Education nationale

Jeudi 18 décembre 2014 4 18 /12 /Déc /2014 08:58

La nouvelle carte de France

de l'éducation prioritaire

Le Point.fr -

Publié le 17/12/2014 

DOCUMENT.

La nouvelle carte de l'éducation prioritaire

concerne un millier de collèges et 8 000 écoles.

La principale fédération de l'éducation FSU a appelé à manifester mercredi à Paris et en province.

Un appel à la grève a aussi été lancé. Le ministère n'était pas en mesure à la mi-journée de donner le taux de participation.

 

La nouvelle carte :


Par Jean Lévy - Publié dans : Education nationale - Communauté : Communard toujours !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 12 décembre 2014 5 12 /12 /Déc /2014 07:13

 

Blog de débat pour ceux qui sont fatigués du discours politiquement correct et de la bienpensance à gauche

 

 

      Le blog de descartes

Un blog pour parler politique, économie, société, poésie...

 

bref, tout ce qui doit intéresser le citoyen d'une république. 

 

 

Publié le 6 Décembre 2014 par Descartes
 

 

En montant dans la rame du métro, la publicité avait tout de suite attiré mon œil malgré l’heure matinale et l’état de demi-someil qui caractérise mon trajet de mon domicile à mon travail. Voici ce qu’elle disait : « Alice allait sur des forums bien avant d’étudier l’agora romaine ». J’imagine, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère, que toi aussi tu as été dérouté. D’abord pour le pluriel de « forum » qui, comme mes lecteurs latinistes vous le feront remarquer, est soumise à la règle qui fait que les mots dérivés du latin et terminés par « -um » forment le pluriel en « -a » (1). Alice visitait donc les « fora » et non les « forums » bien avant d’étudier… quoi ? Et bien oui, « l’agora romaine ». Alice ferait bien de mieux choisir ses études : l’agora est en effet une institution grecque, et non romaine. Il n’y a pas plus d’agora romaine de que calendes grecques…



Si la publicité en question concernant un saucisson du cru où des petits pois en boîte, l’affaire serait comique. Mais là où elle devient tragique, c’est que l’entreprise qui paye cette publicité n’est autre qu’Acadomia, le mastodonte des cours particuliers destinés à calmer l’angoisse des parents et accessoirement, très accessoirement, à aider les enfants dans leur aventure scolaire. Une entreprise dont le slogan , « les élèves ont changé, les façons d’apprendre aussi », dit tout son ambition pédagogique. Et en effet, les façons d’apprendre ont du beaucoup changer : de mon temps, ils n’étudiaient pas « l’agora romaine » (2). Peut-être qu’en philosophie on leur donnera à lire les écrits de Socrate ?


Cette affaire nous ramène, et je suis désolé si le sujet devient répétitif, à la crise de notre système éducatif. Oui, les gens sont de moins en moins bien éduqués, et pas que chez les publicitaires d’Acadomia. Heureusement qu’il y a toujours dans nos institutions éducatives des grands pédagogues capables de faire des propositions brillantes. La dernière en date et l’idée d’abolir les notes chiffrées. Bon, d’accord, l’idée n’est guère nouvelle. Elle tourne dans la bavardosphère depuis déjà un certain temps. Mais cette fois, nous dit-on, c’est recommandé par un rapport officiel, celui de la Commission Nationale des Programmes (3). Pour un gouvernement qui recherche désespérément quelque gadget pour faire oublier sa gestion désastreuse de presque tout et les turpitudes de quelques conseillers, c’est du pain béni, d’autant plus que a) cela ne coûte rien et b) cela ne risque pas de provoquer la résistance d’une majorité d’enseignants, ravis d’avoir un motif de moins de conflit avec les parents.



Bien entendu, toute vérité n’est pas bonne à dire, et il faut donc quelques arguments théoriques plus ou moins bidon pour habiller la chose. Heureusement, il ne manque pas des pédagogogues et autres sociologues de l’éducation pour en fournir. Et sur ce point, on ne peut guère dire qu’ils aient fait preuve d’une grande originalité. L’argumentation tourne toujours autour des mêmes questions. La note chiffrée traumatiserait nos chères têtes blondes. Elle les découragerait. Elle encouragerait la compétition. Il faut donc lui substituer une notation « bienveillante », qui « encourage » l’élève, renforce son « estime de soi » et favorise la coopération.



Posons la question franchement. Faut il « encourager » les élèves ? Le simple fait de la poser montre combien elle est absurde. Le verbe « encourager » a besoin d’un complément. On « encourage » quelqu’un à faire quelque chose. Mais les contempteurs des notes chiffrées ne l’ont pas encore remarqué. Il nous répètent que mettre un zéro au mauvais élève pourrait le « décourager ». Mais c’est précisément le but : le « décourager » d’être un cancre. Si l’on veut obtenir de quelqu’un qu’il change son comportement, il faut que ce changement présente pour lui un intérêt.

En d’autres termes, qu’un non-changement soit sanctionné et un changement soit récompensé. La sanction et la récompense peuvent varier, être de nature réelle ou symbolique. Il peut se traduire par l’accès à un poste ou à une dignité convoitée, à l’image qu’on donne auprès des gens qu’on aime ou qui nous entourent, par un supplément d’argent de poche ou une visite – horresco referens – à Disneyland. Mais imaginer que l’enfant – ou l’adulte, d’ailleurs – feront spontanément quelque chose à laquelle ils n’ont aucun intérêt juste parce qu’on leur dit qu’il faut la faire est une illusion.



En d’autres termes, il faut un système de sanctions et de récompenses. Si l’élève qui ne travaille pas reçoit les mêmes encouragements et les mêmes récompenses que celui qui travaille, alors personne ne travaillera. Et c’est là, au fonds, que se trouve le problème. Les ennemis des notes – et d’une manière plus générale les partisans des « nouvelles pédagogies » - ne pensent pas en fait que le travail soit si important que cela. L’éveil, la créativité, la participation au groupe, oui.

Mais le travail ?

Qui a parlé de travail ?



Vous trouvez que j’exagère ? Et bien, je vous conseille la lecture du supplément du journal « Le Monde » - dont l’engagement du côté « pédagogogique » est bien connu – daté du 26 novembre dernier et intitulé « enseigner demain ». Dans ce supplément, tout à la gloire des « nouvelles manières d’enseigner » - beaucoup de tablettes, d’ordinateurs, de tableaux numériques, et peu de connaissances – j’extrais la description d’une classe de sciences du vivant particulièrement révélatrice :

Professeur des sciences de la vie et de la terre, Frédéric Véron fait partie des pionniers. (…) dans ses cours, désormais, « le classeur c’est le portable ». Vaste espace de stockage pour leçons et documents, la machine apporte aussi des outils créatifs qui vont justement être mis à profit.

Après avoir découvert les grandes catégories du monde animal comme les vertébrés, incluant les mammifères ou les oiseaux, les élèves doivent les mobiliser pour présenter un spécimen en vidéo. Pour ce travail, ils disposent d’une part de la webcam intégrée à leur machine, d’autre part, selon leur choix, de squelettes de poule, chat et poisson ou encore d’un pigeon empaillé. « La classification des êtres vivant est un chapitre difficile à appréhender. Or, les outils numériques motivent les élèves tout en leur permettant d’aborder les connaissances sous un autre angle ». Effectivement, ils semblent prendre leur mission à coeur.


Un groupe s’interroge sur la meilleure manière de placer le chat devant la caméra : de face ou de profil ? « il est carnivore, il faut montrer ses grosses dents mais aussi dire qu’il a un petit estomac » lance l’un d’eux. « C’est un félin », ajoute son camarade avant de suggérer d’interviewer le professeur dans le petit film. M Véron veut bien se prêter au jeu, mais ont-ils vraiment préparé leurs questions ?

Aussitôt, l’un se saisit d’une feuille de papier pour griffonner des idées, l’autre ouvre le traitement de texte de son ordinateur. « Signe que le numérique n’est pas antagoniste de l’écrit », glisse l’enseignant. Ce qui aurait pu être une séance d’observation statique s’est mué dans un petit travail de mise en scène. « Le numérique rompt avec l’organisation frontale de la classe. Le professeur n’est plus celui qui dispense un savoir que les élèves prennent en note, Il les accompagne dans l’acquisition de compétences et remet les savoirs en perspective ».



Admettons. Mais revenons un peu en arrière. Quel était l’objectif de la leçon ? C’était un cours de sciences naturelles. Le but était de permettre aux élèves « d’appréhender la classification des êtres vivants ». Qu’auront appris les élèves de M. Véron en faisant une vidéo sur un squelette de chat incluant une interview du professeur qu’ils n’aient pas su avant de commencer leur mise en scène ? A quelle systématisation des connaissances se prête ce genre d’utilisation des « outils créatifs » ? Aucune, bien entendu. Au contraire, on est dans l’anti-systématisation, ou les bribes de connaissances sont juxtaposées sans aucun lien logique. Un des élèves lie le fait que « c’est un carnivore » avec « ses grosses dents », alors que c’est faux : de nombreux carnivores n’ont pas de grandes dents, et la plupart n’ont pas de dents du tout : l’araignée, le crapaud ou la couleuvre sont tous trois carnivores, et aucun n’a des « grandes dents ». Un autre élève classifie le chat comme un « félin », mais sans en tirer la moindre conclusion. Ce travail rappelle ce texte surréaliste qui classait la table parmi les quadrupèdes.


On n’apprend pas par osmose. L’apprentissage sans effort, sans systématique est un rêve impossible. L’apprentissage nécessite une discipline, une concentration, une systématique. En un mot, l’apprentissage est une ascèse, au sens où il implique une renonciation ne serait-ce que temporaire aux plaisirs immédiats et faciles au nom d’un idéal plus haut qu’on ne peut atteindre que par l’effort. Pour apprendre, l’enfant doit renoncer au moins en partie à la console de jeux, à regarder la télévision, à traîner avec les copains.



Cela n’implique nullement que l’apprentissage doive être une torture. Les « libéraux-libertaires », avec leur détestation du travail, on donné à l’effort une mauvaise réputation, en faisant presque l’antithèse du plaisir.

C’est faux.

De ma fenêtre, je vois une place située au centre de la cité, où la mairie a construit quelques appareils en béton permettant la pratique du skateboard. Et bien, je suis toujours admiratif devant les heures que certains jeunes passent à s’entraîner, refaisant dix, cinquante, cent fois la même figure, perfectionnant le geste jusqu’à l’obsession, et au prix de pas mal de bleus. N’est-ce pas là une ascèse ? N’est-ce pas là un effort et un sacrifice, librement consenti pour le plaisir de réussir quelque chose de difficile.

En quoi est-il si différent de la démonstration du théorème de Cantor ou celui de Pythagore ? (4) ? Et pour ceux qui viendraient me soutenir qu’il y a une différence entre la discipline libre – celle du skateboard – et la discipline notée – celle de l’école, je répondrai que le skate est lui aussi, noté. Parce que le jeune qui réussit une figure particulièrement difficile est connu dans la cité. Il est « cool ». Il reçoit la reconnaissance des ses pairs, qui est une récompense aussi réelle et motivante que le 18/20 octroyé par l’institution scolaire.

Et à l’inverse, les moqueries que rencontre celui qui « skate » comme un pied n’ont rien à envier en termes de « démotivation » à un 0/20.

Notre société voue aux gémonies le travail, l’effort, le dépassement de soi. Elle porte au pinnacle au contraire le loisir, le ludique, la satisfaction – et même la fierté – d’être ce qu’on est et de le rester. Elle adore la « créativité » et méprise la transmission. Comment s’étonner dans ces conditions que l’enseignement soit en crise ? Et comment s’étonner aussi que devant la baisse du niveau on cherche la solution du côté des « gadgets » et du jeu, alors qu’il faudrait le chercher dans la direction contraire ?


Dans la plupart des cas, l’échec scolaire est le résultat d’une insuffisance dans le travail. Bien entendu, il y a des enfants qui ont des difficultés d’apprentissage qui relèvent d’une pathologie organique ou psychologique. Mais ils sont en fait peu nombreux. Une amie qui a passé un demi-siècle à étudier les problèmes d’apprentissage et qui a écrit plusieurs livres sur la question me l’a confirmé : 90% des enfants sont parfaitement capables d’assimiler les connaissances nécessaires à une scolarité normale… à condition d’investir le travail et l’effort nécessaire. Dans l’immense majorité des cas, l’enfant n’apprend pas parce qu’il ne travaille pas, ou pas assez. La question essentielle est donc là : quels sont les ressorts qui permettent de faire travailler les élèves ? Comment les pousser à faire l’effort ?



Il y a bien entendu le plaisir d’apprendre. Il ne faut pas le négliger. Mais ce plaisir n’est pas immédiat. Il faut avoir déjà accumulé une certaine masse de savoir, avoir acquis un certain nombre d’automatismes, internalisé un certain nombre de disciplines pour que ce plaisir se révèle. Pour arriver à cette « masse critique », il faut que les institutions poussent l’enfant. D’abord la famille, puis l’école transmettent une certaine vision de la connaissance, du plaisir d’apprendre et d’être savant. On dit souvent que certains enfants sont privilégiés dans leur apprentissage parce que leurs parents ont des livres. Mais ce n’est pas les livres l’essentiel. On peut être entouré de livres et ne pas les lire.

Ce qui fait la différence, c’est qu’en général les parents qui habitent des maisons pleines de livres transmettent une certaine image de ce qu’est le savoir et l’apprentissage. Ils la transmettent par l’exemple, ils la transmettent par le fait qu’ils récompensent certains comportements et « découragent » d’autres. Mais le professeur n’est pas le parent. Il n’a pas sur l’enfant l’emprise que peut avoir son père et sa mère. Il a donc besoin d’autres instruments pour dire ce qu’il faut ou ne faut pas faire.

En d’autres termes, pour « encourager » ou « décourager » certains comportements. Ces instruments, ce sont les notes. Peu importe la forme qu’elles prennent : chiffres, points de couleur, voire distribution d’images pieuses. Ce qui importe, c’est qu’elles qualifient le travail de l’élève dans une hiérarchie du mérite (5). C’est cette hiérarchie même que les partisans de la suppression des notes entendent nier.



Et bien entendu, cette négation tient à une nécessité sociale. Si Acadomia et autres officines du même type prospèrent, c’est pace qu’elles ont su répondre à l’angoisse des parents des classes moyennes, terrorisées à l’idée que leurs petits rejetons, ne retrouvent pas le « capital immatériel » qu’ils ont pu constituer.

C’est là la tragédie des classes moyennes, dont la position repose sur un capital immatériel qui ne bénéficie pas de la transmission automatique dont bénéficie le capital matériel de la bourgeoisie. Et tant que l’accès à certaines places et professions se fait au mérite, les enfants des classes moyennes sont menacés.

Il est donc urgent de rendre l’accès à ces places et ces professions héréditaires. Et cela suppose d’éliminer la hiérarchie au mérite. Certains le disent fort clairement. Ainsi, par exemple, voici ce cri du cœur de Bruno Roger-Petit, chroniqueur dans ce magazine typiquement « classes moyennes » qu’est « l’Obs » :

« Il se trouve que l'auteur de ces lignes peut aussi témoigner d'expérience de parent d'élève. L'un des ses enfants est scolarisé dans un établissement où l'on note désormais les élèves de A à D. Les résultats sont stupéfiants. Les enfants apprennent mieux et bien. La concurrence inepte, engendrée par la notation de 0 à 20, a disparu des conversations de cours de récré, et les tensions et exclusions qui l'accompagnaient avec. L'enfant ne sort plus de l'école obsédé par les notes, et les parents avec, angoissés par la "moyenne" qui peut baisser de 0.2 points et le précipitera dans le "mauvais CM1" l'an prochain. L'enfant est confronté à lui-même, et pas aux autres, ce qui l'encourage, le motive, le pousse à faire mieux dans un contexte effectivement "bienveillant". »



Admettez que c’est mignon. Hier, parce qu’on allait de 0 à 20, les enfants ne parlaient que de cela dans la cour de récréation, tout le monde était tendu. Depuis qu’ils ont de D à A, tout le monde est détendu. Celui qui avait 16 et celui qui avait 13 étaient « confrontés à l’autre ». Mais depuis qu’ils ont A et B, ils ne sont que « confrontés à eux-mêmes ». C’est fou ce que la transformation des chiffes aux lettres peut changer les choses. Je me demande s’il ne faudrait pas remplacer les chiffres par des lettres dans les billets de banque. Il est vrai que payer 1000 euros, ça me stresse. Alors que payer BAAA euros, c’est presque indolore…



Mais le plus révélateur, c’est la deuxième partie. Cette « angoisse » de l’enfant « et des parents avec » - dans cet ordre, car tout le monde sait que l’angoisse en question vient d’abord des enfants, et certainement pas des parents – de tomber dans « le mauvais CM1 » l’an prochain du fait d’une moyenne qui baisse de 0,2 points.

Mais voyons cela d’un peu plus près.

On peut supposer que la transformation des chiffres en lettres n’a rien changé aux qualités comparatives des différents CM1. Certains élèves continueront à aller au « mauvais CM1 » alors que d’autres iront au « bon CM1 ». Et comment seront choisis les uns et les autres ? Voilà la question qui tue. Du temps ou cela se jouait sur les « 0,2 points de moyenne », l’enfant de la concierge avec 10,2 de moyenne avait le pas sur le fils du médecin avec 10,0. Mais si ce n’est plus sur la moyenne que cela se joue, alors sur quoi ? Je laisse mes lecteurs deviner la réponse. En tout cas, je suis prêt à parier que ce ne sera guère sur le mérite…



Descartes


(1) Le pluriel « forums » devient – malheureusement – usuel, mais il n’est pas pour autant correct. En fait, « forum » a deux pluriels considérés par l’académie : une première forme reprenant le pluriel latin (« fora »), une deuxième qui est une forme invariable (« les forum ») qui figure encore au Grevisse.


(2) Acadomia n’est d’ailleurs pas à son coup d’essai. Dans une publicité plus ancienne, elle proclamait fièrement que « 90% des parents qui ont inscrit leurs enfants à Acadomia voient les résultats scolaires s’améliorer ». Ce qui implique qu’il y a parmi les parents qui envoient leur rejetons chez Acadomia qui continuent de payer des grosses sommes d’argent chaque mois alors qu’ils voient les résultats de leurs enfants stagner, voire se dégrader…


(3) Le rapport complet peut être consulté sur le site du ministère de l’éducation (http://cache.media.education.gouv.fr/file/CSP/83/9/evaluation_socle_20_nov_MEF-CSP_371839.pdf). En fait, ce rapport ne propose nulle part l’abolition de la note. Même si on retrouve quelques poncifs sur « l’évaluation positive », on est bien loin de la fin des notes. Tout ce qu’on peut lui reprocher, c’est d’avoir une vision de l’évaluation qui au lieu de partir des réalités reprend comme fondement une fiction, celle de l’élève « au centre du système », doté d’un savoir immanent qu’il s’agit de révéler plus que de transmettre. Ainsi, le rapporteur écrit que :

« Il [l’élève] lui faut aussi apprendre à évaluer lui-même ses travaux tout au long du déroulement de l’apprentissage, afin de se situer par rapport à une demande des enseignants ou à des consignes d’activité. A tout moment, à condition d’être accompagné pour le faire, il devrait pouvoir repérer ce qu’il sait et ce qui lui reste à apprendre, ainsi que corriger ses erreurs. »

Cette exigence est une contradiction dans les termes. Si celui qui ne sait pas savait ce qu’il ne sait pas, il le saurait. Si l’élève qui écrit 2+2=5 pouvait « repérer ce qu’il sait et ce qui lui reste à apprendre », il n’écrirait jamais 2+2=5. Si les élèves ont besoin d’aller à l’école, c’est précisément parce qu’il faut que quelqu’un leur apprenne ce qu’ils ne savent pas. Derrière cette proposition se cache l’idéal de l’élève autodidacte, capable de s’enseigner lui-même et qui n’aurait pas besoin de maître. Ca tombe bien, le nouvel idéal pédagogique est celui du maître qui se met en retrait et n’a plus qu’un rôle de « facilitateur » face à un élève capable de « construire son savoir ».


(4) Si je donne ces deux exemples, c’est parce que ce sont deux choses que j’ai appris à l’école et qui m’ont absolument passionné. Je me souviens d’avoir passé des heures à vérifier naïvement que tous les triangles rectangles vérifiaient bien la propriété, puis à chercher une démonstration générale…


(5) En fait, derrière la « querelle des notes » se cache une autre querelle, bien plus intéressante, qui est celle de l’école que nous voulons et, plus profondément, de ce que signifie le mot « éduquer ». D’un côté, vous trouverez la vision « postmoderne » d’une école dont l’ambition est de révéler ce qui est déjà dans l’élève, en l’éveillant, en poussant sa créativité, en lui faisant « reconstruire » les savoirs lui-même bref, qui met « l’élève au centre du système ». De l’autre côté, une vision plus classique qui donne à l’école avant tout une fonction de transmission, et pour laquelle il s’agit de développer chez l’élève les mécanismes qui lui permettent d’assimiler ce qu’il y a de mieux dans le savoir accumulé par l’humanité. La première école pourrait faire sienne la devise nietzschéenne du « deviens ce que tu est ». La seconde, au contraire, part de l’hypothèse que l’élève est un individu inachevé dont il importe de finir la construction.

 

source: le blog de descartes 

Par Jean Lévy - Publié dans : Education nationale - Communauté : Communard toujours !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 20 novembre 2014 4 20 /11 /Nov /2014 16:11

 

Le Point.fr

Très forte mobilisation pour la grève des profs

en Seine-Saint-Denis

"On manque de moyens, et le turnover des professeurs s'est vraiment accéléré ces trois dernières années", déplore un enseignant du département.

Les professeurs sont en grève en Seine-Saint-Denis.

 Les professeurs sont en grève en Seine-Saint-Denis. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP 

Des centaines de parents d'élèves et de profs de Seine-Saint-Denis en grève ont défilé jeudi à Paris pour obtenir plus de moyens pour l'Éducation nationale dans ce département défavorisé, pas convaincus par les promesses annoncées la veille par le gouvernement. Parmi les manifestants réunis près du ministère de l'Économie, de nombreux syndicalistes mais également des parents d'élèves coiffés d'un bonnet d'âne, signe de ralliement des parents en colère de ce département de la banlieue nord de Paris.

Ils ont été reçus dans l'après-midi chez le Défenseur des droits aux côtés de la mairie de Saint-Denis. Ils veulent notamment le saisir pour une supposée "discrimination" liée au lieu de résidence, estimant les enfants du 93 moins bien lotis que les autres élèves deFrance. Le plan exceptionnel annoncé la veille par la ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem pour la Seine-Saint-Denis "ne règle rien", affirme Cyril, père de deux enfants de 7 et 8 ans scolarisés à Saint-Denis. Sa fille, en CE1, n'a eu pour instituteur "qu'une succession de remplaçants depuis la rentrée", se plaint-il. 

"Non-attractivité de la Seine-Saint-Denis"

Après 13 ans d'enseignement en Seine-Saint-Denis, un département qui compte beaucoup de professeurs débutants impatients de le quitter, Adis Veskovic a quant à lui "l'impression d'être un dinosaure".

"On manque de moyens, et le turnover des professeurs s'est vraiment accéléré ces trois dernières années. La non-attractivité de la Seine-Saint-Denis est la base de tous les problèmes", analyse-t-il.

Depuis la rentrée scolaire, entre recrutement de profs en urgence dans le vivier de chômeurs du département et importants retards dans le paiement des salaires des vacataires, la colère est latente parmi les enseignants de Seine-Saint-Denis.

Elle culminait jeudi avec un mouvement de grève, suivi par un instituteur sur deux dans le premier degré, selon Rachel Schneider, du Snuipp-FSU 93. 80 % des instituteurs étaient en grève à Saint-Denis, où 40 écoles sur 63 étaient fermées, selon la mairie, et l'on comptait même 87 % de grévistes à La Courneuve. Le mouvement était par ailleurs "bien suivi" dans les collèges et "moyennement" dans les lycées, avec une participation moyenne de 30 % dans le second degré, a ajouté Mathieu Logothetis, du Snes 93. Contactés par l'AFP, ni le rectorat de Créteil ni le ministère de l'Éducation nationale n'étaient en mesure de communiquer le taux de grévistes. 

Désaffection des professeurs

La veille, la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem avait annoncé des mesures exceptionnelles pour ce département où l'école cumule les maux, de la désaffection des professeurs au manque de moyens pour enseigner en passant par les difficultés sociales et scolaires plus aiguës qu'ailleurs.

Son plan triennal prévoit 500 nouveaux postes dans le primaire d'ici à 2017, et un concours spécifique pour recruter des candidats recalés dans d'autres académies. La formation des centaines de contractuels, recrutés parfois en urgence face à la pénurie de profs, doit aussi être améliorée.


Très largement insuffisant ! ont rétorqué les enseignants

LeParisien.fr

 

500 instits et parents ont manifesté à Saint-Denis

 le taux de grévistes atteignait 87% à la Courneuve et à 80% à Saint-Denis

 

Liberation.fr

Les rentrées scolaires se suivent et se ressemblent désespérément en Seine-Saint-Denis. Il manquait encore cette année 450 enseignants dans les écoles primaires de ce département, qui compte 300.000 élèves et 20.000 enseignants.

 

 

 

Par Jean Lévy - Publié dans : Education nationale - Communauté : Communard toujours !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 07:18

 Société

 

En Seine-Saint-Denis,

des chômeurs catapultés professeurs

LE MONDE | 20.10.2014 

 

Sans aucune formation adaptée, Rachid M., 21 ans, a été recruté pour prendre en charge une classe de CE1 de Seine-Saint-Denis au pied levé (photo d'illustration).

Il est arrivé en milieu de matinée le vendredi 10 octobre à l’école Louis-Blériot, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), sur un simple coup de fil de l’académie de Créteil quelques heures plus tôt.

C’est le troisième poste que Rachid M. (le prénom a été changé) enchaîne : après un CM2, une classe de grande section maternelle, c’est un CE1 qu’il doit prendre en charge au pied levé dans cette école classée REP + – appellation des nouvelles zones d’éducation prioritaires.

Sans aucune formation adaptée, le jeune homme de 21 ans a été « jeté dans la fausse aux lions » comme les quelques dizaines de contractuels que le rectorat continue de recruter, soit par le biais de son site, soit par Pôle emploi, pour boucher les trous en Seine-Saint-Denis.

Démarche chaloupée, look décontracté avec sa petite barbe, ses cheveux mi-longs coiffés en arrière et son chewing-gum dans la bouche, Rachid M. donne l’impression d’être tombé ici par hasard. Quand il est arrivé, il a trouvé les consignes que la maîtresse qu’il remplace avait laissées. Une chance, car le jeune débutant n’avait pas eu le temps de « préparer ». Par ce terme, il veut dire qu’il n’a pas pu consulter les programmes sur Internet. Car Rachid n’a jamais pensé devenir « instit » avant.

Il cherchait plutôt « dans le commerce », un emploi de vendeur ou de chef de rayon. Sans succès. Sur les conseils d’un ami, il a postulé sur le site du rectorat.

« FAIRE AVEC »

Après un entretien, il a été jugé apte. Pourtant, avec son BTS de management des unités commerciales, Rachid M. n’a pas le diplôme adéquat pour être professeur des écoles. « On nous avait assuré des diplômés en master 2 [bac + 5] puis des M1. Maintenant, on nous promet des titulaires de licence mais même pas », se désole une collègue de l’école.

 

Malgré les assurances du rectorat, ils sont plusieurs comme lui parmi les derniers contractuels arrivés dans le « 93 ». Plus l’année avance, plus les exigences semblent baisser pour assurer la présence d’un adulte devant les classes et calmer les parents d’élèves. Le rectorat assure que « normalement » un accompagnement est fait auprès des petits nouveaux.

Pas pour Rachid M. ni ses jeunes « collègues » de Blériot. Alors il se débrouille comme il peut. Ne lâchant pas son manuel scolaire de la journée. Consultant Internet sur la manière de faire une séquence lecture. Se trompant aussi beaucoup : au milieu de la semaine, il a proposé à ses élèves de faire des multiplications.

Sa voisine de classe lui a glissé qu’en début de CE1 les enfants ne connaissent que l’addition et qu’il valait mieux s’en tenir là.

« On nous a donné un numéro de téléphone si jamais on craqueMais ça va, je gère », souffle-t-il dans un sourire timide. Avant d’avouer qu’il ne sait pas s’il va continuer longtemps. « Avec le salaire, je ne sais pas si je suis chaud », admet le jeune homme avec son accent de banlieusard.

La directrice de l’école, Catherine Da Silva, consciente des lacunes et de l’impréparation de Rachid M., le surveille à distance, avec patience. « Heureusement, il ne reste qu’une semaine. Il est gentil mais, en termes de posture, d’expression… Il faut quand même des repères pour les enfants », juge Mme Da Silva. La jeune femme déplore que l’éducation nationale la fasse « complice » de cette déchéance. « Ici, on a eu jusqu’à un tiers de contractuels non formés dans l’équipe », insiste cette déléguée du SNUipp-FSU, principal syndicat des enseignants du primaire. Et de citer cet architecte au chômage recruté par Pôle emploi qui a « passé sa journée à dire chut tout doucement ». Mme Da Silva doit « faire avec ».

Comme avec les autres remplaçants recalés au concours. Marie est de ceux-là. Elle a deux niveaux dans deux écoles différentes depuis la rentrée. Son CM1 à Blériot, elle le partage avec un professeur stagiaire, non formé. La jeune débutante avoue qu’elle a peiné : « Pendant un mois et demi, je n’ai eu aucun contact avec la conseillère pédagogique. J’hésitais déjà à devenir professeur mais, là, je suis dégoûtée. »

Le ministère reconnaît que la situation en Seine-Saint-Denis est tendue : 250 contractuels y ont été recrutés au mois de septembre. Il en manque encore. « Comme tous les services publics, nous avons un problème d’attractivité en Seine-Saint-Denis. Mais il faut relativiser, car 97 % de notre personnel est stable », explique Béatrice Gilles, la rectrice. Sur ce département, la hausse démographique cumulée au manque de postes et de candidats a créé une véritable thrombose.

L’académie recrute mais sans vivier de professeurs formés, les remplaçants habituels étant déjà tous en poste.

Pour faire face à cette pénurie, elle fait appel à des adultes sélectionnés par Pôle emploi, pour des contrats à l’année à 1 699,31 euros brut par mois ou des vacations à 20,64 euros de l’heure. Pour la première fois, l’académie a tenu un stand au dernier Forum pour l’emploi des jeunes le 7 octobre au Stade de France. « Depuis trois ans, les dotations augmentent mais on ne fait que courir après la hausse du nombre d’enfants et les créations de classes. On a installé une situation de crise permanente », dénonce Rachel Schneider, responsable départementale du SNUipp-FSU.

« DÉFAILLANCE DE L’INSPECTION »

La crise est encore plus aiguë à Saint-Denis, banlieue qui pâtirait d’une « mauvaise réputation »« Il y a eu une défaillance de l’inspection »,dénoncent de leur côté les enseignants. Conscient de la tension depuis la rentrée, le directeur départemental, Jean-Louis Brison, a réuni, mercredi 15 octobre, tous les directeurs des écoles de la ville.

La création d’une nouvelle circonscription avec des conseillers pédagogiques pour mieux encadrer les nouveaux venus leur a été annoncée. Et la promesse d’anticiper les recrutements pour la rentrée 2015 afin d’éviter la concentration des vacances de postes dans les mêmes écoles. « On ne souhaite pas se retrouver dans la même situation », avoue la rectrice.

« Cela ne suffira pas », prévient Eric Bernier, directeur d’une école au Franc-Moisin. Comme ses collègues, il veut une prime spéciale pour attirer les enseignants et un prérecrutement rémunéré permettant de financer les études de jeunes du département. « Il nous faut du concret, sinon ça va exploser à la rentrée de novembre », prévient-t-il. Déjà plusieurs congés maternité sont annoncés. Sans remplacements pour le moment.

 

 

    Par Jean Lévy - Publié dans : Education nationale - Communauté : Communard toujours !
    Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
    Mardi 15 avril 2014 2 15 /04 /Avr /2014 07:19

    DECLARATION REPRISE SUR
    LE BLOG DE DIABLO

    Pour Benoit HAMON,

    la réforme des rythmes scolaires appliquée dès 2014...l

    benoit-hamon-PS

    Mardi 8 avril 2014 , Manuel Valls prononce son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale.  Il déclare «l’aménagement des rythmes scolaires est une bonne réforme » et annonce que « le cadre réglementaire sera assoupli après les concertations nécessaires ». 

    Le soir même, le service de presse du ministère de l’Education invite les journalistes et explique : «il n’y aura ni report, ni retrait, ni libre choix, toutes les communes passeront aux nouveaux rythmes à la rentrée, le décret sur la nouvelle semaine scolaire n’est pas modifié. Simplement, on va étudier au cas par cas, au niveau du terrain, les communes ayant des difficultés. ».

     

    Mercredi 9 avril 2014Benoît Hamon, à la Sorbonne, confirme: la réforme sera appliquée et sera mise en œuvre en 2014. «Nous n’allons pas remettre en cause une réforme où 4 000 communes ont déjà choisi en 2013 leur organisation et où 92% des villes ont déjà présenté leur organisation pour septembre. Reste 8% de communes qui rencontrent objectivement des difficultés de mise en œuvre et certaines où des maires font de la résistance pour des raisons politiques», mais la réforme sera assouplie et pourra être « complétée d’expérimentations utiles et intéressantes. (…) Je suis ouvert à des formules qui n’ont pas été retenues,on pense à nos communes de montagne (1) ».

     

    Mais parents, enseignants et élus qui se sont mobilisés contre la réforme ne se contenteront pas d’un «assouplissement». Christian Schoettl, maire de Janvry (Essonne) prévient « Nous nous attendons à une nouvelle vague de délibérations en conseil municipal contre la réforme, après les 2 500 que nous avons déjà enregistrées »,

     

    (1) Des communes, autour de Grenoble, proposent d’emmener les élèves skier tout le mercredi, ce qui les empêcheraient de respecter les cinq matinées d’école prévues.

     

    source: POI  

    Par Jean Lévy - Publié dans : Education nationale - Communauté : Communard toujours !
    Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
    Lundi 14 avril 2014 1 14 /04 /Avr /2014 07:27

    INFO REPRISE SUR
    LE BLOG DE DIABLO

    Fonction publique :

    journée nationale d'action unitaire

    le jeudi 15 mai 2014

    Tous-syndicats-FP.jpg

    Fonction publique :
    journée nationale d'action le 15 mai 
     
    Les organisations syndicales CGT - CFTC – CFDT – FA-FP - FSU - SOLIDAIRES - UNSAdénoncent une nouvelle fois, l'absence de négociations salariales dans la Fonction publique et la dégradation de la qualité de l'emploi public. 
    La politique d’austérité salariale menée par le gouvernement à l’égard des agents publics aboutit à une baisse incessante de leur pouvoir d'achat. Pourtant son amélioration est un objectif affiché du nouveau gouvernement. 
     
    Le contentieux salarial s’accumule et la poursuite du gel du point d’indice est inacceptable ! 
    Les agents de la fonction publique jouent un rôle déterminant dans notre société. 
    La qualité des services rendus aux usagers est leur préoccupation majeure. 
    La reconnaissance de leur travail ne peut donc plus attendre. 
    Le gouvernement doit ouvrir sans délai de réelles négociations sur les rémunérations et garantir des emplois publics de qualité correspondant aux besoins. 
    Les organisations syndicales exigent une revalorisation immédiate du point d'indice, la refonte de la grille indiciaire permettant la revalorisation de tous les métiers et des mesures de rattrapage. 
    Elles appellent les agents des trois versants de la Fonction publique à une journée nationale d'action et de mobilisation le 15 mai prochain, journée qui pourra prendre des formes diversifiées (rassemblements, manifestations, grèves, arrêts de travail...). 
     

    Paris le 8 avril 2014 

    Par Jean Lévy - Publié dans : Education nationale - Communauté : Communard toujours !
    Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
    Samedi 22 février 2014 6 22 /02 /Fév /2014 08:32

    coco Magnanville

     

     

    Publié le 19 Février 2014

     

     

    Les stages poubelles pour tous, c'est la politique du gouvernement : non au « Contrat première embauche » à 350 €

    Les stages poubelles

    pour tous,

    c'est la politique du

    gouvernement

     

    Non à ce « Contrat première embauche »

    à 350 € déguisé !

    Article-Tract pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/

    Le stage, c'est devenu la norme pour rentrer dans le marché du travail : la précarité pour les jeunes travailleurs, une main d’œuvre bon marché pour les patrons. Ce que fait le gouvernement, c'est légaliser, légitimer, généraliser cette pratique qu'il faudrait abolir.

    Nous sommes deux millions de stagiaires, deux millions à subir cette forme ultime de la précarité : temps de travail extensible, rémunération minime ou nulle, contrat temporaire.

    Pour les patrons, c'est tout bénéfice. Ils peuvent ne pas payer leurs stagiaires, bénéficient d'exonérations de cotisations, faire effectuer toutes les tâches les plus ingrates (le fameux stage « standard-photocopieuse ») à une main d’œuvre docile, peu chère et plutôt qualifiée.

    Le gouvernement légalise et généralise les stages poubelles

    Comme toujours, il y a les annonces gouvernementales : des stages limités à six mois, une rémunération obligatoire après deux mois de stage, l'interdiction de remplacer des postes permanents par des stagiaires.

    Merci patron … sauf que ces dispositions existent souvent déjà mais ne sont pas appliquées !

    Est-ce que le seront maintenant ? Bien sûr que non. La loi prévoit les décrets d'application, qui ne sont pas encore publiés et ne le seront sans doute jamais. Et si il y a un doute, la loi prévoit « des dérogations » accordées avec générosité aux patrons.

    Mais cette loi, ce n'est pas le statu quo, c'est un danger : c'est un « Contrat première embauche » généralisé à 400 €, sans aucune garantie sur le plan du Code du travail.

    Un « contrat première embauche » à 350 € pour tous

    Ce que la loi prévoit, c'est légaliser l'injuste : une rémunération obligatoire après deux mois à 30 % du SMIC, soit 350 €, sans cotisations sociales pour l'employeur, donc sans droits à la Sécurité sociale pour le stagiaire.

    Et le patron n'a pas intérêt à payer plus … ou sinon il paiera des cotisations. La même logique que les « exonérations de cotisations » pour les bas salaires : de quoi pousser le patron à payer des bas salaires !

    Pour les stagiaires en milieu hospitalier, par ailleurs, la rémunération n'est toujours pas obligatoire.

    Ce que la loi prévoit, c'est légitimer l'arbitraire : la loi dépend du Code de l'Education, pas du Code du travail. Cela veut dire que le stagiaire peut travailler jusqu'à 48 h par semaine, 13 h par jour, la nuit, le dimanche, les jours fériés, sans rémunération des heures sup.

    Ce que la loi prévoit, c'est généraliser le précaire : cette loi rend formel ce qui était informel, il crée donc un « Contrat de stage » qui ressemble aux fameux « contrats doctoraux » des universités créés en 2008, qui ont légalisé pour les étudiants très qualifiés le CDD de 3 ans à 1 300 €.

    Lycéens, le « stage de découverte », c'est la découverte de l'exploitation !

    Le « stage de découverte », on le connaît depuis longtemps en 3 ème, une semaine pour découvrir un métier. Depuis 2011, il y a désormais un autre « stage en entreprise » à la fin de la Seconde.

    La loi prévoit que la scolarité peut comporter des « périodes de formation dans les entreprises », facultatives en filière générale, obligatoires en filières technologiques ou professionnelles.

    En 2011, on a ajouté qu'il s'agissait de découvrir « l'engagement volontaire et bénévole … à travers un stage obligatoire en fin de seconde dans une association à but social ou humanitaire ».

    Depuis 2011, des milliers de jeunes lycéens ont fait l'expérience de « l'engagement bénévole » dans ces « associations à but humanitaire », en fait des entreprises qui ne les paient pas pendant 2 à 4 semaines (la rémunération est obligatoire après 2 mois!), et leur font faire les tâches ingrates.

    En lycée professionnel, ce sont de 16 semaines (pour les CAP) à 22 semaines (pour les Bac pro) en entreprise, souvent fractionnés en période de moins de deux mois.

    Cela peut parfois être une expérience professionnelle enrichissante, c'est souvent une dure confrontation au monde du travail, c'est toujours un moyen pour le patron d'exploiter au maximum une main d’œuvre motivée et gratuite.

    Fioraso dit qu'il « faut ouvrir les universités aux entreprises ». Peillon déclarait, lui voir « introduire l'entreprise dans nos collèges et lycées ».Ce que la droite la plus libérale n'a pas osé faire, vendre notre éducation aux marchands de lessive et de canons, c'est le PS qui va le faire !

    Dans la « Loi Fioraso », il est indiqué que « le transfert des résultats de la recherche publique vers le monde économique ». Cela veut dire des chercheurs précaires en CDD, à 1 300 € payés par l'Etat pour les profits de l'Oréal, Total ou Sanofi. Recherche publique, profits privés !

    Dans la« Loi sur la refondation de l'école », on lit :

    « l'école doit s'ouvrir : témoignages de professionnels, initiatives avec des associations et représentants d'entreprises, visites, stages et découverte des métiers et de l'entreprise, et projets pour développer l'esprit d'initiative et d'entreprise ».

    On croyait que l'école devait apprendre l' « esprit critique », la « citoyenneté », le lycée et la fac devaient nous offrir une « qualification », une « formation » … on apprend que le but, c'est d'avoir une main d’œuvre docile, dans le « moule de l'entreprise », prête aux stages poubelles !

    STOP ! C'est faux de dire que la loi votée par le gouvernement « ne va pas assez loin », « porte des avancées ». Elle va dans le même sens, c'est un nouveau recul gravissime. Nous avons le droit à des emplois stables, salaires dignes. Nous réclamons dès maintenant :

    • La rémunération des stages au SMIC : si les stages deviennent la première embauche la plus fréquente, que l'on respecte la loi : le SMIC comme rémunération minimum !

    • Le respect du code du Travail dans les « contrats de stage » : durée de temps de travail limitée à 35 h par semaine, stage réellement limité à 6 mois, interdiction du travail le dimanche, la nuit, les jours fériés ;

    • L'interdiction des stages en entreprise non-rémunérés ;

    • La transformation en CDI des contrats précaires ; notre but n'est pas de réglementer les contrats précaires mais de les abolir : tous les CDD, intérim doivent devenir des CDI. Les « stages de découverte », exceptionnels, doivent déboucher sur un contrat stable ;

    En 2006, nous avions dit non au CPE (Contrat Première embauche) de la droite comme une forme de sous-contrat précaire pour toute la jeunesse Aujourd'hui le PS nous le remet sur la table, sous la forme du stage à 400 € pour tous, c'est toujours non.

    Rejoins les Jeunes communistes, rejoins-nous dans notre combat pour construire une autre société, libérée de l'exploitation !

    Encadré 1 : les stages poubelles pour tous, c'est maintenant !

    • Il y a aujourd'hui entre 1,5 et 2 millions de stagiaire, le chiffre a triplé depuis quatre ans ;

    • 55 % des jeunes entrés sur le marché du travail ont fait au moins un stage (en 2007) ;

    • La durée moyenne d'un stage est de deux mois ;

    • 30 % des stages sont rémunérés ;

    • 20 % des stages débouchent sur un recrutement, à 66 % en CDD ;

    • La rémunération, quand elle existe, est en moyenne de 480 € ;

    Encadré 2 : les « mini-jobs » à 1 € de l'Allemagne, c'est ça notre modèle ?

    L'herbe est toujours plus verte ailleurs, à écouter nos dirigeants. François Hollande vient d'inviter Peter Hartz pour prendre conseil sur sa « réforme du travail » adoptée en 2003 par un gouvernement socialiste (sic).

    Grâce aux « réformes Hartz », aujourd'hui en Allemagne, les jeunes de moins de 30 ans ont à 55 % un emploi précaire, à 28 % un stage (non-rémunéré pour moitié), 27 % un contrat temporaire. Seuls 9 % ont un emploi dépassant les 800 € par mois.

    Parmi les nouvelles embauches, 43% sont en contrat intérimaire, 42% en CDD. 

    Seules 15% sont des CDI.

    5 millions de personnes – souvent de moins de 30 ans – tombent sous les lois Hartz qui imposent à tout chômeur de travailler 10-15 heures par semaine (pour faire baisser les chiffres du chômage, pardi!) pour un salaire maximum de 400 €, souvent plus proches de 200-250 €.

    On parle même de ces « mini-jobs » à 1 € de l'heure, contrats-poubelles soi-disant d'intérêt général, en fait un véritable travail forcé.

    Résultat, derrière le taux de chômage officiellement à 9 % … 20 à 25 % des jeunes Allemands vivent sous le seuil de pauvreté.

    Est-cela notre avenir ?

     

     

    Rédigé par caroleone

     

     

     

    Par Jean Lévy - Publié dans : Education nationale - Communauté : Communard toujours !
    Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
    Jeudi 13 février 2014 4 13 /02 /Fév /2014 08:35

    UFAL – UNION DES FAMILLES LAÏQUESBLOGS DES COMMISSIONS THÉMATIQUES DE L'UFAL

     

    Quand la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche veut faire enseigner l’entreprenariat dès la maternelle

    Je pense que si on veut avoir davantage d’étudiants [qui lancent des entreprises, ndlr], si on veut avoir une vraie équipe France, c’est la culture qu’il faut changer et il faut commencer très tôt, il faut même commencer dès l’école maternelle.
    Mais comme je suis responsable de l’enseignement supérieur et de la recherche, je commence à la recherche !

    Geneviève Fioraso

    Si les idées de Geneviève Fioraso étaient mises en œuvre, nous pourrions avoir des fêtes de l’école qui ressemble à cela en maternelle :

     

     

    Il n’est sans doute pas inutile de rappeler à notre ministre que même à son niveau, c’est-à-dire celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, l’article L141-6 du Code de l’éducation, qui dit que « Le service public de l’enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ; il tend à l’objectivité du savoir ; il respecte la diversité des opinions. Il doit garantir à l’enseignement et à la recherche leurs possibilités de libre développement scientifique, créateur et critique », le monde l’entreprise n’a pas à s’immiscer de la sorte !

    C’est l’occasion pour l’UFAL de rappeler son attachement à la laïcité scolaire qui permet cette séparation entre l’école publique et à la société civile. Sans cette séparation, aucune instruction n’est possible


    Par Jean Lévy - Publié dans : Education nationale - Communauté : Communard toujours !
    Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
    Dimanche 9 février 2014 7 09 /02 /Fév /2014 08:57

    La Science au XXI Siècle

    Blog international du Collectif « Indépendance des Chercheurs » (France)

    07/02/2014

    CNRS : trois suicides récents

                inquiètent la CGT 

     

    Le 7 février 2014, le Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique (SNTRS-CGT) vient de diffuser un communiqué intitulé « SOUFFRANCE AU TRAVAIL AU CNRS : Sommes-nous au début d’une vague de suicide ? »s'inquiétant de « la survenue, pour le seul mois de janvier 2014, de trois suicides de personnels travaillant dans des laboratoires et l’administration du CNRS (Rennes, Annecy, Meudon) ». Nous avons évoqué récemment la situation de plus en plus préoccupante du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et d'autres organismes publics de recherche dans nos articles « CNRS et crise des hiérarchies scientifiques (I) »,« CNRS, IRSTEA, INSERM... la crise s'aggrave (I) » et « La fin des organismes de recherche (CNRS, INSERM...) ? (I) ». C'est dans ce contexte, que le communiqué du SNTRS-CGT souligne la montée d'alertes au contenu sans ambiguïté :« arrêts de maladie, dépressions, augmentation des cas de souffrance et de harcèlements au travail déclarés auprès des DRH, de la médiatrice du CNRS et auprès du SNTRS-CGT », et qu'il dénonce « la souffrance au travail qui se manifeste dans les laboratoires et les services », ou encore « le poids de la hiérarchie et des outils de contrôle, la pression pour la réalisation d’objectifs, la course aux publications et à l’obtention de contrats... ». Nous avons analysé à plusieurs reprises sur ce blog des dérives institutionnelles qui ne cessent de s'aggraver et qui nous semblent nécessiter une révision profonde de la politique imposée progressivement aux organismes de recherche depuis trois décennies : montée de hiérarchies et coupoles administratives au détriment du travail créateur, suprématie croissante du « management », du « relationnel » et du lobbying sur la véritable activité scientifique, blocage récurrent des initiatives originales individuelles ou émanant de « petits groupes », absence d'un réel contrôle institutionnel des conflits d'intérêts dans l'évaluation, mise en cause de l'indépendance des chercheurs et de la stabilité d'emploi de tous les personnels, délocalisation de la recherche, montée de la précarité... Outre une rectification radicale de cette politique récurrente et autodestructrice, une enquête approfondie menée dans la transparence paraît indispensable sur les affaires signalées par le SNTRS-CGT.

     

    Suit le communiqué du 7 février 2014 du SNTRS-CGT

    http://websyndicats.vjf.cnrs.fr/sntrscgt/spip.php?article...

     

    COMMUNIQUE DU SNTRS-CGT

    SOUFFRANCE AU TRAVAIL AU CNRS

    Sommes-nous au début d’une vague de suicide ?

    La survenue, pour le seul mois de janvier 2014, de trois suicides de personnels travaillant dans des laboratoires et l’administration du CNRS (Rennes, Annecy, Meudon) nous inquiètent sérieusement. Même si les facteurs qui ont conduit à ces drames ne sont pas encore connus, deux de ces collègues étaient en congés de maladie.

    La Direction du CNRS et le Ministère ne doivent pas prendre la situation à la légère. Ils doivent tenir compte de la souffrance au travail qui se manifeste dans les laboratoires et les services, notamment en révisant leurs objectifs de réduction d’emplois et en donnant les moyens aux Comités d’Hygiène, de Sécurité et de Conditions de Travail d’exercer toutes leurs prérogatives.

    La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) rebaptisée Modernisation de l’Action Publique (MAP) par le gouvernement Ayrault a des conséquences directes sur le mal être au travail et l’augmentation des risques psychosociaux.

    Au CNRS, le budget 2014 va accentuer ces difficultés du fait des suppressions massives d’emplois. En 2014, le CNRS va perdre 842 emplois (102 fonctionnaires et 740 CDD payés sur la subvention d’Etat. Les conditions de travail vont s’en ressentir sérieusement car il sera difficile d’effectuer le remplacement de toutes les absences. L'emploi précaire restera à un haut niveau en raison du nombre important de CDD payés sur les ressources propres des laboratoires.

    La dégradation des conditions de travail au CNRS est aussi la conséquence du mode de management qui renforce le poids de la hiérarchie et des outils de contrôle, la pression pour la réalisation d’objectifs, la course aux publications et à l’obtention de contrats,…

    La Direction du CNRS nie la dégradation des conditions de travail bien que les signaux d’alerte se multiplient : arrêts de maladie, dépressions, augmentation des cas de souffrance et de harcèlements au travail déclarés auprès des DRH, de la médiatrice du CNRS et auprès du SNTRS-CGT. Il est temps de rendre publics les travaux du CNAM sur la souffrance des chercheurs et de lancer la même étude pour les ingénieurs, techniciens et administratifs. Les procédures mises en place par la direction, circulaire sur les risques psychosociaux et cellule de veille sont insuffisantes et peu efficaces. Il est temps de s’attaquer aux causes des risques psychosociaux et non à leurs seuls symptômes.

    Villejuif, le 7 février 2014

     

     

    Par Jean Lévy - Publié dans : Education nationale - Communauté : Communard toujours !
    Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
    Vendredi 7 février 2014 5 07 /02 /Fév /2014 08:26

    Front Syndical de Classe

     

    Source : agences de presse

    Sans réponse du Ministre de l’éducation nationale, la mobilisation s’élargit.

    Ce mardi 04 février 2014, près de 700 personnes se sont réunies devant le ministère après une manifestation partie de Sèvres-Babylone. C’est la preuve que la mobilisation s’élargit au-delà des enseignants car de nombreux parents et lycéens ont rejoint le cortège.


    Plus de 17 établissements étaient présents dans le cortège tandis que d’autres étaient bloqués par les parents d’élèves dans le département.

    Une délégation a été reçue demandant des moyens supplémentaires nécessaires aux établissements du département. Encore une fois, après une quatrième journée de grève, aucune réponse n’a été donnée. C’est le choix du pourrissement qui a été fait par l’administration : c’est inacceptable.
    Le refus du Ministre de répondre aux revendications légitimes contraint les personnels à élargir le mouvement.

     

    Dans ces conditions, l’Assemblée Générale des établissements en lutte et les organisations CGT Educ’Action, FNEC FP FO, FSU, SGEN-CFDT, SUD-Education et SE-UNSA appellent les personnels à poursuivre le mouvement :

     

    •  En poursuivant l’élargissement du mouvement en direction des parents et des jeunes scolarisés ainsi que des élus dans nos établissements et nos communes.
    •  En se rassemblant avec les familles samedi 8 Février à Colombes à 14 h30 devant la mairie de Colombes puis à Nanterre à 16 heures devant la Préfecture.
    • En appelant à la grève jeudi 13 février et en manifestant devant le Ministère.

    Toutes ces actions ont pour but d’obtenir les moyens du maintien des taux d’encadrement dans les Hauts-de-Seine c’est-à-dire une dotation supplémentaire de l’Etat de 2000 heures, nécessaire au maintien de conditions d’études convenables pour les enseignants comme pour les élèves.

    Par Jean Lévy - Publié dans : Education nationale - Communauté : Communard toujours !
    Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

    Présentation

    Créer un Blog

    Recherche

    Calendrier

    Décembre 2014
    L M M J V S D
    1 2 3 4 5 6 7
    8 9 10 11 12 13 14
    15 16 17 18 19 20 21
    22 23 24 25 26 27 28
    29 30 31        
    << < > >>
     
    Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés