
la thèse d’un attentat contre l’ancien président de TOTAL
La nouvelle de l’ouverture d’un procès pour meurtre jeudi dernier à Moscoudans l’affaire de l’écrasement en octobre 2014 du Falcon 50 nolisé par l’ancien PDG de la pétrolière TOTAL, Christophe de Margerie, a été totalement escamotée par l’attentat de Nice, survenu quelques heures plus tard.
Les lecteurs de Vigile se souviendront de la série d’articles que j’avais consacrés à cette affaire, Un accident bizarre qui en rappelle un autre, Un embarras TOTAL, Un message des États-Unis à la France, à la manière du Parrain, qui illustrait de façon spectaculaire l’ascension de l’Empire Desmarais et de ses associés belges du groupe Albert Frère aux niveaux les plus élevés où leurs intérêts croisaient désormais ceux des grandes puissances mondiales dans leurs affrontements, avec tous les risques financiers et politiques que cela comporte.
Deux ans plus tard, la justice russe est prête à porter des accusations. Mais il faut bien comprendre que le procès qui s’ouvre maintenant déborde très largement du cadre de la justice pénale pour tomber dans celui des intérêts stratégiques de la Russie.
En reprenant l’avion pour Paris, Christophe de Margerie quittait tout juste Vladimir Poutine avec qui il venait d’avoir un entretien. Les deux hommes se connaissaient, et de Margerie, au cours de l’année précédente, avait à plusieurs reprises exprimé publiquement ses réserves par rapport aux positions des États-Unis sur des enjeux stratégiques pour l’industrie pétrolière, notamment le monopole du dollar dans les transactions.
De Margerie, tant en sa qualité de PDG d’une des plus grandes entreprises de France qui compte l’État français parmi ses actionnaires, que par ses liens familiaux avec Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Élysée, avait également un accès direct à François Hollande. Était-il porteur d’un message de Poutine destiné à ce dernier ?
On se souviendra que ces faits sont survenus au moment où éclatait l’affaire des Mistral, les fameux porte-hélicoptères dont la Russie avait passé commande aux chantiers navals de Saint-Nazaire, et où les États-Unis faisaient pression sur l’Europe pour qu’elle condamne et sanctionne la réunification de la Crimée à la Russie.
On se souviendra également que quelques semaines plus tard, le 6 décembre 2014, en plein refroidissement des relations des pays de l’alliance avec avec la Russie, François Hollande, revenant du Kazakhstan où la France, Total et GDF/Suez (aujourd’hui ENGIE) possèdent d’importants intérêts pétroliers, avait fait escale à Moscou, au même aéroport, pour y rencontrer Vladimir Poutine, à la surprise générale,
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