La direction du quotidien Libération a annoncé, lundi 15 septembre, son intention de supprimer 93 postes dans le journal, entre CDI et CDD, sur un effectif de 250 personnes, dont 180 journalistes. A l'issue de cette réduction d'effectifs massive, la plus importante jamais envisagée dans le journal, la direction veut aboutir à une rédaction unifiée entre papier et web de 130 journalistes, a précisé dans une tribune le directeur de la publication, Laurent Joffrin. Cela laisse entendre qu'une cinquantaine de postes seront supprimés dans la rédaction.

Contenus payants

Une clause de cession - c'est-à-dire un plan de départs volontaires - est déjà ouverte dans le journal depuis le 1er août, mais jusqu'ici une douzaine de personnes seulement se sont portées volontaires.

Laurent Joffrin a annoncé quatre projets pour le journal : outre un renouvellement du site Libération.fr avec une rédaction unifiée, il envisage une diffusion en ligne de tous les contenus de Libération, de façon payante. Il a également évoqué un"profond renouvellement" du quotidien papier avec une nouvelle formule au premier semestre 2015, mais également des "activités nouvelles" en relançant les forums, en créant des suppléments et en transformant le mensuel Next.

"Une transformation complète de notre entreprise"

"Cette réduction doit nous conduire à une exploitation bénéficiaire à la fin de 2015. L'indépendance du journal est à ce prix", écrit Laurent Joffrin. "Cette diminution du nombre des salariés a été calculée de manière à nous donner les moyens de poursuivre notre tâche dans ces conditions réalistes. Une fois effectuée, elle sera aussi l'occasion d'un nouveau départ, fondé sur une transformation complète de notre entreprise", conclut-il.

Au bord de la faillite, Libération a été renfloué fin juillet à hauteur de 18 millions d'euros, apportés principalement par le milliardaire Patrick Drahi, patron du groupe Altice (Numericable, SFR).

 

Le quotidien a vu ses ventes diminuer de 13%, perdant plus d'un million d'euros en 2013. Le projet des actionnaires est de faire du journal "un réseau social, créateur de contenus monétisables sur une large palette de supports multimédias". Ce plan avait provoqué une crise au sein du quotidien au printemps. Les salariés avaient dénoncé une atteinte à l'identité du journal, lançant un mouvement baptisé "Nous sommes un journal".

 

En avril 2014, selon "20 Minutes",

 

Racheter «Libération»?

Le trio Bergé-Niel-Pigasse

«avisera en cas d’accident»

Publié le 24 avril 2014.

Matthieu Pigasse a affirmé mercredi sur France Inter suivre «avec attention» le sort du quotidien…

Qui pour sauver Libération ? 

Matthieu Pigasse a confié mercredi, au micro de France Inter, qu'il pourrait, avec Pierre Bergé et Xavier Niel, être intéressé.

«Nous suivons la situation de Libération avec attention. Mais Libé a des actionnaires qui ont un projet, nous n'avons pas été sollicités. Si accident il y a, ce qui peut vouloir dire un dépôt de bilan, à ce moment-là nous aviserons et nous verrons», a-t-il dit. «On ne peut pas aimer la presse et rester indifférent au sort de Libération».

En cas de proposition de rachat, «nous le ferions ensemble» avec Pierre Bergé et Xavier Niel, a-t-il poursuivi, avertissant que pour le moment «cette situation n'existe pas».

Acquérir «Libération» en plus du «Monde», un choix «cohérent»

Il a cependant évoqué les raisons qui pourraient les pousser à se porter acquéreurs de Libération. En ce cas «nous considèrerions qu'il y a une cohérence avec ce journal ou d'autres et le groupe que nous sommes en train de constituer, et qu'il existerait des complémentarités entre les différents supports, entre matin et soir (Libération paraît le matin, Le Monde l'après-midi, ndlr), entre papier et internet, entre numérique et mobile. Mais ce n'est pas une situation sur laquelle nous sommes actifs. nous sommes en train de boucler l'acquisition du Nouvel Obs, c'est notre priorité», a-t-il conclu.

«Il y a un avenir de l'écrit. Je ne crois pas à la fatalité de la disparition de la presse», a poursuivi Matthieu Pigasse, qui détient aussi le magazine Les Inrockuptibles.

«Ce n'est pas un mécénat»

«Nous ne constituons pas un Groupe Hersant de gauche. On cherche à créer un ensemble cohérent avec une identité propre autour du groupe Le Monde et avec le Nouvel Observateur, mais en aucun cas d'interférer avec leur contenu éditorial. La ligne politique n'est pas définie pas nous, elle est inhérente aux journaux. Chaque journal a sa culture».

«L'objectif n'est pas de gagner de l'argent, mais pas non plus d'en perdre, ce n'est pas un mécénat. C'est un engagement militant au service du pluralisme et de la liberté d'expression», a-t-il ajouté. Matthieu Pigasse, associé de la banque Lazard, avait oeuvré en coulisses pour la vente de Libération à Edouard de Rothschild en 2005