Vendredi 4 juillet 2008

communauté : les anti-capitalistes

Ainsi, l'année même où le PC mutant s'apprête à abandonner sa référence au communisme (ce sera le plat de consistance du congrès de décembre), A. Krivine et O. Besancenot programment la « mutation » de la « Ligue Communiste Révolutionnaire » en « Nouveau Parti Anticapitaliste ». Devinette : quels mots malsonnants, quelles majuscules odieuses disparaîtront-elles prochainement des deux sigles, PCF et LCR, laissant les vrais communistes à la merci des chasseurs de sorcières qui montent en puissance dans l'Union européenne en proie à la fascisation ?

Il est vrai que nos grands révolutionnaires trotskistes n'en sont pas à leur coup d'essai. Depuis des années, Krivine et Besancenot pressaient la LCR d'ôter le mot « communiste » de son sigle ; et la base LCR avait d'ailleurs dit Oui à la majorité, sans cependant atteindre jusqu'ici la majorité des 2/3 nécessaire pour un changement de nom aux termes des statuts. Besancenot avait donc dû se contenter, en guise de mise en jambes, d'obtenir de la LCR qu'elle abandonne la sulfureuse référence à la dictature du prolétariat, imitant ainsi avec 30 ans de retard le geste suicidaire qui initia le processus d'autodestruction du PCF lors du calamiteux (mais si médiatique...) 22ème congrès de 1976...

Ce n'est pas tout. Déjà associée à la direction de la FSU par les dirigeants UA à la dérive, la tendance Ecole émancipée de la FSU, où la LCR-NPA fait la pluie et le beau temps, a sauvé le très pâle Gérard Aschiéri de la faillite lors du récent vote interne autorisant la FSU à signer le texte ministériel sur le « dialogue social dans la fonction publique ». N'ayant pas obtenu les 70% des voix nécessaires aux termes des statuts de la FSU, Aschiéri s'est alors livré à un chantage à la démission ; comme l'eût fait le premier dirigeant européen venu pour contourner un vote négatif, Aschiéri a fait re-voter la motion. Et là, surprise : le chef de file d'Ecole émancipée est venu déclarer à la tribune que pour ne pas mettre en crise la FSU, sa tendance « révolutionnaire » ne participerait pas au vote ; ce qui a permis à Aschiéri d'imposer à l'arraché son projet de collaboration de classes. Après ce type de compromission bureaucratique, la LCR-NPA pourra toujours fustiger les « états-majors de collaboration de classes » : c'est « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » !

Certes, pour récupérer quelques déçus du PCF, Besancenot s'est récemment découvert une soudaine passion pour... Cuba, espérant faire oublié que la LCR a incendié pendant des décennies le « régime castriste dégénéré » (sic) ! Le militant un peu expérimenté que je suis est prêt à parier que cette passion cubaine ne durera que le temps nécessaire pour « capter » les militants du PCF qui s'apprêtent à quitter ce parti devenu ouvertement réformiste. Pourtant, la LCR-NPA n'a pas bougé un doigt contre la répression qui frappe les militants restés fidèles au communistes dans les ex-pays socialistes ; la LCR s'est courageusement tue quand il lui fut proposé de condamner le fascisant rapport européen Lindblad qui amalgame l'URSS au Troisième Reich dans le but de criminaliser les communistes et de banaliser les fascistes ; et dans les années 80, la LCR a soutenu, comme Lutte ouvrière, tous les dynamiteurs du socialisme et du mouvement national de libération, de Gorby à Walesa en passant par les « combattants afghans de la liberté » (les talibans !) armés par la CIA pour abattre les forces laïques appuyées par l'Armée rouge qui exerçaient alors le pouvoir à Kaboul ; bref, malgré son verbiage ultra-révolutionnaire la LCR fut toujours en réalité du côté de la... contre-« révolution permanente » quand il s'est agi de choisir entre « le vent d'Est » et le « vent d'Ouest » !

Ce rappel de faits gênants n'empêche d'ailleurs nullement de reconnaître qu'à la base, beaucoup de jeunes militants LCR sont sincèrement « anticapitalistes », qu'ils sont souvent nos frères de lutte dans des actions syndicales dures... et que nombre d'entre eux seraient sans doute adhérents d'un vrai PCF si les Hue et autres Buffet n'avaient tout fait pour dénaturer et détruire le parti satellisé par le PS qui porte encore provisoirement ce nom...

Enfin la LCR-NPA rejette sommairement comme « nationaliste » toute lutte pour l'indépendance de la France, toute défense des acquis de la Libération (époque où les ministres « staliniens » Thorez, Billoux, Marcel Paul, Croizat, Tillon, etc. imposaient au gouvernement l'application du programme du CNR : sécu, retraites, statuts, mise hors la loi des partis fascistes, nationalisations...). Cette même LCR pousse des hauts cris dès qu'il lui est proposé de défendre notre héritage national républicain et laïque, invariablement qualifié de « bourgeois ». C'est ainsi que Besancenot refuse toute action commune pour sortir la France de l'UE du capital ; comme le PS, Buffet, Chérèque, Thibault et Mailly, la LCR-NPA « vend » à la jeunesse de notre pays le mensonge de l' « autre Europe »... ! Autant vouloir démocratiser cette Europe ultra-patronale que le « Plan B » qualifie à juste titre de Quatrième Reich !

En réalité, malgré sa phraséologie anti-PS, la LCR-NPA se comporte en flanc gauche de la social-eurocratie ; il est en effet impossible d'œuvrer à la révolution socialiste en France et en Europe sans appeler les travailleurs à exiger la France de l'UE impérialiste : de plus en plus désirée par les travailleurs d'Europe (76 % des ouvriers irlandais ont voté NON), une telle rupture (surtout si elle émanait d'un grand pays impérialiste comme la France) une rupture de la France avec l'UE déclencherait aussitôt une série d'affrontements de classes majeurs en Europe si le camp progressiste en prend résolument la tête au lieu d'abandonner l'indépendance nationale au « souverainisme » de droite. Mais la LCR suit le PS sur ce terrain décisif en parlant d'une « autre Europe » dans le cadre du régime capitaliste. En réalité, la LCR-NPA a peur de la révolution socialiste, car pour créer une situation révolutionnaire à l'échelle de l'Europe, qu'est-ce qui serait plus efficace que d'obtenir sur des bases progressistes la rupture de la France (ou de tout autre grand Etat capitaliste) avec l'UE de Maastricht ? Dans les faits, en « mutant » la LCR en NPA, les dirigeants de la LCR n'aident pas seulement à criminaliser le beau mot de communiste : ils renoncent aussi, pour protéger l'Europe de Maastricht et en dernière analyse, le PS, au beau mot de « révolutionnaire » !

Le fond des choses, c'est que les héritiers français du trotskisme ne se sont jamais dépris du slogan des « Etats-Unis d'Europe » prôné par Trotski et par l'Internationale social-démocrate, mais dénoncé par Lénine comme mot d'ordre social-impérialiste sous ses allures « internationalistes ». « En régime capitaliste, déclarait Lénine en 1915, les Etats-Unis d'Europe sont impossibles ou réactionnaires ». Malgré le verbiage « révolutionnaire » de la LCR-NPA, son rejet épidermique de la nation républicaine, sa prétention à « réformer » la construction européenne supranationale ou à imposer l'utopique « service public européen » pendant que le proconsul euro-américain Sarko détruit sans coup férir l'Education « nationale », la SNC « F », l'ED« F », le C « N » RS, ou la loi laïque de 1905 , etc. sont l'habillage révolutionnaire de l'EURO-REFORMISME et de l'EURO-NATIONALISME car cela revient à cautionner « de gauche » la construction du monstrueux Empire du capital européen.

Camarades communistes déçus par Buffet, jeunes révolutionnaires avides d'en découdre avec le capitalisme, le « prêt-à-porter » n'existe pas en matière de reconstruction communiste. Ne cédez pas à l'anticapitalisme décoloré de Krivine/Besancenot qui n'agitent si fort le drapeau rouge et ne crachent si fort sur le drapeau tricolore que pour mieux imposer en douceur le drapeau bleu de l'Empire européen. D'ailleurs, si Besancenot obtient un tel triomphe dans les sarko-médias alors que les vrais communistes y sont totalement censurés et diabolisés, y compris dans les villes où le PRCF obtient jusqu'à 13% des voix, « il doit bien y avoir une raison ». « Quand ton ennemi de classe t'applaudit, disait le militant marxiste allemand August Bebel, demande-toi quelle sottise tu as commis contre ton camp ».

Communistes, jeunes révolutionnaires qui comprenez que pour construire le rassemblement populaire contre l'UMPS et l'Europe du capital, il faut unir le drapeau rouge du prolétariat mondial au drapeau tricolore de la Révolution et de la Résistance antifasciste, reconstruisons ensemble NOTRE parti, le véritable Parti communiste français, car l'émancipation des communistes sera l'œuvre des communistes eux-mêmes !

***

Note : dans le « Canard » du 18 juin dernier, il est rapporté comment Sarkozy a interpellé Hollande et Buffet dans l'avion qui transportait tout ce beau linge au Liban : « vous nous avez bien emm... avec Le Pen pendant des années, a délicatement déclaré le chef de l'Etat. Maintenant on va vous niquer avec Besancenot »... On sait que Sarko, alors ministre de l'Intérieur, a permis au « facteur » d'obtenir in extremis les 500 signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle. Le ministre de la police-candidat a alors très officiellement écrit aux maires de France pour leur suggérer obligeamment de signer pour les « petits candidats » (suivez mon regard) en citant nommément Besancenot dans les médias. Aurait-il jamais fait cette fleur à un VRAI candidat communiste, fût-ce pour gêner Royal ? Camarades, méfiez-vous des contrefaçons en ce moment crucial pour l'avenir du communisme en France ! Et si le NPA n'avait d'autre fonction réelle que d'occuper le terrain de la renaissance du vrai parti communiste au moment où le PCF est aux portes de l'autodissolution ?
 

source "initiative communiste - PRCF"

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Jeudi 3 juillet 2008

Ingrid Betancourt, libérée par un commando de l’armée colombienne, remercie Dieu, la Vierge, Sarkozy et Chirac, dans une déclaration faite à son arrivée à Bogota. « Elle serait rayonnante et apparemment en bonne santé », selon les dépêches d’agences, alors q’on la disait, il y a peu encore, gravement malade et proche de l’agonie…

Cette libération, connue tard dans la soirée du 2 juillet, fait la Une de tous les médias. Au-delà de l’aspect humanitaire – une femme, otage depuis plus de six ans, à moitié française de surcroît, retrouve la liberté ses enfants, sa famille – tous les commentaires politiques visent, pour s’en réjouir, à démontrer que cette action sonne le glas de « la guérilla marxiste » et constitue une victoire du président Alvaro Uribe et une défaite de son adversaire principal sur le continent sud-américain, Hugo Chavez. Enfonçant le clou, Bernard Guetta sur France-Inter, ajoute cette précision qu’il veut perfide, visant le président du Venezuela, « l’ami de Mahmoud Ahmadinejad »…

Ainsi, Alvaro Uribe triomphant,  devient le symbole de la victoire de la ‘démocratie’ à la mode occidentale. Certes, les journalistes ont de la peine à cacher que le président colombien est sous le coup d’une enquête des plus hautes instances de la justice de son pays, accusé de fraudes et de corruption, lors des élections présidentielles de 2006. Chacun connaît, d’autre part, ses liens étroits avec les fameux paramilitaires, les « escadrons de la mort », qui sèment la terreur parmi la population pauvre du pays, multipliant les exactions sanglantes, les meurtres de masse, les tortures généralisées à l’égard des paysans qui ont l’audace de cultiver les terres des propriétaires fonciers. De hauts militaires, des sénateurs, des députés, des ministres, proches du Président, sont accusés de collaborer avec les tortionnaires. Certains se retrouvent en prison.

Cela n’empêche pas nos médias de célébrer Alvaro Uribe, le « vainqueur » des FARC. Toutefois, on apprend que les forces armées colombiennes, dont un commando a mené l’opération, bénéficient du soutien logistique et matériel, non seulement des Etats-Unis, mais également de celui de l’Etat d’Israël.

Les amis de nos amis sont nos amis.

Ce qui explique l’enthousiasme de nos médias.

 

 

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mardi 1 juillet 2008

Le Président s’est octroyé, lundi, une heure de grande écoute, de 19 à 20 heures sur France 3, pour faire la ‘pub’ de l’Europe, celle de sa politique, la sienne propre. Il s’agissait sans doute d’un ‘supplément’ à la campagne de promotion personnelle qui va coûter au budget la coquette somme de 4 millions d’euros…

Hier donc, Nicolas Sarkozy a tenté de reprendre la main pour reconquérir l’audience perdue depuis un an.

Tout, dans sa façon de s’exprimer, de présenter les choses, était calculé dans cette perspective. Il reprenait avec virtuosité, les accents d’un Tintin naïf, plein de ce faux bon sens, qui « déteste les tabous », parle « vrai ». Pourtant, à l’écouter, on ne pouvait s’empêcher d’évoquer le bonimenteur qui joue au bonneteau, déplaçant les cartes de telle manière que le gogo qui se laisse prendre croit à la fausse évidence du choix proposé.

L’exercice auquel s’est prêté le Président de la République, visait à « vendre » les oripeaux d’une Europe en perdition, présentée dans un nouvel emballage – « l’Europe qui protège » - conscient de la méfiance que procurait, aux Français l’Union européenne, telle qu’elle se présente aujourd’hui.

Pour réussir la démonstration, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à émettre des critiques vis-à-vis des choix de l’UE et de sa Commission, faisant siennes les revendications de couches de la population, victimes des oukases européens.

Il n’a pas manqué de défendre la baisse de la TVA à 5% sur la restauration, sur les produits audio, au nom du bon sens. « Pourquoi ce taux est-il appliqué sur les livres et non sur les CD et les DVD ? ». « Les pêcheurs doivent pouvoir vivre de leur pêche », oubliant sa verte réplique aux marins de Guilvinec. Et d’insister sur la nécessité d’une « fiscalité européenne commune » pour éviter le dumping.

Et aux questions précises des journalistes qui l’interviewaient, « Croyez-vous pouvoir convaincre les autres membres de L’Union ? », Sarkozy, prudent, se limite alors d’évoquer « l’avancement » des dossiers litigieux. Et non leur règlement.

Sarkozy, fidèle à sa tactique, s’est identifié aux craintes populaires pour s’en faire le héraut auprès de ses homologues. Mais il rejette vite les revendications sociales. Pas question d’imposer un ‘Smic européen’, qui, « face aux disparités entre les pays, ne pourrait être que d’un montant inférieur au nôtre ». De toute façon, il affirme que ‘le social’ est du seul ressort national, citant la Sécurité sociale, les retraites. « Voyez-vous le montant de vos pensions fixées par de Etats étrangers ? », oubliant que les « réformes » en cours (âge de départ, réduction des déficits…), résultent des orientations prises par l’Union européenne, à travers ses traités de Barcelone, d’Amsterdam ou d’ailleurs.

Nicolas Sarkozy s’est fait, en permanence, le défenseur de la construction européenne. Président, au nom de la France, l’UE durant le second semestre 2008, il vise à modifier, non sa politique, mais la perception que les Français ont d’elle. Et de prétendre que le traité de Lisbonne, ratifié par nombre de Parlements, dont en premier celui de la France, est légitime. Il a simplement « oublié » que celui de l’Irlande s’était prononcé à 95% en sa faveur, décision jugée « illégitime » par le peuple irlandais. Et que s’il a décidé de recourir, en France, à la voie parlementaire, c’est, selon ses propres dires, du fait qu’un référendum populaire aurait rejeté le traité !

Il a également défendu sa politique d’émigration, non sans évoquer « qu’il avait un cœur » et qu’il traitait ce problème, dans l’intérêt national et avec un souci humanitaire constant. C’était faire peu de cas de la manière dont les sans-papiers sont traités, aussi bien dans les centres de rétention (entassés sans hygiène dans des locaux vétustes), et lors de leur rapatriement aérien, menottés et gardés comme des criminels. Sarkozy a prôné une politique commune de l’Union, en la matière, en rappelant que la détention peut aller jusqu’à deux ans en Allemagne, et demeure illimitée en Grande-Bretagne. Ce qui n’augure rien de bon, en cas d’harmonisation…

En clair, le président de la République, en utilisant sans vergogne la télé publique pour sa propagande, s’était donné pour tâche, de réhabiliter l’idée européenne à la sauce sarkozienne, et de se donner le rôle du maître queue, plein de bon sens, sensible à l’opinion publique, qui tout dépendait de lui, nous mijoterait une Europe à la carte, dont chacun se pourlécherait les babines.

Mais c’est oublier que notre «chef  cuisinier » dépend d’une chaîne et qu’il n’est là que pour satisfaire ses employeurs. Ceux-ci possèdent des 5 étoiles aux MacDo, avec des menus « à la carte » répondant à chacune des clientèles.

C’est tout l’art de Nicolas Sarkozy de faire prendre un Quick pour le Fouquet’s.

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Vendredi 27 juin 2008

LETTRE AUX AMIS DU PLAN B

 

Nous devons maintenant attendre trois mois pour déguster, à nouveau, LE PLAN B !

L’été va paraître long, sans cette médecine forte, pour affronter, du matin au soir, à la radio, à la télé et dans les journaux, la machinerie médiatique qui, quotidiennement, nous fait hurler.

A chaque numéro, le plaisir est intense de lire, noir sur blanc, exactement ce que nous pensons, : un sentiment de colère, sans cesse renouvelé, le matin, à l’écoute de France Inter, à midi, de France Culture, le soir des infos d’Arte et de France 2 .

Plus, pour couronner le tout, la lecture du Monde.

Chacun mesure le degré d’exaspération dans lequel on peut, dans ces conditions, se trouver.

On comprend « la haine » ressentie dans « les quartiers », comme on aime, dans ces médias, nommer la banlieue ouvrière.

C’est dire la joie gourmande qui vous saisit quand le marchand de journaux vous tend le numéro de PLAN B, qui vient de paraître. Sa lecture – on déguste page après page – réconforte.

Enfin, tous ces petits marquis des médias sont déculottés et vivement bastonnés, pendus aux réverbères « sardons ».

Un peu d’air pur ravigote.

Nous sommes vengés !

Merci au PLAN B !

Avec toutes mes amitiés, et au mois d’octobre …

 

Jean LEVY

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Vendredi 27 juin 2008

COMITE VALMY    PRCF     RCR    CRGG

ARC REPUBLICAIN DE PROGRES

Samedi  21 juin des représentants du Comité Valmy, du Pôle de Renaissance Communiste en France, du Rassemblement des Citoyens pour la République et du Collectif Républicain de la Gauche Gaulliste se sont rencontrés et ont décidé de se coordonner pour la réalisation d’actions communes et la recherche d’une alliance durable, dans un rassemblement républicain, patriotique et de progrès social à construire, que nous nommons: Arc Républicain de Progrès.

Cette rencontre à été rendue possible à partir des convergences qui existent entre nos organisations :

  • En premier lieu sur l'accord existant quant au programme du Conseil National de la Résistance, qui demeure l'énonciation la plus limpide des principes du régime politique et social que nous voulons aujourd'hui pour la France, et dont nous souhaitons la réactualisation, dans la perspective d’une politique alternative conforme à l’intérêt du  peuple et de la nation, de la reconquête de leur souveraineté.
  • En second lieu sur la nécessité de s'affranchir de l'Union Européenne irréformable, de défaire les traités européens supranationaux en les remplaçant, par des traités de coopération, rendant leur liberté aux Etats et aux nations, et qui permettraient également de rompre avec les politiques néo-libérales qui leur furent imposées. Les volontés populaires exprimées lors des référendums français, néerlandais et irlandais doivent être respectées, les peuples ne veulent plus de ce système fédéral.
  • Mais aussi sur le fait que notre combat s’inscrit dans un contexte international de lutte pour l'indépendance des Nations et des peuples souverains, pour la paix et dans un monde multipolaire, contre tous les impérialismes et en premier lieu, contre celui des USA et la globalisation néo-libérale qu'il orchestre, contre tous les agissements qui visent à provoquer des chocs de civilisations.

Il est prévu que d’autres organisations et des personnalités soient invitées à rejoindre ce rassemblement qui a naturellement vocation à s’élargir car il s’inscrit dans une démarche de Résistance et d’union du peuple Français autour de la Nation et de la République. Une perspective de rassemblement populaire que nous considérons comme étant majoritaire.

Pour le Comité Valmy : Claude Beaulieu    info@comite-valmy.org

Pour le PRCF : Georges Gastaud

Pour le RCR : François Bunner

Pour le CRGG : Gilles Bachelier

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Vendredi 27 juin 2008

Un Texte publié par El Diablo...

L
e militant communiste lit l' « Humanité ». C'est le journal de son parti et il y recherche les nouvelles ou les commentaires susceptibles de conforter sa foi dans les idées qui fondent son engagement. Le 3 juin dernier son journal s'ouvre sur une grande page noire annonçant la mort d'un grand couturier. Sans le laisser complètement indifférent, l'événement ne le plonge pas dans l'affliction qui met en effervescence la rédaction du journal. Il tourne les pages et un certain agacement le gagne quand, pour dépasser un sujet qui ne le passionne pas, il doit en franchir cinq entièrement remplies de faits et gestes du personnage disparu. Il sait qu'il fabriquait des robes qu'on lui a montrées à la télé, mais d'une telle excentricité qu'aucune personne de son entourage ne se risquerait à les porter. Ce Monsieur était un artisan du paraître et de l'inutile. Mais le paraître et l'inutile font parfois rêver les dames, et il est important de les laisser aller à leur rêve, ou à leur nostalgie quand le prince des vanités disparaît.
Mais tout de même cinq pages !
Bon, et le communisme dans tout ça ? Rien dans ce numéro ni dans les suivants jusqu'au 6 juin. A cette date un grand article est consacré à un discours de M.G. Buffet à propos du prochain congrès. Notre ami militant, qui a lu et entendu cent fois les mêmes propos, sait qu'une opposition se dessine au sein du Parti et il voudrait bien en savoir davantage. Il a entendu parler du Maire de Vénissieux, André Gerin, qui présente sa candidature au secrétariat général du Parti. Pas un mot dans son journal. Pas un mot non plus de la contestation regroupée autour de la section de Paris 15e. Il faut attendre la fin de l'article pour lire des extraits de « Libération », apparemment mieux renseignée que l'«Humanité», au sujet des seules oppositions de Hue et de Gayssot.
Bientôt il n'achètera plus l'Huma !

Georges, militant du PCF, Section de Béziers

 

source : « blog pcf béziers »

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mercredi 18 juin 2008

Nicolas Sarkozy a rendu publique la nouvelle politique de défense qu’il entend imposer à la France. Pour rendre « efficace » l’Armée française, selon les propos du président, il faut réduire ses effectifs et la doter des matériels les plus sophistiqués. L’objectif, c’est de disposer d’une force de 30.000 hommes, rompue au combat et disponible en six mois. Ce nombre restreint de soldats mobilisables, son armement réduit à quelques centaines de chars Leclerc, de Rafales et d’unités navales, explicitent clairement les buts de la réforme. Son objectif est de posséder une force d’intervention rapide pour la projeter sur l’ensemble de la planète, jusqu’à 8000 kms, afin de protéger "nos intérêts" dans le monde.
De quels intérêts s’agit-il ?
Bien sûr, il s’agit du pétrole et des sources de matières premières. On se croirait revenu au bon vieux temps de la politique de la « canonnière ».
Mais, au-delà de cette perspective, c’est l’intégration de notre armée dans l’OTAN, c’est-à-dire dans l’Alliance militaire dominée par les Etats-Unis, dont il est essentiellement question. Ainsi, l’Armée française deviendrait une sorte de « Légion étrangère » au sein de l’US Armee*.
Ce qu’avait délibérément refusé le général de Gaulle.
Tout au long de notre histoire républicaine, l’Armée était, disait-on à l’époque, le garant de la défense nationale.
Le service militaire obligatoire, depuis la IIIe République, permettait, en permanence, d’associer la Nation à la protection du territoire.
Certes, cette idée fut transgressée souvent au profit de guerres de conquêtes coloniales, et de guerres impérialistes.
Mais, la levée en masse, lors de la Révolution française, pour sauver la patrie et la République, les francs-tireurs de 1871, se substituant à l’armée impériale en déroute, les FFI durant la Résistance (dont les FTP furent une avant-garde héroïque), la colonne de volontaires du colonel Fabien, en Alsace, en 1944, montrent l’efficacité d’un peuple en armes, au service de la Nation.
La suppression du service militaire, il y a quinze ans, pour le remplacer par une armée de métier, a créé la première brèche dans l’idée de « défense nationale ».
Certes, il fallait revoir nombre d’aspects vétustes et dégradants de ce service. Cependant, en excluant les citoyens des moyens de défense du pays, le pouvoir visait déjà à revoir la nature même du rôle de l’armée. Avec son « Livre blanc », le pouvoir sarkozyste va plus loin. C’est la notion même de « défense nationale »qui est mise en cause. A celle-ci, est substituée la notion d’interventionnisme militaire mondial.
Nos paras pourront crapahuter partout où les intérêts du Capital seront jugés en danger. Les forces françaises seront mises à disposition de la stratégie de l’appareil militairo-industriel US.
Le président de la République « réforme » dans ce domaine comme dans les autres au profit exclusif d’intérêts privés, y compris d’outre-atlantique.
C’est l’avenir de la France qui est en jeu.


*Rappelons que le budget militaire des USA représente à lui seul 50% des dépenses mondiales d’armement, soit autour de 500 milliards de dollars, alors que le budget russe

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mercredi 11 juin 2008

En France, nous sommes en "démocratie". Tout le monde le dit. L'arc-en-ciel politique, dans son ensemble,  le répète. Qui oserait prétendre le contraire ?
Et pourtant, le "Clan de la Finance" impose, "démocratiquement", à la grande majorité des salariés, des privés d'emplois et des retraités, des conditions de vie chaque jour plus difficiles, des horaires sans fin à la discrétion des patrons, des conditions de travail accablantes, des salaires réduits, la précarité organisée, le chômage réparti sur le plus grand nombre, aec des droits sociaux en régression constante.
"Ce sont les Français qui l'ont voulu en élisant Sarkozy !"
et, pourrait-on ajouter, en votant pour une majorité parlementaire à sa botte. 
Nous sommes là au coeur du débat. 
Comment une infime minorité de privilégiés, d'aristocrates de la finance, peut-elle se servir du suffrage universel, pour écraser de leurs talons de fer, le monde du travail, au nom de la "démocratie" ? On peut rappeler que seuls, 43% du corps électoral (si on tient compte des bulletins blancs et des abstentions) se sont prononcés pour l'actuel président. Et que celui-ci en tire sa légitimité pour légiférer contre les intérêts du peuple.
Mais ce n'est pas l'essentiel.
Voyons plutôt d'abord, comment se déterminent les électeurs.
Rappelons-nous : pendant plus d'une année, les médias, tous les grands médias - qui ne font qu'un avec l'aristocratie de l'argent - ont, jour après jour, martelé sur tous les tons, que seuls deux candidats (qu'ils avaient présélectionnés), avaient une chance d'être élus. Tous les deux, bien entendu, vantaient les mérites de la loi du marché et de la libre concurrence; tous deux, comme un seul homme (si on peut dire...), chantaient les vertus de l'Union européenne. Tel était le seul "choix" laissé aux électeurs.
Nicolas Sarkozy fut le plus habile dans l'art de manier la démagogie.
Il était le mieux placé, aux yeux de ses mentors du CAC 40, pour réaliser leurs objectifs.
Il fut donc élu, et dans la foulée, une majorité de députés UMP représentant une minorité d'électeurs. Car le système électoral, mis en place depuis la Ve République, vise à éliminer les minorités, qui, au total, représentent la majorité des citoyens. Seuls demeurent en lice au second tour l'un des deux partis, qui depuis des décennies se partagent le pouvoir alternativement. C'est ce qu'on appelle le "bipartisme" - une sorte d'animal bipède qui possède deux pattes pour un seul corps - qui garantit la continuité en politique, quel que soit le vainqueur. 
Certes, depuis qu'il existe, le suffrage universel à été détourné de son objectif - représenter honnêtement l'ensemble des citoyens - par divers
 expédients utilisés pour en fausser les résultats :  la loi électorale remaniée en permanence, le sytème proportionnel, seul véritable miroir de l'opinion, rejeté par les gouvernants, le "découpage" des  circonscriptions en faveur du parti au pouvoir, les conditions d'accès aux seconds tours pour évacuer du scrutin les candidats non admis dans la ronde de l'alternance, tout est mis en oeuvre pour fausser le vote et obtenir une Assemblée conforme aux voeux de la classe dirigeante.
Au-delà des péripéties et des "magouilles" électorales, l'objectif recherché est de maintenir les "élites" à la direction des affaires, sans que le peuple y mette son nez. On peut compter  le nombre d'ouvriers, d'employés et de chômeurs, qui figurent parmi les élus. Il serait intéressant d'étudier l'origine sociale des députés (et celle des sénateurs), comparée à la population.  Cette "ségrégation" n'est pas fortuite. Elle est, au contraire, l'objectif recherché. Vous vous rendez compte des effets d'une Assemblée dans laquelle plus de cent députés seraient des salariés au Smic ou à la recherche d'un emploi ?
Au XIXe siècle, pour empêcher les pauvres de voter, la bourgeoisie de l'époque avait inventé le cens électoral. Il fallait posséder une certaine fortune pour participer au scrutin. Aujourd'hui, un résultat pratiquement identique est atteint avec des moyens "démocratiques".
Les "représentants du peuple" n'appartiennent pas à la même classe que leurs électeurs.

Mais le pouvoir n'est même pas dans les mains des élus.
Les députés n'ont pas l'iniative des lois.
Avec la Ve République, les décisions appartiennent au Président. Ainsi, Nicolas Sarkozy a décidé que le peuple ne sera pas consulté au sujet du traité de Lisbonne,  car, a-t-il dit, "la réponse serait NON". Quoi de plus "démocratique", en vérité ?
De même, l'Assemblée n'est pas consultée au sujet de l'envoi de troupes, et de leur engagement dans un conflit, sur un territoire étranger. Cela ne concerne pas, selon la Constitution, les représentants du peuple. C'était vrai hier avec Jospin en Afghanistan. Ca continue sous Sarkozy.
Quant à la liberté de la presse et des médias, dans notre pays, le fait qu'elle soit confisquée par les puissances d'argent, n'altère en rien l'dée qu'elle demeure le symbole de la "démocratie" !

Mais soyons justes. La "démocratie"  fonctionne de la même manière dans les autres "grandes démocraties". Aux USA, le Président décide de faire la guerre sur la base de mensonges avérés. Que pensez-vous qu'il advint ? Les Etats-Unis poursuivent la guerre depuis cinq ans, sans que le Président ait à répondre de ses actes et du sang répandu. Qui oserait dire, au sei de notre "élite médiatico-politique", que le gouvernement de Washington n'est pas "démocratique" ? Le cas "étatsunien" n'est pas isolé. Malgré ses forfaits quotidiens, sa politique de domination coloniale, l'Etat d'Israël n'est-il pas considéré comme le modèle "démocratique" par excellence ?
En Grande-Bretagne, un gouvernement peut diriger la pays avec une majorité d'élus représentant seulement 36% des suffrages exprimés, soit un électeur sur trois, grâce à une loi électorale sur mesure. Est-ce bien "démocratique" ?
Ailleurs, en Allemagne comme en Autriche, par exemple, les partis sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates, qui se combattent pendant la campagne électorale, face aux citoyens, s'entendent, après le scrutin, pour gouverner ensemble sans se soucier des promesses faites. Pourtant, ces deux pays font partie des "grandes démocraties"...
En réalité, le vocable "démocratie" n'est qu'un slogan publicitaire, qui n'engage en rien la firme qui l'affiche. C'est un certificat de "bonne conduite" que se donnent  les puissances dominées par le Capital, contre les Etats qui ne se conforment pas à ses vues et ses intérêts. La "démocratie" n'est qu'un déguisement habile et cynique du pouvoir de l'Argent, dont il se pare pour faire illusion. 
Il appartient aux peuples de ne pas tomber dans ces filets.
 

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mercredi 11 juin 2008

Chacun connaît la phobie du Monde à l'égard de certains Etats et de diverses forces politiques étrangères. Le quotidien voit "rouge" (c'est une façon de parler), dès qu'il est question de l'Iran, et spécialement de son président, Mahmoud Ahmadinejad, de la Russie de Poutine, de la Lybie du colonel Kadhafi, de la Chine populaire, du Hezbollah de Hassan Nasrallah.
Aussi, le lecteur attentif a dû être fortement surpris à la lecture de la page 17 (intitulée Débats),  du Monde, daté du 12 juin.
Le titre d'un article semble s'adresser au journal, comme un reproche :
"Regardons la Chine à l'endroit", suivi de :
"L'envers du décor - politique et social - ne doit pas occulter un développement sans précédent".
Les auteurs, Michel Godet, professeur au CNAM, et Francis Mer, ancien ministre de l'Economie (qu'on ne peut taxer de "populisme", ni, à priori, de sympathie pour le régime de Pékin !), reviennent d'un voyage d'étude dans l'Empire du Milieu . Après avoir rendu hommage à la pomptitude et à l'efficacité des secours mis en oeuvre par le gouvernement face à la catastrophe provoquée par le tremblement de terre du Sichuan, ils ironisent sur "nos médias bien-pensants qui s'inquiètent aujourd'hui de la Chine".
Répondant aux critiques méprisantes et apitoyées des esthètes, qui regrettent la destruction des vieux quartiers des cités impériales, Michel Godet et Francis Mer écrivent :
"Déjà, New-York fait pâle figure comparée à l'incroyable Shanghaï, où les gratte-ciel poussent comme des champignons de toutes les couleurs en se lançant des défis de beauté architecturale. De la dictature communiste, il reste l'autorité centrale qui impose et organise l'économie socialiste (ou plutôt impériale) de marché. Elle permet en efffet de raser d'un coup des quartiers insalubres, mais pour les remplacer par des immeubles en hauteur de bonne facture avec tout le confort moderne, à commencer par la climatisation".
On entend d'ici les propos grinçants des censeurs qui intiment l'ordre aux voyageurs de parler plutôt de la Chine intérieure, où la misère suinterait en tous lieux !
Justement, nos narrateurs y viennent :
"Même dans la Chine profonde, les magasins regorgent de produits de base et de superflu, et les policiers rencontrés, comme partout ailleurs dans le monde, sont plutôt rares et généralement équipés seulement d'un téléphone portable".
Après voir rappelé que la Chine "n'est plus un pays sous-développé" (le PIB par habitant atteignait, en 2006,  7500 dollars - dix fois plus qu'en 1980), les auteurs de l'article insistent sur les progrès foudroyants de l'économie chinoise, et de ses répercussions sur le quotidien des habitants. Ainsi, ils signalent que "les Chinois nous aurons rattrapés avant 2030. Ils nous devancent déjà en ce qui concerne les deux-roues : à Shanghaï et illeurs, les vélos et les scooters sont silencieux car électriques". Et d'ajouter :
"Ce formidable effort d'investissement dans les infrastructures et les équipements collectifs a été rendu possible grâce à une épargne équivalente à 40% du PIB et entièrement canalisée par le système bancaire d'Etat".
Après avoir reconnu que le développement économique "profite surtout à la Chine du littoral (qui, avec 14% de l'espace, concentre 43% de la population (cela représente toutefois plus de six cents millions d'habitants !), alors que celle de l'Ouest, où ne vivent que 11% des Chinois, ne dispose que 7% du PIB), Michel Godet et Francis Mer abordent la question du Tibet. Sur ce sujet, après avoir rappelé que cette région fait partie intégrante de la Chine depuis le XIIe siècle, ils notent que la population (92% de Tibétains), est passée de 1,1 million en 1951 à 2,8 aujourd'hui "grâce à la baisse de la mortalité infantile".
Enfin, les auteurs constatent que le régime reconnaît "les coutumes et les droits des 55 minorités qui représentent seulement cent millions d'habitants sur un total de 1,3 milliard".

Certes, on peut contester les affirmations et les chiffres donnés dans cet article.
On peut discuter des appréciations qui s'y trouvent.
Mais les éléments avancés par eux, et par bien d'autres sources, devraient conduire  Le Monde à être plus circonspect dans ses jugements négatifs et sommaires de la réalité chinoise et davantage pluraliste en ce qui concerne les opinions exprimées à ce sujet, et pas seulement dans la page Débats.
Cela vaut pour la Chine, bien sûr, mais aussi vis-à-vis des autres pays dont le régime déplait au quotidien.
La crédibilité du Monde s'en trouverait améliorée.
Mais c'est peut-être trop demander au journal ? 

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Jeudi 5 juin 2008

Au cours du XXe siècle, les Français s'étaient crus à l'abri des catastrophes, protégés par une "muraille de Chine", faite d'avancées sociales et de lois démocratiques, acquises au cours de l'histoire depuis la grande Révolution. Ils considéraient ce rempart comme inébranlable pour assurer leurs libertés. Certes, de temps à autres, des menaces se faisaient jour. Alors le peuple uni montait au créneau et chassait l'intrus. Ces moments héroïques se nommaient le Front populaire et la Résistance.
Parfois, la Providence, ou du moins un personnage qui se faisait passer pour tel, se hissait au haut du donjon pour, disait-il,  conjurer le péril qui menaçait la République. Mais l'illusion ne durait pas. Un décennie au pire. 
Pourtant, le danger était ailleurs : un genre de termites, subrepticement, minait l'édifice. Cette engeance sussurrait :
"
La muraille  nationale enserrait le pays dans un espace trop restreint".
"
Il fallait ouvrir des portes sur l'extérieur
".
Et de creuser ici et là des ouvertures nouvelles.
"Conservons les remparts. Ils feront une belle promenade !", répétaient leurs maiîtres d'oeuvre. Cette perspective de "moderniser" l'édifice rencontrait un écho dans l'opinion.
Puis des voix autorisées n'eurent de cesse de crier à la réforme de la vie dans la cité. "Il faut désenclaver le travail, supprimer les entraves au progrès, les lois désuètes !". Et d'ajouter : "Il faut que chacun puisse circuler librement au-delà de la muraille, et que les autres entrent chez nous sans façon".
On s'émerveillait de voir s'étendre le champ des promenades, les lieux de rencontres.
Pendant ce temps, la muraille, qui cessait d'être entretenue, laissait apparaître des fissures de plus en plus menaçantes. Le personnel, dont le rôle était de surveiller l'édifice, prit, peu à peu, quelque distance avec la sécurité des lieux. De véritables lézardes se firent jour. L'enceinte menaçait de s'écrouler sur les habitants.
Certes, des voix s'étaient élevées au fil des ans, pour annoncer le danger. Une pétition massivement signée avait exigé des travaux de réparation. Sans résultat.
"Pourquoi consolider une muraille en ruine, qui ne protège plus rien, ni personne ?" répondaient les autorités. Et d'ajouter : "Il vaut mieux l'abatttre, pour raison de sécurité !".
On aurait voulu entendre sonner le tocsin pour réveiller le peuple, le rassembler pour defendre la cité. Ce fut un grand et lourd silence
Les édiles regardaient ailleurs, parlant du temps qu'il fait, préoccupés par leur devenir personnel.
C'est ainsi que la population s'est réveillée un jour sans sa muraille.
Les voleurs de droits sociaux, les escarpes de la finance, le clan du CAC 40, se mirent alors à piller à qui mieux mieux les biens communs, les richesses de la Ville, l'ensemble des citoyens jusqu'au dernier savetier, sans remparts ni personne pour les protéger.
Une leçon àméditer

par Jean Lévy publié dans : Politique
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