes, qui assiégeaient et bloquaient le Maïdan depuis près de trois mois, ont abandonné subitement leurs positions et se sont enfuis à 09h00. Les manifestants ont alors commencé à progresser, à partir de leur bastion sur le Maïdan, vers Instytutska Street.

    Cette version et d’autres vidéos montrent les membres de l’unité d’élite spéciale de la police anti-émeute Berkut et l’unité Omega des troupes spéciales de l’intérieur, dont deux tireurs d’élite, arrêtant temporairement l’avance de manifestants, près du Palais Zhovtnevyi, à partir de 09h05, tirer avec des fusils d’assaut Kalachnikov (de type AKMS) à la fois à balles réelles et avec des balles en caoutchouc, etpointant des fusils dans la direction des manifestants, avant de se retirer avec les Berkut et les troupes des unités de l’intérieur, qui stationnaient dans le Palais Zhovtnevyi.

    Après un recul, sous le feu, de ces barricades, respectivement, à 09h20 et 09h28, les Berkut et les Omega ont fait la même chose depuis des barricades sur Instytutska Street et des bâtiments de la Banque nationale et du Club du Cabinet des ministres. Les traces de nombreux impacts de balles et leurs marques d’impact dans les poteaux électriques, les arbres, et les murs de Zhovtnevyi Palace et de l’Hôtel Ukraine indiquent également que la police a tiré en direction des manifestants et des bâtiments occupés par les manifestants. Les tireurs du SBU se trouvaient dans le Cabinet des ministres, l’administration présidentielle, et les bâtiments voisins.

    Le nouveau gouvernement ukrainien et le chef de la Commission parlementaire a publiquement déclaré que les tireurs d’élite qui ont massacré les manifestants non armés faisaient partie de ces unités. Plus précisément, le Bureau du Procureur général a annoncé le 12 Septembre 2014 que son enquête a révélé qu’un commandant Berkut et deux membres de son unité étaient responsables du meurtre de 39 manifestants Euromaïdan, soit la majorité absolue des quelques 50 manifestants tués ou mortellement blessés le 20 Février 2014.

    Mais ce commandant Berkut a ensuite été placé en résidence surveillée, et il a disparu.

    En revanche, le gouvernement refuse ou néglige délibérément de prendre en compte les preuves de la présence de tireurs et de pointeurs dans au moins 12 bâtiments occupés par le camp Maïdan ou situés sur leur territoire au cours du massacre. Cela comprend l’Hôtel Ukraine, Zhovtnevyi Palace, les bâtiments des deux côtés qui ne sont pas déjà mentionnés comme des emplacements de tireurs d’élite, et plusieurs bâtiments sur le Maïdan (Place de l’Indépendance), comme le Conservatoire, le siège de l’Union du commerce, et le Bureau de poste principal. (Voir carte 1).

    L’Hôtel Ukraine a été contrôlé par le camp Maïdan à partir de 09h00 environ. Au cours d’une salve de tirs provenant des forces gouvernementales près de Zhovtnevyi Palais à 9: 10-9: 11 heures, et au bout de quelques minutes d’appels pour les ambulances et les médecins, un annonceur sur la scène Maïdan a averti publiquement les manifestants que deux à trois tireurs d’élite se trouvaient sur l’étage du pendule (deuxième à partir du haut) de l’Hôtel Ukraine sur le côté opposé de la rue. Dans la première vague de blessés parmi les manifestants figure Bohdan Solchanyk, un professeur d’histoire à l’Université catholique d’Ukraine de Lviv.


    Carte du massacre perpétré à Maïdan le 20 février 2014

    Il a été tué par une balle de 7,62 mm dans la zone située entre l’hôtel et Zhovtnevyi à 09h12 ou quelques minutes plus tôt. Les vidéos indiquent que l’un des deux manifestants tués ici à 09h14 semble avoir été blessé dans son dos depuis l’hôtel.

    Une vidéo Radio Liberty montre au moins un manifestant abattu du côté Maïdan du Zhovtnevyi Palais à 09h10 et deux autres manifestants sur le sol près de la partie centrale de ce bâtiment à 09h19. Le premier emplacement correspond à un lieu de meurtre de Vasyl Moisei signalé par la organisation de l’auto-défense de Maïdan nommée Volhynie et d’un autre manifestant probablement, Shilling Iosyp. L’enquête du gouvernement, les médias, et les responsables de Volhynie ont conclu que les Berkut ont abattu ces manifestants durant leur contre-attaque.

    Toutefois, ils ont omis les traces d’impact de balles dans les arbres, les poteaux, et sur la façade du Zhovtnevyi Palais à quelques mètres des lieux des meurtres. De même, ils ont omis de rapporter le témoignage de manifestants du Maïdan concernant les tireurs de l’Hôtel Ukraine au moment de ces meurtres.

    En plus des avertissements provenant de la scène Maïdan de la présence de tireurs dans l’Hôtel Ukraine à 09h11, une vidéo montre des manifestants qui se cachent sous un pont piétonnier sur la Instytutska Street entre l’hôtel et Zhovtnevyi Palais et qui indiquent à 09h23 des tirs à balles réelles sur eux en provenance d’un étage de l’hôtel.

    Une vidéo BELSAT de l’Hôtel Ukraine permet de voir une balle frapper un arbre en face d’un groupe de manifestants en provenance de l’hôtel à 09h38.

    Une vidéo de la BBC montre un sniper tirer sur l’équipe de télévision de la BBC et les manifestants du Maïdan depuis une fenêtre donnant sur la terrasse de l’étage du pendule de l’hôtel à 10h17, et lecorrespondant de la BBC identifie le tireur comme ayant un casque vert porté par les manifestants Maïdan.

    Deux manifestants à 10:24 désignent des tirs de snipers à partir de l’étage du pendule de l’Hôtel Ukraine dans une autre vidéo tournée au sein d’un groupe de manifestants et sous un feu meurtrier dans Instytutska Street. Un compte-rendu de première main par Ilya Varlamov, ses photos, untémoignage d’un autre témoin oculaire, et deux coups de feu à proximité de la diffusion en direct, qui a été enregistré à partir de cet hôtel à partir de 08h49, suggèrent que deux autres personnes ont été tuées à 10:30 -10: 31am sur le Maïdan à partir de l’Hôtel Ukraine.

    Des cris, depuis la scène du Maïdan, sur trois tireurs d’élite ou snipers « tirer pour tuer », de manifestants du Maïdan sur des tirs en provenance du même hôtel, en particulier sur Instytutska Street, ont été lancées à plusieurs reprises pendant que la tuerie continuait ici, par exemple, à 10:36, 10:59, 11:07, 11:09 et à la diffusion en direct.

    Des témoins oculaires dans une autre vidéo de la fusillade autour de 16h00 et la position de sa blessure indiquent qu’un passant a été tué par une balle tirée depuis l’Hôtel Ukraine devant Zhovtnevyi Palace.

    En fin d’après-midi, l’un des porte-paroles sur la scène de Maïdan a menacé de bruler l’hôtel Ukraine, comme cela avait été fait pour l’immeuble des syndicats un jour plus tôt, en se référant aux nombreux rapports signalant des snipers dans l’hôtel. Ainsi une conversation radio, d’abord non-diffusée, de l’officier et d’autres éléments de l’unité Omega (Pegas) signalait des coups de feu venant de l’hôtel Ukraine, à 10h37 le 21 février.

    De nombreux témoins parmi les manifestants de Maïdan ont signalé des snipers faisant feu depuis l’hôtel Ukraine lors du massacre des manifestants, tuant en particulier huit d’entre eux, et au moins un membre de la compagnie Volhynian, des forces d’auto-défense de Maïdan (Maïdan Self-Defense) dans la rue Instytutska. Des impacts de balles dans les arbres et les poteaux électriques sur le site du massacre et sur les murs du palais Zhovtnevyi montrent que les coups de feu venaient de la direction où se trouve l’hôtel.

    Lorsque l’hôtel Ukraina était contrôlé par les snipers de Maïdan, il y a également eu des tirs dirigés vers la police. Un policier membre des unités Berkout a été tué devant le palais Zhovtnevyi de deux coups de feu à 9h16, quelques minutes après les annonces alertant sur la présence de snipers dans l’hôtel. Des impacts de balles ont été retrouvés dans des arbres et des poteaux à quelques mètres de là, et provenant de la direction où se trouve l’hôtel Ukraine. Un officier des unités Berkout a indiquéque des snipers dans l’hôtel Ukraine tiraient sur les policiers avec des fusils de chasse calibre 7,62mm.

    Une vidéo du côté des barricades contrôlé par la police montre quelques policiers Berkout portant des AKM calibre 7,62 et de nombreux membres des troupes internes spéciales Omega armées d’AKS-74 de différents calibres, dont quelques tireurs d’élite, se mettant à couvert sous un feu à balles réelles, juste au moment où le massacre des manifestants battait son plein, quelques minutes avant 10h00. Elle montre, tout à la fin, un tireur Omega viser une fenêtre ouverte de l’hôtel Ukraine et un autre tireur pointant son fusil dans la même direction, mais plus haut, sans doute vers le palais Zhovtnevyi.

    Le journaliste de la télévision ukrainienne qui a filmé cette vidéo, a confirmé qu’ils avaient été la cible de tirs et qu’ils cherchaient à localiser un sniper dans l’hôtel Ukraine. La vidéo montre deux membres des Berkout pointant leurs fusils kalashnikov ou tirant depuis le toit d’un camion Kamaz, sans doute dans la même direction, ou dans la direction des immeubles de l’allée Muzeinyi, à l’endroit où des snipers pouvaient être vus sur les vidéos tournées en temps réel à peu près au même moment. Tous ces immeubles et les manifestants sur Instytutska Street étaient en contrebas de cette barricade de police.

    Mustafa Nayem, l’un des organisateurs des manifestations EuroMaïdan, et un journaliste de renom de la Ukrainska Pravda, un journal en ligne ouvertement pro-Maïdan, a twitté à 11h58 une photo de snipers du côté tenu par la police de la barricade située à l’intersection des rues Instytutska et Bankova. Cette photo a été présentée par les journaux ukrainiens comme une preuve qu’il s’agissait des snipers ayant massacré les manifestants.

    Cependant, ces snipers, et les tireurs des compagnies spéciales Berkout ne se cachaient généralement pas, et ils ont autorisé les médias et les passants à les filmer durant le massacre.

    De nombreuses sources montrent que les membres des unités Berkout et Omega ont utilisé leurs AKMS, leurs AKS et leurs fusils de tireurs d’élite, pour tirer à balle réelle en direction des manifestants et des présumés ‘’snipers’’de Maïdan. Ces balles ont été tirées à peu près au moment où de nombreux manifestants ont été tués ou blessés. Des vidéos montrent qu’au moins une large proportion des victimes ont été abattues à ce moment, alors qu’elles se mettaient à couvert derrière des murs, desarbres et une barricade, étant par là même hors de la zone de tir en provenance de la barricade de police et des immeubles du gouvernement non-loin, comme le montre cette Google street view. Mais la possibilité que certains des manifestants, en particuliers ceux qui étaient armés, notamment des ‘’snipers’’, aient été blessés ou tués par le feu des policiers ne peut être exclue.

    L’officier de l’unité Omega et un officier des Troupes Internes, en charge de ces unités spéciales, ont affirmé qu’ils ont reçu l’ordre de cibler les snipers à l’hôtel Ukraine et dans d’autres endroits, et qu’ils ont eu la permission de tirer sur les manifestants armés. Un ancien officier Berkout a indiqué qu’un tireur d’élite qui accompagnait la compagnie spéciale Berkout avait reçu la mission de rechercher un sniper de Right Sector (Pravy Sektor) dans l’hôtel Ukraine.

    Des vidéos montrent le sniper allongé sur le sol et pointant son fusil dans la direction de l’hôtel Ukraine à 9h23, au moment exact où un manifestant non-armé est filmé en train d’être abattu non loin de la barricade.

    Ceci a été interprété comme une preuve d’un tir direct [du policier sur le manifestant], mais la direction du fusil du tireur, le bruit du coup de feu, la blessure qui a été reportée, avec une entrée dans l’épaule droite et une sortie apparente sur le côté avant gauche du torse, ainsi que l’absence d’un impact de balle sur le bouclier [du manifestant] montre que le coup de feu venait d’un immeuble situé dans le fond ou sur le côté droit. Un reportage de la BBC montre un autre manifestant non-armé abattu à peu près au même endroit et apparemment depuis une direction similaire, une minuteauparavant.

    Un manifestant armé et portant un uniforme ressemblant à celui d’un Berkout a été blessé au bras, alors qu’il s’enfuyait de la scène. De nombreux officiers et membres des compagnies Omega, Alfa et des compagnies spéciales Berkout, après qu’elles aient été dissoutes, ont été déployés par le gouvernement post-Yanukovitch au côté des forces d’auto-défense de Maïdan et de Right Sector, dans la guerre civile avec les séparatistes pro-russes dans le Donbass en Ukraine de l’Est.

    Une vidéo de la chaine Ruptly TV montre trois manifestants pro- Maïdan armés tirant depuis le dernier étage de l’hôtel Ukraine dans la direction, non pas de la place de l’Indépendance, mais de Instytutska Street, à en juger par les immeubles qui peuvent être aperçus. Volokymyr Ariev, un journaliste d’investigation et un membre du parlement du parti de la coalition Maïdan, en a conclu que les ‘’snipers’’avaient atteint l’hôtel Ukraine depuis le côté du conservatoire de musique, et qu’ils ont bloqué l’équipe de Ruptly TV sur le 14e étage de l’hôtel. Un reportage de Russia Today indique que cette vidéo, ainsi qu’une autre, montrent qu’il s’agissait de manifestants de Maïdan armés. Mais Ariev affirme, sans fournir aucune preuve, que ces snipers travaillaient pour le gouvernement russe.

    Une conversation radio interceptée de l’officier du SBU Alfa, non-diffusée auparavant, contient des indications spécifiques, par le chef de cette unité des Services de Sécurité (Suddia) et son adjoint (Indejets), suivant lesquelles ces tireurs ou ces snipers se dirigeaient vers l’hôtel Ukraine depuis Maïdan. Ceci est cohérent avec une interview d’un ancien chef du SBU, qui a annoncé que la moitié d’une vingtaine de snipers transportant des AKM cachés dans des sacs ont fait mouvement depuis le conservatoire de musique voisin, qui était tenu par les pro-Maïdan, vers l’hôtel Ukraine, alors que l’autre moitié s’est dirigé vers l’hôtel Dnipro, sur la place de l’Europe à côté de la rue Muzeinyi. La version la plus complète et la plus fiable de la transmission radio de l’officier Alfa, synchronisée à l’heure locale, montre qu’ils ont signalé le mouvement des tireurs vers l’hôtel Ukraine à 9h23. On peut la trouver parmi les échanges radios entre les unités Alfa, Berkout, Omega, les troupes internes, et d’autres agences du gouvernement, qui ont été enregistrées durant toute la durée des manifestations sur Maïdan.

    Les transmissions radios de l’officier Alfa montrent que les snipers de cette unité du SBU ont reçu l’ordre de se déployer sur les lieux de l’administration présidentielle, peu après qu’une alerte pour la préparation au combat ait été annoncée à 7h24. Ces transmissions contiennent des ordres similaires, donnés à d’autres unités du SBU, de s’armer et se déployer à cet endroit et en d’autres lieux contrôlés par le gouvernement, à peu près au même moment. Contrairement à de nombreuses preuves et affirmations fabriquées de toutes pièces et diffusées par le gouvernement ukrainien, ces enregistrements radio ne sont pas falsifiés.

    Leur diffusion publique s’est faite par différentes sources pro-Maïdan. Une version, avec des parties retirées, a été postée par un site internet d’informations, dirigé par un conseiller de l’actuel ministre des Affaires internes d’Ukraine, mais cette version n’a pas été reconnue par le gouvernement.

    Une version non-éditée et validée d’une communication radio de cette équipe de tireurs d’élite du SBU, menée par ‘’Miron’’, montre qu’ils étaient chargés de surveiller l’hôtel Ukraine, en particulier ses derniers étages, et d’autres immeubles avoisinants, pour repérer des snipers et leurs assistants qui les aidaient à diriger leur feu, après que le massacre ait déjà commencé.

    Ces tireurs d’élite ont détecté des hommes en armes, tirant depuis le haut des immeubles, se sont rapidement déplacés, une fois que la position a été communiquée par radio aux tireurs du SBU. Les tireurs Alfa se trouvaient dans l’immeuble du Cabinet des Ministres (voir la carte 1).

    On n’entend pas de coups de feu de la part des ces tireurs Alfa du SBU, et les transmissions radios ne présentent pas d’éléments permettant d’affirmer qu’ils soient en train de tirer, sur toute la durée de la plus intense phase du massacre, entre 9h35 et 11h13. De même, aucune preuve n’a été produite, montrant que les manifestants aient été tués avec les fusils allemands utilisés par ce groupe de tireurs d’élite. Ceci est cohérent avec les informations fournies par trois officiers commandants des unités Alfa, durant l’enquête parlementaire, et avec leurs conclusions délivrées aux réseaux de télé ukrainiens.

    Cependant, une version modifiée des communications radio de cette équipe de tireurs du SBU a été postée sur Youtube, le jour du massacre, avec des ajouts et des photos du massacre, organisés pour affirmer qu’il s’agissait des tueurs. Cette version a été très vite utilisée par les politiciens ukrainiens, notamment le chef de la commission parlementaire, et par les médias, comme une preuve concluante que ces snipers du SBU étaient responsables de la tuerie. ‘’Miron’’a affirmé que cette version très répandue a été expurgé de certains éléments, et n’incluait pas leur rapport signalant la présence de civils transportant des armes dans des sacs sur la place de l’Europe. La version la plus fiable inclus ces parties manquantes au début et à la fin, mais quelques passages clés durant le massacre en ont également été retirés.


    “PhotoPhoto 1. Les tireurs présumés, sur le toit du Palais Zhovtnevyi, lors du massacre. Source : reportageEspresso TV

    Dans leurs communications radio enregistrées, les tireurs du SBU affirment entendre de nombreux coups de feu, et ils indiquent apercevoir les présumés snipers ou leurs coordinateurs de tirs, dans d’autres immeubles, alors tenus par les pro-Maïdan, comme sur le toit de Kinopalats à 9h43.

    Les porte-paroles de Maïdan ont signalé trois snipers tirant pour tuer depuis le toit du Palais Zhovtnevyi, qui est connecté au Kinopalats, à 9h46-9h47, et ils ont répétés ces messages d’alertes au moins jusqu’à 10h53. Une balle a touché un arbre près d’un groupe de manifestants depuis un de ces immeubles durant l’une des premières vagues d’assassinats de masse à 9h45, lorsqu’en quelques minutes, au moins huit manifestants ont été tués ou gravement blessés, à quelques mètres de cet arbre.

    Les impacts de balles à cet endroit proviennent de la même direction (voir la photo 2). Ces trois snipers présumés sur le toit du Palais Zhovtnevyi ont été vu et identifiés comme tels durant une autre vague d’assassinats de manifestants autour de 10h00 dans une diffusion en direct (voir photo 1). L’un d’entre eux est repéré au même endroit, au sommet de cet immeuble jaune dans une vidéo de la BBC, à 10h04, alors qu’il n’y avait pas été vu précédemment. Deux ‘’Snipers’’ont été montrés par ICTV le 20 février 2014. Une forme humaine est visible sur le toit de Kinopalats dans une photo prise par unphotographe français en plein milieu du massacre, lorsque plusieurs manifeshttp://www.liveleak.com/view?i=934_1393021284tants ont été tués ou sérieusement blessés àcôté de lui autour de 10h20-10h25. Les forces d’auto-défense de Maïdan ont rapporté avoir trouvé plus de 80 cartouches de balles, plus tard, sur le toit du Palais Zhovtnevyi. Des témoins parmi les manifestants pro-Maïdan ont confirmé la présence d’au moins trois snipers sur le toit du Palais Zhovtnevyi et dans ses étages supérieurs.


    Photo 2. Les impacts de balles venant de la direction du Palais Zhovtnevyi et du Kinopalats sur un autre arbre à l’endroit du massacre (source : photo de l’auteur).Photo 2. Les impacts de balles venant de la direction du Palais Zhovtnevyi et du Kinopalats sur un autre arbre à l’endroit du massacre (source : photo de l’auteur).

    Une vidéo le confirme. De même, les points d’impact de balle dans les arbres confirment le tir à balles réelles en provenance de ce côté. Il est à noter que certains de ces éléments essentiels ainsi que d’autres vagues de meurtres sont absents dans cette longue vidéo filmée par un activiste de Zelenyi Front, une organisation de Kharkov.

    Cette organisation est associée à l’un des anciens dirigeants de l’opposition, qui est devenu ministre de l’Intérieur dans le gouvernement post-Ianoukovitch. Un autre militant pro-Maïdan est vu dans différentes vidéos filmant et prenant des photos pendant le massacre des manifestants qui avançaient, dont beaucoup ont ensuite été tués ou blessés.

    Ses vidéos et photos rendues publiques ne contiennent pas de nombreux éléments essentiels sur le massacre. Il a servi plus tard dans le bataillon de la police spéciale Azov, qui a été créé sous le commandement formel du ministère de l’Intérieur, et il a gagné en notoriété en peignant une étoile au dessus d’un immeuble de grande hauteur à Moscou.

    Dans les vidéos de ces deux photographes amateurs pro-Maïdan, il n’y avait pas de tentatives de localiser les positions des snipers Maïdan dans les bâtiments environnants, en dépit de leur proximité, ou des cris d’avertissement en provenance du Maïdan indiquant que des tireurs embusqués ce trouvaient là. De même, les snipers ne semblent pas les viser pour éviter ainsi d’être identifiés, en revanche, ils visent de nombreux journalistes étrangers professionnels, y compris le correspondant de la BBC, dans la même zone, les journalistes de the Associated Press, TVP, ABC News et australiens de la Radio Company, et au moins deux fois les journalistes de ARD and RT.


    Photo 3. Un tireur suspect sur le toit du Muzeinyi Lane building pendant le massacre. Source: Espresso TV/Spilno TV broadcastPhoto 3. Un tireur suspect sur le toit du Muzeinyi Lane building pendant le massacre. Source: Espresso TV/Spilno TV broadcast

    Une autre indication que les tireurs étaient du côté Maïdan est que les coups de feu sur la Instytutska Street ont considérablement diminués ou se sont arrêtés vers environ 10: 50-11: 20 am, mais ils continuaient sur le Maïdan même. Cette place, avec les bâtiments principaux et les aires avoisinantes, étaient sous le contrôle de l’opposition.

    Cela correspond à l’heure à laquelle un vieux leader de l’opposition, à la tête de l’administration présidentielle depuis le renversement violent du gouvernement précédent, a reçu un SMS vers 10:45 am en provenance du commandant d’un groupe de tireurs d’élite, comme Alfa, Omega, or Sokil, afin de chercher ensemble avec les réprésentants de Maïdan des snipers dans l’Hotel Ukraine. Il a également dit qu’il y avait eu une réunion ultérieure entre lui et Andrii Parubii, le commandant Maïdan d’auto-défense, et un groupe de tireurs d’élite du gouvernement.

    Les faits rapportés et le lieu de cette réunion, dans la zone contrôlée par le gouvernement près de la même barricade entre Berkut et Omega sur Instytutska Street près de l’administration présidentielle, indiquent également que ces tireurs d’élite n’étaient pas considérés comme les vrais tueurs par les leaders de l’opposition, et en contradiction avec leurs déclarations publiques. De même, il y avait deux membres de la direction Svoboda près de l’Hôtel Ukraine au moment du massacre.

    Les tireurs d’élite du gouvernement accompagnés de l’auto-défense Maïdan sont restés dans la zone de l’hôtel jusqu’à 1: 00-1: 30pm. Les emplacements exacts des snipers auraient pu être facilement déterminés par les fenêtres ouvertes à l’Hôtel Ukraine et grâce aux témoins qui les avaient identifiés. Il y avait également de rapports des médias sur quelques «snipers» capturés dans cet hôtel. Mais les dirigeants Maïdan ont nié que des snipers étaient là et ont affirmé que plusieurs recherches, celles d’auto-Defense Maïdan et de Secteur Droit à l’Hôtel Ukraine, celles menées vers midi par des manifestants de Maïdan armés de AKMS ou AKS et de fusils, au Zhovtnevyi Palace, et au Conservatoire pendant le massacre et peu de temps après, n’ont pas trouvé de sniper.

    Pour exemple, Mustafa Nayem, qui intervient en direct pour Hromadske TV, a déclaré à 15h00 que la recherche du Secteur Droit et d’auto-défense Maïdan n’a pas permis de trouver les snipers qui avaient été repérés à l’étage de l’Hôtel Ukraine. Comme constaté durant la fusillade de l’hôtel, en particulier l’un de ses étages supérieurs, d’où les tirs ont continué par la suite.

    De la même façon, plusieurs leaders des partis d’opposition (Svoboda, le Radical Party, et leFatherland) intervenaient sur les lieux du Maïdan, et critiquaient le gouvernement Ianoukovitch et ses tireurs d’élite pendant ou juste après que de nombreux coups de feu étaient tirés à partir des bâtiments voisins situés sur le Maïdan.

    Par exemple, une synchronisation d’un enregistrement de la diffusion en direct et une brèvecommunication radio interceptée des tireurs réels montrent qu’ils ont tiré plusieurs coups ensembles, 10 tirs en rafale à 11: 33-11: 34am.

    Le grand bruit de ces coups de feu dans un enregistrement de l’émission en direct (1h 08-09 min) à l’Hôtel Kozatsky sur le Maïdan indique que ces tirs partaient de là ou d’endroits proches, telles que les bâtiments de l’Union du commerce.

    Une minute après, Oleksander Turchynov, un ancien chef du service de sécurité de l’Ukraine qui allait devenir le chef du parlement ukrainien et le président par intérim après le renversement violent du gouvernement Ianoukovitch, a commencé son discours avec l’annonce « Slava Ukraini », qui a été utilisée par l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) et adoptée sur le Maïdan. D’autres coups de feu et des sirènes d’ambulances mobiles peuvent être entendus dans la diffusion en direct lors de son discours.

    La façon de communiquer de ces tireurs dans le seul enregistrement disponible public est très différente de celle des tireurs d’élite du SBU et Omega et d’autres organismes gouvernementaux dans leurs échanges radio de plus de 30 giga-octets, enregistrées et publiées au cours des manifestations de Maïdan dans leur intégralité.

    Ces enregistrements radios, les leaders du Maïdan ont reconnu avoir ces enregistrements, une déclaration du commandement d’Alfa, indiquait que les tireurs et leurs assistants avaient ces enregistrements radios et évitaient ainsi d’être repérés par les tireurs du SBU en se déplaçant.

    De même, une femme médecin a été blessée, et un autre manifestant debout devant elle a été tué sur le Maïdan près de l’Hôtel Kozatsky à 11h43. Cela c’est prosuit lors d’un discours par Oleh Liashko, un chef de file du Parti radical, qui a coopéré ouvertement après le renversement de M. Ianoukovitch avec les néo-nazis de Social National Assembly, qui était un des fondateurs de Secteur Droit.

    Le son d’un tir, plus lointain que les tours mentionnées ci-dessus, est entendu à 1 heure et 18 minutes dans l’enregistrement de la diffusion en direct, qui commence à 10h23. Des témoins oculaires et la position de la blessure indiquent que ce tir a été effectué à partir du bâtiment principal du bureau de poste, qui était occupé par le Secteur Droit. Ce tir a attiré l’attention des médias ukrainiens etoccidentaux, mais comme pour tous les tirs sur les manifestants, les journalistes et la police sur la Place de l’Indépendance ont accusé les tireurs d’élite du gouvernement et aucune enquête réelle n’a été réalisée.

    Des témoins oculaires parmi les manifestants, le correspondant TVP et la trajectoire des balles aussi, indiquent des tireurs au même moment dans le bâtiment de l’Union du commerce, l’Hôtel Kozatsky, les bâtiments Conservatoire de musique, et d’autres bâtiments sur le Maïdan lui-même. A 11h43, un intrus non identifiés fait irruption dans une communication radio des troupes des unités de l’intérieur, qui se retiraient du Maïdan, et les a informés qu’il y avait des personnes qui lançaient des fusées avec des lance-grenades dans l’Hôtel Ukraina depuis le 6ème étage de l’immeuble des syndicats.

    Les tireurs du SBU ont mentionné des personnes au sommet de ce bâtiment à 10h53 et 10h59.Un correspondant de RT a rapporté à 10h58 qu’une balle de 7,62 mm AKM l’a manqué de justesse à une fenêtre de l’Hôtel Ukraine et il a souligné que la trajectoire indiquait le bâtiment du Conservatoire. Un correspondant de l’Associated Press a également indiqué avoir essuyé des tirs dans sa chambre Hôtel Ukraine donnant sur le Maïdan dans la matinée du 20 Février, et il a constaté que balle était sur son balcon.

    La chambre d’hôtel d’un journaliste australien ABC a également essuyé des tirs provenant de la direction du Maïdan au même moment. Une chambre occupée par la BBC a également été visée. Diverses sources indiquent que les tireurs de Maïdan ont utilisés ces bâtiments pour tirer à balles réelles sur les journalistes, sur les Berkut et les troupes de l’intérieur durant la nuit ou tôt le matin du 20 Février. Deux chambres de journalistes allemands dans l’hôtel Ukraina ont reçus des tirs en provenance de la Poste principale, comme un journaliste ukrainien travaillant pour une télévision allemande a indiqué sur sa page Facebook, ou en provenance du Conservatoire, situé en face de la rue du nouveau siège de d’auto-défense Maïdan et le du Secteur Droit.

    La commission parlementaire a déclaré, en se basant sur le rapport des services médicaux d’urgence, que les tirs sur les Berkut et les troupes de l’intérieur du Maïdan et dans les rues voisines ont commencé le 20 Février à 06h10. Un membre du parlement de l’opposition Maïdan a déclaré avoir reçu un appel téléphonique d’un commandant des Berkut juste après 07h00 indiquant que 11 membres de son unité de police ont été blessés par des tireurs depuis le bâtiment du Conservatoire de musique.

    Une recherche de auto-défense Maïdan, n’a trouvé aucun tireur après que le membre du parlement a informé Parubiii et d’autres dirigeants de l’opposition. Mais, de nouveau, le commandant Berkut a rapporté qu’en une demi-heure ses pertes unitaires ont augmenté de 21 blessés et de trois morts.

    De même, les rapports dans la matinée du 20 Février par le Ministère de l’Intérieur, les déclarations des anciens chefs du SBU et le ministère de l’intérieur, les enregistrements radio des troupes de l’intérieur, des vidéos et des témoignages des manifestants, dont un Suédois néo-nazi bénévole, confirment de manière indépendante que les unités de police sur le Maïdan ont été tués par des tirs à balles réelles en provenance du Conservatoire et des bâtiments de l’Union du commerce avant 09h00 et qu’ils se sont rapidement retirés face à l’incendie et des diverses blessures dont ils souffraient. Par exemple, dans leurs communications radio, les unités de troupes de l’intérieur, stationnées sur le Maïdan près du bâtiment des syndicats, ont fait des demandes urgentes pour une ambulance à 08h08, un véhicule de secours à 08h21, une ambulance à 8h29, deux ambulances à 08h39, cinq ambulances à 08h46, et les ordres de retraite sont alors émis à 08h49 et 08h50.

    Un haut responsable des troupes interne a déclaré qu’ils avaient l’information que cinq snipers s’étaient déplacés de l’Union du commerce vers le bâtiment du Conservatoire après l’incendie déclenché par les manifestants lors de la tentative d’assaut d’Alfa après 23h00 le 18 Février. Il a également confirmé que des tireurs ont tué et blessé de nombreux policiers depuis le bâtiment de l’Union du commerce et depuis les tentes du Maïdan avant qu’ils ne brulent, quand ils étaient occupés et utilisés comme siège de l’auto-défense Maïdan et du Secteur Droit.

    Au moins 17 d’entre eux ont été tués et 196 blessés par balles les 18-20 Février dont trois tués et plus de 20 blessés le 20 Février. Les enregistrements radio des unités de troupes de l’intérieur et les commandants d’Alfa et des tireurs d’élite indiquent que leurs tentatives pour saisir le Maïdan et pour renforcer le bâtiment des syndicats le 18 Février ont été arrêtées par l’incendie de ce bâtiment provoqué par ses défenseurs et par des tirs à balles réelles provenant de l’auto-défense Maïdan et du Secteur Droit. La saisie de Maïdan et de son siège a été ordonnée par le gouvernement Ianoukovitch dans le cadre des plans « Boomerang » et » Khvylia ».

    Ces plans ont été mis en vigueur après la tentative de prise d’assaut de parlement par l’opposition dirigée par l’auto défense Maïdan et le Secteur Droit et l’incendie du siège du Parti des régions qui a causé la mort d’un employé travaillant le matin même.

    Un officier Alfa, qui a dirigé l’un des groupes SBU pendant l’assaut du bâtiment de l’Union du commerce, a déclaré que leur tâche consistait à se saisir du 5ème étage, qui contenait beaucoup d’armes.

    Le Secteur Droit occupait tout l’étage qui servait comme quartier général et comme base du Secteur Droit et de l’auto-défense Maïdan. Une interception radio des commandants Alfa contient le rapport sur le déploiement des tireurs d’élite SBU visant deux snipers et pointeurs du côté Maïdan qui avaient été localisés sur un bâtiment contrôlé par Maïdan, leur préparation pour attaquer ce bâtiment, et l’ordre de leur supérieur Alfa pour lancer l’attaque conjointement avec les troupes de l’intérieur.

    Le gouvernement actuel et la commission parlementaire ont affirmé sans fournir la moindre preuve que Alfa avaient brûlé le bâtiment de l’Union du commerce et que les agents infiltrés du SBU avaient brûlé le siège du Parti des Régions. Après ces attaques, les Berkut, les troupes de l’intérieur, et titushki rassemblés par le gouvernement Ianoukovitch ont lancé une contre attaque, et au moins cinq manifestants sont morts après avoir été frappés, renversés ou blessés par des grenades assourdissantes.

    Au moins six manifestants ont été tués à Maïdan, le 18 et 19 Février par des coups de feu, principalement des armes de chasse et des cartouches, comme ce fut le cas avec trois manifestants tués à la fin de Janvier, 2014.

    L’opposition de Maïdan et le gouvernement actuel ont affirmé sans fournir la moindre preuve que ces manifestants ont été abattus par les Berkut et les tireurs d’élite, tandis que des similitudes avec le massacre perpétré par des snipper côté Maïdan ne sont pas prises en compte ni investiguées.

    Le bureau de poste principal à l’époque des fusillades du 20 Février était occupé par le Secteur Droit, une alliance nationaliste radicale et les organisations néo-nazies de groupes de football ultras, qui ont participé activement aux attaques violentes contre l’administration présidentielle le 1er Décembre, 2013 et du parlement à la fin de Janvier et le 18 Février, 2014.

    Le commandant de la compagnie Maïdan a confirmé qu’à cette époque, sa compagnie de combat spécial, qui comprenait des manifestants armés ayant une expérience de combat dans les conflits armés, était basée dans le bâtiment du Conservatoire. Il a déclaré que cette compagnie a été créée à l’initiative de Secteur Droit.

    Dans un nouveau documentaire américain qui enquête sur le massacre de Maïdan, des membres des Berkut disent qu’ils avaient remarqué des manifestants avec l’insigne Secteur droit dans le bâtiment du Conservatoire de Musique le 19 Février, que des manifestants armés ont pris position là-bas, et qu’ils ont été visés et blessés, tandis que d’autres officiers Berkut ont été tués par des tireurs postés au deuxième étage du Conservatoire dans la matinée du 20 Février. Des témoins oculaires du Maïdan parmi les manifestants ont déclaré que les groupes organisés de régions de Lviv et Ivano-Frankivsk en Ukraine occidentale sont arrivés sur le Maïdan et déplacés vers le Conservatoire de Musique dans la nuit précédent le massacre du 20 Février, et que certains d’entre eux étaient armés de fusils.

    L’absence apparente (dans ce documentaire) du Secteur Droit et de cette compagnie de combat durant le massacre des manifestants par des tireurs d’élite est le « chien qui n’a pas aboyé » de nombreuses preuves montrant leur implication. Le chef de file du Secteur Droit peu après minuit aannoncé que son organisation n’a pas accepté un accord de trêve avec Ianoukovitch et allait entreprendre des actions décisives contre les forces gouvernementales.

    Un rapport du chef de la commission parlementaire a conclu que les organisations civiques inconnues auraient pu être des tireurs de la police. Mais ces cas de morts et de blessés dans la police ne sont pas examinés par le gouvernement, notamment le ministère de l’Intérieur. Ce ministère a créé, avec le Secteur Droit et l’Assemblée nationale, des bataillons spéciaux de la police, qui ont combattu dans le Donbass. De même, la Garde nationale a été récemment constituée de troupes de l’intérieur et de l’auto-défense Maïdan.

    Ce fut le commandant de cette même compagnie spéciale de combat qui a appelé à partir de la place du Maïdan, dans la soirée du 21 février, à rejeter un accord signé (accord médiatisé par les ministres des Affaires étrangères de France, d’Allemagne et de Pologne et par un représentant du président russe), et qui a émis un ultimatum public poussant le président Ianoukovitch à démissionner avant 10h00 le lendemain . Il a justifié son ultimatum en accusant Ianoukovitch du massacre, a déclaré que sa compagnie de combat basé au Conservatoire de musique était responsable du point de non-retour de l’Euromaïdan, et menacé d’une attaque armée si Ianoukovitch ne démissionnerait pas. Ianoukovitch a fui Kiev le même jour peu de temps après cet ultimatum.

    Les types d’armes et de munitions utilisées ainsi que la direction et la position des blessures des manifestants et des policiers confirment également que les tireurs sont venus du coté Maïdan.

    La commission parlementaire a rapporté que 17 manifestants ont été tués par chevrotines (pellets), les autres ont été abattus avec des AKMS (7.62?39mm calibre), un avec l’arme de poing Makarov, les balles aillant le plus souvent traversé les corps.

    Le 2 avril, le Bureau du Procureur général a déclaré qu’une carabine SKS semi-automatique sniper qui a le même calibre que les AKMS, avait été utilisée pour tirer sur les manifestants depuis l’Hôtel Ukraine, même si cette arme à feu est très ancienne, n’est pas utilisée par les tireurs d’élite professionnels et qu’elle est disponible en Ukraine comme une arme de chasse. Mais le Bureau du Procureur général a alors commencé à prétendre qu’ils vérifiaient toujours si des tireurs d’élite se trouvaient dans l’hôtel alors.


    Les snipers ne sont pas soumis à un procès « car ils ont également tiré sur la police », extrait d’une conversation téléphonique entre la ministre des Affaires étrangères Catherine Ashton, et le ministre des Affaires étrangères d’Estonie, Urmas PaetLes snipers ne sont pas soumis à un procès « car ils ont également tiré sur la police », extrait d’une conversation téléphonique entre la ministre des Affaires étrangères Catherine Ashton, et le ministre des Affaires étrangères d’Estonie, Urmas Paet

    Le chef du service médical de l’Euromaïdan et autres médecins ont déclaré que tant les manifestants que les policiers ont été tués par des munitions similaires, notamment dans des balles de calibre 7,62 mm et chevrotine (pellets), et qu’ils avaient des types de blessures similaires. Cette information a été relayée par le ministre estonien des Affaires étrangères dans un appel téléphonique intercepté, qu’il a eu avec la responsable des Affaires étrangères de l’Union européenne.

    Diverses déclarations faites par des médecins, des vidéos, des photos, et les rapports des médias confirment que des dizaines de manifestants ont été abattus précisément dans le cou, la tête, les cuisses, et les cœurs, les endroits les plus vitaux, et que de nombreux points d’entrée des blessures étaient dans la partie supérieure, sur le côté ou au dans le dos. Ceci est cohérent avec l’emplacement des tireurs sur les toits ou les étages supérieurs de tous les bâtiments spécifiés.

    Des coups de feu précis et mortels et les fusils d’assaut 7,62 de type Kalashnikov AKMS et diverses armes de chasse et les munitions utilisées indiquent également que les snipers étaient placés à quelques dizaines de mètres des lieux où la police et les manifestants ont été tués ou blessés. Photos,vidéostémoignages de témoins oculaires et d’autres sources montrent des manifestants tirant avec portant ouvertement des fusils de chasse ou des fusils de sport, des fusils d’assaut Kalachnikov et leurs versions de chasse, Makarov, et d’autres armes de poing pendant les tirs massifs contre la police et les manifestants.

    La commission parlementaire a conclu qu’il était très probable que les policiers sur le Maïdan ont été abattus par les armes à feu et les munitions qui ont été prises par les manifestants à la police, aux troupes internes, et dans les bureaux du SBU et des arsenaux en Ukraine occidentale le 18 Février et 19. Ces armes, 1008 exactement, incluent des armes de poing Makarov, 59 AKMS (fusils d’assaut Kalachnikov calibre 7,62, deux fusils de sniper SVD, et divers autres fusils et des carabines. Leur localisation actuelle n’est pas connue.

    L’échec du gouvernement est patent pour localiser et identifier ceux qui ont tirés sur des manifestants et pour enquêter sur la fusillade de la police, ainsi que l’échec de l’auto-défense Maïdan pour arrêter et les retenir pendant le massacre, alors que leurs emplacements étaient connu à l’époque et en dépit des appels des manifestants et des fonctionnaires du gouvernement, qui indiquent que les tireurs étaient bien du côté Maïdan.

    Les rapports des médias, les témoignages, l’audio des tireurs et déclarations de l’ancien chef du SBU etministre des affaires internes suggèrent la participation de manifestants armés et de personnes recrutées de l’Ukraine et des pays étrangers avec une expérience appropriée.

    Mais les identités précises des snipers et les politiciens qui les dirigeaient restent inconnus. Il y avait plusieurs allégations publiques concernant une implication d’hommes politiques et de partis politiques précis dans le massacre, mais ces allégations ne donnent pas lieu à des enquêtes et depuis ces politiciens ou leurs partis occupent divers postes dans le nouveau gouvernement.

    Les organisateurs et les auteurs de ce massacre ne sont pas susceptibles d’être découverts par le gouvernement actuel, et tous les éléments disponibles n’ont pas été rendus publics. Parmi ces éléments des vidéos de snipers sur Muzeinyi Lane et les bâtiments de l’Union du commerce, les communications radio de Berkut interceptées, et des rapports d’experts balistiques et médicaux.

    Des Vidéos et photos de membres armés Berkut tirant pendant leur contre-attaque et ensuite depuis les barricades ont été cités par les représentants du gouvernement ukrainien et par le chef de la commission parlementaire spéciale et rapportés par les médias comme la preuve incontestable que les unités spéciales de la police ont massacré les manifestants. L’agence Reuters a rapporté que le dossier d’accusation contre trois membres Berkut repose sur des vidéos et des photos dont les moments clés ont de toute évidence été trafiqués ou ignorés.

    Cependant, l’analyse des données publiques disponibles ne permet pas de conclure que les Berkut et Omega ont tué un seul manifestant, surtout ceux qui n’étaient pas armés, puisqu’il y avait d’autres tireurs qui tuaient les manifestants au même moment. Le chef de la commission parlementaire spéciale a signalé que l’expertise des munitions, contrairement à une revendication antérieure du ministre de l’intérieur, ne permettait pas de relier l’une de leurs armes aux manifestants tués et que beaucoup de leurs fusils d’assaut Kalachnikov, des enregistrements de leur utilisation, et la base de données des munitions a disparu lorsque le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir.

    De même, alors que le nouveau gouvernement et le chef de la commission parlementaire ont affirmépubliquement que l’ordre de tuer des manifestants non armés a été délivré personnellement par M. Ianoukovitch et que son gouvernement et les services répressifs, les commandants des Berkut, les troupes internes et Alfa SBU entières, ont été impliqués dans cette «organisation criminelle» par la mise en œuvre de cet ordre et en donnant des ordres similaires, aucune preuve d’une telle ordonnance a été produit. Les commandants d’Alfa et son équipe de tireurs d’élite, des troupes internes et Omega ont tous nié avoir reçu un tel ordre, et leurs enregistrements radio le confirment.

    Le massacres par des snipers correspond à un modèle de fausses déclarations de meurtre de masse et d’autres cas de violence, politiquement instrumentalisées par les mêmes forces politiques ukrainiennes et les mêmes médias. Ces cas comprennent le massacre d’Odessa, le 2 mai 2014, les meurtres de civils au Donbass, et l’agression de Tetiana Chornovol en Décembre dernier et l’enlèvement de Dmytro Bulatov, ces deux activistes pro Maïdan sont devenus ministres du gouvernement suite à la médiatisation de leur affaire. Les nouvelles enquêtes désignent les mêmes suspects arrêtés en Décembre dans l’affaire Chornovol et poursuivis en envisageant la version dans laquelle l’enlèvement de Bulatov a été mis en scène.

    Contrairement aux divers éléments disponibles, le gouvernement a affirmé que plus de 40 manifestants étaient morts à Odessa à la suite d’un incendie qu’ils avaient déclenché eux mêmes, et il a affirmé que les séparatistes ont tué plus de 1000 civils au Donbass en bombardant leurs propres villes. Des cas similaires de fausses déclarations sur l’implication de l’OUN et de l’UPA dans les massacres de masse de Polonais ainsi que leur participation aux massacres de juifs au côté des Nazi,fausses déclarations aussi quant à 2000 victimes récemment découvertes, dans la ville de Volodymyr – Volynskyi , principalement juives exécutées par les nazis, comme étant des polonais exécutés par le NKVD soviétique.

    Lorsque les éléments disponibles indiquent que l’avion de la Malaysian Airline au Donbas a surement été abattu par les séparatistes, il y a de quoi se poser des questions.

    Conclusion

    L’analyse et les éléments fournis par cette étude académique placent l’EuroMaïdan et le conflit en Ukraine sous une nouvelle perspective.

    Les tirs irrationnels massifs portés sur les manifestants et la police le 20 février semblent être inscrits dans une démarche rationnelle si l’on se base dans une perspective d’intérêt individuel et dans la théorie wéberienne du choix et de l’action rationnelle instrumentalisée

    Si la fusillade et le massacre en nombre de manifestants et de policiers le 20 Février paraissent irrationnels, ils apparaissent bien plus rationnels si l’on se base dans une perspective d’intérêt individuel et dans la théorie wéberienne du choix et de l’action rationnelle instrumentalisée. Ainsi : Les leaders du Maïdan ont gagné du pouvoir suite à ce massacre, le Président Ianoukovitch et ses autres hauts responsables du gouvernement fuient Kiev le 21 Février 2014, puis l’Ukraine, et la police se retire.

    Dans ce même esprit, les manifestants de Maïdan ont été envoyés sous un feu meurtrier vers des lieus sans signification et ont été ensuite tués vague après vague depuis diverses positions. Mais aussi, les tireurs d’élite tuaient des manifestants désarmés, visaient des journalistes étrangers, mais jamais sur les leaders du Maïdan,sur le quartier général d ‘auto-défense Maïdan ou de Secteur Droit, sur le parvis de Maïdan, ni sur les photographes pro Maïdan. Tout cela devient bien plus rationnel. Pourquoi toutes ces actions sont rationnelles du point de vue d’une perspective théorique de choix instrumentalisés, le massacre n’a pas simplement mis fin à la vie de nombreux humains, mais il a également miné la démocratie, les droits humains et la primauté du droit en Ukraine.

    Le massacre des manifestants et des policiers représentait un renversement violent du gouvernement en Ukraine et un grand crime contre les droits de l’homme. Ce renversement violent constitue un changement anti démocratique du gouvernement. Il a déclenché un violent conflit à grande échelle qui se transforma en une guerre civile dans l’Est de l’Ukraine, à une intervention militaire de la Russie à l’appui de séparatistes en Crimée et au Donbass, et à une rupture de facto avec l’Ukraine.

    Les faits indiquent que l’alliance des éléments de l’opposition Maïdan et de l’extrême droite a été impliquée dans le meurtre de masse à la fois des manifestants et des policiers, tandis que la participation des unités spéciales de la police dans les meurtres de certains manifestants ne peut pas être totalement exclue sur la base sur les données publiques disponibles. Le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir en grande partie à la suite du massacre a falsifié son enquête, tandis que les médias ukrainiens ont contribué à déformer le meurtre de masse des manifestants et la police. Les faits indiquent que l’extrême droite a joué un rôle clé dans le renversement violent du gouvernement en Ukraine. Cette enquête universitaire apporte également de nouvelles questions importantes qui doivent être abordées.

    Ivan Katchanovski
    Ph.D. School of Political Studies & Department of Communication University of Ottawa Ottawa, ON K1N 6N5, Canada

    Source : The “Snipers’ Massacre” on the Maidan in Ukraine - Traduction LaLEF


    Par Jean Lévy - Publié dans : Europe - Communauté : Communard toujours !
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    Mercredi 19 novembre 2014 3 19 /11 /Nov /2014 07:46

    Solidarité Internationale PCF

    « La vie des autres au Luxembourg » :

       quand le leader européen Juncker contribuait au fichage,

       à l’espionnage de ses compatriotes !

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    Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

     

    Dis-moi qui te dirige, je te dirai qui tu es.Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, traîne de sacrés boulets : non seulement « Luxleaks » et l’évasion fiscale couverte par l’Etat, mais aussi « les écoutes du SREL »

    Le nouveau président de la Commission européenne, intronisé en novembre 2014, est « the right man at the right place »,l’image de cette Europe en crise économique, politique, idéologique et morale, lui qui fut Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013.

    Il y a bien sûr « Luxleaks », ce scandale financier révélant que le fisc luxembourgeois a favorisé l’exil fiscal d’un millier d’entreprises, essentiellement européennes et américaines. L’évasion fiscale à grande échelle, au cœur de l’Europe.

    Le plus grand scandale d’espionnage du XX ème siècle ?

    C’est au Luxembourg que ça se passe !

    Mais il y a aussi un des plus grands scandales d’espionnage de la fin du XX ème siècle. Imaginez un pays qui aurait littéralement fiché la quasi-totalité de sa population. Dans l’idéologie de la Guerre Froide, on pense « La vie des autres », STASI ou KGB.

     

    Et bien non, il faut penser SREL, le Service de renseignement de l’Etat du Luxembourg.

     

    Le scandale est sorti en novembre 2012 dans le journal D’Letzebuerger Land, où il est révélé que l’ex-directeur du SREL se serait entretenu avec le Premier Ministre Juncker en 2007, évoquant l’existence dans les années 1980 et 1990 de300 000 fiches sur des citoyens luxembourgeois, dans un pays qui comptait alors 400 000 habitants.

    La Commission d’enquête du Parlement donne un rapport de 144 pages aux conclusions édifiantes.

    Sous prétexte d’anti-terrorisme, de lutte contre le communisme, le SREL a d’abord fiché la plupart de ses citoyens. Ensuite, les écoutes illégales, les missions hors renseignement se sont multipliées, pour des intérêts politiques et économiques privés, loin de la Raison d’Etat.

     

    18 attentats montés par les services secrets pour justifier l’espionnage de masse

     

    Concrètement, ce fichage et cet espionnage de masse se serait développé dans les années 1980. 18 attentats touchent le Grand-Duché du Luxembourg entre 1984 et 1986, identifiés alors aux groupes gauchistes, installant un climat de terreur.

    Le SREL a utilisé ce prétexte pour ficher, espionner les membres et dirigeants du Parti communiste, l’Ambassade soviétique, puis les Verts, enfin les politiciens de tous les partis, ainsi que des citoyens aux implications diverses : du militant associatif à l’homme d’affaires.

    En février 2013, a été ouvert un procès mettant en accusation deux membres de la « Brigade mobile » de la Gendarmerie, une unité d’élite. Ils sont accusés d’avoir participé voire orchestré les attentats dans une « stratégie de la terreur » commanditée en plus haut lieu.

    Les avocats des deux gendarmes ont évoqué la thèse politique de la déstabilisation, pointant du doigt l’implication des cellules « stay-behind », ces réseaux clandestins coordonnés par l’OTAN, animés par les services secrets de chaque pays, destinés à empêcher toute prise de pouvoir par les communistes.

    Potentiellement responsable, au courant, Juncker qui fut au gouvernement de 1982 à 2013, botte en touche, renvoyant la patate chaude à son prédecesseur comme chef du gouvernment de 1984 à 1985, Jacques Santer, qui fut aussi président de la Commission européenne.

    Mais alors, Juncker peut-il se laver les mains de ce scandale d’ampleur européenne ?

    Juncker savait « les agissements du SREL, comme police secrète »


    C’est ce que révèle le rapport parlementaire. Le SREL a continué sa sale besogne après la fin de la Guerre froide. Selon le rapport, « les agissements du SREL sont dignes d’une structure de police secrète ».

    Le dérapage a atteint des proportions colossales dans les années 2000, cette fois dans le type de missions prises en charge par le service, ce que révèle un entretien entre Marco Mille et Jean-Claude Juncker en 2007, enregistré clandestinement par Mille.

    Si Mille évoque la destruction des 300 000 fiches mentionnées, il serait resté en 2012 13 000 fiches sur des entreprises, personnes, associations, et au minimum 17 000 personnes auraient été victimes d’écoutes illégales. Cela reste 5 % du pays sur écoute, une personne sur 20 !

    Le SREL serait devenu un Etat dans l’Etat, une vaste entreprise soumise à des intérêts particuliers, quasi-mafieux.Jouissant d’une grande autonomie, ses agissements étaient connus et couverts par le Premier Ministre Juncker.

     

    Des services secrets au service … d’oligarques russes, de dictateurs africains et de trafics mafieux luxembourgeois !

     

    Le rapport évoque en 2007 une mission contre-terroriste, façade pour une mission de complaisance envers un oligarque russe qui souhaitait régler un différend commercial, en échange d’une commission de 10 % de commission.

    Juncker arrêtera finalement la mission, sans prendre aucune sanction. Les missions à l’étranger de ce type se seraient multipliées sous la direction de Marco Mille, devenu depuis responsable du pôle de sécurité du groupe privé allemand Siemens.

    De même, en 2006, est connue l’existence d’un compte secret de 150 millions de $ de l’ex-président congolais Pascal Lissouba, avec la complaisance du SREL.

    On pourrait citer aussi le business des agents du SREL, habitués à acheter des grosses berlines allemandes à un prix réduit de 30 % avant de les revendre, faisant des profits substantiels.

    L’espionnage n’a épargné personne, ni même les Grands du Duché. Le SREL a surveillé le Procureur général de l’Etat, que le service essayait de tremper dans des affaires de pédophilie. Mille a aussi révélé à Juncker sa mise sur écoute du chef de l’Etat, le Grand-duc Henri, soupçonné de collusion avec les services d’espionnage britanniques !

    Selon le rapport parlementaire, le SREL aurait connu des dysfonctionnements graves entre 2004 et 2009, menaçant les fondements de la démocratie luxembourgeoise. Le Premier Ministre Juncker, légalement responsable du contrôle de l’institution, aurait failli à réguler, stopper, sanctionner ces dérives. Il les aurait même couvertes.

    La complicité de Juncker à cette police secrète anti-démocratique

    Une partie de la conversation entre Marco Mille et Jean-Claude Juncker, mérite même d’être citée extensivement. Elle date du 31 janvier 2007, les deux échangent sur l’impact que pourraient avoir les rumeurs d’écoutes illégales sur l’opinion publique

    MILLE : « On est à la merci de ces gens qui disent que les services secrets font ce qui leur plaît, qui sont au-dessus du Premier Ministre, du Grand-duc, et dieu sait qui. Cela compte ».

    JUNCKER : « L’espionnage politique, on ne fait plus cela de toute façon. Mais cela a été énorme dans le passé… »

    MILLE : « Oui, avant 1990, pendant la Guerre Froide. Bien, il y avait les services de renseignements, ils surveillaient l’Ambassade soviétique, le Parti communiste, et au début, les Verts »

    JUNCKER : « Mais il n’y a avait pas de raison, à mon avis, enfin pour les Verts ».

    MILLE : « Et même dans la façon dont les gens pensaient à l’époque (…) Toute personne qui n’était pas conservatrice était considérée comme une menace pour l’Etat. Nous avons 300 000 fiches dans la base de données ».

    Juncker n’est pas innocent. Le Procureur d’Etat Robert Biever raconte comment il a appris qu’il était sur écoute – pour allégations de « pédophilie » et « homosexualité » (sic) dans la communauté d’Esch – et il l’a appris par Juncker.

    Juncker aurait lancé à Biever un jour, sous la forme d’une boutade : « J’ai entendu dire que tu avais ton petit bordel à Esch ». Biever raconte alors qu’il fut incapable de répondre le mot qui lui venait alors en tête : « Crétin ».

    Comment a-t-on pu soutenir un tel personnage à la tête de l’Europe ?

    Juncker a été contraint à démissionner en 2013 par l’ampleur d’un scandale d’Etat, sans comparaison en Europe. Il a pu rapidement trouver une voie de sortie honorable : la présidence de la Commission européenne.

    Juncker a bénéficié – pour un personnage avec un tel parfum de scandale, entre évasion fiscale et espionnage de masse – d’un remarquable consensus de la part des médias, politiciens dominants, comme des milieux d’affaires, ce qui est moins surprenant.

    Outre Daniel Cohn-Bendit, l’ « opposant officiel de sa Majesté », Alexis Tsipras, a cru bon de se rallier au panache (plus très) blanc de Juncker, en appelant à forger une majorité assurant un consensus européen derrière l’ex-Premier Ministre luxembourgeois.

     

    Pour nous, Juncker incarne cette Europe de la finance, du secret, de la combinaison politicienne, intimement liée à l’OTAN, au FMI, aux multi-nationales, forgée dans l’anti-communisme, la guerre contre les peuples, le contournement de la démocratie : rompre avec cette Europe-là, ne donner aucune légitimité à sa tête, c’est indispensable.

     

    Par Jean Lévy - Publié dans : Europe - Communauté : Communard toujours !
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    Lundi 17 novembre 2014 1 17 /11 /Nov /2014 07:15

    Solidarité Internationale PCF

    Le Parti communiste portugais

    propose à l’Assemblée 

    la « sortie de l’Euro et la nationalisation des banques »

    pcp affiche

     

    Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

     

    Les communistes portugais ne se posent la question de la sortie de l’euro, mais de comment la préparer. Ils ne se font d’illusions ni sur l’Euro, ni sur le rôle du parlement : y proposer la sortie de l’Euro, c’est une tribune pour les idées communistes, l’occasion de démasquer les faux amis du peuple portugais. A gauche aussi.

     

    Critique depuis sa création d’une monnaie unique perçue justement comme outil d’imposition au Portugal de la casse des acquis démocratiques et sociaux, de paupérisation du peuple portugais, le PCP a longtemps été sceptique sur la faisabilité de la sortie de l’euro.

     

     « Sortir de l’Euro » : une position progressivement adoptée par le PCP

     

    C’était avant. En décembre 2012, au dernier congrès du PCP, son analyse a été réaffirmée avec force : l’UE n’est pas réformable, comme l’Euro. Depuis, il a organisé plusieurs rencontres avec des économistes du parti ou non pour d’abord poser la question de la sortie de l’euro (mars 2013) puis envisager les conditions de sa sortie (septembre 2014).

     

    En septembre 2014, les trois députés européens du PCP ont officiellement manifesté leur position consistant en une préparation du pays à la sortie de l’Euro, au vu de l’incompatibilité entre le maintien dans l’euro et la concrétisation d’une politique alternative et de gauche.

     

    Ils se sont engagés à porter cette position à Bruxelles, à Strasbourg, au Parlement européen.

     

    Le PCP a franchi une nouvelle étape le mois dernier. Le 15 octobre, le député Paulo Sá a proposé un projet de résolution à l’Assemblée de la République, en trois points : « renégociation de la dette, préparation de la sortie de l’euro et contrôle public des banques ».

     

    Renégocier la dette, sortir de l’euro, nationaliser les banques

     

    Renégocier la dette ? Oui, dans ses « délais, taux et montants » pour Paulo Sá car la « dette devient impayable » et surtout « plus on paye, et plus on doit ». Les intérêts s’élèvent à 7,7 milliards d’euros en 2014, 60 % de plus qu’en 2011. La dette a augmenté de 54 milliards d’euros en 3 ans !

     

    Sortir de l’euro ? Clairement. Il s’agit de « se libérer de la soumission à la monnaie unique, de retrouver sa souveraineté monétaire, que le pays se prépare à cette nouvelle réalité ».

     

    Après avoir rappelé les avantages économiques de la sortie, le député rappelle tout ce qu’a signifié l’Euro pour le Portugal : destruction de l’apparel productif, endettement externe, baisse des salaires, privatisation des entreprises.

     

    « Il est impératif de libérer le Portugal de la contrainte de l’Euro », bien que le député évoque ensuite plusieurs scénarios – dont celui de la dissolution concertée, ou de la sortie unilatérale subie ou voulue –, le pays doit être prêt.

     

    Nationalisation des banques ? Une évidence quand « les banques privées, reconstituées à partir des privatisations du secteur public, ne servent pas les travailleurs, les populations, les entreprises, les producteurs, l’économie nationale et le pays ».

     

    Refuser la proposition du PCP, c’est « défendre un secteur bancaire qui continue à engraisser les profits des actionnaires, des spéculateurs, de quelques familles ».

     

    Le PCP cite le cas des scandales financiers récents, dont celui de la Banque Espirito Santo, renflouée à coups de milliards par l’Etat portugais !

     

    Une bombe dans l’hémicycle rejetée par la droite et le PS

      

    Ce projet de résolution a été reçu comme une bombe dans l’hémicycle. Il a rencontré l’hostilité de la majorité de l’Assemblée, alors qu’il bénéficie du soutien de la majorité du peuple portugais.

     

    Tel est la mission que le PCP confie à ses parlementaires.

    Point de « crétinisme parlementaire », d’illusion sur le fait de « pouvoir peser à gauche ».

    Le Parlement est une tribune pour déclarer la guerre au consensus dominant, l’occasion de révéler la contradiction entre les partis défendant le système et la volonté du peuple.

     

    Sans surprise, on a retrouvé un vote unanime de la « troika », donc de la droite représentée par le PSD (Parti social-démocrate), le CDS (Centre démocratique et social), de la « gauche » incarnée par le Parti socialiste. Un vote contre les trois propositions, donc pour le maintien dans l’euro et des banques privées.

     

    Le Bloc de gauche refuse de voter la sortie de l’Euro !

     

    Plus éclairant, le vote du Bloc de gauche – soutenu par le PGE (Parti de la gauche européenne) – qui a voté la proposition du PCP sur la renégociation de la dette et sur le retour des banques dans le giron public.

     

    Par contre, le Bloc de gauche a refusé de voter le projet de résolution, pourtant prudent, pour « préparer le Portugal à la sortie de l’Euro ». 

    Le Bloc s’est abstenu.

     

    La question européenne est une des questions qui fait le clivage entre le Bloc et le PCP : le Bloc de gauche a toujours été un parti pro-européen, défendant l’Euro et l’UE, même au nom d’une hypothétique « Europe sociale » à inventer.

     

    D’autres questions séparent les deux partis : les alliances avec le PS, fréquentes pour le Bloc au niveau local, possibles au niveau national comme aux dernières présidentielles, où il s’est rallié dès le premier tour derrière le candidat PS !

     

    Ou encore la question de classe, secondaire pour le Bloc de gauche qui mise plus sur les questions sociétales, tandis que le PCP – avec le syndicat CGTP, dirigé par un responsable communiste – met la priorité sur la lutte de classes, contre la politique anti-sociale du pouvoir.

     

    Les communistes à 13 %, le Bloc à 4 % : la clarté paye !

     

    Les Portugais ont fait leur choix. Longtemps au coude-à-coude dans les sondages, les urnes, depuis deux ans, c’est la Grande divergence en pleine crise de l’euro et de l’UE : en 2009 le Bloc et le PCP étaient au même niveau aux européennes, avec 11 % des voix.

     

    En 2014, le PCP a réalisé son meilleur score depuis 20 ans, avec 13 % des voix. Le Bloc s’est lui écroulé, victime de ses propres contradictions sur l’euro dont il refuse d’envisager la sortie. Avec 4,5 % des voix, c’est son existence même qui est menacée.

     

    Voilà de quoi nous inspirer. Combien de temps encore avant de se rallier à cette position de bon sens, correspondant à notre identité de communiste tout comme aux nécessités du moment ? Le PCP l’a compris, sa ligne paye et elle est utile au peuple portugais dans sa lutte quotidienne.

     

     


    Par Jean Lévy - Publié dans : Europe - Communauté : Communard toujours !
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    Samedi 15 novembre 2014 6 15 /11 /Nov /2014 07:19

    INFO REPRISE SUR
    LE BLOG DE
    MICHEL EL DIABLO

    bernadette-segol.jpg

    Il y a quelques années, les syndicats qui ne prônent pas le « dialogue constructif »et la « réforme » – en d’autres termes la collaboration avec le patronat et l’État-patron – ont éprouvé quelques difficultés à trancher une question épineuse : fallait-il intégrer les instances, les rouages, la bureaucratie de l’Union européenne ? Entrer, c’était l’aléa de se voir infecter par le poison libéral. Ne pas entrer c’était risquer d’être constamment hors du coup, de ne pouvoir peser sur rien et laisser le champ libre aux syndicats « modérés » qui en seraient ressortis légitimés, en particulier aux yeux de la grande masse des non syndiqués. Le syndicat auquel j’appartiens, la fédération à laquelle il est rattaché furent parmi les derniers à accepter de jouer le jeu de « l’Europe », en se disant que, si la cuiller est longue, on peut s’attabler avec le diable.


     

    J’ai toujours pensé que, vu la puissance de feu des milliers de banquiers, de groupes de pression multiples et variés harcelant sans relâche les représentants du peuple, les moyens dérisoires des forces syndicales ne feraient pas le poids. J’estimais par ailleurs – et je n’ai pas changé d’avis – que plus on s’affaire, plus on se croit utile et intéressant dans les sphères ouatées si loin de la vraie vie, moins on a d’envie et d’énergie pour descendre dans la rue et lutter dans les entreprises. Ce sont des habitudes que l’on perd très vite.


     

    Pour rendre plus concret ce que j’avance ici, je vais revenir ici sur la lutte récente des cheminots français, son échec relatif par absence de perspective européenne. Cette absence n’est pas étrangère à la personnalité de la responsable syndicale suprême de l’Union européenne.

     

     

    Pendant la grève des cheminots français, le silence de la Confédération européenne des syndicats fut assourdissant. Alors que cette CES prétend œuvrer en faveur d’un « syndicalisme européen », militer pour des « euro-manifestations », elle n’a rien fait pour, par exemple, aider à la convergences des luttes en France, en Allemagne et en Suède. En 2010, les autorités suédoises ont mis fin au monopole de l’opérateur national, les Statens Järnväger. Les rails sont toujours la propriété de l’État mais des entreprises privées comme Veolia (sa filiale Connex) opèrent désormais dans les chemins de fer, ainsi que dans les transbordeurs et les taxis. En Allemagne, les cheminots ont en ligne de mire la semaine de 37 heures. La CES ne s’est nullement intéressée à ces mouvements, n’a affiché aucune solidarité

    .

     

    La CES regroupe des syndicats socialistes, mais aussi des démocrates-chrétiens et des libéraux. En France, la CES unit la CGT, la FSU mais aussi FO, l'UNSA, la CFDT ou la CFTC. Alors que les patrons sont tous du même côté de la barrière, les syndicats sont fortement désunis de part et d’autre des piquets de grève, ou lorsqu’il s’agit de négocier avec les patrons. Il ne faut donc pas s’attendre à trouver la CES à la pointe des luttes. Son objectif est d’aplanir, de concilier, d’aseptiser, de construire une Europe qui laisse libre cours aux menées du capital.


     

    Cette CES est dirigée par une française qui n’a jamais milité dans un syndicat français : Bernadette Ségol. Elle est favorable au « dialogue social », entre« partenaires sociaux », naturellement. Elle croit en la construction d’une Europe unie, avec « une dimension sociale », créatrice de « prospérité et de compétitivité ». Organiser les luttes au niveau européen n’est pas vraiment sa tasse de thé.


    Né en 1949, Bernadette Ségol (dont le nom, belle antiphrase, signifie « le loup victorieux ») est depuis mai 2011 Secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats et depuis novembre 2011, vice-présidente du Mouvement européen (président Jean-Marie Cavada). Son slogan, aussi choc que subversif, est : « L’Europe, c’est vous ! » Bernadette Ségol a étudié la philosophie à l'Université de Toulouse. De 1974 à 1985 elle a œuvré au sein de la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l'habillement et du cuir. En d’autres termes, elle n’a jamais travaillé dans la vie active, et a occupé des postes de cadres dans la machine associative.

     

    En 1985, elle rejoint l'Euro-FIET, structure européenne de la Fédération internationale des employés, techniciens et cadres où elle est Secrétaire régionale pour l’Europe.

     

    En 2000, elle est Secrétaire régionale Europe dans le cadre d'UNI-Europa. En mai 2011, elle quitte UNI-Europa pour devenir Secrétaire générale de la CES. La même année, en novembre 2011, elle est élue vice-présidente du Mouvement européen international lors du congrès de Varsovie.

     

    Mieux que Bergeron, et peut-être même mieux que Notat !


    Bernard Gensane

     

    source : blog médiapart

        

      Par Jean Lévy - Publié dans : Europe - Communauté : Communard toujours !
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      Samedi 15 novembre 2014 6 15 /11 /Nov /2014 07:12

      Blog d'Olivier Berruyer

      14
      Nov
      2014

       Le ton se durcit

      entre la Hongrie et les États-Unis

       

       

      Article du Monde du 6/11 – voici donc la voix de l’Amérique…

      On vous a déjà alerté sur la Hongrie dans ce billet de début octobre

      Pour mémoire, la carte de Todd, issue de son interview fleuve pour le blog cet été, où on repère la Hongrie qu’il a classée dans “En évasion”…

      Le Monde – Mercredi 5 novembre, la directrice du fisc hongrois, Ildiko Vida, a confirmé, dans un entretien publié par le quotidien progouvernemental Magyar Nemzet, qu’elle était interdite de séjour aux Etats-Unis, comme cinq autres ressortissants hongrois, proches du gouvernement de Viktor Orban, parce qu’ils sont soupçonnés de corruption. Elle a indiqué qu’elle figurait sur la liste noire, avec « d’autres membres » de ses services. Trois des six personnes incriminées seraient par ailleurs des économistes de l’institut Szazadveg (« Fin de siècle »), lié au parti au pouvoir, le Fidesz.

      Selon l’ancien directeur de cet institut, Tamas Mellar, leurs pseudo-travaux couvraient des émoluments versés, hors de tout contrôle, aux conseillers de M. Orban. Le scandale est retentissant, d’autant plus que le chargé d’affaires américain André Goodfriend a indiqué que la liste pourrait s’allonger, « pour des motifs autres que la corruption ».

      Le Fidesz, ainsi que la principale force d’opposition de gauche, le MSZP, veulent convoquer M. Goodfriend devant la commission parlementaire chargée de la sécurité nationale. Les médias de droite et d’extrême droite se déchaînent contre le diplomate américain. L’influent chef de cabinet du premier ministre, Janos Lazar, a accusé M. Goodfriend de travailler avec l’opposition : « Derrière les dirigeants du MSZP, il y a le chargé d’affaires des Etats-Unis à Budapest », a-t-il affirmé.

      Le « lanceur d’alerte » hongrois étrillé

      Dans ce climat survolté, le Fidesz a dû dissuader à deux reprises déjà son aile ultra-droite d’organiser une Marche pour la paix à Budapest, afin de dénoncer la politique de Washington.

      Pour sa part, Mme Vida se dit abasourdie par ces « attaques malveillantes », à ses yeux « incompréhensibles ». Cette fidèle de Viktor Orban avait déjà piloté les services fiscaux (NAV) de 1998 à 2002, sous le premier gouvernement Fidesz. Mais la réputation du NAV a été sérieusement écornée par les révélations, en novembre 2013, d’un ancien contrôleur des impôts, Andras Horvath.

      Las d’écrire en vain à la justice des rapports détaillés sur les malversations dont il était témoin, M. Horvath a fini par dévoiler aux médias un vaste système de fraude sur la TVA. Inventée sous les gouvernements socialistes et libéraux, puis perpétuée sous le règne du Fidesz, cette combine, qui joue sur la différence entre le taux élevé de la TVA en Hongrie (27 %) et celui des pays voisins (autour de 10 % sur les produits alimentaires), priverait les finances publiques de 3 milliards d’euros par an de rentrées fiscales.

      Loin d’être félicité pour son sens civique, le « lanceur d’alerte » hongrois, démissionnaire du NAV, s’est vu étriller : plainte en diffamation, perquisition de son domicile et intimidations diverses.

      Sa mésaventure a convaincu Washington qu’aucune aide ne viendrait de Budapest dans l’affaire de l’entreprise américaine Bunge, qui produit de l’huile de friture et se plaint que ses concurrents sur le marché hongrois ne paient pas, eux, la TVA – moyennant des pots-de-vin aux fonctionnaires des finances.

      L’ombre de Gazprom

      C’est un journal proche du Fidesz qui a vendu la mèche, le 21 octobre, en suggérant que la décision américaine visait à détourner l’attention d’une enquête ouverte par l’administration hongroise… contre Bunge. Mais le contre-feu maladroitement allumé par Budapest est vite devenu un incendie incontrôlable.

      Le rapprochement de M. Orban avec Vladimir Poutine irrite au plus haut point Washington. Non content d’avoir, en pleine crise ukrainienne, signé un contrat nucléaire avec la Russie, puis mis en doute le bien-fondé des sanctions contre Moscou, le premier ministre hongrois a fait interrompre les livraisons de gaz à l’Ukraine.

      Lundi 3 novembre, la Hongrie a franchi un pas de plus : le Parlement hongrois a modifié la loi sur l’énergie, de manière à permettre au groupe russe Gazprom de faire avancer son projet de gazoduc South Stream (vers l’Italie, à travers les Balkans et l’Europe centrale), contre l’avis de la Commission européenne. Washington s’alarme aussi que l’entreprise pétrolière hongroise MOL, dont le chef, Zsolt Hernadi, est un intime de M. Orban, puisse céder à Gazprom les 47,47 % qu’elle détient dans la compagnie croate INA.

      Source : Joëlle Stolz (Budapest, envoyée spéciale),Journaliste au Monde, Le Monde, 6/11/14

       

       


      Par Jean Lévy - Publié dans : Europe - Communauté : Communard toujours !
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