Dimanche 11 mai 2008


Nous sommes donc le 13 mai 1958, à Alger.
La foule européenne d'Alger répond massivement à l'appel lancé par le Comité de vigilance, regroupant les associations "Algérie française". Elle envahit le siège du Gouvernement Général, qui est mis à sac. L'armée laisse faire, puis les "paras" occupent le batiment officiel. Le général Massu se montre sur le balcon du GG, entouré de ses "bérêts rouges", des responsables de groupes activistes algérois (qui ne cachent pas leur attirance pour le fascisme), mêlés à des personnalités, qui se réclamant du gaullisme( Delbecque, Soustelle), complotent pour le compte du général.
Massu donne alors lecture de son télégramme au Président Coty :
"Vous rendons compte création Comité Salut public civil et militaire sous ma présidence, moi, général Massu en raison gravité situation et nécessité absolue maintien de l'ordre et ce pour éviter toute effusion de sang, exigeons création à Paris, d'un gouvernement de salut public, seul capable de conserver l'Algérie partie intégrante de la métropole".
La population pied-noir est en liesse. L'armée a franchi le pas.
A 23h35, du même balcon, le général Salan annonce :
"Je prends provisoirement en main les destinées de l'Algérie française..."

A Paris, la nouvelle du putsch - car c'est un putsch ! - arrive à l'Assemblée au moment où celle-ci vote la confiance à Pierre Pfimlin, par 274 voix contre 129, les communistes s'étant abstenus. Le 15 mai, les Confédérations syndicales réagissent. La CGT s'adresse aux autres organisations syndicales pour organiser une riposte commune, et préconise la constitution de comités de vigilance. FO et la CFTC, tout en condamnant les "factieux d'Alger" et en appelant les travailleurs à la vigilance, s'en tiennent à des conseils de prudence. La FEN demande à ses responsables départementaux d'intervenir auprès des préfets pour "affirmer leur volonté de défendre les institutions républicaines".
"L'Humanité" barre sa Une d'un vigoureux "Alerte au fascisme !".
La Bourse du 14 mai reste calme. "Pas de gros remous sur le marché", note Paris Journal.
Le 15 mai, le général de Gaulle tient une conférence de presse. Il se déclare "prêt à assumer les pouvoirs de la République". La déclaration fait sensation.
Si certains considèrent de Gaulle comme une personnalité "au-dessus de la mêlée", susceptible de ramener le calme, d'autres, les communistes en tête, dénoncent le "complot". L'Humanité titre, le 16 mai, "De Gaulle jette le masque", et en-dessous "Le chef des généraux factieux revendique le pouvoir personnel" et "A bas la dictature militaire!". Le ton est donné.
Le 20 mai, nouvelle conférence de presse du général.
De Gaulle justifie les évènements d'Alger et l'attitude des chefs militaires :
"Les Français d'Algérie ne veulent pas se séparer de la métropole. Car, on ne crie pas "Vive de Gaulle' quand on n'est pas avec la nation. Dans ces conditions, l'armée qui constatait cette immense émotion populaire, l'armée a jugé de son devoir d'éviter que le désordre ne s'établisse. Elle l'a fait et elle a bien fait".
Et répondant à l'inquiétude initiée par son attitude, le général sort sa phrase célèbre :
"Croit-on qu'à 67 ans, je vais commencer une carrière de dictateur ?".
Mais déjà, des tractations politiques sont menées bon train. Antoine Pinay, ancien président du Conseil, l'un des leaders de la droite (il fut titulaire de la Francisque, décernée par Pétain), invite Guy Mollet à rencontrer de Gaulle, et le Président Coty menace de démissionner si la solution 'de Gaulle' n'est pas retenue...
Le 24 mai, des parachutistes, venus d'Alger, prennent le contrôle de la Corse.
Le plan "Résurrection", nom de code donné à l'opération d'Alger, se développe.
A Paris, une édition spéciale de L'Humanité contre le "complot gaulliste" est saisie par le gouvernement. 
Le 27 mai, un communiqué du général de Gaulle annonce :
"J'ai entamé hier le processus régulier nécessaire à l'établissement d'un gouvernement républicain, capable d'assurer l'unité et l'indépendance du pays".
Des manifestations favorables aux mutins d'Alger ont lieu aux Champs-Elysées.
Après "une journée d'action pour la défense de la République" organisée le 27 par la seule CGT, le 28 se déroule, de la Nation à la République, une puissante manifestation qui regroupe l'ensemble des partis de gauche et des organisations syndicales. Elle rassemble 300.000 personnes.
Mais il est bien tard. Le président de la République, utilisant le chantage à la guerre civile (on parle de l'envoi de bataillons de paras  qui seraient lâchés sur Paris), fait le forcing pour obtenir des formations politiques leur accord pour la formation d'un gouvernement présidé par le général de Gaulle, dans lequel l'ensemble des partis trouverait leur place. Sauf le Parti communiste français. Le nouveau gouvernement, ainsi constitué, serait doté des pleins pouvoirs, et soumettrait le texte d'une nouvelle constitution, ratifiée ultérieurement par référendum. Coty exige que le Parlement ratifie cette solution, et met en balance sa propre démission. Pendant ce temps, des émissaires parlementaires vont s'entretenir avec de Gaulle. Guy Mollet y joue un rôle essentiel.
Le 1er juin, le général est investi à l'assemblée, par 309 voix contre 224. Il obtient "les pleins pouvoirs" par 329 duffrages contre 224. Toute la droite, le MRP (mouvement d'inspiration catholique, issu de la Résistance), et la majorité du groupe radical, votent pour, ainsi que 45 députés socialistes - sur 95 - . Les 141 élus communistes votent contre, de même que 49 socialistes, 18 radicaux dont Mendès-France, et François Mittérand, de l'UDSR.
L'évènement est salué par la Bourse :
"Espoir a la Bourse de Paris, fortes hausse des valeurs françaises et vif recul de l'or",
note Paris journal, du 3 juin.
Le 4 juin, de Gaulle se rend à Alger, et dans diverse villes d'Algérie. A Mostaganem, il lance  à la foule qui scande "Algérie française !", le fameux "Je vous ai compris !".

Deux semaines durant, la France a été secouée par une crise de régime.
La IVème République est morte. Certes, elle a été emportée par les subresauts de la guerre perdue d'Indochine, d'abord, puis de celle d'Algérie, qu'elle a menée pendant quatre ans, sans succès, et au prix d'un traumatisme profond de la population française.
 
Mais est-ce la seule raison de ce bouleversement politique ?

En 1945, à la Libération, le grand patronat, compromis qu'il était dans la collaboration avec l'ennemi,  avait dû transiger avec les forces sociales et politiques, issues de la Résistance. Celles-ci avaient fait siennes le programme du CNR. Le patronat avait alors tenu compte de la puissance du Parti communiste français, le premier parti de France, et de celle de la CGT
réunifiée. 
Le rapport de force ne lui était pas favorable.
Le combat de classe a de nouveau éclaté,  en 47 et 48, lors des grandes grèves ouvrières, durement réprimées par les gouvernements à direction socialiste, alors que sur le plan international, "la guerre froide" opposait l'impérialisme américain au bloc socialiste.
Les forces du Capital reconstituées ont voulu prendre leur revanche.
Mais leurs intérêts économiques ne pouvaient plus se contenter des aléas d'une démocratie . Il leur fallait un pouvoir fort, concentré, à son service.
C'est le sens du "complot du 13 mai"  : liquider le régime parlementaire et lui substituer un système de pouvoir personnel, apte à annihiler les oppositions.

Nous verrons, le moment venu,  avec la Vème République et sa constitution, en septembre 1958, l'aboutisement d'un régime qui répondait aux vues du capital monopoliste, en formation.


par Jean Lévy publié dans : Histoire
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Dimanche 11 mai 2008

La Vème république est née officiellement le 28 septembre 1958. A cette date,  les Français ont approuvé par référendum, la nouvelle constitution, voulue et pensée par le général de Gaulle. 
Comment en est-on arrivé là ?
Il est bon de revenir sur les évènements qui ont précédé le changement de République.
La France livre en Algérie une guerre, qui n'ose pas dire son nom, depuis près de quatre ans.  Les divers gouvernements - Mendès-France, Edgar Faure, Guy Mollet - Bourgès-Maunoury -Félix Gaillard - qui se sont embourbés dans le conflit depuis 1954, parlaient d'une simple "opération de police".
Pour eux tous, "l'Algérie, c'est la France !". Mais le FLN résiste à toutes les offensives. Les combats se font plus violents. Guy Mollet, après s'être fait élire sur pour faire la paix, envoie le contingent sous couvert de "pouvoirs spéciaux", votés en mars 1956, y compris par le vgroupe parlementaire communiste.  Alors que Robert Lacoste, gouverneur de l'Algérie parle de "dernier quart d'heure", les massacres, la torture, les incendies de douars, le napalm, rien n'y fait. La lutte se fait âpre. En 1957, c'est la "bataille d'Alger" menée par les paras de Massu et de Bigeard, à qui le gouvernement donne les pleins pouvoirs de police. C'est aussi le début des conspirations militaires contre les autorités républicaines, des complots, perpétrés contre des personnages officiels par des éléments ultra, avec la complicité de politiques gaullistes (Michel Debré est cité dans un attentat contre le général Salan...).
Le PCF organise des Journées "contre la guerre en Algérie", telle celle du 18 octobre 1958.
Fin 57, début 58, la situation se déterriore. De nouvelles exécutions capitales d'Algériens ont lieu à Alger. Des soldats du contingent, tels Serge Magnien, Jacques Alexandre, Raphaël Grégoire, jeunes communistes, "refusent de faire la guerre au peuple Algérien". Ils sont condamnés par les tribunaux militaires. Le livre d'Henri Alleg, "La question", est saisi.
A Paris, l'agitation parlementaire de droite et les commandos colonialistes et fascistes créent une atmosphère de troubles.
Le 14 mars 1958, 7000 policiers en uniforme (une première !), se livrent à une manifestation antiparlementaire devant le Palais-Bourbon.
Le 15 mars, le ministre André Morice, Georges Bidault, Michel Debré, se réunissent à Nice avec Alain de Sérigny, directeur de l'Echo d'Alger. Ils réclament "un gouvernement de Salut public, dirigé par le général de Gaulle, seul susceptiblr de résoudre le problème algérien".
Maurice Duverger, écrit dans Le Monde, daté du 7 mars, :
"Tout le monde parle du retour au pouvoirdu général de Gaulle. La droite ouvertement : après monsieur Poujade, voici que monsieur Soustelle fait publiquement appel à l'homme du 18 juin et les cris de Debré rejoignent la campagne de "Carrefour". A gauche, on est plus discret : les traditions et les principes sont contraires à la théorie de l'homme providentiel, mais on est gagné par la contagion".
L'Express note, de son côté, le 20 mars :
"La chute du gouvernement Gaillard ouvrira-t-elle une crise comme les autres ou "La Crise". C'est la grande question que l'on se pose aujourd'hui à Paris et la fréquence avec laquelle le nom du général de Gaulle est prononcé comme celui du seul sauveur possible traduit bien le climat actuel".
Le 15 avril, le gouvernement Félix Gaillard est renversé.
Le 24, six "terroristes" algériens, dont l'étudiant Abderhamane Taleb, âgé de ving ans sont gillotinés à Alger.
Deux jours plutôt, Karl Oberg, chef suprême des SS et de la Gestapo, pendant l'Occupation, ainsi que son bras droit Knoren, et quatre autres tortionnaires sont graciés.
Il est vrai que le 1er janvier, était entré en vigueur le traité de "Marché commun" européen...
Le 9 mai, le FLN annonce que trois militaires français ont été exécuté "puisque la France se refuse à arrêter les exécutions de prisonniers appartenant à l'Armée de Libération Nationale".
Le général Bigeard déclare :
"Cette armée (française) doit être fanatique avec l'esprit des croisés (...) décidée à casser du fellagha". 
Le 12 mai, le gouvernement du MRP Pfimlin, après trois semaines de crise ministérielle, se présente devant lAssemblée.
A Alger, le Comité de Vigilance (regroupant 17 associations patriotitiques, en fait ultra colonialistes), noyauté par des émissaires gaullistes, écrit au Président Coty pour lui demander la constitution d'un gouvernement de salut public. Ce Comité de Vigilance appelle "les Algérois à des cendre dans la rue le lendemain 13 mai", pour appuyer leur revendication.
Le Monde note :
"Il n'est pas exclu que les manifestations prévues revêtent un caractère de violence rappelant celles qui se déroulérent le 6 février 1956".
Nous verrons, demain, ce qu'il en advint.

par Jean Lévy publié dans : Histoire
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Mercredi 7 mai 2008

Aujourd'hui, 8 mai, jour ferié, nombre de Français partent quelques jours se détendre, au vert, à la campagne, ou sur le bord de la mer. Pour nombre d'entre eux, cette date correspond au début d'un vaste "pont" qui englobe, jusqu'à lundi, les fêtes de la Pentecôte.
Mais que signifie donc le 8 mai ? Que commémore-t-on à cette date ? Beaucoup l'ignorent.
La radio mentionne simplement que Nicolas Sarkozy se rend à Ouistréham pour rendre hommage à un commando français parachuté sur cette localité, lors du débarquement allié en Normandie. 
C'est tout. Toute l'information est focalisée sur le soixantième anniversaire de la création d'Israël. Rien sur  ce qui s'est passé le 8 mai 1945.
Et pourtant, ce jour-là, l'Allemagne capitulait sans condition, après la plus sanglante des guerres (cinquante millions de morts), qu'elle avait sciemment provoquée. A Berlin, le 8 mai, le maréchal Keitel, représentant le commandement allemand, signait l'acte de capitulation, face aux représentants militaires français, britannique, américain et soviétique. Hitler s'était suicidé huit jours plus tôt dans son bunker berlinois, alors que l'armée soviétique plantait le drapeau rouge sur le Reichstag, dans Berlin conquise.
L'offensive d'ensemble contre la capitale allemande a coûté 700.000 morts Soviétiques et 350.000 Allemands. 
Cet anniversaire méritait plus qu'une escapade présidentielle dans un port normand.
La Russie, elle, commémore avec faste, sa victoire sur l'agresseur nazi, bien que le pays ait changé de régime politique. Le peuple garde au coeur la grande guerre nationale qu'il a menée durant quatre ans, au prix de plus de 20 millions de citoyens soviétiques, civils et militaires, tués au combat, massacrés par l'occupant, avec de vastes territoires systématiquement détruits.
Les dirigeants français boudent, eux,  cet anniversaire.
Pourquoi ?
L'évènement est-il trop ancien ? Alors, pourquoi célébrer, chaque année, le 11 novembre 1918 ? Et seulement le 6 juin 1944, présenté comme le symbole de la libération de la France par "nos alliés américains et britanniques". Cette volonté d'occulter le 8 mai 1945 a des raisons politiques.
D'abord, les dirigeants français ont toujours eu le souci d'occulter la capitulation allemande à l'heure de la célébration du "couple franco-allemand", présenté comme "le moteur de l'Europe". Il ne faut pas froisser nos alliés d'outre-Rhin, qui considèrent toujours le 8 mai comme un désastre national. Il est frappant de constater que l'Allemagne fédérale n'a jamais célébré comme une libération la chute du nazisme.
Ensuite, la France officielle a changé de camp. D'"alliée", célébrée par de Gaulle, l'Union soviétique est devenue "l'ennemie" au cours de la guerre froide. Aussi, le souci de la "Propaganda Abteilung" française a toujours voulu "réviser" l'histoire, afin de cacher la vérité à l'opinion française, et en particulier aux jeunes générations. A cet effet, l'enseignement, qui leur est prodigué, travestit les faits (en particulier à travers des manuels franco-allemands d'histoire, pour les grandes classes de nos lycées),  occulte les évènements de nature à s'inscrire en faux vis-à-vis de la version médiatique de la Seconde guerre mondiale.
Qui sait, aujourd'hui, que seulement 20% du potentiel militaire allemand faisait face aux forces alliées en Normandie, alors que 80% des effectifs de la Wehrmacht, de la Lutwaffe, tentaient vainement de contenir l'Armée rouge, sur un front de 2000 kms, à l'Est de l'Europe ?
Sans ce rapport de force, que se serait-il passé à l'Ouest ?
Qui connaît l'appel angoissé des dirigeants anglo-américains à Staline, fin décembre 1944, pour que celui-ci avance la date de son offensive, devant le désastre subi dans les Ardennes belges, à Bastogne, par les troupes alliées, bousculées par quelques divisions nazies ?
Qui se rappelle des tentatives américaines d'accord séparé avec les forces hitlériennes à l'Ouest, au printemps 1945, pour se retourner ensemble contre les Soviétiques, et du soutien apporté à cette initiative US par le numéro trois des SS, commandant les forces allemandes, en Italie ? Seul, le refus de Hitler a fit échouer cette opération. Pour "nos alliés", il s'agissait de tout faire pour que l'Armée rouge ne parvienne pas à Berlin, avant eux.
Qui se souvient des bombardements terroristes des villes allemandes par l'US Air Force, alors que celle-ci avait la consigne d'épargner les grandes entreprises où des intérêts américains n'avaient pas cessé de commercer durant la guerre, telle l'IG Farben, qui deviendra la QG des forces américaines d'occupation ?
Toutes ces vérités ne sont pas bonnes à dire, de nos jours, entre partenaires de l'Union européenne. C'est pourquoi, il est inutile d'attendre des médias aux ordres, la moindre parcelle de vérité sur ce qu'a été le 8 mai 1945. 
Comme chacun sait : "la vérité est révolutionnaire !"  



par Jean Lévy publié dans : Histoire
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Jeudi 10 avril 2008

SUITE de mon BLOG d'hier *

En
1913-1914, la convention qui se tient à Simla en Inde, et qui réunit les représentants de la Grande-Bretagne, de la Chine et du Tibet, définit le statut et les limites géographiques du Tibet. Elle prévoit la séparation des régions de population tibétaine en deux entités : d'une part un « Tibet intérieur », où Lhassa n'aurait que l'autorité spirituelle, et d'autre part un « Tibet extérieur » autonome sous administration du gouvernement du dalaï-lama, tous deux sous suzeraineté chinoise. Par ailleurs, la frontière avec l'Inde est redessinée suivant la ligne Mac-Mahon, transférant à cette dernière les territoires au sud de la ligne de crête de l'Himalaya oriental qui constituent aujourd'hui l'état indien de l'Arunachal Pradesh. Bien que paraphé par les représentants des trois pays, le gouvernement de Pékin s'oppose aussitôt à l'accord et renie le paraphe de son délégué car, s'il aurait accepté le statut d'autonomie du Tibet extérieur sous suzeraineté chinoise, il rejette en revanche les frontières proposées.

Le contrôle du gouvernement du Tibet s'étend progressivement, à partir de l'Ü-Tsang, jusqu'au fleuve Yangzi, qui devient en 1932 la frontière de fait entre Chine et Tibet. La région occidentale du Kham ainsi intégrée, les frontières correspondent alors approximativement à celles de l'actuelle région autonome du Tibet. L'administration de Lhassa ne contrôle en revanche pas les autres régions à population tibétaine qui sont administrées localement, comme le Kham oriental (province chinoise du Xikang) que se partagent divers seigneurs locaux, ou la région de Xining au nord-est de l'Amdo (province chinoise du Qinghai) dirigée par le seigneur de la guerre hui pro-Kuomintang Ma Bufang.

En
1924, le Panchen lama se réfugie à Nankin.

En
1929, Tchang Kaï-chek envoie l’abbé du Temple Jaune de Pékin auprès du 13e dalaï lama.

En
1930, un conflit armé entre deux monastères du Kham dont l'un est soutenu par les troupes chinoises d’un seigneur de la guerre chinois. Les Chinois sont repoussés et les guerriers khampas entrent au Sichuan.

Le 9e panchen lama occupe une place d’honneur à la conférence de révision de la constitution chinoise. La suzeraineté de la Chine sur la Mongolie et sur le Tibet y est rappelée.

En 1932, une nouvelle tentative de conquête chinoise au Kham à l'initiative d’un seigneur de la guerre chinois. Les territoires perdus face aux Tibétains sont récupérés.

Des démarches diplomatiques du Potala s'engagent, y compris auprès de la SDN, mais sans résultat. Des négociations s'ouvrent avec la Chine pour régler le problème frontalier. Le 13e dalaï lama accepte de reconnaître la suzeraineté de la Chine.
En 1935, le
14e dalaï lama naît dans l' Amdo.

En 1936, le panchen lama rencontre le régent à Jyekundo (Préfecture autonome tibétaine de Yushu) et lui fournit des indications pour trouver le tulkou du dalaï lama.
En 1938, l'agression japonaise et des victoires communistes contraignent le gouvernement de la République de Chine à fuir au Sichuan. Des centaines de civils, effrayés par les exactions nippones, se réfugient à l’ouest de la Chine dans des territoires autrefois tibétains. Ceux-ci vont désormais être majoritairement peuplés de Chinois. Un seigneur de guerre chinois musulman, Ma Bufeng, terrorise les populations de l’
Amdo sur lesquelles il prélève des contributions.

En 1939,  création du Parti communiste tibétain par Phuntsok Wangyal.

En 1940, le 14e Dalaï lama est enfin intronisé dans sa capitale. Un représentant de la Chine nationaliste arrive à Lhassa. Il ne jouera pratiquement aucun rôle, sauf celui de faciliter le retour à Shigatse de la dépouille du Panchen Lama.

En 1941, Tchang Kaï-chek se rend à Lhassa où il visite le monastère de Drepung
En 1943, un projet d’ouverture d’une route militaire d’approvisionnement entre l’Inde et la Chine via le Tibet inquiète Lhassa qui réplique en expulsant le représentant de la Chine.
Les troupes de Tchang Kaï-chek s’apprêtent à envahir le Tibet à partir du Sichuan pour construire la route. La Chine nationaliste exige aussi la fermeture de l'office tibétain des affaires étrangères.

Heinrich Harrer, un alpiniste autrichien, combattant nazi, évadé du camp de prisonniers anglais de Dehradun, où il était prisonnier de guerre, arrive à Lhassa. Il a réussi à franchir l'Himalaya et à traverser les déserts du plateau central, ce qui constitue un véritable exploit. Il restera plusieurs années au Tibet.
 
En 1944,
Phuntsok Wangyal crée à Lhassa une organisation secrète d’inspiration communiste: « L’Association des Jeunes Tibétains sous Serment».

Le régent accepte l’ouverture d’une école anglaise à Lhassa, pour la formation de techniciens en télégraphie et en électricité.
Sous la pression des conservateurs religieux, elle fermera au bout de quelques mois.

Les Tibétains voudraient obtenir des Anglais la participation de leur pays aux accords de paix qui mettront fin à la seconde guerre mondiale. Londres se montre évasive.
En violation des accords de Simla, les Tibétains exigent la possession de visas aux Chinois entrant sur leur territoire et prétendent régler le sort des populations du
Kham et de l’Amdo sous administration chinoise.

 L'Inde obtient son indépendance et la Grande-Bretagne se désengage vis-à-vis de Lhassa. Le vice-roi des Indes annonce au
gouvernement tibétain que les Britanniques ne sont plus en mesure de respecter les accords signés par ses prédécesseurs. Le gouvernement indien se considère comme l’héritier des accords passés par la puissance impériale.
Lhassa se refuse à reconnaître les droits revendiqués par New Delhi. Les Tibétains viennent de s’attirer l’animosité de leur puissant voisin du sud.

1949, Mao Tse Toung triomphe en Chine continentale et instaure la République populaire de Chine. Tchang Kaï-chek et les nationalistes s'enfuient à Taiwan.

Encouragés par l’arrivée au pouvoir de Mao en Chine, Phuntsok Wangyal et son « Association des Jeunes Tibétains sous Serment » réclament un changement de gouvernement et l’avènement d’une société moderne et démocratique.

Le pouvoir de Lhassa réplique en décidant l’expulsion de tous les Chinois et des signataires de la pétition. Les relations avec les autorités chinoises sont rompues. Une levée de boucliers et des bruits de bottes intempestifs accompagnent ces mesures. Le Tibet fait acte de candidature à l’ONU. Mais il est diplomatiquement isolé. Personne ne le soutiendra.

* Eléments d'information pris dans WIKIPEDIA

par Jean Lévy publié dans : Histoire
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Mercredi 9 avril 2008

Le premier contact du Tibet avec le monde occidental se fait par l’intermédiaire de la Grande-Bretagne, puissance coloniale à la fin du XIXe siècle. Sur le plan géopolitique, les Britanniques disaient vouloir anticiper sur d’autres prétentions colonialistes, en particulier celles des Russes, dont les ambitions dans la région ont sans doute été surévaluées par les Britanniques.

Les premières approches britanniques en direction du Tibet se soldent par des échecs, avec une fin de non-recevoir de la part des autorités tibétaines qui refusent de s’ouvrir aux influences occidentales ou de voir leur territoire traversé par des commerçants. C’est donc vers la Chine, considérée comme puissance tutrice, que les Anglais vont se tourner pour arriver à leurs fins. L’ouverture vers la Chine va s’opérer en deux phases, avec un changement d’orientation très net dans la stratégie anglaise lorsqu’ils percevront clairement la réalité locale. Dans un premier temps, ils multiplient les signatures de traités avec la Chine ; les plus significatifs sont :

  • 1876 : la convention de Chefoo où la Chine accorde un droit de passage anglais au Tibet ; cet accord constitue la première reconnaissance implicite de l’autorité chinoise sur le Tibet par une puissance occidentale ;
  • 1890 : le traité de Calcutta qui fixe la frontière entre le Sikkim anglais et le Tibet ;
  • 1893 : le « Tibet Trade Regulation » qui autorise le commerce britannique au Tibet et leur permet d’ouvrir un comptoir commercial à Yatung, en territoire tibétain.
    En 1899, une première tentative de Lord Curzon, vice-roi des Indes, d’établir un contact direct est éconduite poliment.
  • En 1904, devant l'impossibilité d'imposer pacifiquement leur présence, les Britanniques lancent une opération militaire au Tibet ; menée par le colonel Francis Younghusband, elle vise officiellement à sécuriser l’Empire des Indes menacé par une éventuelle mainmise de la Russie sur le Tibet. Cette opération aboutit à l’occupation de Lhassa et à la fuite du 13e dalaï lama. L'extrême brutalité de cette action militaire, marquée par le massacre de la défense tibétaine, convaincra les Tibétains de l'intransigeance britannique ;
  • Un traité signé à Pékin le 27 avril 1906 permet à la Chine de réaffirmer sa suzeraineté sur un Tibet fermé aux étrangers, alors que, dans le mouvement de ce qui a été appelé le « dépeçage de la Chine », le Royaume-Uni s’attribue au Tibet des privilèges commerciaux et diplomatiques ;
  • En 1907, les Britanniques imposent la signature du traité de Lhassa qui entérine leur présence au Tibet, matérialisée par une représentation à Lhassa et trois bases commerciales, et contraint les Tibétains au versement d’une indemnité. Après avoir compris que l'emprise chinoise n'était que virtuelle, les Britanniques ne vont ainsi plus s’adresser qu’aux seuls Tibétains, reconnaissant implicitement la souveraineté du Tibet. Cette perception de la situation locale par les Britanniques sera d'ailleurs confirmée par l’accord anglo-russe de 1907, où il est fait allusion à la suzeraineté chinoise, et non à sa souveraineté ;
  • En 1908, les Britanniques retirent leurs troupes du Tibet mais continuent, en vertu des traités, d’y exercer un droit de regard.
    En 1904, le 13e dalaï lama, que l'expédition militaire britannique de Younghusband avait contraint à s'enfuir vers Ourga en Mongolie, est reçu par le Khutuktu et les représentants russes. Mais le Tsar, qui mène une guerre qu’il va perdre contre le Japon, ne peut pas voler au secours du Tibet. Pékin destitue le 13e dalaï lama qu'il accuse de lâcheté.
    Les Anglais recevront des dommages de guerre en soixante quinze versements annuels et occuperont la
    vallée de Chumbi, tant que la somme convenue ne sera pas soldée.

Le Tibet s'engage à ne pas céder ou louer une partie de son territoire sans l'accord de la Grande-Bretagne. Aucune puissance étrangère ne sera autorisée à envoyer des représentants officiels ou des personnes privées au Tibet, quelles que soient les motifs de leur séjour, que ce soit pour construire des routes, des voies ferrées, installer le télégraphe, prospecter ou exploiter des mines, sans le consentement de Londres. L'accord est signé sans la participation des Chinois, est parfois interprété comme une reconnaissance implicite de l'indépendance du Tibet par les Anglais. Les traités passés avec la Grande-Bretagne restreignaient cependant la souveraineté du Tibet, celui-ci ne pouvant pas autoriser la venue d'étrangers sur son territoire sans l'accord de Londres; l'ouverture de relations diplomatiques avec des puissances présentant une menace potentielle pour l'Empire des Indes aurait donc été très difficile.

En 1905, la Chine entreprend la construction d’un télégraphe destiné à relier au Sichuan la ville de Chamdo (Kham), un important nœud de communications.
Les Chinois négocient avec les Britanniques le traité de Pékin.

Echaudés par les déconvenues qu’ils viennent d’essuyer, affaiblis par la chute du ministère Balfour à Londres, les Anglais décident de se montrer conciliants avec les Chinois. La convention de Lhassa est aménagée. Il n’y aura pas d’occupation anglaise du territoire tibétain. L’indemnité de guerre se règlera en trois fois. La suzeraineté de la Chine sur le Tibet est réaffirmée. Cette dernière puissance règle les sommes dues aux Anglais par les Tibétains. Les rivalités des grandes puissances ont renforcé la tutelle de la Chine qui s’affaiblissait. Le Tibet est devenu le jouet d’enjeux qui le dépassent et qu’il ne peut pas maîtriser. L’étouffement dans le sang de la révolte des Khampas et la volonté affichée par la Chine impériale de coloniser la région marque un tournant dans l’histoire du Pays des Neiges.

Mécontente de la concurrence commerciale que lui impose l’Angleterre au Tibet, la Chine interdit l'usage des roupies indiennes à l'ouest des terres sous son contrôle et envisage la création d'une banque à Lhassa.

En 1908, le 13e Dalaï lama s’installe au Wutai Shan (Shanxi). Il y reçoit de nombreux visiteurs étrangers et cherche à nouer des relations diplomatiques. Il souhaite se rapprocher de la France. A cette fin, il admet l’ouverture de missions catholiques au Tibet à condition que les conflits qui les opposeraient aux monastères bouddhistes soient réglés par Lhassa. Ces tentatives resteront sans lendemain. Paris craint de mécontenter Londres, Saint-Pétersbourg et Pékin. La stabilité européenne milite pour une entente avec les deux premières capitales. Une brouille avec la Chine hypothèquerait la situation du Tonkin. Et puis, les contrats économiques proposés par la Chine sont beaucoup plus juteux que ceux du Tibet.

Le dalaï lama réclame l’aide de Saint-Pétersbourg. Les ambassadeurs du Japon, de la France, de la Russie et de la Grande-Bretagne à Pékin sont approchés par des émissaires tibétains. Le Japon s’interroge. Les autres puissances préfèrent privilégier leur alliance avec la Chine.

L'armée chinoise entre à son tour à Lhassa. Le dalaï lama est contraint de fuir une seconde fois. Des unités de l’armée tibétaine se sacrifient pour arrêter ses poursuivants. Il se réfugie en Inde sous domination Britannique.
En
1910, le dalaï-lama est destitué par l'empereur Qing Chinois en termes méprisants, juste avant la chute de l'empire en 1911. Un gouvernement pro-chinois est constitué. Le 9e panchen lama, resté au Tibet, refuse la proposition des Chinois de remplacer le dalaï lama.

Les démarches engagées par le dalaï lama pour solliciter l’intervention des puissances étrangères demeurent lettre morte. Les Anglais reconnaissent le nouveau gouvernement tibétain installé par les Chinois. La situation instable du sous-continent ne les incite pas à risquer une confrontation avec l’empire mandchou. Les Anglais s’opposent même à un déplacement du dalaï lama en Russie. Tant qu’il sera sur leur territoire, il devra cantonner son action aux affaires religieuses.
 
En
1911, c'est la Révolution . L'Empire chinois est renversé. La République de Sun Yat Sen est établie.
Le 13e dalaï lama profite de son exil en
Inde pour s’initier à la politique étrangère. L’idée de créer une armée nationale germe dans son esprit. Il entre secrètement en relation avec la résistance tibétaine et prépare une insurrection.
En 1912, le 13e dalaï lama revient à Lhassa. Le Tibet profite de la révolution  pour remettre en cause la présence chinoise sur son territoire.Mandaté par le dalaï lama, Dordjieff se serait rendu en Russie pour obtenir la reconnaissance de l’indépendance du Tibet. La même démarche aurait été entreprise auprès de la France et de l’Angleterre. Tous ces efforts seraient restés vains.
La Chine étant hors jeu, les cartes vont être redistribuées en
Asie.

par Jean Lévy publié dans : Histoire
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Mercredi 2 avril 2008

Nous posons la question :

quels sont les objectifs des forcenés de l’Union européenne, et en particulier, des « fédéralistes » ?

L’intégration européenne répond, certes,  aux exigences économiques et sociales du Big Busines. Celui-ci a besoin d’un  vaste marché où la concurrence est totalement sans entraves, dans lequel s’effectue la libre circulation des capitaux, des marchandises et de la main d’œuvre.

Mais la mise en pratique de cette politique suscite des réactions de rejet de la part des couches qui en supportent les conséquences. Et ces réactions trouvent un écho dans le monde politique et parlementaire, sensible aux pressions de l’électorat. Cela peut donc entraîner des retards dans l’application des directives de la Commission de Bruxelles. Et même davantage, comme nous l’avons vu, lors de l’échec du projet de constitution, en mai 2005.

Ces oppositions trouvent donc le cadre naturel de la Nation et de ses institutions pour s’exprimer.

Les fervents défenseurs de l’intégration européenne le savent bien.

Aussi, ils déploient tous leurs efforts pour détruire ce cadre où s’exprime encore la contestation populaire : la Nation.

Il appartient donc à chaque peuple de la défendre.

Si la Nation disparaissait au profit de l’Union Européenne, où et comment  s’exercerait le droit de veto  du peuple ?

 

Les notions de « souveraineté populaire » et « d’indépendance nationale » sont intimement liées. Les peuples d’Amérique latine en font quotidiennement l’expérience. Pour édifier une société de progrès, il leur faut d’abord rompre les entraves que constituent les traités imposés par les Etats-Unis et recouvrer l’indépendance politique et économique. Le Venezuela de Chavez, la Bolivie de Morales, l’Equateur de Correa, l’ont compris. Cuba en a fait l’expérience depuis près d’un demi-siècle..

Les luttes d’indépendance nationale, menées par les peuples en lutte contre le colonialisme, comme celle des Palestiniens, sont soutenues par l’ensemble du monde progressiste.  

Pourquoi n’aurions-nous pas, nous-mêmes, le droit à l’autodétermination pour disposer de notre propre destin ?

par Jean Lévy publié dans : Histoire
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Dimanche 23 mars 2008

Cette chronique aurait pu également s'appeler "les amitiés particulières", bien que n'ayant aucun rapport, ni avec le film de Jean Eustache, ni avec le roman de Roger Peyrefitte !
De quoi s'agit-il donc alors ?
Nous évoquons la réunion, tenue le 12 décembre 2006, au siège du Groupe des Industries Métallurgiques (syndicat de l'UIMM), à Neuilly, pour célébrer le quarantième anniversaire de l'Association pour la Liberté Economique et le Progrès Social, l'ALEPS.  
Cette association, selon Claude Harmel - qui deviendra son secrétaire général - avait pour but, à l'origine " de contribuer à réhabiliter la pensée libérale, sous tous ses aspects, mais tout d'abord, c'était le plus urgent, sous l'aspect de la liberté économique"*.
Il faut rappeler le parcours de ce "Claude Harmel", présent à la réunion où une centaine de personnes (et non des moindres), est venue le saluer, le considérant comme leur "père spirituel".
Sous le nom de "Lemonnier", il fut de 1941 à 1944, le lieutenant de Georges Albertini*, le secrétaire-général du "Rassemblement National Populaire", dont le chef était Marcel Déat.
Pour illustrer la pensée et les espoirs de Harmel-Lemonnier, citons un extrait de l'éditorial  qu'il signait le 5 août 44, dans l'hebdomadaire du RNP, sous le titre "Conséquences d'une trahison" (l'attentat contre Hitler, du 20 juillet 1944) :
  "En termes mesurés, l'éditorialiste du 'Pariser Zeitung' écrivait le 29 juillet, qu'il existe 'un lien entre la trahison du 20 juillet et la situation critique qui existe dans le secteur central du front de l'Est'...Puisque le mal tient à la faute de quelques hommes, alors tous les espoirs sont permis. La force réelle de la Wehrmacht reste intacte...L'Allemagne hitlérienne avait besoin de grandes trahisons. Elle avait besoin que se démasque enfin la clique misérable des traîtres qui obstruaient les voies de l'avenir. C'est maintenant chose faite. Hitler est libre maintenant pour mener son peuple au socialisme et à la victoire".

Cette mâle profession de foi, exprimée vingt jours avant la Libération de Paris, permet à son auteur de reprendre du service dans le sillage de son ami, Georges Albertini, jusqu'à la mort de celui-ci, en 1983. C'est ainsi que Claude Harmel deviendra le président de l'Institut Supérieur du Travail, dont la fonction essentielle était de former "les truands du patronat", les activistes de la CFT, le "syndicat' fasciste des années 70 et 80.

Mais qui, en décembre 2007, ose venir "embrasser" ce "père spirituel" ?

Jacques Garello, qui préside aux detinées de l'ALEPS depuis 1980 (placé là par Georges Albertini), au côté du gratin des économistes libéraux, officiant dans les Universités de Paris-Dauphine, tel Pascal Salin, et de Aix-Mareille-3. On retrouve également, à la tête de l'ALEPS,  des représentants qualifiés du grand patronat, spécialement de l'UIMM... 
Jacques Garello, "ultra de l'ultra libéralisme", continue de publier un bulletin, "La Nouvelle lettre", et organise, chaque année, une "Université d'été de la nouvelle économie", à Aix-en-Provence, où se retrouvent les principaux maîtres à penser de l'économie libérale, venus du monde entier.
Nous ne sommes pas non plus étonnés de rencontrer à la cérémonie de Neuilly, Alain Madelin, qui fit ses premières armes politiques grâce à Georges Albertini, celui-ci ayant opéré son recyclage après des années passées à la tête des commandos d'Occident. Alain Madelin est resté longtemps l'espoir de la droite libérale, jusqu'à devenir un éphémère ministre de l'Economie dans le gouvernement
Juppé.
Avec Madelin, son fidèle lieutenant d'Occident, Hervé Novelli, recyclé lui aussi, mais à la Chambre syndicale de la Métallurgie, de 1976 à 1984, saluait respectueusement le collabo
Claude Harmel. Novelli est aujourd'hui ministre du Commerce extérieur de Nicolas Sarkozy.
Egalement présent, Jean-Michel Fourgous, député UMP des Yvelines, qui se flatte de grouper à l'Assemblée nationale une puissante cohorte forte de 150 parlementaires, le groupe parlementaire "Génération entreprise", défendant bec et ongles, l'ultralibéralisme pur et dur.
Il ne manquait,à cette auguste asemblée, pour adorer Claude Harmel, que Laurence Parisot, qui s'est fait excusée :
"Chers amis, chers amoureux de la liberté, je suis désolée de ne pas être parmi vous ce soir..."
On entend d'ici le gloussement de satisfaction d'un "amoureux" d'Adolf Hitler...
Un an plus tard, la fréquentation d'un local de l'UIMM par la patronne du Medef, n'aurait plus été de mise.
Il n'en reste pas moins que des personnages, parmi les plus hauts placés de la République, ont tenu, par leur présence à communier sur le temple de l'ultralibéralisme, et à révérer un de ses grands prêtres, l'hitlérien
Claude Harmel.
En d'autres temps, cette cérémonie aurait fait scandale.
Au royaume de Nicolas Sarkozy, comme disait son slogan de campagne électorale :
"Tout est possible !"

* "Le DOSSIER Georges ALBERTINI"
    Une intelligence avec l'ennemi
    Jean LEVY
    publié chez L'Harmattan

par Jean Lévy publié dans : Histoire
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Vendredi 21 mars 2008

Depuis deux semaines, Arte diffuse "The War" - La Guerre - une série documentaire en quatorze épisodes,  sur la participation des Américains à la Seconde Guerre mondiale.
Conçue à partir de témoignages de GI vétérans et de membres de leurs familles, sur leurs lieux de vie dans différentes localités, et de bandes d'actualité, le film évoque à la fois  la guerre  faite par les soldats US, et la situation sociale aux Etats-Unis, à l'époque.
Engagés sur différents fronts, en Asie et en Europe, ces jeunes, blancs et noirs, venus de milieux sociaux variés, sont confrontés à la violence des combats. De l'attaque de la base navale de Pearl Harbour par les Japonais, le 7 décembre 1941, aux premiers défaites dans le Pacifique jusquà la reconquête, une à une, des îles perdues par les unités US, on suit le fil des évènements militaires, avec les morts qui jonchent les plages de côcotiers, les combats singuliers dans la jungle.
En Europe, au printemps 44, de la Sicile au monastère du Mont Cassino, face à la ligne de défense allemande Gustav, et jusqu'à la libération de Rome, le film montre les  Américains  menant seuls le combat. Certes,  les forces françaises -  les combattants du maghreb en sont les troupes de choc - et britanniques, sont mentionnées pour la forme, alors qu'elles constituent l'essentiel des unités au contact de l'ennemi.  
Parmi les Américains  que l'on a vu partir à la guerre, on décompte les premiers GI tués, on assiste à la douleur de leurs familles.

L'originalité de ce documentaire, c'est le regard porté parallèlement sur la réalité sociale aux Etats-Unis mêmes. Alors, que les "blacks" se battent, en première ligne sur les champs de bataille, leurs frères, dans les usines et sur les chantiers, subissent l'appartheid. Ils doivent se contenter des places sises au fond des cars et des bus. Aucune revendication n'est admise de leur part. Ils sont parqués dans les quartiers les plus pauvres, qui leur sont réservés.

Pourtant, l'idée se répand parmi eux : un régime qui pratique le racisme au quotidien ne peut se prévaloir d'être le chevalier blanc qui combat  le racisme nazi.
Et, malgré cela, le documentaire insiste sur ce fait : les Noirs devenus GI, font pour l'heure partie de la génération, que la propagande officielle considère comme  "les héros du monde libre".
Quel est donc le sens du message que veut faire passer le film ?
Tous les enfants d'Amérique, quelle que soit la couleur de leur peau,  participent d'un même coeur  au combat pour "libérer" du nazisme et du militarisme japonais, les pays que ceux-ci occupent.
A en croire les séquences du film, c'est l'armée américaine qui a fait le gros du boulot, au prix du sacrifice de ses meilleurs fils.
"Nous devrions avoir pour eux une éternelle reconnaissance.
Telle est la morale qui se dégage du documentaire.
 
Sans méconnaître les pertes subies par l'US Armee, celles particulièrement lourdes des Noirs  - ils composent leurs troupes de choc et seront, avec le Canadiens, les premiers à débarquer sur les plages normandes - il ne faut pas être dupes de la propagande américaine.

En Europe, en juin 1944, sans  l'Armée rouge qui groupait les 90% des forces combattant la Wehrmacht, sans le front de l'Est immobilisant l'essentiel de la machine de guerre hitlérienne, il n' y aurait pas eu de second front à l'Ouest.. 
Militairement parlant, les Alliés n'étaient pas en mesure de vaincre seuls l'Allemagne.
Politiquement, ils se sont résolus au débarquement de peur de voir l'Union soviétique dominer le continent jusqu'à l'Atlantique.
Et cela, The War n'en souffle mot !
 

par Jean Lévy publié dans : Histoire
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Dimanche 24 février 2008

Un observateur attentif de la vie politique française répond à nos questions  :

Quel regard portez-vous sur notre nouveau Président ?

Depuis des mois, il s'étale; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue...Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan.Une chose me frappe pourtant, c'est que dans toutes les qualités qu'on lui reconnaît, dans tous les éloges qu'on lui adresse, il n'y a pas un mot qui sorte de ceci : habileté, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Tout est là...Il ne reste pas un moment tranquille; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets; ne pouvant créer, il décrète.

Derrière cette folle ambition personnelle, décelez-vous une vision politique de la France, telle qu'on est en droit de l'attendre d'un élu à la magistrature suprême ?
 
Non, cet homme ne raisonne pas; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute puissance serait fade si on ne l'assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et q'on le trouve si énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve quelque surprise. On se demande comment a-il fait ? On déompose l'aventure et l'aventurier...On ne trouve au fond de l'homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l'argent...Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre; il n'est plus question d'être un grand peuple, d'être un puissant peuple, d'être une nation libre, d'être un foyer lumineux; la France n'y voit plus clair. Voilà un succès.

Que penser de cette fascination pour les hommes d'affaires, ses proches ? De sa volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?

Il a pour lui désormais l'argent, l'agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que la honte...Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités...Ma foi, vivons, faisons des affires, tripotons dans les actions de zinc ou des chemins de fer, gagnons de l'argent; cest ignoble, mais c'est excellent; un scrupule en moins, un louis de plus; vendons notre âme à ce taux !On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte...Une foule de dévouements intépides assiègent l'Elysée et se groupe autour de l'homme. C'est un peu un brigand et beaucoup un coquin. 

Non, il ne s'agit pas de celui à qui vous pensez. 
"L'observateur attentif", c'est Victor Hugo qui décrit le Prince-Président, le futur Napoléon III, dans son ouvrage corrosif : "Napoléon le Petit".

par Jean Lévy publié dans : Histoire
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Vendredi 22 février 2008



Dans notre chronique précédente, nous avons voulu démontrer que le désastre militaire, la capitulation et l'Etat français, ne sont pas tombés du ciel, un soir de juin 40. Ces faits ne constituent pas une 'rupture' avec l'histoire des années antérieures. 
Au contraire, il y a 'continuité', puisque le "choix de la défaite" a été sciemment celui de la bourgeoisie française, tout au long des années trente.
Cette  réalité est systématiquement gommée par l'histoire officielle, tant celle diffusée par l'Education nationale, que par les médias. On comprend leurs motivations. Mettre en cause le rôle des élites dans ces années-là, ouvrirait des interrogations dangereuses sur leur politique aujourd'hui.
Mais l'histoire officielle ne se contente pas de plomber le passé, elle répand, depuis des décennies, une version falsifiée des faits concernant l'entrée en résistance des communistes. Ceux-ci n'auraient franchi le pas , seulement, après l'agression de l'Union soviétique, le 22 juin 1941. Disons tout de suite que beaucoup de resistants non-communistes  connus, ont attendu davantage  pour s'opposer activement aux Allemands et à Vichy. Pour certains d'entre eux , la victoire de Stalingrad, en février 1943, a été un élément déterminant dans leur choix. Personne ne leur en tient rigueur.

Revenons donc aux faits. 
D'abord, la résistance au fascisme a constitué, bien avant la guerre, un axe essentiel de l'activité du Parti communiste français
Ainsi, le PCF a montré le chemin , le 9 février 1934, en s'opposant dans la rue, aux bandes factieuses qui , le 6 février, avaient tenté d'abattre la République. Le sang ouvrier  a coulé : neuf communistes ont trouvé alors la mort, sur le pavé parisien. Les premières victimes de la résistance ?
Ensuite, les communistes ont été le fer de lance des Brigades internationales des volontaires français en Espagne. Nombre de leurs jeunes combattants ont fait leurs premières armes dans la lutte contre les franquistes et  les forces allemandes et italiennes : Pierre George, qui deviendra le colonel Fabien, l'ouvrier Tanguy, le futur Rol-Tanguy, commandant l'insurrection parisienne, en août 44. 
Quand la réaction a commencé à prendre sa revanche sur le Front populaire, en 1938 et mis en cause ses conquêtes sociales, les communistes ont animé les grèves ouvrières, en particulièrement, celle du 30 novembre 1938. Malheureusement, la minorité anticommuniste de la CGT, celle groupée autour de Belin - qui deviendra le ministre du Travail de Pétain - sabotera le mouvement, qui échouera. La répression sera féroce : des dizaines de milliers de militants licenciés, des responsables syndicaux arrêtés par centaines par le gouvernement Daladier Reynaud. 
Cet évènement se produit deux mois après la capitulation de Munich, laissant les mains  libres à Hitler en Tchécoslovaquie, capitulation approuvée par l'ensemble de la classe politique de l'époque, sauf les communistes. Cerise sur le gâteau, une semaine après la grève générale réprimée, le gouvernement recevait en grande pompe le ministre allemand des Affaires Etrangères, le nazi von Ribbentrop, et signait avec lui un accord de coopération qui stipulait que "les communistes seraient mis à la raison...".
Face à cette situation, l'Union soviétique commence à suspecter les Etats occidentaux de jouer double jeu.
Malgré Munich, les dirigeants de l'URSS tentent, tout au long de l'année 1939, d'obtenir de la France et de l'Angleterre, la possibilité de franchir la frontière polonaise en cas d'attaque allemande, l'Union soviétique n'ayant pas de frontière commune avec l'Allemagne. 
Cette requête, relevant d'un bon sens stratégique, s'est vue opposer un refus.
C'est alors que Staline, observant le manège, a décidé, pour gagner du temps et éviter de se retrouver isolé face une offensive allemande, de répondre favorablement à la demande de Berlin de signer un pacte de non-agression, et non d'alliance, avec Moscou.
La France et la Grande-Bretagne se retrouvaient prises à leur propre piège. Elles n'avaient aucune envie de faire la guerre à Hitler, souhaitant même que celui-ci s'engage à l'Est, et régle son compte à l'Union soviétique.
En France, avant même l'invasion de la Pologne par la Wehrmacht, le Premier septembre, le gouvernement décide d'interdire le Parti communiste, de déchoir de leurs mandats ses élus, de supprimer  sa presse et de faire la chasse à ses militants. La raison invoquée est le refus des dirigeants du PCF de condamner le pacte de non-agression germano-soviétique, jugé par lui comme une contre mesure de défense.
Ainsi, contraints à la clandestinité, traqués et envoyés dans des bagnes, les militants communistes condamnèrent une guerre, que le gouvernement français ne menait pas militairement.
Quand les blindés nazis bousculèrent l'armée française le 10 mai 1940, le PCF clandestin proposa la levée en masse pour faire face à l'envahisseur et la mise hors d'état de nuire les hitlériens français qui bénéficiaient, eux, de toute liberté de s'exprimer. Cette demande fut rejetée par le gouvernement. Les panzers se ruaient sur Paris. 
Ce fut la capitulation, l'occupation des deux-tiers du territoire, un gouvernement de trahison installé à Vichy.
Des millions de pauvres gens sur nos routes, mitraillés par les stukas, deux millions de prisonniers de guerre, la France en loque était assommée, traumatisée par la débâcle.
5000 militants communistes sont en prison ou dans des camps. 
Nombre d'entre eux, ainsi cueillis par la Gestapo, seront les première victimes de la répression nazie.

Dès juillet, sans attendre d'ordres, des Français, encore isolés, ramassaient quelques armes échouées, çà et là. Des câbles électriques sectionnés, des graffitis sur les murs indiquaient que tous ne se résignaient pas à la défaite. 
Et les communistes, dans tout cela ?
Comme le reste de la population, ils étaient dispersés, sans contacts, ni direction cohérente. C'est alors, début juillet, que quelques miltants prirent la décision de demander aux autorités d'occupation de faire reparître L'Humanité, interdite depuis aoûr 39. Cette initiative, tactiquement fausse et politiquement dangereuse, relevaitd'un dogmatisme mal digéré, l'dée entretenue dans la théorie qu'il fallait utiliser tous les moyens légaux pour s'exprimer publiquement, le plus largement possible. 
L'initaitive tourna court : Benoît Frachon, refusant de quitter le sol national (il va devenir l'un des trois dirigeants de la Résistance communiste, en France), et Maurice Thorez, (recherché par toutes les polices et qui se trouve en URSS), tous deux condamnent la manoeuvre. L'Humanité paraîtra, clandestinement, régulièrement, tout au long de l'occupation, dénonçant la trahison et l'occupant. Ses rédacteurs seront au premier rang des fusillés.
La Propaganda Abteilung de notre temps a 'oublié' ces faits, occultés naturellement par tous les médias, de droite comme de 'gauche'.
Le Parti communiste ne met guère de temps à s'organiser avec le retour des citadins dans les villes.
Un historien socialiste, combattant de la Résistance, Henri Noguères, écrit en 1967, un ouvrage,  "L'histoire de la Résistance en France", de toutes les résistances,  en cinq volumes. 
Il écrit :
  "
Démobilisé après la campagne de France, au cours de laquelle il a été cité avec son régiment, Henri Rol-Tanguy, trente-deux ans, un ancien des Brigades internationales, rentre à Paris le 19 août 1940, au petit      matin...
Il raconte
:
   
'Ma femme qui faisait partie de la Résistance, me dit : "J'ai un rendez-vous ce matin à 11 heures avec des  camarades qui ont mis sur pied des comités populaires, et tu pourras les rencontrer".
Il s'agissait de mes vieux camarades de lutte : Timbaud, Gautier, Hénaff, Henri Jourdain, Lacazette, Tollet, Sémard...enfin tous ceux qui, se trouvant à Paris, avaient déjà organisé ces comités populaires dont la mission était de défendre les intérêts des travailleurs
(...) A travers cette action revendicative qui commençait à redonner confiance parce que l'on obtenait çà et là des résultats, nous aidions les travailleurs à affermir et concrétiser leur résistance. Nous dénoncions Pétain et Laval. (...)
Nous avons commencé l'action directe avec les GSD (Groupes de Sabotage et de Destruction). Nous nous y retrouvions nombreux, anciens des Brigades internationales en Espagne, antifascistes aguerris".

Nous avons cité longuement ce document car il montre comment les communistes ont pris, dès qu'ils ont pu, durant l'été 40, leur place dans la Résistance. Rol-Tanguy rencontre dès août, d'autres communistes engagés comme lui dans la lutte, et qui tomberont à Chateaubriant ou ailleurs,sous les balles allemandes.

Faut-il rappeler aussi l'appel du PCF appelant le peuple français, le 10 juillet 1940, à la lutte "pour demeurer un peuple libre" ? Ou l'arrestation, le même été, de Guy Môquet par la police française ?
Tous ces faits sont occultés pour que notre jeunesse ignore l'action glorieuse des communistes dès les premières semaines de l'Occupation, et pas seulement "après le 22 juin 1941". 
C'est à nous de rappeler sans cesse cette vérité qui fait mal à la bourgeoisie.

 

 

par Jean Lévy publié dans : Histoire
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