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En prison, Gramsci réfléchit avec et sur son expérience de journaliste et de dirigeant révolutionnaire. Il intègre et dépasse la défaite face au capitalisme fordiste en Occident, et la victoire provisoire du fascisme.

En prison, Gramsci réfléchit avec et sur son expérience de journaliste et de dirigeant révolutionnaire. Il intègre et dépasse la défaite face au capitalisme fordiste en Occident, et la victoire provisoire du fascisme.

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Réveil Communiste

 

Extrait de Gramsci : Textes (1917-1934)

 

  • Introduction par André Tosel. Édition réalisée par André Tosel. Une traduction de Jean Bramon, Gilbert Moget, Armand Monjo, François Ricci et André Tosel. Paris : Éditions sociales, 1983, 388 pages.
  •  

Extraits du Cahier de Prison numéro 13, §§ 12 et 17 :

 

C'est le problème des rapports entre structure et superstructure [1] qu'il faut poser exactement et résoudre pour parvenir à une juste analyse des forces qui opèrent dans l'histoire d'une période déterminée et définir leur rapport. Il faut évoluer dans les limites de deux principes :

1. celui qu'une société ne se propose aucune tâche pour laquelle n'existent pas déjà les conditions nécessaires et suffisantes ou des conditions qui seraient au moins en voie d'apparition et de développement;

2. celui qu'aucune socié­té ne se dissout et ne peut être remplacée tant qu'elle n'a pas développé toutes les formes de vie qui sont contenues implicitement dans ses rapports. [2]

A partir de la réflexion sur ces deux règles fondamentales on peut arriver à développer toute une série d'autres principes de méthodologie historique.

Cependant, dans l'étude d'une structure, il faut distinguer les mouvements organiques (relativement permanents) des mouvements qu'on peut appeler « de conjoncture » (et qui se présentent comme occa­sionnels, immédiats, presque accidentels). Les phénomènes de conjoncture dépendent certes eux aussi de mouvements organiques, mais leur signification n'a pas une large portée historique : ils donnent lieu à une critique politique mesquine, jour par jour, et qui s'attaque aux petits groupes dirigeants, et aux personnalités qui ont la responsabi­lité immédiate du pouvoir. Les phénomènes organiques donnent lieu à la critique historique-sociale, qui, elle, s'adresse aux vastes groupements, par-delà les personnes im­mé­diatement responsables, par-delà le personnel dirigeant.

Au cours de l'étude d'une période historique, on découvre la grande importance de cette distinction. Il se pro­­duit une crise qui parfois se prolonge pendant des dizaines d'années. Cette durée ex­ceptionnelle signifie que se sont révélées (ont mûri) dans la structure des contra­dic­tions incurables, et que les forces politiques qui œuvrent positivement à la conserva­tion et à la défense de la structure même, tentent toutefois de guérir, à l'intérieur de cer­­taines limites, et de surmonter.

Ces efforts incessants et persévérants (car aucune for­­me sociale ne voudra jamais avouer qu'elle est dépassée) forment le terrain de l' « o­cca­sionnel » sur lequel s'organisent les forces antagonistes qui tendent à démon­trer (démonstration qui, en dernière analyse, ne réussit et n'est « vraie » que si elle devient réalité nouvelle, que si les forces antagonistes triomphent ; mais immé­dia­tement se développe une série de polémiques...

 

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http://www.reveilcommuniste.fr/article-la-determination-du-rapport-de-force-par-antonio-gramsci-119001149.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Tag(s) : #Idéologie
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